16.01.2012
"Ils n'étaient seuls ensemble que depuis quelques heures et brûlaient d'un désir aussi ardent l'un pour l'autre qu'un incendie de forêt en plein mois de juillet."
Au commencement, il y eut un billet de Chiffonnette. (Comme une fois sur quatre, j'ai envie de dire.) Elle était tombée dans les bras de Tommy, le beau pompier de la Caserne C. (Ou A. Ou B. Je ne sais plus, je ne sais pas.) Comme Shea. La preuve en image.

Puis il y eut un billet d'Heclea. Elle n'a pas résisté au charme d'Howard, autre membre de la glorieuse caserne. Et quand on voit la couv', on la comprend. La chair est faible, hélas, et le pompier musclé.

Vous imaginez bien que je ne pouvais pas être en reste. Il me fallait moi aussi un pompier qui a tout du strip teaseur de boîte provinciale sur fond de flammes de synthèse avec un titre puissamment évocateur. Je partis donc en quête, ne reculant devant rien pour accomplir mon destin de lectrice de Passion Intense, et comme d'habitude, je fus sauvée par Monoprix. Qui a décidé que les Harlequin c'était bien beau mais qu'il était largement temps de faire preuve d'un peu d'ouverture d'esprit et de proposer à la lectrice insatiable aussi des J'ai Lu.
J'y ai donc déniché, non loin de la crème prodigeuse de Nuxe et des stylos à paillettes merveilleux que tous les collègues m'envient :

Le tome 2 de cette merveilleuse série qui met en scène les pompiers de la caserne D (ou E, ou F) d'une ville du Tennessee (il me semble, j'étais trop occupée à suivre l'intrigue over complexe pour m'attacher à des détails aussi triviaux que le lieu de l'action, fouettez-moi).
Pitchons.
Zach Knight (mmmmh, quel beau patronyme, je fonds déjà) a 26 ans et il est pompier infirmier (c'est dit comme ça, si, si) dans une caserne. Sa tâche principale est de conduire le camion, et il adore ça, c'était son rêve de gosse (avouez que ça part bien, non ?). Oui, mais voilà, Zach a de gros gros soucis le pauvre : son père doit beaucoup d'argent à un vilain méchant pas beau possesseur de nombreux casinos et comme son père est un légume après avoir fait une crise cardiaque, la dette retombe sur les épaules de Zach. Il vend sa maison, travaille tout le temps, mais il doit encore 500 000 dollars au terrible Delacruz. (Je sens votre angoisse monter, chers happy few, et je vous comprends.) Voilà-t'y pas que Zach, un matin pluvieux, emboutit la voiture d'une créature subtilement exotique et furieusement sexy, Corinne Shannon. Ce qu'il ne sait pas, c'est que la jeune femme est la soeur de Delacruz et qu'elle est en danger de mort. Oui, mais moins que lui finalement.
...
Mon Dieu.
En réalité, les mots me manquent, et ça m'arrive peu souvent, chers happy few.
Flamme fatale (J'ai lu, 348 pages) est une romance érotique de toute beauté qui a provoqué chez la lectrice que je suis de nombreux fous rires. Et comme je vous aime bien, je vais vous en donner les multiples causes, chers happy few. (Vous me remercierez de ma générositude en m'envoyant des shoko bons, vous serez bien urbains, merci.)
1. Zach, le pompier de 26 ans au corps de rêve et au membre puissant porte des lunettes (signe de sa geekitude certainement, il a piraté le site du FBI quand il avait 12 ans) et il est... puceau. Vous avez bien lu. Alors le héros de romance torride qui "se réserve pour la femme qu'il aimera vraiment et qui a peur d'être rejeté parce que papa ne l'a jamais aimé et que maman est partie quand il avait 12 ans" (Zach se savait incapable d'offrir son corps sans offrir en même temps son coeur et son âme : en fait Zach est une femme des années 60), je ne sais pas vous, mais moi ça m'a juste fait hurler de rire. Psychologie 101, failed, le repêchage, c'est en septembre.
2. Le pauvre Zach, non content de ne trouver personne pour s'occuper de lui (il en est réduit à se palucher sous la douche mais il n'aime pas ça, non, non, non, parce que c'est sale et que ça rend aveugle, déjà qu'il porte des lunettes, faudrait pas tenter le diable non plus) va, au cours du roman : survivre à la noyade, à une pneumonie avancée, passer trois jours dans le coma, prendre un sale coup sur la tête, une balle dans l'épaule, se faire fracasser le visage par une chaîne de treuil puis par un mec en colère, prendre des coups de tisonnier dans le ventre, et finir poignardé dans l'abdomen avec hémorragie interne. Tout ça parce que quelqu'un en veut à Cori qui elle se contente de couiner en lui disant à chaque fois : "Ne meurs pas ! Ne meurs pas !", ce qui est finalement over efficace, la preuve, il ne meurt pas, mais c'est pas faute d'avoir essayé.
3. Quand Zach se rend chez Cori la première fois, il découvre qu'elle habite... dans son ancienne maison, qu'il a cédée à Delacruz pour éponger en partie la dette de son père. C'est pratique, comme ça il sait où sont rangés le papier alu et les serviettes de toilette. Par contre, il ne se demande pas un instant comme c'est possible. Il a un QI de génie mais manifestement il ne sait pas s'en servir. Quant à elle, elle ne trouve pas un seul instant bizarre qu'il sache où sont les poêles et qu'il dise "mon" atelier. (N'importe femme normalement constituée l'aurait pris pour un psychopathe et aurait fui, elle non, trop occupée qu'elle est à lui faire la danse des sept voiles après l'avoir attaché à une chaise. Nu, évidemment, c'est plus pratique.)
4. Last but not least, la traduction. Et parce que le poids des mots, citationnons.
De la poésie : "La connexion qui s'était établie entre eux grésilla et devint aussi brûlante que de l'huile sur le point de s'enflammer dans une poêle." "Cet ordre retentit comme une douce musique aux oreilles de son âme meurtrie." "Tous les muscles de Cori vibraient de satisfaction post-coïtale."
De la coquinerie sexy : "Houla ! Petit Zack accueillit cette nouvelle d'un joyeux soubresaut sous la serviette." "Il sentit son sexe bondir entre ses jambes."
Des tournures modernes : "S'essuyant à la six-quatre-deux...", "Ne fais pas l'innocent, Super Biroute !"
Une seule conclusion : la traductrice a 86 ans. Et un goût pervers pour l'huile bouillante.
Un chef d'oeuvre, assurément, trop long d'environ 348 pages.
07:47 Écrit par fashion dans Littérature anglo-saxonne, Romance | Lien permanent | Commentaires (33) | Envoyer cette note
15.01.2012
The secret history of the Pink Carnation - Lauren Willig

