19.06.2008
Le jeudi, c'est... étymologie! (2)
Aujourd'hui, chers happy few, je vais tenir une promesse faite ici même dans cet humble salon et profiter de ce billet à Haute Teneur Kulturelle pour vous parler de l'étymologie d'un prénom qui, si vous voulez mon avis, n'est pas reconnu à sa juste valeur, j'en tiens pour preuve le peu d'enfants qui le portent... Il s'agit bien évidemment de Georges. Mais avant de me lancer dans une analyse pointue du pourquoi du comment de la désaffection qui semble le toucher, un peu d'Histoire s'impose.
En effet, pour comprendre l'étymologie de Georges, il faut se pencher un peu sur son saint patron, celui qui est devenu célèbre pour avoir terrassé le dragon, représentation du mal, Satan is bad, bla bla bla, etc. Mais ce que l'on sait moins, chers happy few, c'est qu'en réalité ce bel homme a tué un pauvre dragounet de rien du tout qui se contentait de brûler une récolte annuelle histoire de faire trembler les paysans apeurés et de ronfler sur son tas d'or : une vie de dragon normale, en somme. Et cette pauvre bête qui n'en demandait pas tant a vu débarquer un jour un jeune blanc-bec ivre de rêves de gloire, et surtout avide de conquêtes féminines : c'est pour les beaux yeux des pucelles de la ville voisine qu'il défia ainsi le dragon, car il subodorait, le bougre, qu'être un héros lui ouvrirait tous les coeurs. Et l'histoire lui donna raison puisqu'à partir de ce haut fait d'armes, il fut poursuivi par les assiduités de toutes les femmes, jeunes ou vieilles, belles ou laides, petites ou grandes, qu'il rencontra. On prétend même que c'est à cause de lui que les chevaliers de tous les royaumes se mirent en tête que pour séduire une femme il fallait à tout prix tuer un dragon et lui offrir en gage d'amour éternel des chaussures taillées dans la peau de la malheureuse bête. De là à comprendre que Saint Georges est à l'origine de l'extinction de la race dragonale et de la mode des chaussures inmettables, il n'y a qu'un pas, chers happy few, que je vous propose de franchir allègrement! Voilà pourquoi Saint Georges est le saint patron des hommes bourrés de testostérone (il en faut pour manier l'épée) et, par ricochet, des midinettes. Cette révélation est corroborée par l'étymologie (c'est là que la science que vous attendez tous entre enfin en scène chers happy few), puisque Georges signifie "celui qui cultive sa sexytude virile" (ceux qui ne me croient pas n'ont qu'à aller faire un tour dans un dictionnaire d'étymologie, ils trouveront la page des Georges juste à côté de la page des Hugues).
La preuve en images, chers happy few :

Celui par qui tout est arrivé : Saint Georges himself, dont on admirera le joli minois. Vous remarquerez d'ailleurs que je ne vous ai pas menti, chers happy few et que le dragon qu'il a combattu était vraiment riquiqui, limite mesquin. A l'arrière-plan, une midinette éplorée.

Georges Cuvier, naturaliste et zoologue, qui a donné ses lettres de noblesse à l'anatomie comparée. Pas mal, non ? (Je lui trouve un air particulièrement viril et intelligent, pas vous ? Et le costume est très seyant, y a pas à dire.)
...
(Il me semble entendre une clameur monter du fond de la salle, menée par une certaine A., qui pour des raisons assez obscures, a tenu à garder l'anonymat.)
...
C'est bon, je cède sous la pression, mais je tiens à rappeler quand même que ce salon est avant tout kulturel, je dénie donc toute responsabilité dans ce qui suit.

Le chevalier George, portant une montre en peau de dragon...

...il a bien mérité un café le pauvre...

