29.09.2010
De la sexytude en milieu professoral
(Ce salon étant en train de devenir over sérieux, il était temps de prendre les choses en main comme disait le poète moldave en empoignant vigoureusement son verre de Pimm's) (...) (qu'alliez-vous donc imaginer, bande de coquinous ?)
Je sais qu'il y en a parmi vous, chers happy few, qui pensent que les Harlequin ne sont que des romans légers, limite aériens, déconnectés de la réalité et qui ne présentent que des personnages qui n'existent pas, véritables clichés ambulants. Mais (car oui, il y a un mais), ce n'est pas toujours le cas, loin de là. Parfois, les romans Harlequin sont de véritables études sociologiques, profondes et argumentées. C'est exactement le cas de


Coup de folie (collection Rouge passion) et Une inoubliable rencontre (collection Désirs).
Si, si, je vous jure. (Certes, ce n'est pas évident quand on voit les (sublimes) couvertures. Mais on ne va pas pinailler pour si peu.)
Figurez-vous, chers happy few, que ces deux romans ont pour cadre l'enseignement. Je ne pouvais donc pas passer à côté d'une si belle occasion d'apprendre comment on concevait l'éduc' nat' aux Etats-Unis et c'est donc dans le cadre de l'étude scientifique la plus rigoureuse que j'ai décidé de me rendre possesseuse de ces deux fantabuleux romans. Et ma conscience professionnelle a été récompensée au centuple par ce que j'ai appris, chers happy few. Au moins.
Dans un roman Harlequin, pour être proviseur-adjoint d'un lycée de l'Arizona, il faut être empli d'une infinie sexytude et répondre au doux prénom de Tuck (pour une fois que ce n'est pas Josh, on ne va pas s'en plaindre). Tuck Manning, le héros d'Une rencontre inoubliable est un homme "très séduisant, avec ses yeux à la George Clooney, un peu obliques, et son air mêlant le sérieux et l'ironie. Le premier de la classe en Harley Davidson... Solide, narquois et brillant. Une combinaison explosive." Passons sur le fait que je n'ai pas bien compris en quoi les yeux de Clooney étaient "obliques", et sur l'emploi étrange de cet adjectif ("en amande" m'aurait paru de meilleur aloi) et arrêtons-nous deux minutes sur cette description. Force est de constater, chers happy few, que je n'ai jamais côtoyé un proviseur-adjoint de cette trempe. Surtout si on ajoute à ce physique georgesque son jeune âge (il a 28 ans, mais on sait depuis longtemps qu'aux âmes bien nées, la valeur bla bla bla) et son tempérament de poète, qui lui fait dire dès la page 30 : "Il y avait eu quelque chose de précieux, dans cette rencontre. Comme la neige à Tucson." Si un proviseur-adjoint m'avait parlé ainsi, chers happy few, nul doute que j'aurais moi aussi été emportée, comme Kate, dans un "délicieux maelstrom de sensations" qui m'aurait empêché de me concentrer sur mes cours.
Dans un roman Harlequin, quand on est prof de fac, on n'enseigne pas des matières ringardes et poussiéreuses, non, chers happy few, on enseigne, comme Miranda (l'héroïne de Coup de folie), un module sur "Sexualité et reproduction", avec une nette tendance à prôner à ses élèves les bienfaits de l'abstinence et de la vertu. On mélange donc allègrement morale et science, on publie des tas d'articles sur le sujet et on est élue "Personne la plus moralement méritante du campus" (ouh que ça fait envie). La question est : vaut-il mieux passer son doctorat et finir comme Miranda, frustrée et solitaire ou avoir encore "une ou deux U.V à passer" comme Kate (oui, elle ne sait pas combien il lui en manque, mais il faut dire à sa décharge qu'elle n'est pas prof de maths) et finir dans un lycée de l'Arizona à se laisser draguer par son proviseur-adjoint ? Vaste question, limite métaphysique, chers happy few.
Dans un roman Harlequin, quand on attend le passage d'un collègue on jardine en mini-short et en débardeur ultra-moulant (personnellement, il n'y a cette année pas un seul collègue pour qui je ferais cet effort, mais c'est parce que je suis une vilaine égoïste) et on a raison puisque le collègue en question se révèle rapidement être un champion du tuyau d'arrosage dont il fait un usage ma foi tout à fait intéressant, ce qui prouve bien que la pédagogie c'est un investissement de tous les instants, limite un art de vivre, chers happy few. Vivent les profs, tiens.
C'est toujours Ofelia qui a oeuvré avec talent, limite brio.
Ce billet clôture pour ma part sur le fil les Harlequinades 2010, qui, je le rappelle, ferment demain!
15:39 Écrit par fashion dans Harlequinades | Lien permanent | Commentaires (31) | Envoyer cette note | Tags : sinon, j'ai lu une (lointaine) réécriture du comte de m-c, vivent les irlandais au sang chaud tiens, et le chocolat, comment ça aucun rapport ?
24.08.2010
Harlequin et Harlequine sont dans un billet...

Parce que le challenge bat son plein depuis près de deux mois, il est temps de récapituler les billets de valeureux participants, chers happy few! Je vous rappelle que les Harlequinades 2010 prendront fin le 30 septembre et que vous pourrez voter pour votre billet et votre nouvelle préférés début octobre.
Ils ont lu un Harlequin :
Armande a concocté une interro surprise sur Coup de foudre à Quimper (Ouest France Amours et embruns).
Cécile a fait du mauvais esprit (quelle vilaine) en lisant Frissons interdits (J'ai lu Aventures et passion).
Chimère a trouvé que La fée de l'aurore (Duo) manquait de galipettes et a découvert les vertus du thé purgatif dans Sur les traces d'un escroc (J'ai lu Aventures et passion). L'héroïne du Secret d'une nuit d'été (J'ai lu Aventures et passion) lui a beaucoup plu : enfin une femme vénale qui assume son goût prononcé pour les comptes en banque masculins!
Cuné a lu "avec stupeur" La nuit ensorcelée (Nocturne).
Cynthia a découvert que la mer et la feta faisaient bon ménage dans Prisonniers du désir (Azur).
Delphine en a lu quatre d'un coup parce que rien ne l'arrête.
Dup a lu Nuits d'amour dans la taïga, un roman de Konsalik (toute première fois, toute toute première fois que cet auteur est chroniqué sur un blog de lecture il me semble).
Ferocias a réhabilité avec talent L'amoureux des vignes rouges et son orthographe garantie d'origine (Editions de Lutèce, collection Fleur bleue).
Fleur a découvert la recette du bonheur dans Une fée au pays de Galles (Azur).
Gwenaëlle s'est intéressée à la survivance du machisme dans Coup de foudre à Brest (collection Ouest France).
Hydromielle a découvert l'ingrédient secret des Harlequin dans L'amour secret d'une princesse (Azur) et compris que Disney/Harlequin même combat grâce à L'héritier inespéré (Horizon).
Iluze a lu Une faim de tendresse, histoire d'amour entre une lectrice et un écrivain (ouh le fantasme).
Kikine a découvert une intrigue subtile dans Le meilleur des pères (Horizon).
Lalou a traqué le cliché dans Le prince d'Amrah (Horizon) : il paraîtrait que tout est bien qui finit bien au pays des sublimes cheiks arabes.
Les piles a décortiqué dans L'amant de l'hiver, qu'elle a elle-même traduit, la mise en scène de la traductrice : quelle mise en abyme!
Mango a passé 90 mn dans les bras d'Un dangereux séducteur (Azur).
Matilda a découvert qu'il y avait toujours un jaccuzzi dans les harlequins en lisant Piano (Duo harmonie).
Nadia a suivi la chasse au mari de quatre soeurs dans La ronde des saisons (J'ai lu Aventures et passion).
Nataka a été agréablement surprise par Mission de choc pour Miss Abbott (Horizon) mais a failli mourir d'ennui au Guilvinec à cause de Coup de foudre à Quimper : Amours et embruns (Ouest France).
Ofelia a lu Fièvre andalouse (Azur) et a tout appris du muscle érectile de Luiz et L'île du désir (Azur) où Jenny, la secrétaire sans ordi et sans cerveau, séduit le très primé Michael Denver.