C'est le destin qui s'est ligué contre moi pour me contraindre à lire The secret history of the pink carnation, une romance, genre, comme tout le monde le sait jusqu'à Aldébaran (et retour), que je prise fort peu, moi qui ne suis que philosophie et mots qui finissent en -isme (pensez donc, je pousse le vice jusqu'à boire mon café matutinal dans un mug Yes we Kant, si ce n'est pas la preuve ultime de ma rigueur et de ma culture débridée, que vous faut-il de plus, chers happy few ?). Le destin, donc disais-je, a décidé de s'incarner en la personne de Pimpi qui me disait depuis des mois : "Mais si, Fashion, tu dois découvrir Lauren Willig, c'est génial, c'est fabuleux, je l'adore, je la love positivement, si tu ne le fais pas, je retiens ma respiration" (ok, il se peut que les propos de ma chère camarade aient été légèrement déformés par votre serviteuse, c'est ce qu'on appelle la liberté littéraire). Quand en plus, Chi-Chi a fait un billet sur la sexytude du prénom Colin (vous souvenez-vous, happy few à la mémoire d'éléphant, de cette romance paranormale où le héros, Colin, avait un nom qui avait "la saveur des épices" ? personnellement , je ne m'en suis toujours pas remise) en disant qu'il y avait un Colin dans cette histoire, j'ai craqué tout de suite. La chair est faible, hélas, et j'ai un kindle.
Pitchons, car nous sommes dimanche.
Eloise Kelly est une étudiante américaine qui fait une thèse sur les espions britanniques en France fin XVIIIè, début XIXè et comme elle n'est que rigueur scientifique et abnégation, elle passe une année à Londres pour éplucher les archives. Elle s'est mis en tête de résoudre un mystère historique : trouver l'identité d'un espion britannique dont le nom de code était Pink Carnation (Oeillet rose). Pour cela, partant du principe que tous les espions de l'époque se connaissaient, elle demande à Mrs Selwick-Aderly, la descendante d'un autre espion célèbre, Purple Gentian (Gentiane mauve) l'accès à ses archives. La vieille dame est ravie de lui donner accès au journal intime d'Aimée de Balcourt, une de ses ancêtres qui a connu l'espion...
The secret history of the pink carnation (pas encore traduit en français, ce qui est une grave erreur) est une romance historique bourrée de qualités. La construction très XIXè en récit cadre (Eloise à Londres), récit enchâssé (Amy et Richard en 1803) fonctionne parfaitement et le récit enchâssé, censé être un récit reconstitué à partir de la correspondance des protagonistes et du journal intime d'Amy est très enlevé, l'auteur ayant résisté à la tentation de la dispersion (elle a carrément volontairement coupé une partie de l'intrigue à la fin afin d'accélérer la résolution de l'intrigue, ce dont on lui sait gré). La réalité historique est fort bien utilisée (avec des libertés parfaitement bien intégrées à l'intrigue, surtout dans le personnage de Fouché), notamment le goût de Napoléon pour l'Egypte qui permet à une partie de l'intrigue de se mettre en place. On voit vivre Napoléon alors Premier Consul, on découvre ses colères homériques, les frasques de sa soeur, les salons de sa femme, et c'est un cadre original pour une romance historique, ces dernières ayant tendance à se dérouler toujours dans une Angleterre dés-historisée après Waterloo. Il faut dire aussi, et c'est là l'une des nombreuses qualités de cette romance, que Lauren Willig a bâti une véritable intrigue de cape et d'épée et d'espionnage (l'un des espions, que l'on ne voit qu'à l'arrière-plan, s'appelle The Scarlet Pimpernel, qui n'est autre que le Mouron Rouge de la Baronne Orczy) : des complots (il faut empêcher Napoléon d'envahir la Grande-Bretagne), des duels, de la torture (ah, Fouché, quel grand méchant), des masques, et, cerise sur le gâteau, des personnages très attachants (tous, même jusqu'au plus secondaire en la personne de Stiles, l'acteur embauché pour être majordome puis capitaine de vaisseau, qui pousse l'identification au rôle à son paroxysme), beaucoup d'humour (les dialogues sont bourrés de réparties, les situations sont parfois hilarantes) et une romance et demi (celle d'Amy et de Richard, qui porte la cape et la botte montante avec une virilité parfaite et celle qui se dessine à peine entre Eloise et Colin (le voilà, vous avez failli attendre, je sais), neveu de Mrs Selwick-Aderly et frère darcynement protecteur). Je suis totalement conquise, tant mieux pour Pimpi, qui avait menacé, si je n'aimais pas, de se suicider avec une aiguille à tricoter. Ouf, on a eu chaud.
Le billet de Pimpi, celui de Tam-Tam
Evidemment, c'est une série, 8 ou 9 tomes de parus : je suis cuite. Qui l'eut cru ?
Bon, sinon, faut que je relise Le Mouron rouge, lu il y a tellement longtemps (au siècle dernier, pas moins) que je n'en garde qu'un souvenir pour le moins flou, limite ultra imprécis. Mais je me rappelle avoir adoré : voilà, quand on a ce genre de lectures adolescente et qu'on love Dumas aller et retour, on est condamnée à aimer les capes, les masques et les complots, c'est comme ça, il faut faire très attention à ce qu'on met entre les mains d'une lectrice impressionnable et encline au bovarysme. Dans mon cas, c'est way too late, je ne me referai pas.
10:25 Écrit par fashion dans Littérature anglo-saxonne, Romance | Lien permanent | Commentaires (25) | Envoyer cette note
08.01.2012
The Duke is mine - Eloisa James

