22.02.2008

Des inconvénients d'avoir une porte

ab0e0d3f8b74e2563e5837dbe2f5b0c8.jpg Deux loups-garous philosophes et cultivés, mais néanmoins sanguinaires (on ne se refait pas), habitent une maison en plein coeur du désert. Résultat, ils sont ennuyés tous les soirs par des gens qui leur demandent l'hospitalité pour la nuit et qui disparaissent au petit matin sans un mot ni un adieu, les mal élevés. Mais un soir c'est le Grand Inquisiteur lui-même qui apparaît, entouré de ses séides : il accuse nos deux compères de 24 meurtres et ouvre un procès sur le champ...



Voilà un petit roman complètement déjanté chers happy few, qui m'a pour ma part fait beaucoup rire et qui démontre que pour vivre heureux, il faut vivre caché... Nos deux compères sont fort attachants : certes, ils mangent du missionnaire au petit déjeuner mais qui n'a pas ses petites manies ? Ils philosophent, rhétoriquent, jouent aux osselets, tentent de maîtriser les techniques du voyage astral, ont le poil lustré et brillant et beaucoup d'humour. Face à eux, d'autres personnages qui se présentent au cours de situations similaires et répétitives (certaines phrases rythment le récit en se répétant comme le "Mangeons-les s'ils reviennent", comme dans les contes) et qui sont tout aussi croquignolets, ma préférence allant aux barbares qui ont l'humour aussi lourd que leurs massues et qui font preuve de courtoisie en voulant remplacer la porte de nos amis lycanthropes qu'ils ont explosée par mégarde... J'ai beaucoup aimé la chute de ce "Petit conte sans philosophie" (c'est le sous-titre), au style excellent et à l'humour non-sensique parfois bien noir (l'interrogatoire des morts est fabuleux)! Ajoutons à cela un petit supplément intitulé Les coulisses de la porte, qui présente l'auteur et l'illustrateur de la couverture (très belle) d'une manière décalée et réjouissante!


Un petit joyau jubilatoire et férocement dégondé, comme le dit (pour une fois) si bien la quatrième de couverture, chers happy few!


Karim Berrouka, La porte, Griffe d'encre


Les billets réjouis de Chimère et Yueyin, que je remercie vivement pour le prêt!


Le site de la maison d'édition : Griffe d'encre
Le travail de l'illustrateur est visible ici et ici.

13.02.2008

Coeur de pierre

8203d70f6a698eee555ef9af647b1316.jpg George Chapman, londonien, a 12 ans. Il a perdu son père, vit avec une mère souvent absente, est un peu le souffre-douleur des petits tortionnaires de sa classe et sent grandir au fond de lui une espèce de colère qui ne le quitte plus. Un jour, alors qu'il visite le Museum d'histoire naturelle, George est puni pour une bêtise qu'il n'a pas commise. De rage, il brise la statue d'un dragon, déclenchant ainsi une réaction en chaîne qui réveille les statues de Londres et le fait basculer au centre d'une guerre dont il est l'enjeu. Il doit courir vite s'il ne veut pas mourir...



Entre deux petits romans, chers happy few, j'avais besoin d'un pavé (car oui, j'avoue tout, je suis plus habituée aux pavés, voire même aux séries qu'aux tout petits livres et ça me perturbe d'en lire trop à la suite, c'est une bizarrerie supplémentaire que j'ai) et j'ai donc acheté ce roman qui me faisait de l'oeil depuis sa sortie, attirée que j'étais par la couverture que je trouve sublime et par l'histoire : les statues qui s'éveillent, même si ce n'est pas une idée révolutionnaire, c'est quand même suffisant pour me donner envie de lire un roman. Et je suis bien obligée d'avouer que je suis un peu déçue .