Pimpi a été trompée deux fois sur la marchandise : La couronne des Highlands (J'ai lu Aventures et passion) n'est pas une romance idiote mais un très bon roman historique et Le voleur de brume (J'ai lu Mondes mystérieux) le premier volume d'une bonne série fantastique. Par contre, elle a nettement moins apprécié Les feux de la passion (Historique) que l'héroïne, qui s'interroge sans fin sur la chaleur répandue en elle par la vision du beau Hugh (quand je disais que l'étymologie était une science exacte, souvenez-vous, chers happy few) et elle s'interroge encore sur le changement de prénom de l'héroïne des Enchères de la passion (J'ai lu passion intense) entre la quatrième de couverture et le roman.
Purplevelvet a décortiqué Nuit de pleine lune (Sixième sens), une histoire pleine de mystères et... de pleine lune.
Sandy a dressé les qualités essentielles des harlequins et harlequines grâce à Un cavalier sur mesure (Duo).
Stéphanie a voulu nous faire croire que sa lecture de Benedict (J'ai lu Aventures et passion) était uniquement motivée par sa soif inextinguible de savoir.
Stéphie a relevé une nouvelle utilisation du périscope dans Recherche un homme, un vrai (J'ai lu Passion intense).
The Bursar a pris de notes en lisant Les secrets du plaisir (Audace) ; elle sait maintenant parfaitement comme satisfaire un homme.
Vilvirt a découvert que les Harlequins c'était fin, ça se mangeait sans faim, grâce à La belle et le barbare (Rouge passion).
Wal a découvert, sidérée, que la chevelure du héros de Comme un ouragan de feu préoccupait beaucoup son auteur.
Quant à moi, j'ai appris que le sporran avait encore de beaux jours devant lui avec Be still my vampire heart.
Elles ont écrit une nouvelle :
Amanda : Autant en emportent les livres, épisode 1, épisode 2, épisode 3, épisode 4.
Clara : Amours et plantain, épisode 2
Cynthia : Orgie et préjugés, épisode 1, épisode 2
Emma : La jeune femme, les morts et Bobby Joe, épisode 1, épisode 2, épisode 3, épisode 4, épisode 5, épisode 6.
George : Un ténébreux amant, épisode 1, épisode 2, épisode 3.
Lalou : Escapade à Lamoremio
Theoma : Les braises incandescentes du batracien
Merci de bien vouloir déposer dorénavant vos liens en commentaires de ce billet-ci, chers happy few, vous serez bien urbains.
07:09 Écrit par fashion dans Harlequinades | Lien permanent | Commentaires (32) | Envoyer cette note
09.08.2010
The devil take it
Angus MacKay, écossais (avec un nom pareil, il aurait été étonnant qu'il soit chinois, hein) et directeur de l'agence de sécurité MacKay, est un vampire depuis plus de 500 ans. Et comme les habitudes ont la vie dure, il ne sort jamais sans son kilt, son sporran (ne pas confondre avec un sac à main, ça le fâche tout rouge) et sa claymore (vous savez, la grande épée que portaient les guerriers écossais dans le dos du temps où il était normal de voir de braves guerriers roux et très musclés se balader dans les Highlands en murmurant "Il ne doit en rester qu'un" ou un truc approchant, genre "Il me faut un whiskey tout de suite"), ce qui le rend pour le moins discret quand il se balade dans les rues de Manhattan. C'est là qu'il fait la connaissance d'Emma Wallace, une sublime brunette qui fait immédiatement chavirer son coeur de vampire (car les vampires ont un coeur qui bat chez Kerrelyn Sparks, il est même tout mou, contrairement à d'autres parties de leur anatomie mais j'anticipe, chers happy few, c'est toute cette testostérone qui me monte à la tête, my bad) mais hélas Ménélas, Emma est une tueuse, ce qui, vous l'avouerez aisément, chers happy few, est totalement inattendu et complètement nouveau. Et comme c'est une tueuse avec un lourd passé et une imagination limitée, elle croit, bêtement, que tous les vampires sont des bêtes féroces et sanguinaires qui n'en ont qu'après les pauvres femmes qui font leur jogging à Central Park (en même temps, faire volontairement du sport ne peut qu'attirer ce genre de châtiment, je dis ça, je dis rien). Or il n'en est rien ; les vampires ne sont pas tous méchamment surdotés des canines et certains ont voué leur vie à la protection des faibles humains qui ignorent tout du terrible drame qui se joue dans les limbes de la nuit (oui, j'écris n'importe quoi, c'est la fameuse influence harlequine bien connue de certains).
Bref. Je me rends bien compte que je me suis égarée en tentant de résumer ce chef d'oeuvre harlequinesque, chers happy few, je vais tenter de me ressaisir, je vous le promets, mais il faut dire que voir Angus lever son kilt systématiquement après chaque téléportation (un des dons vampiresques sparkiens, c'est très pratique) pour vérifier que rien ne s'est perdu en cours de route peut provoquer même chez la plus convaincue des lectrices des crises de fous rires inextinguibles qui nuisent à sa concentration, la preuve. Où en étais-je ? Ah oui, la tueuse veut donc tuer le vampire (ben oui, elle a une fiche de poste, elle s'y tient) qui n'a de cesse de lui prouver qu'il est bon comme du whiskey single malt et qu'il ne veut que son plaisir, car le guerrier écossais de 500 ans est comme ça, toujours prêt à faire grimper sa dulcinée aux rideaux en employant tous les moyens possibles (dans la limite de l'imagination harlequine, qui, comme nous l'avons prouvé l'année dernière, chers hapy few, est pour le moins répétitive et peu imaginative, mais ce n'est pas grave, la tueuse n'est pas difficile, c'est là son moindre défaut). Et comme elle est têtue comme une mule et un peu idiote, Emma met quasiment 400 pages à comprendre que ce fier guerrier chevaleresque est l'homme idéal malgré son état de non-vivant (mais bon, personne n'est parfait et il compense par un accent écossais "verra" sexy et un talent certain pour le vampire sex, une variante peu connue mais beaucoup plus efficace du sexe par téléphone, moi je dis qu'il faut savoir faire des concessions dans la vie).
J'ai l'air de faire du mauvais esprit (ce qui est si peu dans ma manière) mais Be still my vampire heart est un roman que j'ai malgré tout lu avec plaisir : l'intrigue (il y en a une, si, si) est sans intérêt, les personnages sont des clichés ambulants mais l'humour omniprésent sauve le tout et permet à cette lecture de remplir haut la main son contrat ; les Harlequinades ont enfin commencé pour moi, chers happy few, et, non, contrairement à ce que certaines mauvaises langues ont pu laisser entendre, je ne suis pas en grève de blog. Je suis juste en vacances. (Qui a dit "Encore ?" Il y a des Harlequins qui se perdent, méfiez-vous.)
Kerrelyn Sparks, Be still my vampire heart, Avon romance, 372 pages, 2007
Les billets de The Bursar, par qui tout est arrivé, et de Pimpi, qui a lu les autres volumes de la série (car c'en est une, Love at stake).
Et merci Stéphanie qui avait tellement envie de lire ce roman, qu'elle en a par mégarde acheté deux. C'est beau l'enthousiasme.
PS : le logo de très bon goût est évidemment d'Isil, who else ?

Challenge Lire en V. O
22
22:00 Écrit par fashion dans Challenge Lire en VO, Harlequinades, Littérature anglo-saxonne | Lien permanent | Commentaires (28) | Envoyer cette note
14.07.2010
Harlequinades 2010 : qué calor!
Souvenez-vous, chers happy few : l'année dernière, Chiffonnette et moi lancions comme une pochade les Harlequinades, ce challenge inventé un soir d'égarement autour d'une bière qui allait faire couiner la blogosphère, réunir 58 participants qui ont rédigé près de 130 billets et permettre à certains de laisser libre cours à leur imagination la plus folle en écrivant un pitch harlequinesque. Et comme il est bon d'avoir une occupation kulturelle en ces temps de tour de France et de plage et que rien ne nous arrête, surtout pas le ridicule, nous lançons les Harlequinades 2010!