Olivia Lytton a été élevée dans un seul but : être une épouse digne de Rupert, futur Duc, à qui elle est promise depuis sa naissance. Mais Rupert, de cinq ans son cadet, est un jeune homme un peu simplet (il ne respirait pas à la naissance), qui s'est mis en tête de n'accepter le mariage que si son père le laisse partir combattre Napoléon. Les deux jeunes gens se fiancent et Olivia part l'attendre à la campagne avec sa soeur jumelle, Georgiana, chez une amie du Duc, la duchesse de Sconce, qui cherche une femme pour son fils, le ténébreux Tarquin. Mais alors qu'il apparaît clairement à tout le monde que Georgie est une parfaite épouse pour Quin, ce dernier tombe éperdument amoureux d'Olivia...
C'est grâce à Pimpi que j'ai découvert Eloisa James et après deux romans et une novella, je suis totalement conquise. Il y a chez Eloisa James, outre une indéniable qualité d'écriture et beaucoup d'humour, deux choses qui me plaisent énormément et que l'on ne retrouve pas ailleurs : sa capacité à construire des intrigues plus complexes que la moyenne (je me suis demandée pendant une bonne partie du roman comment elle allait se débarrasser du problème posé par la présence de Georgie) et à utiliser de nombreuses références modernes ou plus anciennes de manière totalement décalée, que ce soient ici le réinvestissement du conte La princesse au petit pois ou les noms des personnages (Lord Justin Fievbre, il fallait juste oser). Comme d'habitude il y a de nombreuses allusions littéraires, des dialogues drôlatiques et des personnages très attachants (mention spéciale à Rupert, qui m'a beaucoup émue et à Quin, qui m'a fait swooner comme une midinette que je ne suis évidemment pas, il paraîtrait même qu'il m'aurait arraché une larme sur la fin mais cette information demande à être vérifiée par des autorités compétentes de contrôle de l'action de la guimauve sur les glandes lacrymales de la lectrice superficielle).

Ce roman est le premier que je lis dans le cadre du Challenge de Pimpi, Once upon a time, le Challenge des réécritures de conte, ici celui de La princesse au petit pois.
20:25 Écrit par fashion dans Littérature anglo-saxonne, Romance | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
05.01.2012
Yours to keep - Shannon Stacey