L'auteur a tenté de créer toute une histoire autour de ces statues, divisées en deux camps qui s'affrontent depuis des siècles : les répliques (en gros les statues humanoïdes) et les tares (statues de dragons, de salamandres et autres gargouilles). Le problème, c'est que ce Londres parallèle dans lequel n'entrent que très peu d'êtres humains et qui vit à côté du nôtre, manque un peu de chair et de consistance. Le roman est bâti comme une course-poursuite, George, bientôt rejoint par Edie, une ado perturbée qui se révèle être une fulgurance (elle a le pouvoir de voir le passé des pierres en les touchant), tentant de comprendre ce qui est arrivé et comment il peut réparer sa faute. Les sphinx lui donneront une réponse énigmatique qui le conduira à la recherche du Coeur de pierre. Je trouve que cette construction ne permet pas vraiment à ce monde de se mettre en place, puisque George et Edie vont de lieu en lieu à la recherche d'aide, ce qui rend la narration trop linéaire (ce qui semble être un défaut à mode : je trouve que c'est ce qui plombe le premier tome d'Eragon). Et je ne sais pas si c'est parce que la plupart des personnages sont des statues, mais j'ai eu un peu de mal à m'attacher à eux, trouvant qu'il leur manquait un petit quelque chose d'indéfinissable : l'humanité peut-être ?


Il n'empêche que le parcours initiatique de ce jeune garçon paumé se lit sans déplaisir et que la réflexion sur la création, amorcée dès l'exergue par la citation de D.H Lawrence est fort intéressante : qu'y a-t-il d'humain dans les statues ? Traces des sculpteurs, traces des modèles ? On apprend pas mal de choses sur l'histoire de Londres, notamment sur la City, gardée par trois dragons placés à l'emplacement des anciennes portes, dragon dont l'un s'éveille pour défendre son territoire, dans une des meilleures scènes du roman.


Ce n'est donc pas une réussite totale chers happy few, mais j'ai quand même bien envie de lire la suite (car bien évidemment, il n'y a pas de fin véritable) : Ironhead, qui sort en anglais en mars 2008!


Charlie Fletcher, Stoneheart, Hachette jeunesse (traduit de l'anglais par Laurence Kiefé)


PS : je tiens à saluer quand même cette maison d'édition qui publie des textes anglo-saxons plutôt intéressants (on leur doit la traduction de la série Twilight) et qui, surtout, reprend les couvertures originales, procédé plutôt rare et que j'apprécie beaucoup.

17.12.2007

"Trois c'est trop pour le tango"

9363a680e1708762ffab5157b7d9effc.jpg La fin de l'année approche au lycée de Forks et avec elle l'échéance que s'est fixée Bella : elle veut devenir un vampire afin de pouvoir vivre avec Edward pour l'éternité. Mais avant que d'en arriver là, les Cullen doivent faire face à un nouveau danger : Victoria est de retour et elle veut toujours se venger de la mort de James en tuant Bella. Pour cela elle a levé une armée et seule l'alliance avec la meute des loups-garous de Jacob pourrait rééquilibrer les chances...


Troisième volume de ce qui est annoncé comme une tétralogie, après Fascination et Tentation, Hésitation est aussi bon que les deux volumes précédents. Cette fois-ci, l'essentiel réside dans le triangle amoureux formé par Edward, Bella et Jacob : les sentiments de ce dernier, que le perspicace lecteur voyait se dessiner sous la surface, éclosent violemment et Bella se retrouve entre deux hommes, deux amours, deux vies. Sommée de choisir par le tempétueux Jacob (décidément, le loup en lui n'est jamais bien loin), elle commence par nier la nature de ses sentiments pour finir par les accepter à son corps défendant, tandis qu'Edward, décidément parfait, attend qu'elle fasse un choix sans la juger jamais. L'analyse des sentiments est comme toujours fort juste, même si j'ai trouvé le parallèle avec Les Hauts de Hurlevent (décidément, on n'entend parler que de ce roman en ce moment) un peu tiré par les cheveux : si Jacob peut parfois donner l'impression de ne pas vouloir contrôler son côté animal (d'où la scène du baiser forcé), il est très loin du personnage très noir de Heathcliff et Bella n'est à un aucun moment semblable dans son comportement à Cathy (d'ailleurs la scène à la fin, où elle se lamente en disant qu'elle fait le mal autour d'elle et où elle flagelle son égoïsme, est la moins réussie de ce roman). C'est le seul bémol que j'apporterais au grand plaisir que j'ai pris à lire ce roman, où les aventures s'enchaînent, où les personnalités de chacun s'affinent et où l'humour est toujours présent.


