21.12.2009

Go to Hell!

the gates.jpgSamuel a 11 ans, il vit dans la petite ville de Biddlecombe, en Angleterre, avec sa mère, récemment séparée de son père. C'est un enfant que tout le monde trouve un peu bizarre, parce qu'il s'intéresse à des choses qui ne sont pas de son âge comme la philosophie de St Augustin ou la physique quantique. Il se rend compte un beau soir que ses voisins, les Abernathy, se livrent à une activité pas très nette qui malheureusement pour eux ouvre rien moins que les portes de l'Enfer. Voilà Samuel bien obligé de sauver le monde.

 

J'ai tellement aimé Le livre des choses perdues de John Connolly que j'ai acheté sans hésiter et sans même lire la quatrième son dernier opus, dont l'accroche qui figure sur la couverture est déjà tout un programme : The gates of Hell are about to open... Mind the gap. Et j'ai bien fait d'agir ainsi comme une lectrice totally wild chers happy few, parce que ce roman manifestement pour adulescents (encore que je l'ai trouvé au rayon adulte chez Waterstone's) est un petit bijou d'humour. Sur une trame ultra-classique d'Apocalypse, Connolly a bâti une histoire drôlatique qui met en scène des personnages totalement improbables et très attachants : Samuel est aidé dans sa lourde tâche de sauveur de l'humanité par son chien, Boswell, Tom et Maria, ses deux amis, respectivement champion de cricket et championne de maths et surtout par Nurd, le Démon bien peu démoniaque, exilé par le Grand Méchant (qui s'appelle ici the Great Malevolence) dans un endroit terriblement ennuyeux de l'Enfer et qui se retrouve bien malgré lui sur terre, où il découvre que l'on peut conduire des Porsche, manger des chewing-gums et surtout avoir des amis, ce qui est franchement bien plus sympa que rester pour l'éternité assis sur son trône à ne rien faire. The gates est un roman inventif et trépidant dans lequel on apprend grâce aux notes de bas de page quelques bricoles sur les accélérateurs de particules, l'emploi de l'article défini 'le' dans les noms de rois ou le plafond de la chapelle Sixtine, où l'on découvre que l'Enfer est rempli de démons de tous ordres comme Schwell, le démon des chaussures inconfortables ou Eric, bien connu des élèves puisqu'il est le démon de la ponctuation fautive, où l'on croise un évêque diabolique, des morts-vivants et des policiers flegmatiques et où l'humanité, confrontée au pire, réagit avec une étonnante capacité d'adaptation, se servant d'armes improvisées qui vont de la batte de cricket à... la pinte de bière (en même temps, on est en Angleterre, donc rien de bien étonnant). Une réussite, chers happy few : il ne reste plus qu'à espérer que la traduction française est prévue pour bientôt. 

 

John Connolly, The gates, Hodder & Stoughton, 264 pages, 2009

 

LireEnVoMini.jpgChallenge Lire en V.O

(Plus qu'un et j'aurai fini le Mini-Challenge.) (Oui, je sais, c'est incompréhensible cette façon que j'ai de tenir mes challenges 2010 alors que l'année n'a même pas débuté. Encore une enquête pour Mulder et Scully. Je dis ça, je dis rien, comme d'habitude.)

13.12.2009

Ave Capitolium, morituri te salutant!

(oui, je sais, chers happy few, ce titre est en latin de cuisine, mais que voulez-vous, j'ai une affection particulière pour cette pièce de la maison) (pour me punir, je vais relire Astérix, tiens)

 

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Souvenez-vous, chers happy few : à la fin de The Hunger games, nous avions laissé Katniss et Peeta vainqueurs des Jeux de la Faim rentrer chez eux dans le District 12 retrouver leurs familles et couler des jours normalement sans nuages. Nous les retrouvons quelques semaines plus tard, au moment où ils se préparent à débuter la traditionnelle tournée triomphale dans les 12 Districts et le Capitole. Mais le Président Snow, qui tient Katniss pour une rebelle à cause de la manière dont se sont terminés les précédents Jeux, la fait chanter : afin de prouver que son dernier acte en tant que participante aux Jeux n'a pas été une menace politique mais l'acte désespérée d'une jeune fille follement amoureuse, elle doit épouser Peeta et se débrouiller pour éteindre les menaces de révolte qui courent dans certains districts, sinon ceux qu'elle aime seront exécutés. Katniss obéit pour se rendre rapidement compte que c'est un véritable incendie qui couve dans les Districts et que ce qui se joue à Panem va bien au-delà de ce qu'elle imaginait.