Ne me demandez pas dans quel Top américain j'ai trouvé ce titre, swoonants happy few, je ne m'en souviens plus (avoir un Alzheimer à 22 ans, c'est ennuyeux mais je finis par m'habituer à ne plus savoir où j'ai mis mes copies), mais franchement, who cares ? (Je crois cependant que je l'ai déniché dans les colonnes du forum/blog/whatsisname de Barnes & Nobles, mais je ne parierai pas le premier string de Britney dessus.) (Je crois que je fréquente trop certains blogs, c'est affreux, qu'est ma légitimité devenue ?)
Sean Kowalski (je ne sais pas vous, mais moi ce nom me rend toute chose, je le trouve over viril, il m'évoque immédiatement des pectoraux musclés (et poilus, oui, moi j'aime le poil, je le clame haut et fort, même si je dois pour cela me retrouver privée de cocktails) et je trouve qu'il mérite de figurer en bonne place dand le Top Ten des meilleurs noms de héros de romance devant James Sidwell et Tarquin, Duc de Sconce), donc disais-je, avant qu'un poil mal élevé ne se mette en travers de mon clavier, Sean a une bonne trentaine d'années, un physique séduisant et il vient de quitter l'armée après douze ans de bons et loyaux services en Afghanistan. Sans emploi, sans contraintes, il vient rendre visite à sa famille dans une petite ville de Nouvelle Angleterre, et prend ses quartiers dans un studio que lui prête un de ses nombreux cousins. Il n'est pas arrivé depuis deux heures qu'une séduisante jeune femme qu'il ne connaît ni d'Eve ni d'Adam, Emma Shaw, frappe à sa porte : elle a menti à sa grand-mère en lui disant qu'elle était fiancée à Sean et elle voudrait bien qu'il rentre dans son jeu...
Si le point de départ est complètement artificiel et m'a fait hausser les sourcils (ça ressemble à une intrigue de romance des 80's, so démodé), Shannon Stacey s'en dépatouille très bien en se débarrassant tout de suite de l'improbable quiproquo : la grand-mère ne tombe pas une seule seconde dans l'invraisemblable panneau mais ne dit rien aux deux jeunes gens, qui se débattent donc pour rien dans les affres du mensonge (pas facile de trouver une réponse à toutes les questions et à toutes les situations) et du désir (il dort en caleçon moulant le salopiot). J'ai apprécié plusieurs choses dans cette romance : Emma n'est ni une vierge effarouchée ni une déçue des hommes comme c'est souvent le cas dans les romances contemporaines, juste une femme overbookée, les personnages couchent rapidement ensemble sans en faire tout un plat et la famille de Sean est hyper attachante. L'ensemble est bien ficelé, assez drôle et la fin est ultra swoonante (ah, les post-it !). Une romance très sympa, disponible pour l'instant uniquement en formant numérique. La sortie papier (chez Harlequin, 336 pages) est prévue pour février.
19:42 Écrit par fashion dans Littérature anglo-saxonne, Romance | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note
03.01.2012
Amon amant, je te love et je m'enroule autour de toi telle une liane égyptienne fertile
Ou approchant.
C'est que je maîtrise peu la psalmodie incantatoire de la prêtresse d'Amon.
C'est pas faute d'avoir étudié, hein. La preuve.

Ceci est un manuel d'Histoire. Qui en doutait ?
Naunakhte est une jeune égyptienne innocente comme le crocodile qui vient de naître qui a été promise depuis toujours au temple d'Amon, dans lequel elle est initiée afin de devenir assistante de la prêtresse, voire même si elle est très sage et très souple, prêtresse elle-même. Mais comme elle montre des dispositions pour la vocation (elle apprend vite que ses compagnes de temple sont censées être des compagnes de jeu autre que la balle au prisonnier mais comme elle est très croyante, elle aime se dévouer), elle suscite la jalousie de l'une d'entre elles qui n'a de cesse de la faire dévier du droit chemin afin qu'elle soit chassée du temple. Elle finit par y parvenir d'une manière vraiment pas jolie jolie, en la faisant accuser de meurtre. Pour sauver sa belle peau cuivrée, Naunakhte fuit dans la nuit étoilée et tombe entre les mains d'un bogosse en pagne qui la dévoie de toutes les manières imaginables. Comme elle aime ça, ça tombe bien.
Je ne peux pas vous dire comment mon chemin de lectrice over kultivée et profonde a croisé la route de ce chef d'oeuvre impérissable, chers happy few, parce que ça mettrait en cause d'autres lectrices, tout aussi intellectuelles que moi et que je ne suis pas une délateuse, moi, Madame, je trouve qu'il y a d'autres occupations plus intéressantes à faire avec sa langue que dénoncer les copines. Karnak Hot Story (J'ai Lu, 345 pages, 2008) est la traduction littérale de Hand of Amum par un traducteur qui avait manifestement très chaud, ce que l'on peut comprendre après avoir lu ce roman que la quatrième de couverture présente comme "du Christian Jacq sans censure", ce qui est, je vous le concède assez alléchant. (Qui a dit "inquiétant" ?)
Karnak Hot Story (excusez-moi mais je ne me lasse pas d'écrire ce titre) est un roman très richement documenté dans lequel on apprend tout un tas de choses sur l'utilisation des sextoys en 1175 avant Jésus-Christ (ou 1157, je n'ai pas la mémoire des chiffres, fouettez-moi, mmmmh) en Egypte, sur le culte d'Amon (ah oui, une statue au chibre géant sur lequel il faut s'empaler, quand même) et sur les pratiques sexuelles égyptiennes (les mêmes que partout ailleurs sauf qu'il fait tout le temps chaud). Il y a une densité folle dans cette histoire (il y a surtout une densité folle d'hommes au mètre carré dans le gang bang final), une construction exemplaire (Naunakhte découvre les caresses, Naunakhte découvre la fellation, Naunakhte découvre la levrette...) et un suspense de folaïe (sera-t-elle lavée de ses péchés et réintégrée dans le temple afin de pouvoir se faire tous les prêtres ?). Sinon, en vrai, Karnak Hot Story (c'est la dernière fois, promis) est un roman sans histoire, avec des scènes de sexe assez répétitives, mais très très drôle. A l'insu de son plein gré, évidemment.
Ceci est ma première participation de 2012 ("année de la touze" braillaient les parisiens sophistiqués samedi soir dernier) au fameux Le mardi c'est permis de Stephie. On remarquera que pour une fois, on est bien le premier mardi du mois, je fais des progrès.