... voire même un bain... Quel homme!
Alors, chers happy few, convaincus ? Personnellement, devant l'ampleur et la rigueur de ma démonstration un seul mot me vient : what else ?
PS : dans un prochain billet, je me pencherai sur les hommes qui boîtent, chers happy few, et, si j'ai le temps, je me tournerai vers la suite de l'alphabet et je ferai des recherches poussées sur l'étymologie des prénoms qui commencent par un J. Que ne ferait-on pas pour la science ?
PSbis : le tableau de Saint Georges est de Raphäel, tant de kulture dans un seul billet, c'est limite trop, chers happy few!
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05.06.2008
Le jeudi, c'est... étymologie!
Aujourd'hui, chers happy few, dans un élan enthousiaste (mais contrôlé), j'ai décidé de rédiger un petit billet sur une science méconnue et néanmoins fascinante, l'étymologie, vous savez, celle qui nous permet de nous sortir des situations les plus embarrassantes (moi plus que vous, c'est certain, chers happy few, étant donné que tout le monde n'a pas la chance d'essayer de dispenser du savoir et de la kulture à des têtes ma foi très récalcitrantes) avec brio et la tête haute (et, j'avoue tout, avec parfois le feu aux joues du scientifique qui vient d'inventer un nouveau mammifère). J'ai donc décidé de manière totalement arbitraire et complètement unilatérale, de vous parler aujourd'hui d'un... prénom, tant il est vrai que le choix d'icelui (ah, j'en vois un qui se pâme au troisième rang à côté du radiateur, les mots bizarres sont de retour, enfin!) peut influer sur la destinée d'un enfant : on sait par exemple qu'il ne faut pas appeler son fils François-René si on ne veut pas le voir fréquenter les falaises en se lamentant sur son sort avec force alexandrins ni Marcel si on veut qu'il mange autre chose que des madeleines délicatement trempées dans du thé...
Forte de ces constatations, je m'en vais me pencher sur le cas d'un prénom peu répandu : Hughes. (C'est là que ceux qui suivent comprennent tout d'un coup vers quoi se dirige ce billet, car, contrairement aux apparences, il se dirige bien quelque part, je sais, c'est fou, chers happy few.)
Hughes est un prénom peu répandu en France, donné à une dizaine d'enfants chaque année, et c'est un tort, chers happy few, croyez-moi! En effet, Hughes est un prénom d'origine germanique qui signifie "intelligence et sexytude", pas moins (si vous ne me croyez pas, je vous invite vivement à consulter un dictionnaire étymologique). Si l'on se penche un peu sur l'Histoire, chers happy few, on ne rencontre que des Hughes fringants d'intelligence et de virilité, qu'ils soient ecclesiastiques (comme Hughes de Cluny) ou laïcs (il y a eu toute une tripotée de Hughes chez les ducs de Normandie) et force est de constater (j'avais dit que c'était le retour des expressions administratives) que les Hughes contemporains font montre des mêmes qualités. Et, pour appuyer ma brillante démonstration, je suis allée dénicher pour vous, chers happy few, trois specimen totalement inconnus, parfaits parangons d'intelligence et de sexytude.
Hugh Grant, qui est le descendant d'une célèbre famille écossaise composée de soldats et d'aristocrates (comme Jamie Fraser, oh my, n'est-ce point incroyable ?) et qui a fréquenté Oxford, d'où il est sorti brillamment diplômé en Littérature anglaise.
Hugh Jackman, qui a fait des études de journalisme avant de revêtir des costumes en latex, qui a dit que les études ne menaient à rien ?
Hugh Laurie, diplômé en anthropologie et en archéologie avant que de l'être en médecine.
Trois porteurs du même prénom, trois représentations parfaites de son étymologie! Alors, chers happy few, la leçon n'est-elle pas magistrale ?
PS : ce billet à Haute Teneur Kulturelle est un hommage à Alain Rey (non, je vous rassure tout de suite, il n'est pas mort), que j'aime d'amour.
PSbis : une autre fois, nous verrons pourquoi tous les George(s) ont l'oeil qui frise (ou la moustache, c'est selon).
PSter : ce billet ne remplace pas celui sur les fringants quadras, annoncé depuis des lustres (car parfois, chers happy few, je suis occupée, voire malade, voire les deux à la fois).
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