 

 

J'ai trouvé le premier volume de cette trilogie tellement excellent, chers happy few, que je n'ai pas eu la patience d'attendre la traduction du deuxième volume et je l'ai acheté en V.O lors de mon dernier week-end à Londres. Et j'ai fichtrement bien fait parce que Catching fire est encore meilleur que The Hunger games, roman pourtant passionnant et maîtrisé de bout en bout. La grande force de ce deuxième volet est d'instaurer dès le début un climat très oppressant : le lecteur averti sait parfaitement de quoi est capable le Capitole et voit donc avec anxiété l'étau se resserrer autour de Katniss et de Peeta, qui se retrouvent cette fois pris au coeur d'une intrigue politique où ce n'est plus seulement leur propre survie qui est en jeu mais celle de leurs proches et finalement d'un peuple tout entier. Confrontée aux machinations du terrifiant Président Snow (qui n'a de président que le titre vu qu'il est au pouvoir depuis plusieurs décades) qui traîne dans son sillage une odeur de roses et de sang et qui est prêt à toutes les atrocités pour garder le pouvoir absolu sur les 12 Districts, Katniss réagit à sa façon, courageuse, impulsive et parfois un peu désordonnée, comme la jeune fille de 17 ans dure au mal mais un peu déboussolée dès qu'il s'agit de sentiments qu'elle est. Catching fire est, comme le précédent volume, une véritable réflexion sur le pouvoir absolu et la manipulation des masses (que se passe-t-il vraiment dans le District 13 ?) dans cette dystopie qu'est Panem, réflexion menée tambour battant par une narration à la fois dense et limpide qui tient en haleine le lecteur malmené pendant près de 500 pages par une accumulation de rebondissements et de twists parfois imprévisibles et violents (je ne révèlerai rien pour ne pas spoiler, mais oh my, je n'en ai pas lâché le bouquin pendant deux jours) pour le laisser, au terme d'un final assez terrible, pantelant et ... anéanti : la suite des aventures de Katniss ne sortira qu'en août dans les pays anglo-saxons. L'attente va être longue, chers happy few.

 

Suzanne Collins, The Hunger games : Catching fire, Scholastic, 472 pages, 2009.

 

Le billet de Bladelor, qui propose d'inventer "le patch du lecteur en manque". Je ne peux que plussoyer.

 

 

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Challenge Lire en V.O

(A ce rythme-là, je vais avoir terminé le mini-challenge (6 romans) avant même la fin 2009. J'en suis moi-même espantée. Pas moins.)

 

 

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Challenge Crazy SF 2

4/6

Catégorie Dystopie

08.12.2009

I don't get mad, I get even

bone crossed.jpgUne semaine après la fin si pénible de Iron kissed, Mercy Thompson retrouve sur le tapis de son salon où il s'est matérialisé sans crier gare Stefan, son pote vampire, qui est extrêmement mal en point le pauvre. Il a été torturé par Marsilia, qui vient de découvrir le rôle qu'il a joué dans la mort d'Andre (cf Les liens du sang), et qui, pour punir Mercy, a décidé de s'attaquer à ceux qu'elle aime, la meute des loups-garous en tête. Mercy doit trouver un moyen de résoudre rapidement son différend (sic) avec la reine des vampires et pour ajouter aux ennuis, une de ses anciennes amies de fac, Amber, lui demande de la débarrasser d'un fantôme qui terrorrise son fils de 10 ans. La pauvre Mercy, pas bien remise (c'est un euphémisme) de sa confrontation avec le meurtrier fou furieux du précédent volume a du pain sur la planche... (vous remarquerez, chers happy few admiratifs, que j'ai réussi à résumer ce roman sans spoiler le précédent, parfois je m'épate moi-même, en toute modestie, évidemment)

 

 

Oui, je sais, chers happy few, j'enchaîne les titres de cette série à une vitesse proprement stupéfiante (6 semaines entre la lecture du 3 et du 4, pour quelqu'un qui n'a toujours pas fini la saga du Chardon et le Tartan malgré une addiction profonde à Jamie et à son kilt, c'est limite inquiétant), mais ce n'est pas ma faute, Monsieur le Juge, ce Bone crossed m'est littéralement tombé dans le panier chez Forbidden Planet en criant d'une voix plaintive accompagnée de yeux de Bambi : "Achète-moi, lis-moi, please" et comme je suis une faible femme je l'ai recueilli sans hésiter, offrant à ce volume esseulé le havre de ma valise (tant d'altruisme mérite limite une récompense, je dis ça je dis rien) (ah, c'est vrai que du coup je me suis acheté un badge Doctor Who, my bad). Ahem.