Une décidément bien bonne série, chers happy few, et je ne sais pas comment je vais attendre le quatrième volume (dont la sortie américaine est prévue à l'automne prochain) : que va-t-il advenir de Bella ? Vampire or not vampire ?


Stephenie Meyer, Hésitation, Hachette Jeunesse


L'avis de Lilly (qui a été agacée par Bella, moi pas du tout).


PS : je comprends parfaitement que Bella ait du mal à choisir entre Edward et Jacob, c'est un peu comme Stephanie Plum avec Ranger et Morelli. Il y a des fois où le choix n'est juste pas possible. C'est tout.
PSbis : merci infiniment à Stéphanie, qui me l'a prêté, et à qui je suis donc redevable de mon addiction...
PSter : le titre est extrait d'une chanson de Lambert Wilson. Serait-ce de la midinettitude snob ?

07.12.2007

Au pied du sapin

Noël approche, chers happy few, et je sais que certains d'entre vous sont à la recherche d'idées cadeaux. Je vous propose donc une nouvelle rubrique, intitulée "Christmas is all around", dans laquelle je vais me livrer à cette mienne passion, la composition d'une liste...


Pour inaugurer cette rubrique, voici quelques titres dans les domaines de l'imaginaire, plus précisément en fantasy...


En mars 2006, une nouvelle collection a vu le jour, Points fantasy. Sous la houlette de Fabrice Colin, cette collection publie à la fois des textes très littéraires (souvent des one-shot, c'est-à-dire en un seul volume) et d'autres plus orientés vers la fantasy telle que le grand public l'apprécie (épique, pleine du bruit et de la fureur des combats). C'est une collection de grande qualité, qui a à son actif des titres initialement parus dans des catalogues très divers (Denoël, Albin Michel, Payot SF, Actes Sud, Buchet/Chastel, L'Atalante...). Voici ma sélection :


169932b9d68ca421f0047c8d39e9000f.jpg Enchantement d'Orson Scott Card. Card est un auteur que j'aime énormément : on lui doit notamment l'excellente série de SF Ender (dont le premier volume, La stratégie Ender, est l'un des tout-meilleurs romans de SF que j'aie jamais lus) et les Chroniques d'Alvin le Faiseur (de la fantasy assez particulière qui se déroule dans une espèce d'uchronie américaine au XIXème siècle). Enchantement est un petit joyau : dans une clairière, au coeur de la forêt ukrainienne, Ivan, qui fait des recherches sur les langues slaves anciennes, découvre une jeune fille endormie sur un piédestal. Il embrasse la belle, qui se réveille à son baiser... et il l'accompagne chez son père, le roi de Taïna, dans l'Ukraine du IXème siècle où il devra délivrer le peuple de la terrible Baba-Yaga... Réécriture de contes de fées, roman d'initiation, roman d'amour, c'est tout cela à la fois, avec en prime, comme toujours chez Card, une bonne dose d'humanisme et une pincée d'humour. Un régal!


c35b4491914ab0d7625aca81f2328d62.jpg

La sève et le givre de Léa Silhol. Voilà mon coup de coeur de l'année, dont je vous avais longuement parlé ici. Pour les amateurs d'amours tragiques et d'hivers éternels!