18:55 Écrit par fashion dans Littérature anglo-saxonne | Lien permanent | Commentaires (30) | Envoyer cette note
28.12.2011
Winning the wallflower - Eloisa James

(Ben oui, je lis sur mon kindle de manière aussi régulière que soutenue, c'est ce qui s'appelle avoir de la suite dans les idées.)
Winning the wallflower est une novella (id est un très court roman) publié uniquement au format numérique (voire même peut-être uniquement au format kindle mais point ne m'avancerai), qui sert de complément à The Duke is mine, qui est sorti hier si je ne m'abuse. L'héroïne est Lucy Towerton, une jeune fille qui a fait sa sortie dans le monde trois ans auparavant et qui est donc une "wallflower", une jeune femme qui fait tapisserie. Elle est à la fois surprise et charmée quand le très séduisant Cyrus Rathbone la demande en mariage mais elle déchante vite quand elle comprend qu'il n'est absolument pas amoureux d'elle. Tout change quand la jeune femme hérite d'une fortune considérable et que sa mère veut la contraindre à rompre les fiançailles car elle peut à présent prétendre à un titre...
Winning the wallflower est une charmante romance au point de départ very cute puisque Cyrus, après la rupture des fiançailles va enfin conquérir le coeur de la jeune femme. Lucy est une héroïne comme je les aime dans les romances : décidée, drôle et vive et Cyrus a tout du pirate des rêves féminins (nous sommes toutes branchées sur le même inconscient, c'en est limite flippant et ça mériterait une thèse au titre évocateur et glamour comme "De la représentation archétypale du séducteur masculin en littérature : une construction sociologique et psychologique" ou à défaut un article dans Biba : "Je kiffe les bad boys poilus, c'est grave Docteur ?"). Mais comme d'habitude avec les novellas, c'est way trop court et on reste sur sa faim. Bah, c'est pas comme si j'avais pas d'autres romans d'Eloisa James à lire, hein.
Challenge Lu en VO

55 (ben oui, finalement j'en avais en réserve, oups)
00:00 Écrit par fashion dans Challenge Lu en VO, Littérature anglo-saxonne, Romance | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
23.12.2011
Dream a little dream - Susan Elizabeth Phillips

(J'aime bien cette couv'. Vraiment.)
Parce que j'avais acheté ce tome 4 de la série des Chicago Stars, Chi-Chi m'avait prêté le tome 1 histoire de me sauver de la sériedansledésordrite aiguë qui est la mienne depuis toujours. Parce que j'avais adoré It had to be you, j'avais envie de lire autre chose de Susan Elisabeth Phillips (SEP pour les intimes), la femme qui met des photos de ses chaussons rennes sur FB ce qui me conforte dans l'idée que je ne suis pas seule dans l'univers. Parce que ce tome 4 était sous mon nez, j'ai cédé. La chair est faible hélas, comme les 3 kilos de bredele disparus en une semaine peuvent en témoigner à mon jean défendant.
Pitchons, car c'est notre devoir et le dieu des blogueuses légitimes nous le rendra au centuple en nous abreuvant de mails d'attachées de presse moldaves : Rachel Stone est pauvre comme Job. Elle a quitté son dernier job de femme de ménage dans un motel parce que le patron a tenté de la violer. Au volant d'une voiture qui tombe en morceaux, avec son fils de 5 ans, Edward, elle revient à Salvation, la mal nommée où son défunt mari, télé-évangéliste célébrissime a escroqué des centaines (voire des milliers) de personnes. Elle est persuadée que les cinq millions de dollars que la police n'a jamais retrouvés sont quelque part dans leur ancienne maison, rachetée et laissée en l'état par Cal Bonner, une star de football américain. Dès son arrivée dans cette ville où tout le monde la déteste (son mari a dit publiquement avant de mourir dans un accident d'avion qu'il avait détourné des fonds pour elle car elle était avide et insatiable), elle croise la route de Gabe Bonner, le frère de Cal, un homme profondément meurtri par la perte de sa femme et de son fils deux ans auparavant...
Il y a deux choses qui me plaisent terriblement dans les romans de SEP, fidèles happy few : sa plume, concise et légère (et croyez en une adepte de la romance, elles ne sont pas si nombreuses celles qui écrivent bien) et son incroyable justesse psychologique. Elle a un don d'analyse certain dont elle se sert pour camper des personnages émouvants, attachants, parfois extrêmement agaçants mais que l'on ne peut s'empêcher de comprendre. Cela donne une vraie profondeur à des histoires qui sur le papier ont tout de romances banales mais qui deviennent chez elle bien plus que cela. Dream a little dream est une histoire de deuil et de rédemption, d'acceptation des cartes que le destin nous donne et bien évidemment d'amour, qui trouve ici de nombreuses formes. Et si j'ai moins aimé ce roman que It had to be you, c'est uniquement parce que toute la thématique religieuse m'est restée étrangère, certainement parce que je trouve la façon de pratiquer de l'Américain moyen (le roman se déroule en Caroline du Nord) un peu extrême. (Je n'ai pas pu m'empêcher en lisant ce roman de penser à Ricky Gervais disant aux Golden Globe : "Thank God for making me an atheist" (ou une phrase approchant) et s'attirant les foudres de l'Amérique profonde et un sermon pour sauver son âme d'un prêtre du Midwest.) Dream a little dream (1998, 390 pages) est un excellent roman à conseiller aussi à ceux qui ne lisent pas de romances.