 

Quatrième volet des aventures de Mercy Thompson, la mécanicienne changeuse des Tri-Cities, Bone crossed (pas encore traduit en français mais à mon avis ça ne saurait tarder) fait preuve des mêmes qualités que les opus précédents : une intrigue rondement menée et un poil retorse (j'avoue m'être fait un peu piéger par un ou deux éléments, ce qui, vous le savez, chers happy few, n'est pas vraiment dans ma manière, puisque comme Karine, je suis malheureusement affublée du gène de "je comprends tout avant la fin"), des personnages qui n'en finissent plus de révéler une complexité ma foi tout à fait intéressante (ici c'est Stefan qui prend de l'ampleur, et je sens que je vais finir par apprécier totalement ce vampire qui est bien plus que ce qu'il paraît au premier abord) et dont les relations s'intensifient, que ce soit entre Marsilia et Stefan qui ont une relation d'une perversité totale et bizarrement parfaitement crédible ou entre Mercy et Adam, ce dernier faisant montre d'un sens de la psychologie et d'un tact ma foi tout à fait séduisants (comme s'il était besoin d'en rajouter à la sexytude de cet homme totalement décoiffant, tsss, c'est trop pour mon petit coeur tout mou). Mercy, toujours volontaire et terre à terre, est ici d'une touchante fragilité, engluée dans les conséquences de sa dernière aventure et d'une force surprenante qui n'a d'égale que sa ténacité à résoudre les problèmes qui semblent la suivre où qu'elle aille. Une série qui tient décidément parfaitement ses promesses de tome en tome, avec toujours cette pincée d'humour à froid que j'aime tant. Si vous n'avez pas encore fait la connaissance de Mercy, il est grand temps de vous y mettre, chers happy few.

 

 

Patricia Briggs, Bone crossed, Orbit, 292 pages, 2009. L'édition britannique est quand même de bien meilleur goût que l'édition américaine, que Milady, qui publie les traductions françaises, a hélas choisi de copier.

 

Le cinquième volume, Silver borne, sortira le 1er avril 2010 en anglais. A noter aussi que depuis cet été on trouve un graphic novel, Homecoming, qui raconte l'arrivée de Mercy dans les Tri-Cities (et dont l'histoire se situe donc avant le tome 1, L'appel de la lune). Je sens que je suis cuite. La vie des LCA n'est décidément pas de tout repos.

 

LireEnVoMini.jpgChallenge Lire en V.O

(J'ai lu 3 romans sur 6 pour ce challenge, et étrangement que de la fantasy et de la SF. En même temps, il n'était pas spécifié qu'il fallait lire uniquement Will et Charlie, non ?)

 

04.12.2009

What about fiction ?

doctorrrr.jpgDans un futur très lointain, le Docteur, Rose et Jack (oui, il est là, hiiii), se posent sur un monde d'où toute fiction a été bannie. Sur cette planète, raconter des histoires, mentir ou même rêver, est un crime passible d'internement. Mais une chaîne télé pirate qui émet depuis quelque temps appelle les gens à la rebellion. Et le Docteur ne demande qu'à les aider, jusqu'à ce qu'il se rende compte que sur cette planète, les rêves se transforment rapidement en cauchemars. Entre Rose, poursuivie par des zombies et Jack, interné de force, le Docteur est contraint d'admettre que la fiction peut être vraiment dangereuse.

 

 

Etant dans une période à la fois Doctor Who (qui dure depuis des mois, je vous le concède aisément, chers happy few) et SF, j'ai facilement craqué à Londres, chez Forbidden Planet (l'antre de la tentation livresque, croyez-moi) pour ce sixième opus des aventures du Docteur, The Stealers of Dreams, qui prend place dans la saison 1, après la rencontre avec le Capitaine Jack (donc quelque part entre le neuvième et le treizième épisode). Ce roman avait tout pour me plaire (déjà c'est le Docteur, hum) : une intrigue de SF fondée sur une dystopie et la présence de Jack comme un bonus, et pourtant la sauce n'a pas vraiment pris, chers happy few. J'ai trouvé la construction malhabile : à vouloir suivre en parallèle les aventures des trois personnages qui se retrouvent séparés dès l'ouverture, le récit semble un peu décousu, et cette impression est accentuée par les autres personnages qui semblent se greffer de manière aléatoire à l'intrigue (notamment Domnic, le jeune geek qui écrit des comic books et qui apparaît et disparaît au gré de hasards pour le moins hasardeux). L'histoire part bien (un monde sans fiction, voilà qui ouvre d'inquiétantes perspectives) mais est rapidement menée vers une résolution purement SF (que je ne dévoilerai pas, je sais me retenir) que je n'ai pas trouvée très intéressante et qui est d'autant plus décevante que l'un des discours liminaires du Docteur me laissait espérer autre chose : 'OK', Rose had said with a shrug, 'so they don't like fiction. Does it matter ?' 'Of course it matters. Of course it does. Fiction is about possibilities. It's about hopes and dreams and, yeah, fears. Take those things away and what's left ? A population of drudges, working, eating, sleeping, watching telly, unable to visualise anything outside the confines of their own dreary lives.' (ce qui est terrible c'est qu'en lisant, j'ai la voix de Christopher dans les oreilles, c'est assez déstabilisant, passons) Côté style cela manque cruellement d'humour (pourtant la présence de Jack aurait dû en assurer un minimum), et les passages qui à l'écran auraient certainement été un peu inquiétants (Rose perd la tête et a des hallucinations, le final est une bataille rangée) ne sont pas suffisamment bien écrits pour provoquer ne serait-ce qu'un frisson. Ce n'est pas un mauvais roman mais j'attendais mieux. Déçue je suis.