Le principe est le même que l'année dernière : il s'agit de lire un roman Harlequin ou assimilé (J'ai lu passion et ses confrères) et de le chroniquer comme s'il s'agissait d'un roman sérieux. L'année dernière nous avons donc appris entre deux soupirs et trois fous rires comment désinfecter des ulcères variqueux, révisé nos notions de géorgraphie britannique, analysé l'emploi de la figure du bôgosse au cours des âges, décortiqué l'utilisation du kilt et de la baie vitrée, découvert que le Prince charmant avait la vie dure et des biceps en acier, que le jasmin était aphrodisiaque et que Shakespeare avait fait des émules inattendus. Tant de kulture nous a laissés pantois, évidemment.
Pour participer, rien de plus simple : il suffit de s'inscrire dans les commentaires de ce billet ou chez ma confrère en harlequinade. Ce challenge est ouvert jusqu'au 30 septembre 2010 et comme l'année dernière vous voterez pour élire le meilleur billet. Et cette année, au lieu de vous demander d'écrire une quatrième de couverture, nous vous proposons de rédiger une nouvelle Harlequin : quelques paragraphes ou quelques pages, une publication en feuilleton sur votre blog ou en une seule fois quand vous le souhaitez, suivez votre désir, il vous le rendra au centuple et laissez votre imagination vous emporter sur les rivages de la passion, chers happy few!
07:18 Écrit par fashion dans Harlequinades | Lien permanent | Commentaires (122) | Envoyer cette note | Tags : nous avons pris un peu de retard, pardonnez-nous, c'est la faute de la sangria, entre autres, plaignez-nous va
06.04.2010
Bite me, Brody
L'autre jour, alors que, comme toute ménagère qui se respecte, je faisais mes courses au Monop' du coin (le fait que j'errais au rayon bières belges n'a aucune incidence sur la suite de l'histoire, bande de mauvaises langues que vous êtes), je me suis dit, comme ça, tout à trac, l'esprit certainement embrumé par les vapeurs d'alcool, que ça faisait bien longtemps que je n'avais pas lu un roman Harlequin, six mois, même, pour être tout à fait exacte, chers happy few. Et comme Chif' et moi préparons les Harlequinades 2010 (vous ne croyiez quand même pas y échapper, non ?), je suis allée, dans le souci de rigueur qui me caractérise et animée de cet esprit scientifique qui fait ma renommée, faire un tour du côté du rayon librairie, histoire de jeter un oeil aux nouveautés, voire même d'ouvrir un roman de la nouvelle collection, Nocturne, qui marie romance et bit-lit, oui je sais, ça fait peur tout d'un coup (et pour ceux qui se demandent comment je sais qu'il y a une nouvelle collection chez Harlequin, inutile de me menacer de tortures diverses et variées à base de tueur en préservatif corporel blanc, j'avoue sans honte que je suis abonnée à la newsletter Harlequin, oui, je sais, vous pouvez rire, sarcastiques happy few, mais j'assume, of course).
Bref. J'ai eu un instant d'égarement devant les couvertures bleues et lunaires proprement hideuses mais comme je suis une aventurière, j'ai acheté (oui, je sais, c'est incompréhensible cette façon que j'ai de payer pour lire des romans ridicules, je pense que c'est un vice de ma part)

Dans l'ombre du loup de Rhyannon Byrd (et j'aimerais bien qu'on m'explique pourquoi pas un seul auteur H. ne se choisit un pseudo normal) (oui, j'ai des questionnements existentiels).
Et comme je suis d'humeur généreuse, j'ai décidé de vous faire partager cette lecture, chers happy few, qui fut évidemment puissante et dévastatrice, qui en doutait ?
Micheala Doucet est une sublime cajun au corps tout en courbes de rêve, aux yeux bleus et à la chevelure de jais (ceux qui ont suivi activement les Harlequinades 2009 reconnaîtront immédiatement une héroïne Harlequin, sauf qu'elle n'est pas rousse, dommage, c'est sa meilleure amie qui a "une chevelure semblable à une traînée de feu"), mais hélas pour elle, son frère, Max, a été mordu par un loup-garou. Cela crée un schmilblik peu clair qui contraint la jeune femme à vivre sous la protection de Brody Carter, un "runner", c'est-à-dire un hybride loup/homme, couturé et dangereusement séduisant, à la longue chevelure couleur "rubis éthéré" et aux yeux "émeraude". Il est tellement viril qu'il "sent" l'homme, comprenez une senteur musquée qui rappelle les champignons et les sous-bois (moi je dirais plutôt qu'il sent le moisi, mais c'est parce que j'ai mauvais esprit, évidemment). Et cette cohabitation forcée est compliquée par l'attirance surhumaine qui anime ces deux-là : il ne rêve que de la prendre sauvagement et de la mordre dans un tourbillon ininterrompu de passion, elle n'aspire qu'à être tout entière soumise à son désir sauvage (et voilà que ça recommence, dès que je lis un Harlequin, j'écris comme un Harlequin, c'est la magie de cette prose, chers happy few, je ne peux y résister, my bad). Mais il y a un problème, évidemment, et il est de taille (non, ce n'est pas ce à quoi vous pensez, bande d'obsédés, encore que si, pour Brody, qui est comment dire, sur-développé de partout, c'en est un car il a peur de lui faire mal et cela le mine, pauvre chou) : Brody est un homme malheureux car il a toujours été mal-aimé et les femmes le considèrent comme un homme-objet dont elles se servent et se débarrassent une fois assouvi leur désir d'étreintes sauvages et dangereuses (ouh les vilaines). Comme il n'a pas lu la suite de l'histoire, il ne peut pas savoir que Michaela est son âme soeur et qu'elle l'aime vraiment, elle, dans son petit coeur tout mou. Notre pauvre héros au coeur en berne et à la virilité ardente croit donc qu'il est voué à la solitude, ce qui le rend agressif comme un ado boutonneux dont il a les réactions idiotes (eh oui, il n'est manifestement pas sur-développé du cerveau). Et comme on en attend toujours beaucoup des héros, des vrais, des durs, des tatoués, il doit en plus résoudre une énigme sans intérêt et mal ficelée à laquelle la lectrice a cessé de s'intéresser depuis la page 85, se contentant de rire comme une baleine devant les descriptions de toute beauté et les fines remarques psychologiques. Moi je dis qu'un homme qui a "envie d'explorer l'âme lumineuse" de la femme qu'il aime et de "boire à la source de son coeur" tout en étant capable de la clouer aux montants du lit avec ses griffes acérées (c'est bien, il est outillé, pas besoin d'aller chercher les menottes) est un héros complet qui allie corps et esprit et qui a en plus le mérite de faire rire la lectrice, qui n'en demandait finalement pas tant. "L'éternité, c'est long", dit Brody dans un accès de lucidité. Moins que la lecture de ce roman, chers happy few.
Rhyannon Byrd, Dans l'ombre du loup (Last wolf watching), Harlequin Nocturne, traduit de l'anglais par Yohan Lemonnier-Meheu (et s'il m'arrive de dire du mal dans ce salon des traducteurs, je tiens quand même à saluer ici le travail des traducteurs/rewriters Harlequin, qui en bavent les pauvres), 280 pages pleines de clichés, de loups qui hurlent à la lune et de scènes drôlatiquement torrides, 2010 pour la traduction, 2008 pour la VO.
C'est une lecture commune avec Bookomaton, à qui Caro[line] et moi, dans un accès de folie, avons offert ce roman. Ne nous remercie pas, va, nous savons que tu as apprécié les multiples talents de Brody.
PS : vous pardonnerez le titre de ce billet, chers happy few, mais c'était trop tentant.
06:00 Écrit par fashion dans Fantasy, Harlequinades | Lien permanent | Commentaires (54) | Envoyer cette note | Tags : aouh dit le loup en rut en montrant ses crocs, oui brody prends-moi, fais-moi mal, oups, c'est l'enthousiasme, my bad
08.10.2009
Et l'été fut torride...