9f339cdf039ca7ce8f9360ad3a964046.jpg Fendragon de Barbara Hambly. Hambly est un excellent auteur de Fantasy, malheureusement méconnu en France. Elle a aussi écrit de très bons polars, dont j'apprécie tout particulièrement le style et dont le personnage principal est un esclave affranchi, dans l'Amérique post-guerre de Sécession (ils sont publiés chez 10/18). Fendragon est un roman éblouissant, qui raconte l'histoire de Jenny Waynest, femme indépendante, médecin, qui accompagne son compagnon, un ancien tueur de dragon, dans la capitale des royaumes du Sud, où sévit un dragon noir... C'est un roman sur la féminité , qui s'interroge sur les choix auxquels sont confrontés les femmes. Peuvent-elles faire le choix de renoncer à la maternité ? Peuvent-elles accéder au pouvoir et au savoir sans faire de concessions et de compromis ? Du grand art.


fb0a2e563d9ef9c2ed0869014f12d192.jpg

Les fantômes d'Ombria de Patricia McKillip. J'en ai parlé ici, c'est vraiment un très beau roman, très poétique!





Pour ceux (et ils sont nombreux), qui ont aimé The Princess Bride de Rob Reiner, je rappelle que le roman de William Goldman dont le film est tiré, qui a longtemps été introuvable, puis édité dans une édition très chère, vient enfin d'être réédité dans une édition à la portée de tous, chez Bragelonne.
51b2e5468e02a700c445799b50ecf599.jpg C'est un fort bon roman, parfois un peu déroutant dans sa mise en forme, bourré de digressions, de considérations économico-politiques sur la vie du royaume de Florin et bien évidemment d'humour! (et en plus, vous remarquerez que la couverture n'est pas l'affiche du film, ce qui réjouit le snob qui sommeille en chacun de nous...)


Enfin, pour les midinettes, les adolescents, les amateurs de vampires, ceux que la pluie ne dérange pas, les fans de Shakespeare, et les autres, je rappelle l'événement de l'année (oui, je sais que le premier volume a été traduit en 2005, mais ne pinaillons pas) :

0d16d3c74cae820e7555e389416d6a90.jpg 580c45ab04d8dfa24c4ed49c9ab3fd58.jpg 2488ef82facbc997211f23c341bd0883.jpg Les trois premiers volumes de la série Twilight de Stephenie Meyer, Fascination, Tentation et Hésitation...


Bonne lecture, chers happy few!



PS : le nom de cette nouvelle rubrique m'a été inspiré par un film. Celui ou celle qui en découvre le titre aura droit à un petit cadeau dans sa boîte aux lettres... (ben oui, Noël approche, non ?)

20.11.2007

Chants de rêves et faces de mort

f564cded8f765b0ff178f4b380f9402a.jpg La Bibliothèque Obscure de Bedlam Asylum, l'antre de Van Helsing, a été cambriolée. Un habile voleur a dérobé un objet plusieurs fois millénaires et extrêmement précieux : la lyre d'Orphée, dont le simple contact entraîne un désespoir mortel. Pour retrouver cet objet, Van Helsing fait appel à Senoufo Amchis, grand chasseur de cachalot...


Voici un roman chers happy few, que j'ai eu envie de lire suite à une élogieuse critique dans Le Monde des livres et je peux vous dire tout de suite que j'ai bien fait de suivre leur conseil! J'ai vraiment beaucoup aimé cet ouvrage, qui revisite et mêle intelligemment des mythes et des légendes littéraires : on y croise donc la lyre d'Orphée, Morphée en serial-killer, qui prend l'apparence d'un être aimé pour mieux vampiriser l'âme de sa victime, Van Helsing bien vieux mais étrangement jeune (l'intrigue se déroule dans le Londres contemporain), arrogant, retors et antipathique et Senoufo Amchis, fascinant marin qui a le mal de terre et qui a accepté cette mission de chasseur pour remettre à flot son bateau, le Queequeg, et reprendre la route des Açores, sorte de Capitaine Achab taciturne et philosophe (on notera d'ailleurs que son bateau porte le nom du harponneur en chef de Moby Dick) qui résoudra l'affaire pour mieux quitter enfin les interminables crépuscules londoniens. Lors de sa quête, il croisera d'étranges personnages, comme Turkish Delight, l'indic bavard ou Eileen Leier, victime de son amour... J'ai beaucoup aimé le style, fluide et parfois tempétueux comme la mer (les métaphores marines sont d'ailleurs nombreuses), cassé parfois par des remarques très contemporaines non dépourvues d'humour.