 

 

Steve Lyons, The Stealers of dreams, BBC Books, 254 pages, 2005.

Steve Lyons a écrit au moins 4 romans Dr Who, 2 audio dramas et il collabore au Doctor Who Magazine (le nombre de parutions hebdomadaires et mensuelles consacrées au Docteur en Grande-Bretagne m'a carrément impressionnée, chers happy few, cette série est une véritable institution outre-Manche, ce qui prouve bien évidemment de manière définitive que les Anglais ont bon goût)

 

 

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Challenge Lire en V.O

 

 

 

 

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Challenge Crazy SF

Catégorie Planet Opera

3/3 (j'ai donc terminé ce challenge avant même que 2010 ne soit entamée, je m'épate moi-même et je me lance donc dans un deuxième Challenge Crazy SF : je vais essayer de lire 3 autres romans dans 3 autres catégories, call me wild woman)

03.12.2009

Interfacé

cable.jpgCowboy est un panzerboy : il livre des cargaisons de marchandises de contrebande aux mafieux de la zone libre, au nez et à la barbe des Orbitaux, qui gouvernent de très loin les habitants de la Terre. Sarah est une ancienne prostituée devenue tueuse à gages : elle a les nerfs câblés pour optimiser sa façon de combattre et porte dans sa gorge une arme mortelle, un cobra cybernétique. Le chemin de ces deux Glaiseux va se croiser : arriveront-ils à mettre fin aux rêves de toute-puissance des Orbitaux ? Vous ne le saurez que si vous vous câblez.

 

Je suis bien consciente que mon résumé en a déjà perdu plus d'un, chers happy few, et c'est une erreur que je vais tenter de rattraper avec brio (et avec mon clavier) (oups, désolée, je ne le ferai plus, my bad). C'est que voyez-vous, après des semaines de rentrée littéraire pour le moins mollassonne (en même temps, la rentrée littéraire est toujours aussi excitante qu'un bol d'ovomaltine, je ne sais pas pourquoi je m'obstine chaque année à penser que cette fois-ci peut-être elle aura, soyons fous, un goût de ricorée) et de lectures en demi-teinte, j'ai décidé de prendre la PAL par les cornes et de me tourner vers un de mes genres de prédilection, qui ne m'a pratiquement jamais déçue (certainement parce que j'y choisis mes titres avec discernement, en toute modestie parfaitement assumée évidemment), la S-F. Dans mon hénaurme PAL (70 titres rien qu'en SF/fantasy/fantastique), j'ai exhumé ce Câblé, premier volume de la tétralogie du même nom de Walter Jon Williams, dont j'avais lu le quatrième volet, Le souffle du cyclone, il y a de cela très longtemps, parce que parfois je suis désordonnée, chers happy few, c'est là mon moindre défaut.

 

Walter Jon Williams est un écrivain de SF relativement prolifique, très mal traduit chez nous, hélas (certaines de ses séries ont vu leur premier volume traduit et pas les autres), qui s'est essayé à de nombreux genres dont le cyberpunk, auquel cette série appartient. Comme je ne voudrais pas perdre les deux courageux et demi qui sont encore devant leur écran, j'en donne rapidement une définition simplifiée (car oui, croyez-moi, on peut en parler pendant des heures, surtout quand le serveur prépare de délicieux Cosmo, n'est-ce pas les filles ?) : il s'agit d'un courant de SF qui met en scène une personne évoluant marginalement dans une société ultra-technologique dominée par une autorité totalitaire, dans un monde plongé dans le chaos suite à un bouleversement technologique, économique et/ou politique. Dans Câblé, la Terre est plongée dans le chaos suite à une guerre contre les Orbitaux, qui ont facilement gagné et pris le pouvoir. Les Etats-Unis se retrouvent coupés en deux zones, une libre et une occupée (en gros, l'Ouest et l'Est) et les Terriens, victimes des prix prohibitifs pratiqués par les Orbitaux qui contrôlent absolument toutes les usines et toutes les industries agro-alimentaires,  se retrouvent bien malgré eux contraints d'avoir recours au marché noir, à la merci donc des plus véreux et des plus malins, qui trafiquent des denrées de première nécessité et des drogues en tous genres, car il n'y a pas de raison que l'humanité ait changé, même dans un futur lointain.