Challenge Lu en VO
54
A moins que je ne mette la main sur le retourneur de temps d'Hermione ou le pied dans un Tardis, ce billet sera le dernier comptant pour le Challenge Lu en VO de 2011. 54 billets, 61 lectures, je l'ai rempli haut la main, miracle.
Il n'en va pas de même pour les autres challenges : rien lu pour le Challenge Jules Verne (mais il me reste 1 mois et demi pour lire un titre, rien n'est perdu, mouhahahahaha), un seul titre pour le Challenge de la Rentrée littéraire 1220 à peu près. J'ai lu et chroniqué 8 romans pour le Challenge Nécrophile mais aucun dans l'une des catégories pourtant inventées par moi, quel talent.
Comme je me connais, je ne m'inscris plus à beaucoup de challenges depuis deux ans. En 2012, je compte participer au Challenge Gilmore Girls de Karine (comme je n'ai aucun titre dans la PAL, je sens venir le Challenge raté, ahem) et au Challenge Once upon a time de Pimpi. Pour le reste, wait and see, chers fidèles.
16:29 Écrit par fashion dans Challenge Lu en VO, Littérature anglo-saxonne, Romance | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
18.12.2011
Romance is a slow dance to a sound as sweet as rain
La fin de l'année approche et je me suis dit, dans un élan (contrôlé, rassurez-vous) de légitimité bloguesque qu'il fallait que je mette à jour mes challenges histoire de finir 2011 en beauté (capillaire, évidemment). Voici donc ce qui devrait être l'avant-dernier billet comptant pour le Challenge Lu en VO organisé par Bladelor et que je suivais pour la deuxième année consécutive. L'année dernière, j'avais lu 32 ouvrages, cette année, alors que les BD ne comptaient plus, j'ai largement dépassé la cinquantaine mais comme je suis paresseuse et débordée (une combinaison parfois fatigante, croyez-moi) je n'ai pas fait de billets pour tous les romans que j'ai lus. Je me rattrape donc un peu (mais pas entièrement) avec ces quelques titres. De romances. Ahem.
J'ai enfin découvert cet auteur dont Chi-Chi me parle depuis des mois avec des étoiles dans les yeux et des trémolos dans la voix avec ce titre ô combien délicieux. Harper James est avocate, spécialisée dans les divorces. C'est une femme qui tente de contrôler les moindres détails de sa vie et qui a décidé qu'il était temps que son petit ami, Dennis, pompier à catogan gentiment immature, l'épouse. Elle a tout prévu pour le demander en mariage et s'est même acheté une bague. Oui mais voilà, Dennis n'est pas très enthousiaste et en plus la petite soeur d'Harper choisit ce moment précis pour l'appeler et lui annoncer son troisième mariage avec... l'ex beau-frère de Harper qui a été brièvement mariée à Nick douze ans auparavant. Voilà donc Harper en plein Montana obligée de revoir son ex qui non seulement n'a pas changé d'un iota mais lui avoue qu'il est toujours amoureux d'elle... My one and only est une romance drôle et bien troussée (je ne suis jamais avare d'une métaphore douteuse comme vous le savez depuis longtemps) dans laquelle Nick et Harper se voient donner une seconde chance par la vie. Un road movie, des rires, du swoon, une Mustang rouge, des larmes, des découvertes difficiles et un plongeon dans la baie. Hautement recommandable.
Charming the Prince est une réécriture de Cendrillon dans laquelle Lady Willow, qui a été contrainte de s'occuper pendant des années de ses demi-frères et soeurs, accepte d'épouser Bannor, un riche seigneur qui cherchait une femme laide pour s'occuper de ses... douze enfants. Le hic, c'est que Willow ne sait pas qu'il a douze enfants quand elle saute sur la proposition afin de gagner sa liberté. Bannor, le fier chevalier qui fait trembler les Français a peur de ses propres enfants qui sèment la terreur dans le château et il comptait sur Willow pour les ramener dans le droit chemin. Quand il découvre que la jeune épouse que son bras droit lui a trouvée est jeune, belle et en son compte de gamins à baigner, il comprend que les ennuis débutent... Une romance sympathique, qui ne m'a pas emballée plus que ça parce qu'elle manque de densité mais qui a des qualités, dans la construction comme dans l'écriture.
Anna Wren est veuve et pauvre. Elle accepte de devenir la secrétaire particulière d'Edward de Raaf, un homme qui terrifie tout le monde. Elle tombe amoureuse de lui mais cet homme rigide ne veut pas succomber à cette femme parce qu'il ne veut pas la dévoyer, pauvre petite chose. Anna décide alors de le séduire sans qu'il le sache en prenant place, masquée, dans le bordel qu'il fréquente de temps en temps. Oui, je sais, ce pitch vous fait rire, chers happy few, mais croyez-moi ce roman n'est pas drôle du tout, hélas et malgré ma tendresse toute professionnelle (limite scientifique) pour ce lieu au potentiel romanesque certain que sont les maisons closes, ce roman ne m'a pas plu du tout à cause des personnages principaux qui ne sont ni intéressants ni attachants. Et puis ce titre, oh my, faudrait vraiment interdire certains noms communs dans la romance historique, genre "raven", dont il est fait un abus terrible. Je pense que les corbeaux devraient constituer une association de défense, pas moins.
Plus qu'une romance contemporaine, Attachments est un excellent roman. Jennifer et Beth sont amies et collègues dans un quotidien et elles correspondent par mail plusieurs fois par jour. Lincoln, un homme renfermé et surdoué qui a beaucoup de mal à relationner et qui ne se remet pas d'une rupture vieille de dix ans, est embauché pour surveiller l'emploi d'internet par les employés. La correspondance des deux jeunes femmes est régulièrement signalée par le logiciel de surveillance mais au lieu de les sermonner, Lincoln ne peut s'empêcher de lire leurs échanges... Attachments alterne les échanges de mails des deux jeunes femmes, qui sont souvent drôlatiques (j'ai ri aux éclats un nombre incalculable de fois), parfois poignants et toujours d'une grande justesse (c'est une excellente représentation du fonctionnement de l'amitié féminine) et l'histoire de l'évolution de Lincoln qui va enfin s'émanciper et se prendre en main. C'est un roman original dans la forme et qui met en scène un personnage masculin atypique et attachant (certains de ses propos flanquent la chair de poule, il y a un fort potentiel cinématographique dans ce roman).
Challenge Lu en VO
50, 51, 52, 53
18:48 Écrit par fashion dans Challenge Lu en VO, Littérature anglo-saxonne, Romance | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note
09.12.2011
"It's no wonder I haven't been able to keep my hands off the blasted man since the day I met him. He's an artifact! A Celtic one at that!"
Les archéologues sont incorrigibles. Et ce ne sont pas les Professeurs Jones et Song qui me contrediront.
J'avais une envie d'Highlander en kilt (et de bananes, aussi oui, voire même de caffé latte, je suis une fille simple) et comme je n'arrive pas à remettre la main sur ma copie de Highlander (une copine a dû la garder dans un accès de passion brûlante pour Christophe-le-sublimissime-au-regard-de-braise), j'ai été obligée de me rabattre sur ce que j'avais dans la PAL :