Eh oui, chers happy few, l'été est terminé, et avec lui les Harlequinades, ce challenge lancé au départ comme une pochade entre copines qui a rapidement pris une ampleur pour le moins inespérée. Voici venue l'heure de la remise des récompenses, mais avant elle, permettez-moi de vous donner quelques chiffres (vous me pardonnerez de retarder un peu l'annonce des résultats, chers happy few, si ce n'est pas le cas je m'engage à lire le nouveau Werber pour me faire pardonner, c'est dire mon sens de l'abnégation).
Les Harlequinades 2009 ont rassemblé 61 participants actifs qui ont écrit en tout 97 billets. Pratiquement toutes les collections Harlequin ont été lues, avec une légère prédilection semble-t-il pour la collection Azur, celle qui emporte la lectrice vers des horizons passionnés. On a relevé aussi deux Barbara Cartland, et quelques représentants de la collection Aventures et Passion chez J'ai lu. Ces billets, argumentés, fouillés et drôlatiques, ont occasionné de très nombreux fous rires et des échanges inattendus (comme avec la rédactrice du site des romantiques, qui a consacré aux lectures des participants au Challenge un long article dans son dernier webzine). Chiffonnette et moi-même tenons donc à remercier du fond de notre petit coeur tout mou tous les participants qui, par leur enthousiasme et leur humour ont illuminé notre été!

Et maintenant, place aux révélations!
Dans la catégorie "Meilleur billet", voici le podium :
3èmes ex aequo avec 8 points chacune : Ofelia et ses billets géographiques et Theoma, son hymne national et son lexique international!
2ème avec 11 points : Chimère, son jasmin et ses ninjas!
1ère avec 13 points et donc grande gagnante de ces Harlequinades 2009 : Lunem, sa sorcière, son Johnny et ses lits king-size!
Dans la catégorie "Meilleure quatrième de couverture", concouraient :
Armande et son barman breton, Daniel Fattore et ses trois versions : Roman Polanski, Ségolène et Nicolas et sa rewriter Harlequin, Emma et sa grippe porcine, Emmyne et son Ecossais à la chemise mouillée, Leiloona et sa sublime couverture, Rose et son extra-terrestre à la seyante camisole et Secondflore et sa réécriture des amours d'Alfred et George.
Et après moultes discussions, tant ce qui a été écrit par nos vaillants challengeurs nous a fait rire, nous avons décidé de récompenser... Secondflore! Et d'accorder un deuxième prix à Leiloona pour sa délicieuse couverture harlequinesque!
Bravo aux glamourous gagnants qui recevront donc un petit paquet et, cerise sur le gâteau, les éditions Harlequin, alertées par ce battage intergalactique (on raconte qu'un certain Docteur y aurait participé dans son coin bleu), nous ont proposé mercredi dernier de participer à la dotation en offrant au gagnant de chaque catégorie deux romans tirés des collections Jade et Mira. Merci à eux, et merci à vous, chers happy few, que vous ayez participé ou voté (ou les deux) : grâce à vous, l'été fut plus léger, et ça, franchement, ce n'est pas rien!
A l'année prochaine, chers happy few ?
PS : Lunem, merci de m'envoyer tes coordonnées postales mar mail!
21:18 Écrit par fashion dans Harlequinades | Lien permanent | Commentaires (44) | Envoyer cette note
01.10.2009
Ah Gudule, viens m'embrasser!
Eh oui, chers happy few, l'automne est arrivé et avec lui la fin des Harlequinades, qui ont pimenté l'été de certaines, fait grincer quelques dents et positivement enchanté ceux qui lisaient les billets que les valeureux participants de ce challenge un peu fou ont posté avec régularité et brio. C'est d'ailleurs pour récompenser ce talent, qui a occasionné de nombreux fous rires dans la blogosphère, que Chiffonnette et moi-même avons décidé de récompenser le meilleur billet.
Pour ce faire, rien n'est plus simple, chers happy few : vous choisissez, dans la liste des billets recensés ci-dessous, les 3 articles que vous préférez, parce qu'ils sont drôles, inventifs, sexy, brillants ou tout ça à la fois et vous donnez votre top 3 en commentaire de ce billet (et de ce billet uniquement). Nous attribuerons à chaque billet un nombre de points en fonction de sa place (3 points pour les numéros 1, 2 points pour les numéros 2 et 1 point pour les numéros 3).
Vous avez jusqu'au 7 octobre à minuit pour faire votre choix, chers happy few! Bon vote!
Voici les billets des 58 challengeurs hors pair : merci pour votre incroyable participation! It was fantastic comme dirait un certain D. W!
Alex a appris le grec en lisant Un sentiment inoubliable (collection Azur). Harlequin, mieux que la méthode Assimil.
Ankya a aimé se plonger dans un monde de poisons, de mystère et de sexytude en lisant Le poison écarlate (collection Luna) et sa suite.
Anne a appris comment draguer son chef en désinfectant un ulcère variqueux dans Le challenge du Docteur Dan Davis (collection Blanche).
Armande a trouvé la recette pour séduire un millionnaire dans Passion à Bornéo (collection Azur). Comme elle est bonne fille, elle la partage avec nous.
Baudoin a découvert que les héroïnes Harlequin pouvaient être des fashion-victim de haute volée dans Safari à Marakunda (qu'il soit à jamais remercié de m'avoir permis de retrouver ce titre que je cherche depuis de bien trop longues années). Comme il a été conquis par les métaphores et les comparaisons, il a décidé d'analyser chapitre par chapitre Souvenir d'une nuit d'été (collection Horizon, Superpapa) : le chapitre 1 et sa folle nuit d'amour, le chapitre 2 et la découverte de sa paternité par Slade, le chapitre 3 et la déclaration d'amour dans une salle d'accouchement. Et le mariage ?
Caro[line] a découvert en lisant Une bouleversante vérité (collection Azur) que le prénom Isobel ne se prêtait pas à autre chose qu'au rire. Pauvre Jake.
Chimère a lu La prisonnière du désert (collection Horizon) et a appris des choses incroyables sur les blondes, la danse des sept voiles, le jasmin et les beaux cheikhs (avec ou sans provision, zat is, chers happy few, zat is) (oui, elle est facile, je sais). Elle a ensuite découvert avec délectation et un brin d'effarement que Plou-Arven et Cardiff, même combat, même faille spatio-temporelle en lisant Une rose pour un chevalier (collection Historique). Mais que fait le Docteur ? Eh bien, il est manifestement occupé ailleurs, peut-être à aider Aliénor d'Aquitaine à entraîner des ninjettes couventines ? Ah non, elle s'en charge très bien toute seule dans Le chevalier et l'orpheline (J'ai lu Aventures et Passion).
Choupynette a rencontré Jésus à Melbourne en la personne d'une infirmière schizophrène dans Une nuit aux urgences (collection Blanche), puis Madame Irma dans Un choc sentimental (collection Blanche itou). Que d'aventures!
Clarabel a découvert que parfois l'amour, ça rend niais, mais tellement heureux, en lisant La rebelle flamboyante (J'ai lu Aventures et Passion). Du coup, elle a récidivé avec La viking insoumise. Où s'arrêtera-t-elle ? Eh bien pas de sitôt : ayant décidé que Johanna Lindsey était sa meilleure amie, elle a dévoré Brûlés par le désir (J'ai lu Aventures et Passion).
Crazyprof a trouvé que le mythe du Prince Charmant avait la vie bien dure et résistait à tout même au sabbat d'Halloween en lisant L'île des trois soeurs de Nora Roberts.
Cryssilda a appris que le strip-échecs était très en vogue au XIIème siècle grâce à La fiancée de l'Irlandais (collection Historique).
Daniel Fattore a découvert comment pratiquer l'écologie et trouver un homme dans Journal d'une apprentie séductrice (collection Red Dress Ink).
Didouchka a étudié l'utilisation de la voix rauque dans Plaisir sous les tropiques (collection Audace).
Dominique a traqué la métaphore culturelle dans Un si lourd secret (collection Blanche). L'a-t-elle trouvée ?
Dviolante a lu Et le feu renaîtra et s'est interrogée sur la quantité de douches prises par l'héroïne. Elle a continué son étude sur la propreté chez les vampires avec Les fiancés du crépuscule.
Emeraude a été déçue par Le secret (collection Spicy) : c'est un bon roman en fait.