Un bien beau roman, chers happy few, sur l'amour et la mort, sur le pouvoir de la musique et des fantasmes, où il ne faut bien sûr, surtout pas se retourner!


Catherine Dufour, Délires d'Orphée, Editions Baleine, Club Van Helsing


PS : à noter qu'il s'agit d'une nouvelle collection, CVH (Club Van Helsing), dirigée par Guillaume Lebeau et Xavier Mauméjean (ce dernier étant un auteur que j'apprécie beaucoup) et mettant en scène, comme son nom l'indique, le célèbre chasseur de vampires créé par Bram Stoker et des monstres. Le format n'excède jamais 200 pages et de nombreux auteurs de SF/fantasy ont été sollicités pour écrire un titre, sur le même principe que Le Poulpe, désormais décédé... J'aime bien le format mais pas la couverture, ce qui reste, j'en suis bien consciente, anecdotique...
PSbis : Catherine Dufour explique bien des choses sur son roman ici.

24.10.2007

A jamais

56f87e9db8acceae007539b7044d1c0a.jpg Forks, état de Washington, six mois après la fin du premier volume. Bella est entrée en Terminale et elle vit les jours les plus heureux de sa vie auprès d'Edward, le fascinant vampire. Hélas, un incident survenu le soir de l'anniversaire de la jeune fille, pousse Edward à rompre. Devenue une plaie béante, Bella doit faire face aussi au retour de Victoria, la redoutable vampire venue venger la mort de son compagnon, James, et à la transformation qui affecte son vieil ami Jacob Black... Qui a dit que dix-huit ans était le plus bel âge de la vie?


J'étais très impatiente de lire le deuxième volet de cette tétralogie vampiresque et je peux vous dire chers happy few, que je ne suis pas déçue! Quel bon volume! L'intrigue se concentre cette fois-ci sur la douleur de Bella, analysant avec une grande justesse les sentiments de la jeune fille, qui passe par tous les stades de la douleur, de l'abattement et de la culpabilité. Le roman présente d'ailleurs un trou de quatre mois, représenté par quatre pages blanches qui portent le nom des mois qui s'écoulent, et il faudra attendre la fin du volume pour entendre de la bouche du père de Bella le récit de ce terrible hiver. La douleur de la jeune fille est mise en parallèle avec celle de Juliette, dans un entrelacs jamais artificiel : se comparer à l'héroïne de Shakespeare permet à Bella d'analyser ses sentiments afin de tenter de surmonter sa peine. L'absence d'Edward pèse sur elle comme sur le récit, qu'il hante par son silence. Parallèlement, le jeune Jacob, l'Indien qui vit dans la réserve, subit lui aussi une transformation : il est condamné par son ascendance à se transformer en loup-garou. Métaphore de la brutalité masculine adolescente et des sentiments qu'il a le plus grand mal à contrôler (les scènes de transformation sont très réussies), c'est aussi une malédiction qui va l'éloigner de Bella : comment accepter ses relations avec des vampires, ennemis mortels des loups-garous ?

J'ai encore une fois apprécié le réinvestissement des mythes occidentaux, légèrement modifiés (il n'est pas ici question de pleine lune même si c'était le titre original de ce volume), l'intrigue menée tambour battant et la plume vive et drôle! Chers happy few, laissez-vous tenter!


Stephenie Meyer, Tentation, Hachette Jeunesse


Les critiques d'Allie et de Lilly.


PS : l'édition est pleine de coquilles qui ressemblent carrément parfois à des fautes de grammaire, c'est assez dérangeant, d'autant qu'il s'agit d'une édition pour la jeunesse...
PSbis : le troisième volume, Hésitation, est annoncé pour le 7 novembre prochain.
PSter : merci encore à Stéphanie, qui me l'a prêté (et cette fois-ci, il n'est rien arrivé au roman)!