(C'était ça ou le troisème tome de la série de Gabaldon, le choix fut cornélien : Jamie ou Dageus, Dageus ou Jamie, sexytude ou sexytude, same difference, c'est la couverture qui l'a emporté, je suis une femme superficielle, ne l'oubliez jamais.)
Et tout est dit dans cette délicieuse couverture et ce mystérieux titre : de la nudité masculine (pas assez) sous tartan (un riquiqui peu, le pauvre héros ne veut pas porter les couleurs de son clan parce qu'il a commis une big bêtise, il ne se sent plus digne de sa famille, pauvre choupy viens là que je te redonne confiance en toi), un Highlander (Dageus, donc, parce que tous les bons prénoms étaient déjà pris, comme Jamie, Vishous et Jericho ; un vrai de vrai, du XVIème siècle, qui vit de nos jours (l'intrigue est compliquée, laissez tomber) dans un luxueux penthouse à Manhattan, ben quoi, faut pas se laisser abattre, il a raison), de la darkitude (le pauvre est attiré du côté obscur de la Force par treize Druides noirs qu'il porte en lui comme des ombres mortelles et affamées - yeah, I feel kind of poetic today, enjoy-), avec en plus une héroïne drôle et maline, qui n'aime rien tant que les vieux textes dans des langues indéchiffrables (ça me rappelle au moins trois personnes de mon entourage sans me compter, oui j'ai de drôles de fréquentations, so what ?), une malédiction (je kiffe les malédictions, pas vous ?) et les prémices de Fever (dialogues muets, et "brouillon" de Barrons en Dageus qui n'est déjà que noirceur, sexytude, control freak, cheveux longs and stamina, oh yeah baby). En ces temps de grisaille pluvieuse, je ne demande pas plus. Quand je vous disais que j'étais une fille simple.
The Dark Highlander (2002, 370 pages) est le cinquième volume de la série des Highlanders, après Beyond the Highland mist, To tame a Highland warrior, The Highlander's touch et Kiss of the Highlander (avec un peu de perspicacité, vous retrouverez mes billets quelque part, je fais grève du lien ce soir).
Challenge Lu en VO
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18:01 Écrit par fashion dans Challenge Lu en VO, Littérature anglo-saxonne, Romance | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note
29.11.2011
"You changed me and made me brand new."
Chabadabada, chabadabada, bada, bada... Solo de guitare.