Emma a lu un romance novel de Janet Evanovich, Manhunt : tsss, ce n'est pas vraiment une pochade harlequinade, je dis ça je dis rien, of course. Pour se rattraper, elle a décidé d'écrire un Harlequin en laissant libre cours à ses fantasmes : elle a raison, on n'est jamais mieux servi que par soi-même. Elle a ensuite enchaîné avec Délicieuse tentation (collection Audace), ce qui lui a permis d'élaborer une théorie sur la métamorphose des not-sexy men en sexy men. Elle a ensuite étudié l'influence de Walt Disney et d'un abus de tournures médiévales dans L'insoumise des Highlands (collection Historique).
Erzébeth s'est plongée dans une réécriture de Romeo et Juliette en lisant Comme Romeo et Juliette (sans collection). C'est beau et dense comme du Shakespeare, of course. Ou pas. Elle a ensuite appris qu'on pouvait se sentir nue sous son string grâce à Rêves de plaisir (collection Audace). Moi je dis, heureusement qu'Harlequin est là pour nous apprendre la vie.
FaFa a traqué le cliché, nostalgique, dans Ballade à la tombée du jour (collection Rouge Passion).
George Sand et moi a découvert l'amour à l'hôpital australien avec Un chirurgien trop séduisant (collection Blanche).
Hydromielle a été trompée sur la marchandise : pas une seule galipette dans La forêt de la peur (collection Best-sellers) : mais que fait la police ? Heureusement, Léo le cow-boy obtus l'a réconciliée avec le genre grâce aux Fiancés du texas (collection Horizon). Et comme elle est très rigoureuse dans son étude, Hydromielle a étudié l'impact de la carte bleue dans les relations avec une fleuriste dans Le milliardaire de Northcote (collection Azur).
Hildebald a lu La geisha et le samouraï (collection Azur) et a appris qu'elle aimait les romans Harlequin en fait. Nobody's perfect.
Iluze a découvert en lisant Aux confins du paradis (collection Série Club) que c'était pas beau de mentir. Mais le peignoir court va bien aux hommes musclés (pas aux autres, hein, attention).
Karine s'est livrée à une très sérieuse étude sociolo-baisologique en comparant des romans de 1979 et des romans de 2009 : le verdict ?
Keisha a découvert que les héroïnes de romans Harlequin en achetaient aussi au supermarché dans Les amants de l'été (collection Best sellers) et que la flûte en concerto est à bannir dans Kidnapping (collection Best sellers).
Kitty a comparé deux romans qui se déroulent sous la neige : Les neiges de Montdragon et Sous un manteau de neige. Quelles que soient les conditions climatiques, les hommes sont toujours riches et beaux et les femmes jolies, discrètes et malheureuses. Tsss...
Kroustik a appris qu'à Hong-Kong, dans les hôtels de luxe, on partage sa salle de bains avec son voisin. Viril, le voisin, évidemment. Normal, on est dans Mon espionne préférée.
La luciole a trouvé son motto dans La captive d'Al-Ankhara (collection Azur). Trop fort Harlequin.
La sardine a découvert que le rock'n roll, contrairement au violoncelle, favorisait les naissances, en lisant En dépit du passé (collection Azur).
La papote se méfie dorénavant des avions qui survolent les eaux internationales, des banques de sperme et des cheikh en blanc, à cause de la lecture d'Un cheikh amoureux (collection Azur).
Laetitia la liseuse a relu Une rose en hiver (Romance historique France Loisirs) qui avait enchanté son adolescence : le charme a-t-il opéré de nouveau ?
Leiloona s'est rendue compte que la collection Audace était très... audacieuse dans les scènes olé olé, moins dans les métaphores, en lisant Le parfum de la volupté.
Levraoueg a été éblouie par l'homme Harlequin et ses compétences dans Les rescapés de l'île paradis (collection Azur).
Lhisbei a analysé le traitement de la lectrice dans A l'ombre de la couronne (collection Historique) puis la vision de l'ET porteur d'harmonie, de paix et d'une médecine révolutionnaire dans L'appel des étoiles (collection Rouge Passion).
Lili a découvert le naufrage du Titanic version Danielle Steel en lisant Un si grand amour (J'ai lu).
Lili Galipette a lu et analysé trois romans : de l'importance de la capillarité dans la séduction avec Tambours battants (collection Club Passion), de l'influence de la chaleur mexicaine dans Katie la tornade (collection Club Passion) et de l'affalement de la lectrice sous tant de guimauve dans Rouge passion (collection Club Passion).
Liliba a découvert que la collection Passion intense de J'ai lu pour elle pouvait être très hot, mais bon, avec un titre pareil (Les aventures coquines de Lord Eward), on pouvait s'attendre à de merveilleuses descriptions, non ?
Lunem a voulu nous faire croire que Twilight était un harlequin avant de revenir à la raison en lisant Kiss me deadly (collection Nocturne).
Mango a analysé avec nostalgie la structure narrative de L'été en flammes (collection Désirs).
Martine a découvert les vertus du jardinage et de l'Italie dans Le bonheur à l'italienne (collection Horizon).
May a trouvé que les clichés et les sous-entendus étaient maniés de main de maître dans La fiancée de l'Irlandais (collection Historique).
Mo a trouvé que Le playboy amoureux (collection Horizon), c'était à la fois Jane Austen, Diderot et Harry Potter au pays des Bisounours : si ce n'est pas un roman global, c'est à y perdre son latin. Elle s'est ensuite livrée, de son plein gré, à une étude très construite de la narratologie steelienne et du post-harlequinisme dans Ghost, de Danielle Steel. Et comme c'est une aventurière, elle s'est penchée sur un Harlequin allemand, Happy end in Lindhölm : ben, en fait, c'est comme un Harlequin américain, sauf que la pomme de terre y tient plus de place.
Nanne a fait un tour au Kublenstein, un état dirigé par un prince charmant comme on n'en fait plus, même s'il est un peu à cheval sur l'étiquette. Un prince à conquérir, que ça s'appelle et c'est dans la collection Idylles princières (si, si, ça existe, la preuve).
Olympe a découvert comment draguer son patron sans coup férir grâce à Un patron si troublant (collection Azur).
Ori a découvert les vertus aphrodisiaques du dentifrice en lisant La femme traquée (collection Black Rose) et a traqué la sexytude de l'agent du FBI dans Troublante attirance (toujours collection Black Rose). Lira-t-elle un Harlequin Passion avant la fin de l'été ? Les paris sont ouverts. Ah, c'est finalement un Audace qui a eu sa préférence mais la scène de douche de Délicieuse tentation l'a traumatisée.
Ofelia a pris une magistrale leçon de géographie et de traduction en lisant Le baiser de minuit (collection Historique). Et de séduction/shopping/baroudage/CIA avec Instants volés (collection Audace).
Papillon a analysé les relations de travail et d'amour à l'oeuvre dans L'amant du lac Tahoe (collection Passions).
Petite Fleur a découvert un monde sans préjugés ni machisme mais plein de belles descriptions de nature en lisant Un automne à Blue Lake et Seconde chance (collection Passions). Elle a vaillamment poursuivi par une étude de la condition féminine au XIX° grâce à Un scandaleux héritage (collection Historique).
Pimpi a dû réviser en urgence tout ce qu'elle savait sur la société anglaise du XIXè siècle, grâce à Bons baisers de Londres (J'ai lu), qui rétablit quelques vérités sur les corsets et les jurons.
Restling a analysé les conséquences géopolitiques de l'orgasme dans Audacieuse invitation (collection Audace).
Rose a analysé la profondeur de la mise en abyme et de l'onomastique dans Tendre illusion (collection Azur). Elle s'est ensuit penché sur la réécriture du mythe de Perséphone puissamment revisité dans La vengeance d'Hadès.
Secondflore a lu in extremis L'amant interdit (collection Audace) et c'est tant mieux pour nous.
Shopgirl s'est rendue compte que Jane en avait influencé plus d'une en lisant Un scandale éclatant (collection Historiques). Elle a compris aussi que All you need is love avec Un désir secret et Le défi d'un médecin (collection Blanche). On est bien d'accord.
Sophie s'est endormie en lisant Noires visions (collection Mira). Pauvre d'elle.