18.10.2007

"Pour marcher sur cette terre, il te faut un destin"

Figurez-vous chers happy few, que si certaines sont de mauvaises élèves et sont arrivées au Club des Théières sans avoir fait leurs devoirs (car je n'étais pas la seule mais je ne vous révèlerai pas le nom de la deuxième cancre car je lorgne éhontément sur sa PAL en subite expansion), d'autres en revanche, avaient lu plusieurs livres.


Ainsi, Chiffonnette, en plus de L'enchanteur et illustrissime gâteau café café d'Irina Sasson, roman qui se déroule beaucoup la nuit et à partir duquel elle a magistralement exécuté le fameux gâteau (qui est d'ailleurs excellent) avait lu La nuit sous le pont de pierre de Léo Perutz et sa critique enthousiaste nous a toutes séduites : une longue LA (Liste d'Attente) s'est mise en place... Mais ce n'est pas tout chers happy few! Il y en avait un troisième...

En bas de la pile de romans que Chiffonnette avait posé devant elle, j'avais repéré un ouvrage que je voulais lire depuis longtemps et que j'avais des difficultés à trouver. Et il était là, il m'attendait sagement, j'ose même dire qu'il n'attendait que moi :


ac6b3cb8618e9061c1444b18dcd84c80.jpg

La sève et le givre de Léa Silhol.



En Féerie il ya trois cours : Ombre, Lumière et Crépuscule. Chacune obéit à un Roi ou une Reine et tous à Titania, Haute Reine de Féerie. L'équilibre du monde des Mortels repose sur l'équilibre du monde de Féerie qui est régi par des règles propres dont l'une est que les Cours ne se mêlent pas. Un jour, cet équilibre est rompu par les Parques : leur prophétie entraîne la naissance d'Angharad, fille de Frost, Prince de l'Hiver et d'Alyz, dryade de la Cour de Lumière. Cette enfant a pour destin d'aimer et de détruire Finstern, Seigneur de la Nuit, mais refusant d'être un jouet dans les mains des puissants, Angharad cherche sa voie...


Chers happy few, c'est peu de dire que cette lecture m'a emballée : j'ai littéralement adoré ce roman! L'auteur réutilise très intelligemment des éléments du folklore celtique et des traditions féeriques écossaises (que ce soient des personnages comme Oberon, Titania (que l'on trouve dans Le songe d'une nuit d'été de Shakespeare, très belle pièce) ou Mab, des concepts comme l'Esprit de l'Hiver ou des lieux), éléments qu'elle s'est appropriés et dont elle s'est servi pour créer une oeuvre profondément originale et bouleversante. Ce roman est à la fois un roman de fantasy, avec tous les éléments que ça comporte (les fées, les passages, dont certains sont très beaux comme l'entrée d'Angharad en Dorcha, royaume de la Nuit, par le fleuve d'encre et une explication des saisons), un roman initiatique (et Angharad est un extraordinaire personnage de femme double par nature puisqu'elle est à la fois le printemps et l'hiver, la sève et le givre, fortement attirée par le froid et sa dureté) et un roman d'amour tragique (ah, chers happy few, le personnage de Finstern, Seigneur de la Nuit, vient d'entrer en fanfare dans mon panthéon de personnages masculins extraordinaires, il est l'homme (enfin, il est (presque) immortel) à la beauté vénéneuse et terrible). Le tout est servi par un style époustouflant, très littéraire, extrêmement musical et parfois répétitif comme une mélopée, ce qui est normal puisque le narrateur de cette sublime histoire n'est autre qu'Ossian, le barde écossais...


Chers happy few, allez vous perdre vous aussi dans le coeur et les bras de la Nuit et de l'Hiver! Et vous n'avez aucune excuse pour ne pas lire ce chef-d'oeuvre : il vient d'être réédité en poche!


Léa Silhol, La sève et le givre, Points fantasy


Les critiques de Lhisbei, de Chimère et de Chiffonnette.