 

C'est dans ce monde tout sauf glamour, où règne la violence et où tout le monde vit en interface plus ou moins grande avec le monde virtuel que Cowboy évolue : ancien pilote de Delta, nostalgique du ciel, il subodore une entourloupe des Orbitaux et profite de ses incessants voyages en tant que convoyeur pour tenter de rassembler autour de lui d'autres panzerboys et de contrôler le marché noir. Cet homme idéaliste (si, si) croise le chemin de Sarah, personnage complexe et tourmenté qui n'a qu'un but : s'arracher elle et son frère, à ce monde de brutes et rejoindre les Orbitaux. Mais le prix du billet est tellement exorbitant qu'elle accepte une mission trop bien payée, mission qui la mettra à la merci des Orbitaux. Autour de ces deux personnages que tout sépare Walter Jon Williams bâtit une intrigue très solide à défaut d'être très originale (mais n'oublions pas que ce roman date de 1986, soit à peine deux ans après Neuromancien de Gibson, considéré comme fondateur du genre), et met en place de manière très habile un monde terrifiant, où les mesquineries humaines semblent décuplées par l'utilisation à outrance de la technologie (clonage, interfaçage, câblage, chirurgie plastique de remplacement et j'en passe). Les personnages sont très attachants et on suit leur parcours et leurs atermoiements avec infinement de plaisir, d'autant que Williams fait preuve d'un réel talent dans la construction narrative comme dans le style, traversé parfois de douloureuses fulgurances. Excellent.

 

 

Walter Jon Williams, Câblé (Hardwire), Denoël, Présence du futur, traduit de l'américain par Jean Bonnefoy, 371 pages, 1986, 1987 pour la traduction.

 

 

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Challenge Crazy SF

Catégorie Cyberpunk

2/3

 

 

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Challenge Objectif PAL

Catégorie "In ze PAL depuis 2007, ne dites rien, je sais (et il y a pire) (hum)"

5/20

19.11.2009

Si seulement, si seulement

lepassage.gifStanley Yelnats est envoyé dans un camp de rééducation pour adolescents pour un vol qu'il n'a pas commis. Le voilà sous l'infernale chaleur du soleil texan, condamné à creuser des trous d'1m50 de diamètre et de profondeur sous la terrible férule d'une directrice cruelle. On dirait bien qu'elle cherche quelque chose, la diablesse aux ongles carmins et venimeux, dans cette terre oubliée de tous où règnent les lézards à taches jaunes dont la morsure est mortelle.

 

 

Parce que je n'ai rien à lire, chers happy few, il m'arrive comme ça, par jeu, de m'inscrire à des livres voyageurs (mais avec parcimonie, quand même, parce que retenue is my middle name). C'est chez Emmyne que j'ai repéré ce titre et le moins que l'on puisse dire c'est que j'ai bien fait de céder (qui a dit "encore une fois" ? il y a des poètes moldaves qui se perdent) à la tentation, parce que ce petit joyau a marqué la fin d'une période de marasme lectural qui m'a semblée bien longue. Le passage est en effet un excellent roman jeunesse, inclassable, émouvant et drôle, qui raconte l'évolution d'un jeune garçon un peu naïf, peu gâté par la nature (son poids en a fait le souffre-douleur de ses camarades de classe), affublé de parents un tantinet rêveurs (son père passe son temps à tenter de mettre en place des inventions farfelues) et d'une malédiction familiale qui accable les Yelnats depuis que l'arrière-arrière-arrière grand-père de Stanley n'a pas tenu une promesse. L'histoire de Stanley est entrecoupée de celles de l'ancêtre en question et de Kate Barlowe l'Embrasseuse, célèbre tueuse de l'Ouest américain qui a vécu à l'endroit où se tient le camp. Ces trois histoires sont bien évidemment liées et permettront de conduire au dénouement, à la suite d'aventures ma foi tout à fait passionnantes. Une histoire d'amour, d'amitié, de serments qu'on tient avec plus d'un siècle de retard, où on accorde beaucoup d'importance aux odeurs de pieds et où on mange une quantité industrielle d'oignons crus est une histoire selon mon coeur, chers happy few.

 

 

Louis Sachar, Le passage (Holes), Ecole des loisirs, Médium, traduit de l'américain par Jean-François Ménard, 278 pages, 1998, 2000 pour la traduction française.  

 

Le billet d'Emmyne par qui ce roman est arrivé. Il est passé chez Bladelor, Liliba et Saxaoul.