Tamara a vérifié que le slogan correspondait bien à la collection et a calculé le coût d'une nuit Harlequin en lisant Nuits complices (collection Audace).
The Bursar a appliqué à La fée captive (collection Série club) la théorie de Duby sur les rapports hommes/femmes : Harlequin, militant pour la libération des femmes ? Elle a poursuivi son étude avec Prise au piège (collection Duo). Elle s'est ensuite livrée à une analyse de l'Idée du Beau platonicienne au travers d'Audacieuse invitation (collection Audace).
Theoma a trouvé l'hymne Harlequin dans Après la mort du lion. On entonne tous en choeur : "Comme un ouragan"...
Tiphanya a compris ce qu'était vraiment un homme parfait en lisant Une rose sur un cactus (collection Chance) puis elle s'est bien amusée à lire Une revanche implacable (collection Azur).
Yohan a brillamment démontré ce que l'altermondialisme et la justice sociale devaient au Manoir des Tentations (collection Historique).
J'en profite pour rappeler le Prix de la Quatrième de Couverture : vous avez une semaine pour mettre en ligne votre 4ème de couverture harlequinesque, chers happy few!
20:40 Écrit par fashion dans Harlequinades | Lien permanent | Commentaires (62) | Envoyer cette note | Tags : les hommes se sont défilés finalement, à part daniel et yohan, et baudoin et secondflore, bravo à eux!
27.08.2009
Ciel! un pirate à la chemise délicieusement ouverte...
...sur un torse musclé et viril, au poignard habilement glissé dans la ceinture en cuir mauresque et à la botte aussi conquérante que sa moustache. Quelle vision, se dit Elena alors qu'un frisson qui tenait à la fois d'une exaltante inquiétude et d'une agréable anticipation parcourait son corps gracieux.
(Oui, je m'entraîne pour la 4ème de couverture harlequinesque, car cela nécessite un travail de Titan. Qui en doutait ?)
Figurez-vous, chers happy few, qu'alors que je parcourais d'un air distrait le bac "Amour et romance" chez notre ami Boulinier, la librairie pleine de merveilles (certes, il faut accepter de repartir les doigts pleins de poussière mais franchement, est-ce qu'un détail aussi trivial nous a déjà arrêtés dans notre quête ?), mon oeil a été attiré par un roman Harlequin au titre puissamment évocateur : Le pirate aux yeux gris de Jayne Ann Krentz, publié dans la collection Duo Désir chez Harlequin (oui, c'est le grand retour du billet thématique, je sais que vous n'attendiez que ça, bande de coquinous).


Et j'ai bien fait parce que Le pirate aux yeux gris, chers happy few, est le Ultimate Harlequin. Pas moins.
En effet, il contient tous les ingrédients harlequinesques que j'avais croisés ici et là et qui font la richesse du genre. (Qui ricane au fond de la salle ? Quelqu'un qui ne connaît pas Jayne Ann Krentz certainement. Tsss...)
Figurez-vous d'abord que cette chère Jayne est un auteur de best-sellers de folaïe puisqu'elle a publié, sous quatre pseudonymes différents, plus de 120 romans, dans de nombreux genres, comme la romance, la romance historique, la romance paranormale, la romance futuriste (on en cherchait, on l'a trouvée) et j'en passe. Cette expérience lui confère bien évidemment une indéniable autorité en la matière, autorité dont elle a usé pour écrire une trilogie intitulée Des femmes et des légendes, qui contient Le pirate aux yeux gris (The pirate), L'aventurier aux yeux verts (The adventurer) et Le cow-boy aux yeux d'or (The cowboy) (on remarquera une fois encore le talent du traducteur qui fait manifestement une fixette sur la couleur des yeux, nul n'est parfait, chers happy few). Dans ces romans, elle interroge la façon dont les femmes bâtissent leurs fantasmes autour de figures masculines légendaires et universelles (non, je vous jure que je n'ai rien bu, chers happy few, du moins pas encore).
Mais pitchons plutôt. Kate Inskip, la trentaine conquérante, est une jeune femme heureuse mais stressée par son métier, qu'elle adore pourtant. En effet, elle écrit des romances historiques et la promotion de son dernier roman, La fiancée du pirate, l'a laissé sur les rotules (il faut dire que comme elle est célèbre, on se l'arrache la pauvrette). Ses deux amies (dont j'ai oublié les prénoms, mais franchement, who cares ?) lui font alors la surprise de l'envoyer dans une île paradisiaque pour un mois afin qu'elle se repose. Kate râle, proteste, mais prend l'avion. Après une escale pénible à Honolulu (pensez donc, on lui a perdu ses 5 valises et ses 3 sacs) (ben oui, c'est une femme, elle ne sait donc pas voyager léger), elle finit par atteindre l'île Rubis où elle se fait agresser par un vilain pas beau. Qu'à cela ne tienne, forte de ses 15 jours de cours de self-defence, Kate met le malandrin en fuite sous l'oeil goguenard de Gregory Hawthorne, le patron de l'hôtel de l'île Améthyste où elle est censée passer des vacances de rêve. Gregory la trouve belle mais trop indépendante et surtout trop piquante (elle a de l'humour, incroyable pour une femme, non ?) ; il vit dans le regret de sa femme, la douce Gabriella, morte cinq ans auparavant. De son côté, Kate le trouve sexy en diable avec ses airs de pirate mais elle ne veut pas d'un amour de vacances (on ne comprend pas bien pourquoi, mais on le lui passe, après tout c'est un femme, elle a le droit d'avoir des tocades, non ?). Tout se complique quand Kate apprend qu'il est le descendant d'un véritable pirate et quand elle découvre que le château en ruines qui surpomble l'hôtel recèle de sombres mystères...
Nous avons donc ici ce que nous avons lu dans bien d'autres Harlequin, chers happy few (enfin, surtout moi, parce que j'en suis à 15 lus cet été, oui, je sais et je défie celui qui dira quelque chose de lire Des flammes dans la ville, le pire H. qui me soit tombé dans les mains, et de pondre un vrai billet dessus, chose qu'avec la meilleure volonté du monde, je ne peux absolument pas faire, il y a des limites à mon abnégation et à ma conscience professionnelle, non mais), à savoir : un couple qui fonctionne sur le principe bien connu des aimants, c'est-à-dire attraction/répulsion : il la trouve pénible mais so sexy avec son déhanché et ses yeux verts (ben oui, on est dans un Harlequin, je vous rappelle), elle le trouve beau et chaud comme une baraque à frites mais elle sait qu'elle ne peut pas rivaliser avec le souvenir de la douce Gabriella (oui, Kate a manifestement suivi l'U.V Psycho 101, elle a décidément tous les talents), un enfant merveilleux (ils le sont tous dans les romans H., ils n'empêchent jamais leurs parents de dormir, ne répondent pas, font leurs devoirs sans qu'on ait besoin de le leur demander, débarrassent spontanément la table et trouvent toujours les mots pour montrer au parent qui leur reste qu'il est amoureux, je veux moi aussi un enfant H., croyez-vous qu'on puisse trouver ça sur catalogue ?), un décor paradisiaque (bon, les îles Rubis et Améthyste, ça m'a fait rire deux minutes, chers happy few, mais je suis bon public comme chacun le sait), une intrigue retorse (que la lectrice aguerrie a résolue dès le début mais elle n'est pas aveuglée par la passion et le désir, elle, ce qui lui laisse le loisir de connecter ses neurones) et des galipettes, rapides et répétitives, où il est beaucoup question de "désir déferlant et de passion brûlante", comme d'hab' quoi.
Mais, car il y a un mais, ce Pirate aux yeux gris, va bien au-delà du Harlequin de base.
Si, si.