Oui, je sais.
Mais j'ai une excuse.
Ahem.
Voici venu le temps des rires et des chants de fin d'année, chers happy few, qui apportent avec eux leur lot de récompenses et de classements en tous genres. Comme j'adore les listes (nul n'est parfait, la preuve, je ne ressemble pas à Angelina Jolie), j'ai consulté un peu tous les Tops divers et variés de nos amis anglo-saxons, même ceux consacrés à ce genre que je ne lis jamais, la romance. (A ma décharge, ces Tops se trouvent systématiquement entre les 10 meilleurs essais philosophico-économiques et les 10 meilleurs romans-où-le-héros-après-une-longue-et-intense-quête-dans-son-salon-et-sa-psyché-découvre-le-vrai-sens-de-la-vie-et-comprend-enfin-son-goût-pour-les-pizzas-au-poivron, Tops que je lis évidemment scrupuleusement en prenant des notes dans mon petit carnet à LAL en cuir moleskine, on est puriste ou on l'est pas.)
Donc, dans un classement des Meilleures romances de l'année (ne me demandez pas lequel, je ne m'en souviens pas, il devrait être encore beaucoup trop tôt et je n'avais bu que deux cafés), voilà-t-y pas que mon oeil de biche est attiré par cette sublime couverture. Oh mon Dieu que je me dis (en fait, je me dis quelque chose de beaucoup plus imagé mais je ne voudrais pas choquer le peu de lectorat qui me reste), il me faut ce roman là tout de suite maintenant sinon je retiens ma respiration jusqu'à ce que ridicule s'ensuive. Mais comme je suis bonne copine et que je connais une ou deux (voire trois ou quatre) (ok, cinq ou six) blogueuses qui seraient ravies de lire ce titre, je le commande en version papier et pas en version numérique, ce qui m'a forcée à attendre deux longs jours avant de pouvoir l'ouvrir, je ne suis qu'abnégation et mesure. (Oui, ce billet est gracieusement rédigé par une blogueuse sans conscience qui commande ses livres en anglais sur internet parce qu'elle aime faire des économies, fouettez-la, elle aime ça.)
Comme vous l'aurez aisément compris, vous que les fées de la perspicacité ont dotés dès le berceau, Fitzwilliam Darcy Rock Star (2011, 424 pages) (FDRS pour les intimes et pour celle qui ne se voit pas écrire à chaque fois ce titre un poilounet longuet) est une transposition d'Orgueil et préjugés dans le monde plein de stupre et de luxure de la rockstaritude. Le prologue est excellent et augurait bien de la transposition : on y lit la description d'un documentaire consacré au groupe Slurry, un groupe de rock mené par Darcy, fils de millionnaires, homme sombre et bad boy clichéesque au possible, consommateur de drogue et de groupies. Le chanteur du groupe est Charles Bingley, un pote de fac sympa et le batteur Richard Fitzwilliam, qui a eu plusieurs fois maille à partir avec la justice et dont les frasques ont plus d'une fois interrompu les tournées. Le groupe cherche des artistes pour être leur première partie et leur manager, Caroline Bingley, la soeur jumelle de Charles, déniche un groupe de filles, les Long Borne Suffering, composé de Jane (clavier, chant), Elizabeth (guitare, basse) et Charlotte Lucas (batterie). La tournée démarre.
Il y a de bonnes idées dans cette romance, notamment dans la transposition des caractères (c'est Charlotte Lucas qui à ce titre est le personnage le plus réussi, une femme pragmatique en 2010 étant bien éloignée d'une femme pragmatique de 1810) et des événements (le truc qui me fait marrer à chaque fois, c'est ce que chaque auteur qui écrit une transposition fait du personnage de Whickham, parce qu'il faut bien trouver quelque chose qui choque vraiment le lecteur contemporain, et là je crois franchement qu'on a fait le tour de la question). J'ai trouvé les scènes épicées assez réussies, heureusement parce qu'elles sont très nombreuses, rock attitude oblige. Ce qui manque définitivement à cette romance, c'est un bon éditeur : il y a de nombreuses scènes inutiles et redondantes, notamment dans l'évolution psychologique de Lizzy, qui passe son temps à chougner et à atermoyer, ce qui ralentit le rythme, et certaines péripéties semblent tirées par les cheveux pour calquer à la trame du roman de Jane Austen (notamment entre Charles et Jane, leur sujet d'éloignement est tellement idiot pour un couple moderne que c'en est risible). Le style est assez lourd, même pour mes yeux de Française et ça manque d'humour, mais ça ne m'a pas empêchée de lire ce FDRS jusqu'au bout. Je suis irrécupérable, je sais, et je ne me soigne même pas.
Ouh, ça faisait longtemps !
Challenge Lu en VO
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PS : Cécile, tu remarqueras que j'ai posté ce billet à 3 h du matin. Enjoy.
03:00 Écrit par fashion dans Challenge Lu en VO, Littérature anglo-saxonne, Romance | Lien permanent | Commentaires (25) | Envoyer cette note