Karine pour sa part n'a pas aimé du tout.

17.11.2009

Le colonel Moutarde en string léopard dans le jacuzzi

(oui, je sais, ce titre est affligeant, chers happy few, mais moins que le roman dont il est question ici) (je dis ça pour vous préparer à ce qui va suivre, car j'ai pitié de vos petits coeurs tout mous) (vous remarquerez aussi la présence subtile d'un jacuzzi dans ce titre ô combien raffiné car oui, j'ai décidé de convoquer l'esprit harlequinesque pour me donner le courage d'en rire)

 

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Duncan Kincaid est superintendant à Scotland Yard. Comme il est totally overbooked malgré sa coolitude, il décide de prendre une semaine de vacances, comme ça, wildly, dans le Yorkshire, histoire de se ressourcer dans des paysages bucoliques, chabadabada. Mais hélas, comme on n'est jamais tranquille, les cadavres s'accumulent devant sa chambre. C'est pas grave, grâce à ses superpouvoirs, Duncan va résoudre cette faute de goût en 318 pages.

 

 

Il en va parfois des romans comme de l'histoire du tyran de Syracuse, chers happy few : c'est quand on croit avoir touché le fond qu'on découvre que le pire était à venir. Je pensais sincèrement avoir atteint une espèce de point de non-retour avec l'inénarrable Eclat du diamant, mais ce Meurtres en copropriété est à mon avis encore plus mauvais. Si, si, c'est possible.

 

Voici un roman terriblement désuet (en même temps, la couverture aurait dû me mettre la puce à l'oreille, chers happy few, my bad), à mi-chemin entre Agatha Christie et le Cluedo, mais sans la verve de la première ni le kitsch nostalgique du deuxième. L'intrigue est terriblement mal ficelée : dans une copropriété d'appartements achetés pour une semaine par an par des bourgeois un peu argentés, les vacanciers meurent les uns après les autres dans des circonstances un peu bizarres, qui électrocuté dans la piscine, qui assassiné à coups de raquette de tennis sur le court (oui, je pense aussi que c'est une arme avec laquelle il faut s'acharner, mais ne pinaillons pas)... Et bien évidemment tout le monde est suspect. Duncan mène l'enquête d'abord en parallèle de la police puis en collaboration avec elle, et je dois bien dire que c'est le pire flic que j'ai jamais vu : on a beau nous seriner toutes les deux pages qu'il est tellement brillant qu'il est superintendant alors qu'il a à peine trente ans mais il ne voit pas plus loin que le bout de son nez, n'interroge pas un témoin qui vient manifestement lui dire quelque chose de grave et a un coeur d'artichaut (toutes les femmes lui tournent la tête et elles le lui rendent bien, toutes énamourées dès qu'il apparaît dans une pièce) qui semble l'empêcher de penser droit. Les autres personnages ne sont pas mieux lotis, ils semblent tous concourir pour remporter la palme de la superficialité et de la platitude. Et comme ce roman, c'est Noël avant l'heure, s'ajoute à ça un style carrément épouvantable, rempli de redondances, de redites et d'explications vaseuses. Je vous donne un exemple pour la route, chers happy few, car je suis d'humeur partageuse :

 

"C'est peut-être pour ça qu'Eddie Lyle ne m'aime pas, dit Helen qui s'assit en face de Gemma après lui avoir servi du thé. Pour lui ce n'est pas très bien d'être irlandais. (Vous noterez la belle traduction. Y en a certains qui devraient réviser un peu leur petit Harrap's, je dis ça, je dis rien.) C'est un ancien militaire, même si ça ne se voit pas. (sic) Il a servi en Irlande du Nord et il méprise en bloc tous les Irlandais. Ou alors c'est parce que mon mari travaille pour l'entrepreneur. (Elle eut un petit geste circulaire qui englobait la résidence.) Je ne sais pas où il a appris à être aussi snob. Ses parents avaient un magasin de spiritueux dans la vieille ville [...]

Helen North était bavarde, et ses propos dénotaient une certaine malveillance envers Edward Lyle. il avait dû la traiter de haut comprit Gemma." (Non ? On remarquera la grande perspicacité de Gemma, et le talent fou de la romancière. Je suis littéralement bluffée, chers happy few.)

 

Un roman écrit avec les pieds et roulé sous les aisselles, dont la lecture est, vous l'aurez compris, vivement déconseillée.

 

 

Deborah Crombie, Meurtres en copropriété (A share in death), Le Livre de Poche, 318 pages dont la longueur est inversement proportionnelle à la densité, traduit n'importe comment par Anne Crichton, 1993 pour la première édition, 2009 pour la traduction.

Keisha est moins critique.