Nous avons ici, tenez-vous bien, une structure narrative complexe, qui fonctionne en miroir (à la limite de la mise en abyme, carrément) : Kate écrit des romances historiques destinées à un lectorat qui est le même que celui qui lit ce Pirate aux yeux gris. Elle met rapidement la main sur le journal intime de la femme de Roger le pirate qui, non seulement lui fournit un matériau de départ pour écrire un nouveau roman mais lui rappelle sa propre situation face à Gregory et lui donne de surcroît la clé de la cachette du château et donc intervient dans la narration et la résolution de l'intrigue. Ce jeu de miroirs est d'autant plus intense que Kate finit par comprendre que le héros qu'elle crée à l'infini dans ses romans (oui, elle n'écrit que des histoires de pirates, elle a de la suite dans les idées, la bougresse) n'est autre que Gregory (d'où l'impression de déjà-vu et l'explication du coup de foudre). Fiction et réalité entretiennent donc des liens complexes, de même que personnage et personne. (Et je n'ai toujours rien bu, chers happy few, juré.)
Il faut ajouter à cela une introspection de la part de l'héroïne qui permet une plongée vertigineuse dans les méandres de la psyché féminine : Kate est une femme moderne, financièrement indépendante, dotée d'un solide sens des réalités et de l'humour, qui ne croit pas au prince charmant mais qui ne rejette pas non plus les hommes (c'est fou le nombre d'héroïnes H. au passé tourmenté qui ont peur de l'amûûûr). Une femme normale, quoi. Mais ça ne l'empêche pas de fantasmer à mort sur la figure du pirate qui hante l'imaginaire féminin depuis toujours, et de rêver d'enlèvement et de galipettes sur la plage (le pirate étant un homme du monde qui ne demande qu'à faire plaisir à la femme de ses rêves, elle sera satisfaite sur tous les plans, la veinarde).
Mais comme Jayne est partageuse, nous avons ici un troublant aperçu de la psychologie masculine : Gregory est un homme qui se connaît mal, ce à quoi la rencontre bouleversante avec Kate va remédier. En effet, il croit ne pouvoir tomber amoureux que de femmes soumises et bonnes cuisinières qui tremblent dès qu'il élève la voix et qu'il traite comme des poupées fragiles. Cette conception d'homme des cavernes vole évidemment en éclat devant cette femme qui ne sait faire que des pizzas et des tacos (personnellement, je trouve que c'est déjà beaucoup, en tout cas c'est plus que moi, mais lui trouve que ce n'est rien, parce, tenez-vous bien, "elle ne sait même pas faire les cookies" ), qui lui répond quand il hausse le ton et qui saisit la moindre occasion pour lui ôter sa chemise. Gregory découvre avec stupeur qu'une femme de ce genre c'est quand même plus fun. Incroyable, non ?
Tant de psychologie de haute volée ajoutée à une extraordinaire narratologie, avouez que ça laisse rêveur, non ? C'est fou ce qu'on trouve dans les pages d'un Harlequin, quand même. J'en suis épatée à chaque fois, chers happy few.
Jayne Ann Krentz, Le pirate aux yeux gris (The pirate), Harlequin, Duo Désir, 1990, épuisé. Je sais, cette information vous fend le coeur, chers happy few, mais je peux le prêter de bon coeur.
06:15 Écrit par fashion dans Harlequinades | Lien permanent | Commentaires (37) | Envoyer cette note | Tags : jayne ann krentz, le pirate aux yeux gris, je veux lire ses romances futuristes, une seule est traduite en français, voilà une bonne occasion de se mettre à l'anglais pour ceux qui , c'est pé-da-go-gi-que
23.08.2009
L'amûûûr, toujours l'amûûûr
Il est temps, chers happy few, de faire un point sur les Harlequinades, qui, lancées comme une pochade estivale (et néanmoins passionnément brûlante), se sont vite retrouvées adoptées par 74 valeureux participants. Devant l'ampleur des inscriptions et la rapidité de lecture des Harlequins et Harlequines, Chiffonnette et moi-même avons pris certaines décisions (oui, parfois on est efficaces, surtout devant un café latte après un film de Tarantino, au hasard Balthazar).

1. Le challenge prendra fin le 30 septembre 2009 histoire d'éviter l'essoufflement (ce que les héros virils et si sexy ne connaissent jamais, eux, les veinards, endurants qu'ils sont dans toutes les circonstances et sous toutes les latitudes).
2. Devant la qualité des billets, nous avons décidé de récompenser la meilleure critique. Pour voter, rien de plus simple : il suffira de déposer un commentaire dans un billet qui sera prévu à cet effet, en indiquant le nom du blogueur et le titre du roman chroniqué (certains font preuve d'une incroyable rigueur scientifique et ont lu plusieurs livres), à l'exclusion des billets des organisatrices (oui, nous sommes hors concours, chers happy few, parce que nous le valons bien). Tout le monde pourra voter, challengeurs et non challengeurs et les votes seront ouverts du 30 septembre au 07 octobre 2009. Le gagnant, outre l'admiration du monde entier, recevra une médaille prouvant son harlequinophilie et un cadeau (qui ne sera pas un roman H., nous sommes miséricordieuses, chers happy few).
3. Nous lancerons parallèlement un autre concours, auquel vous pouvez d'ores et déjà réfléchir, chers happy few, celui de la quatrième de couverture. Il s'agit, pour les participants qui le souhaitent, de rédiger la quatrième de couv' du Harlequin de leurs rêves, en laissant libre cours à leurs fantasmes les plus fous, leur imagination la plus débridée, le tout dans une plume harlequinophile de haute volée, évidemment. Le prix sera cette fois-ci décerné par Chiffonnette et moi-même (ben oui, faut bien qu'on fasse quelque chose, quand même, en dehors de lire de la guimauve en sirotant des martini). Les quatrième de couv' seront à mettre en ligne entre le 30 septembre et le 07 octobre (oui, ça vous laisse largement le temps de réfléchir à la coupe de cheveux de Jack, ou Doug, ou Harry, aux couchers de soleil et aux clichés indispensables, chers happy few).
En attendant que tout le monde ait lu et chroniqué son chef-d'oeuvre, chers happy few, je vous rappelle que 58 participants ont déjà rendu leur(s) copie(s) : tous les billets sont ici!
20:41 Écrit par fashion dans Harlequinades | Lien permanent | Commentaires (36) | Envoyer cette note | Tags : pirate, médecin, rancher, lord, prof de fac, rentier, homme politique, soldat, il n'y a que l'embarras du choix dans l'homme harlequin, enfin presque
04.08.2009
Ah, Docteur, qu'allons-nous faire ? demanda-t-elle en se tordant les mains.
- Notre devoir, ma douce, répondit-il en la regardant de ce regard lumineux et viril qui la faisait fondre comme neige au soleil.
(Oui, moi aussi je peux écrire des Harlequin, la preuve. Avec des polyptotes et des comparaisons originales inside, comme un vrai.)
Oui, je sais, chers happy few, vous êtes au bord du désespoir.
Une semaine s'est écoulée depuis le dernier billet Harlequin de ce modeste salon, et vous êtes en manque, ne le niez pas, va. Pourtant, on ne peut pas dire que les participants émérites n'aient pas donné de leur personne durant ces quelques jours : nous en sommes à 30 billets et les challengeurs s'en donnent à coeur joie dans l'analyse philosophico-socio-textuelle. Mais comme toute étude doit être exhaustive pour être valable, je vous livre une petite note à Haute Teneur Kulturelle sur une collection dont je n'avais pas parlé pour l'instant. Ne me remerciez pas, c'est parce que vous le valez bien.
Le test Harlequin m'ayant révélé, après trois questions très pertinentes et pas du tout orientées (genre : que peut-on lire sur la carte de visite de votre homme : médecin urgentiste, star de cinéma, prince d'orient ou explorateur ? Euh, comment dire, "homme normal", ça marche pas ?) que j'étais une aventurière et que je devais lire des romans publiés dans les collections Black Rose et Historique, je me suis empressée d'acheter

un volume de la collection Blanche : Passions et ambitions dans l'univers médical. (Je trouve le slogan peu glamourous mais ça doit être parce que je ne suis pas affublée du fameux syndrome de l'infirmière et qu'à choisir entre un beau médecin et un beau pirate, je prends le pirate, chers happy few, sans hésiter une seule seconde, c'est ce qu'on appelle le syndrome du Rescator, si, si.)
