29.08.2008
I aim to misbehave
Bon, comme vous le savez tous, chers happy few, car je bassine tout le monde avec depuis des jours, j'ai une nouvelle addiction que je soigne comme je peux à coups de DVD (et de Tariquet, car on ne se refait pas) et j'ai donc visionné dans la foulée de Firefly, le film Serenity. Et, comme Joss Whedon me l'a personnellement demandé, je suis obligée de faire un billet sur ce film (ben oui, il demande lors de l'introduction au film (visible dans les bonus) à tous les gens qui ont aimé le film de le faire savoir autour d'eux) (je prends ça comme une demande personnelle, of course) (quand je vous disais que Joss et moi avions une connexion).
Serenity donc, a vu le jour grâce à l'entêtement de Whedon, incapable d'accepter que la série s'arrête en pleine saison 1, et à l'engagement des fans, qui étaient prêts à prendre d'assaut la Fox. C'est cependant Universal qui accepte de se lancer dans l'aventure, avec un petit budget (pour un film de ce genre, qui nécessite quand même pas mal d'effets spéciaux) et le casting intégral de la série (pas de star donc, même si franchement le délicieux Nathan F. en aurait la carrure, en toute objectivité, évidemment). Et Whedon réussit le tour de force de faire de ce film d'1 heure 40 la saison 2 de la série.
Après une rapide introduction qui permet à ceux qui débarqueraient de comprendre les enjeux mis en place dans les épisodes télévisés (présentation de l'univers et de l'intrigue la plus importante, à savoir la fuite de River des griffes de l'Alliance), on est plongé dans une intrigue bien ficelée qui permet de résoudre de nombreux points restés en suspens lors de l'abrupte fin de Firefely, ce qui est proche du tour de force. Le film débute donc quelques mois après The message, qui était le 15ème épisode de la série. Inara a quitté le vaisseau, de même que Book ; les autres continuent de mener leur vie de contrebandiers de l'espace, rendue difficile par les Reavers, ces créatures sans âme qui dévorent leurs victimes vivantes et qui semblent de plus en plus féroces et incontrôlables. Suite à un incident, Simon et River décident de quitter l'équipage, mais c'est alors qu'un message subliminal transforme River en machine à tuer...
On retrouve dans le film tout ce qui fait l'indéniable qualité de la série : une utilisation très cohérente du monde mis en place (même si ici, faute de temps, on ne peut pas explorer de nombreuses planètes) et une forte interaction entre les personnages, qui se retrouvent séparés pour mieux se retrouver. Cependant, le côté western, si particulier, a laissé la place à un monde plus SF, ce que l'on doit certainement attribuer au passage sur le grand écran : les effets spéciaux sont plus nombreux et plus réussis que dans la série, notamment les vaisseaux spatiaux. Quelques morceaux de bravoure (indispensables dans tout film de SF qui se respecte) sont particulièrement brillants comme la course-poursuite initiale entre la jeep sur coussin d'air (une amélioration par rapport à la série, où elle avait des roues) et le vaisseau des Reavers ou la bataille spatiale finale. Mais Whedon, qui décidément me surprendra toujours (ce qui est une incroyable qualité, chers happy few, n'en doutez pas), a écrit un scénario sombre aux rebondissements inattendus (je ne veux pas spoiler mais croyez-moi j'en pleure encore), où nos héros prennent des coups de tous côtés (aussi bien physiquement que moralement) et on ne peut que penser que la foi à laquelle s'accroche désespérement le capitaine Reynolds pour faire ce qu'il juge bien et survivre, est une métaphore de la foi qui a soutenu Joss Whedon tout au long de la mise en place de ce projet de fous : quelle autre série annulée en cours de saison 1 a donné naissance à un film produit par une major ?
Une oeuvre de grande qualité, chers happy few, injustement massacrée lors de sa sortie française par une distribution lamentable (il a été donné environ une semaine à Paris dans une seule salle) et une interdiction aux moins de 16 ans pour le moins injustifiée. Réhabilitons Serenity!
Serenity de Joss Whedon, pour le cast, voir celui de la série, Universal studios, disponible en version française
PS : le titre de ce billet est emprunté à Malcolm Reynolds. Who else ?
00:55 Écrit par fashion dans Kultes movies | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note