16.11.2009

A l'abordage, cacahouètes et potage!

larançondespirates.jpg2216, Angleterre. Enfin, ce qu'il en reste. Lily Melkun, 13 ans, est pêcheuse dans les Dix dernières contrées d'Angleterre, terres très pauvres du sud de feu le Royaume-Uni, soumises malgré elles aux raids des pirates et oubliées de l'état et surtout de l'Ecosse, devenue une super-puissance. Un jour, Lily rentre au village pour trouver ce dernier en émoi : les pirates de Medwin ont fait une razzia et non contents d'enlever Lexy, la fille du Premier Ministre qui vivait chez sa tante, ils sont assassiné la grand-mère de Lily. Seule au monde, Lily décide de fuir afin d'échapper au mariage auquel on veut la contraindre : elle se met en tête d'aller sauver Lexy des griffes des pirates en proposant une rançon qu'elle a dérobée chez la tante de la petite fille, un bijou qui parle... Les aventures commencent.

 

 

En 2008, The Times a organisé un concours d’auteur avec Barry Cunningham, l’éditeur d’Harry Potter, comme président du jury, chers happy few, dans le but de découvrir un nouvel auteur jeunesse. C'est Emily Diamand et sa Rançon des pirates qui a remporté le concours et donc la publication, avec cet ouvrage de SF post-apocalyptique qui décrit un monde ravagé par une catastrophe écologique sans précédent. Alors que les trois quarts de Londres sont sous les eaux et que la partie émergée de la ville est un marécage sans nom, l'Ecosse, elle, au-delà de ses frontières sévèrement gardées, est une nation puissante, qui, dit-on, aurait gardé quelques ordinateurs et quelques machines intelligentes d'avant la catastrophe, ce qui est formellement défendu aux habitants des Dix dernières contrées, et maîtrise les nouvelles énergies, ce qui lui assure une grande richesse. Comme toujours dans les romans post-apocalyptiques, l'humanité revenue à l'âge pré-technologique doit faire face à des menaces qui semblent surgies d'une époque révolue, ici les pirates qui ont mis en coupe réglée les rivages pauvres et qui livrent une lutte sans merci aux Anglais dans le but de prendre le pouvoir sur ce qui reste de l'Angleterre.

 

Avec son intrigue pas franchement révolutionnaire (une ado brave tous les dangers pour sauver une petite fille et se retrouve prise au milieu d'une intrigue dont l'ampleur la dépasse) qui enchaîne les rebondissements par à-coups (le début est très lent), ses personnages assez superficiels et son style très plat et un peu artificiel (notamment l'alternance des points de vue entre Lily et Zeph qui ne se justifie pas vraiment), La rançon des pirates est un roman qui s'adresse à mon avis à de très jeunes lecteurs (dès 9 ans) et qui ne m'a pas vraiment convaincue, chers happy few. Si on en croit Cunningham, qui se fend des traditionnelles louanges de 4ème de couverture (une habitude décidément détestable, mais cela n'engage que moi), Emily Diamand est un grand écrivain. Si c'est vrai, elle a une mauvaise traductrice.

 

 

Emily Diamand, La rançon des pirates, Michel Lafon, 371 pages, traduit de l'anglais par Nathalie Gouyé-Guilbert, mars 2009

Le billet de Mélanie, qui m'avait donné envie.

 

Et comme de nos jours on semble ne plus savoir écrire de one-shot et qu'on surfe allègrement sur la vague des séries à rallonge, il y aura une suite, qui sortira en Grande-Bretagne en 2010. (Oui, je suis en mode schtroumpf grognon en ce moment, j'assume.)

 

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Challenge Crazy SF

Catégorie Post-apocalyptique

1/3

(Toutes les informations sur ce Challenge sont chez GeishaNellie.)

04.11.2009

J'attends l'amouuuuur

(Je sais, chers happy few, je sais, mais c'était trop tentant.)   

 

 

                                        

                                         Grande-Bretagne, années 20. la poursuite de l'amour.jpgFanny et Linda sont cousines, inséparables et pourtant totalement dissemblables. Fanny est la fille d'une femme volage qui l'a abandonnée toute petite à sa tante pour suivre ses multiples amants et maris sur le continent, alors que Linda est la fille de deux riches propriétaires terriens tout à fait stables. Les deux cousines grandissent pratiquement ensemble et dès l'âge de 15 ans, soupirent après le grand amour qui viendra illuminer leurs vies. Mais alors que Fanny, raisonnable, épouse un intellectuel qui lui correspond, Linda, follement romanesque, se fourvoie dans un mariage avec un riche banquier allemand.