Dans ce volume à l'alléchante couverture représentant une jeune femme très girl-next-door au sourire professionnel censé incarner à lui tout seul ses multiples compétences et dont le name tag ne correspond à aucun des noms des héroïnes dont nous allons faire la connaissance (il ne faut manifestement pas trop en demander aux graphistes, ils ont d'autres H. à lire, non mais), nous trouvons, tenez-vous bien, 3 romans. Deux nouveautés et une réédition, pour, je le suppose, faire plaisir aux fans qui auraient égaré leur exemplaire et qui voudraient le garder précieusement. Au menu donc : Une nouvelle infirmière à Bellbrook (The doctor's surprise bride), Une femme irrésistible (The baby season) et Le patient préféré de Taylor Phillips (Last of the Joeville Lovers). On remarquera que comme d'habitude, les traductions des titres sont littérales et qu'elles trouvent le moyen d'être à la fois niaises et d'un rapport plutôt lointain avec le contenu, passons.
Qu'apprenons-nous, donc, d'éminemment kulturel en lisant ces romans (car oui, je les ai évidemment tous lus, sinon il ne pourait y avoir d'étude sérieuse) ? Eh bien, pour lire des romans dans cette collection, il faut :
1. ne pas être trop regardant en ce qui concerne l'égalité homme/femme. Nos héroïnes sont respectivement infirmière, sage-femme et kiné. Les héros, eux, sont médecin, fils de médecin et vétérinaire. Et quand Gen, la sage-femme de Une femme irrésistible, est découverte en train de soigner des animaux qu'elle a recueillis sur le pas de sa porte (car oui, les animaux savent que c'est chez elle qu'il faut sonner, avertis par leur sixième sens) (à mon avis un renard qui sait frapper à la porte est carrément un mutant, je dis ça, je dis rien), donc, disais-je avant d'être violemment interrompue par moi-même, quand Gen soigne ces animaux, Josh (un homme sur deux s'appelle Josh dans les romans Harlequin, ça mériterait une étude), vétérinaire diplômé et expérimenté, est très en colère car, tenez-vous bien, cette femme n'a pas les compétences pour soigner des animaux, elle n'est pas di-plô-mée, elle. Et le fait qu'à chaque fois qu'il se rend chez elle, furieux, pour la morigéner d'importance, elle le reçoit en peignoir et que, fou de désir, il en oublie les raisons de sa venue, ne joue pas vraiment en faveur de nous autres, pauvres femmes, condamnées que nous sommes à séduire les hommes par nos yeux verts (toutes les femmes des romans Harlequin ont les yeux verts, c'est une épidémie) et nos courbes plutôt que par nos compétences.
2. fantasmer sur les veufs et les éclopés et aimer les hommes au passé douloureux qu'ils traînent comme une casserole remplie de single malt tout en gardant la mâchoire virilement serrée et le regard profond. Le Docteur Jack a perdu sa femme et le bébé dont elle était enceinte dans un "terrible accident de voiture" (car les accidents sont toujours "terribles", de même que les baisers sont toujours "brûlants", il faut vraiment lancer un dicothon pour les auteurs), la femme de Josh le véto a succombé trois ans auparavant à une leucémie, le laissant seul au monde avec leur fils et Josh le fils de médecin, victime d'un accident d'avion, est momentanément paraplégique. Mais comme ce sont des hommes, des vrais, des purs, des durs, des tatoués, ils ne manifestent jamais leur immense chagrin publiquement et, loin de le noyer dans l'alcool ou le nutella, ils se livrent à corps perdu à leur exigeante maîtresse : leur travail. Tout ce malheur et toute cette belle abnégation sont propres évidemment à exciter la compassion de nos héroïnes, qui ne savent pas quoi faire pour leur redonner goût à la vie. (Fuir, voilà ce que je propose, mais ça ne les effleure même pas, saintes inconscientes qu'elle sont.)
3. s'identifier aux femmes au passé douloureux qu'elles enferment au plus profond d'elles-mêmes, érigeant pour se protéger de la vilenie du monde, des barrières qu'elles supposent infranchissables. Eliza a vu son père mourir dans un incendie (le bush, c'est affreux) après que sa mère les a abandonnés pour vivre sa vie (comment une femme peut-elle raisonnablement avoir envie de vivre en ville, d'avoir un métier et de se réaliser, je vous le demande, cf 1.), Gen est stérile et a perdu son frère quand elle était enfant et Taylor perd sa mère des suites d'une très longue maladie alors qu'elle caressait l'idée de lui donner son rein pour la sauver, et elle apprend que son frère n'est que son demi-frère, sa mère ayant eu un amant, qui n'est autre que son mentor et le père de l'homme qu'elle aime et à qui elle veut réapprendre à marcher coûte que coûte (oui, l'intrigue du troisième roman est particulièrement retorse, ce qui explique sans doute sa réédition : certaines n'avaient pas bien tout compris la première fois). Avouez que c'est affreux tout ça, non, chers happy few ? Non ? C'est que vous n'avez pas de coeur.
4. avoir le coeur bien accroché. Comme les intrigues se déroulent en milieu médical, rien ne nous sera épargné : la péritonite de Keith qui le met entre la vie et la mort pendant des jours, le bébé à la malformation cardio-pulmonaire qui meurt à la naissance, la femme enceinte de 8 mois qui a un accident de voiture et sur qui on pratique une césarienne d'urgence, l'infarctus de Dulcie, les accouchements multiples, l'accident d'avion de Josh et j'en passe. On remarquera quand même que les humains sont beaucoup plus malmenés que les animaux : pas un seul ne meurt sous les mains de Josh le véto, même pas l'épagneul sur lequel un camion a roulé. C'est ça le talent.
5. aimer la campagne. Entre le bush australien, le Dakota du Nord et le Minnesota, on visite des endroits charmants où les habitants, peu nombreux, sont évidemment très chaleureux, incitant par leur attitude nos héros en blanc à rester là pour la vie parce que la campagne leur a montré quelles étaient les vraies valeurs de la vie : les barbecues, le 4x4, le chien, les enfants qui gambadent et les couchers de soleil. Et malgré quelques inconvénients somme toute mineurs comme une intense propension des autochtones aux ragots et à se mêler de ce qui les regarde pas, on nous serine bien que la ville, ah ma brave dame, la ville, c'est dé-shu-ma-ni-sé. C'est vrai que le blizzard et la sécheresse, c'est très humain.
5. ne pas avoir envie de lire des scènes passionnées de galipettes. Ici, un baiser, un changement de chapitre et on est déjà au lendemain. C'est vrai qu'entre les patients et leur malheur personnel, nos héros ont peu de temps à consacrer à la bagatelle, et c'est tout à leur honneur, non ? Ou pas.
6. aimer les belles phrases et les beaux sentiments. Je ne résiste pas, pour illustrer mon propos, à vous livrer cette perle : "Emu à la fois par le fait qu'elle se rappelait qu'il buvait son café noir et par le deuil qui l'avait frappée, il se sentit poussé à poursuivre ses confidences."
...
Moi aussi, je suis émue, tiens. Par le talent de l'auteur.
Fiona McArthur, Une nouvelle infirmière à Bellbrook, Lisa McAllister, Une femme irrésitible, Anne Eames, Le patient préféré de Taylor Phillips, Harlequin Blanche, 2006. Dans sa préface, la responsable de collection (elle n'a jamais de nom, mais a-t-elle les yeux verts ?) fait l'article pour une saga, Le bébé de la chance, qui se passe en Australie (encore!), à Crocodile creek (sic). Je crois que ma rigueur scientifique ne survivrait pas à une autre lecture. Je vous laisse vous dévouer, chers happy few.
PS : je pense d'ailleurs qu'une étude des "Chère lectrice" qui débutent tous les romans H. serait particulièrement intéressante. J'ai lu des éditos hallucinants sur le bikini par exemple ou sur l'été et sa chaleur qui fait monter la passion. Incroyable.
(PAL de vacances : - 11) (eh oui, 3 de moins d'un coup, quel talent!)
Prochain billet Harlequin : de la sexytude en milieu professoral. Si, si.
13:46 Écrit par fashion dans Harlequinades | Lien permanent | Commentaires (47) | Envoyer cette note | Tags : blouse blanche et regard de braise, médecins et vétérinaires so sexy, or not, il me faut une histoire de pirates, right now