 

 

Voici un roman qui était dans ma PAL depuis près de 2 ans, chers happy few (ce qui n'est rien, j'en ai trouvé un qui prend la poussière depuis 8 ans, le pauvre, il n'en revenait pas de me voir enfin m'intéresser à lui), où il avait atterri suite à quelques billets plus ou moins élogieux qui lui avaient été consacrés et qui m'avaient donné envie de découvrir cette romancière britannique qui signe avec La poursuite de l'amour son roman le plus célèbre. Il faut faire fi de l'absurde quatrième de couverture qui parle à tort de Jane Austen et de Bridget Jones (mais c'est une (sale) manie que de toujours chercher des comparaisons vendeuses et la pauvre Jane est mise à toutes les sauces par ceux qui ne l'ont manifestement pas lue) et découvrir ce délicieux roman qui peint avec beaucoup de lucidité et de causticité les émois amoureux des jeunes filles mal éduquées, émois qui finissent toujours par se transformer en cruelles déceptions sentimentales sous les effets conjugués de la réalité et de la personnalité des hommes, ô combien éloignée de celles des princes charmants qui peuplent les fantasmes féminins.

 

C'est toute l'histoire de Linda, qui nous est contée ici par sa sage et pénétrante cousine, qui se marie deux fois en croyant à chaque fois avoir décroché le Graal pour se rendre rapidement compte qu'elle était amoureuse d'un mirage. Anglaise jusqu'au bout des ongles, elle fait contre mauvais fortune bon coeur avant de se décider à la rupture et de rencontrer, tout à fait par hasard, un homme qui lui convient. La poursuite de l'amour, outre sa description d'une grande justesse psychologique du fonctionnement du coeur de certaines femmes insatisfaites, est un roman souvent drôle, qui met en scène avec beaucoup d'humour la gentry anglaise au travers d'une galerie de personnages truculents (notamment Oncle Matthew qui terrifie son entourage, organise des "chasses aux enfants" mais écoute de sirupeuses mélodies italiennes et aboie beaucoup plus qu'il ne mord, ou encore Davey, personnage original d'intellectuel hypocondriaque à l'intelligence très fine). On pourra juste regretter une fin un peu abrupte mais finalement prévisible, qui ne nuit en rien au plaisir de cette lecture revigorante.

 

 

Nancy Mitford, La poursuite de l'amour (The pursuit of love), 10/18, 254 pages, traduit de l'anglais par Daria Olivier, 1945, 2006 pour la présente édition

 

Les avis de Caro[line] (pas emballée), Lilly (enthousiaste) et Papillon (qui m'avait donné envie malgré son billet mitigé).

 

Merci Alinéa pour le prêt! 

 

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Catégorie "Rien ne sert de courir, il faut partir à point. Hum."

4/20

01.11.2009

Hoche-Vite

le garçon en pyjama rayé.jpgBruno a 9 ans, et il est le fils d'un officier SS à qui Hitler donne la direction du camp d'Auschwitz. Brutalement déraciné (la famille vivait dans une vieille demeure berlinoise), livré à lui-même, le petit garçon s'ennuie terriblement dans ce nouvel univers pour le moins étrange : personne ne veut lui expliquer qui sont ces gens en pyjama rayé de l'autre côté du grillage ni pourquoi il ne faut pas en parler. Bruno développe à leur égard une curiosité de plus en plus intense jusqu'au moment où il rencontre un jour, loin de sa maison, un jeune garçon de son âge derrière le grillage. Ils deviennent amis.

 

 

Le garçon en pyjama rayé de John Boyne est sorti en 2006 et a été immédiatement traduit en français, chers happy few, et Gallimard a profité de la sortie du DVD de l'adaptation en août dernier pour le rééditer dans un nouveau format très agréable dans lequel j'ai enfin découvert ce roman couvert de prix qui s'est vendu à plus de 5 millions d'exemplaires dans le monde, ce qui n'est pas étonnant tant le traitement du thème de l'Holocauste est ici original et fort. Il ne faut surtout pas en savoir trop en ouvrant cette fable (car c'en est une, tant dans l'histoire qui est peu vraisemblable que dans le personnage de Bruno, tellement naïf qu'il en paraît parfois un peu attardé), qui est une indéniable réussite. L'histoire est très frappante, grâce notamment au choix d'une narration à la troisième personne mais qui suit totalement les pensées et le raisonnement de Bruno : on a l'impression d'être dans la tête de ce petit garçon tout en anticipant l'intrigue, puisque nous savons décrypter ce que Bruno ne comprend pas, ce qui crée un climat très pesant et concourt évidemment à la réussite de la chute, poignante et inéluctable. Un très bon roman, à faire lire dès 13 ans.

 

 

John Boyne, Le garçon en pyjama rayé, Gallimard jeunesse, 186 pages, 2009, existe aussi en Folio junior

 

Les avis de Karine, LaureTamara.

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