PS : merci, merci Chiffonnette de m'avoir prêté ce roman! Je te rejoins dans ta "marotte" et je te propose de créer un club avec un badge "J'aime la Nuit"...
PSbis : le titre de ce billet est la phrase par laquelle les Parques entament la prophétie qu'elles donnent à Finstern.

04.10.2007

Vampire, vous avez dit vampire ?

c87f9a7d4d2e41ef43fe2ad319208f3d.jpg Bella Swan a 17 ans. Elle quitte Phoenix, le soleil, et une mère immature et récemment remariée pour aller vivre à Forks, petite ville pluvieuse de l'état de Washington (non loin de Seattle), avec son père. Prête à subir la fin de l'année scolaire, sa vie va en réalité être complètement transformée par sa rencontre avec Edward, jeune homme un peu étrange, extrêmement séduisant et... vampire de son état.


Voilà un roman pour adulescent (terme qui désigne des oeuvres pour jeunes adultes ou adolescents bons lecteurs) chers happy few, qui fait en ce moment la une de bien des blogs. Et, pour tuer tout de suite l'insoutenable suspense, autant vous dire que c'est parce qu'il le vaut bien! Stephenie Meyer reprend en effet avec un bonheur certain les codes des histoires de vampire et arrive à nous livrer une histoire qui à défaut d'être originale est très accrocheuse. Comme l'héroïne, j'ai été carrément séduite par le personnage d'Edward, vampire séculaire à l'éternelle jeunesse, qui tente de dompter les élans de son être face à l'amour que lui inspire la jeune fille (en gros, il essaye d'éviter de la mordre). Comme toujours dans les histoires de vampires, c'est une histoire de séduction et de désir qu'il faut lire entre les lignes, ce dernier étant extrêmement bien analysé par Stephenie Meyer : palpitations, rougeurs, neurones en compote, difficile maîtrise du corps, fascination et obssession, rien n'est épargné à la jeune Bella, victime de la plus vieille malédiction du monde : la naissance de l'amour et son corollaire, le désir éperdu qu'elle éprouve pour ce jeune homme différent et donc fortement attirant.

Ajoutons à cela une histoire qui tient la route et qui instille un suspense qui finit par devenir assez insoutenable sur la fin, des personnages habilement campés et une plume légère et assez drôle (surtout dans les dialogues) : franchement chers happy few, que demander de plus ?


Stephenie Meyer, Fascination, Hachette jeunesse



Les critiques d'Allie, Flo (enthousiaste malgré les vampires et l'emploi du temps), Lilly (qui a déjà lu les deux volumes suivants), Val et Stéphanie (qui a un doute sur la couleur des cheveux d'Edward)

PS : on regrettera encore une fois la traduction française du titre. En effet, en anglais ce roman s'appelle Twilight, et les volumes suivants New Moon, Eclipse et Breaking dawn, ce qui a quand même un sens important dans cette histoire de vampires, qui ont un rapport à la nuit et au crépuscule particulier (sans compter que les titres signifient le surgissement de quelque chose)... En français, le deuxième volume s'appelle Tentation, le troisième s'appellera apparemment Hésitation, qu'iront-ils chercher pour le quatrième : Abnégation, Obssession, Pâmoison ?
PSbis : merci très vivement à Stéphanie de me l'avoir prêté!

14.09.2007

Neil, mon amour!

Je ne sais pas vous chers happy few, mais moi en ce moment, je suis un peu agacée.

Oh, rassurez-vous, j'ai l'agacement léger et c'est vraiment trois fois rien, comme la présélection du Goncourt (c'est moi qui rêve où il n'y a que des romans de la rentrée littéraire ?), le fait qu'on ne peut pas ouvrir un cahier critique sans tomber sur de dithyrambiques éloges d'Amélie, Olivier et Patrick, Pierre ou Marie, et voir les mêmes encensés à longueur de colonne me lasse un tantinet je dois bien l'avouer. Ajoutons à cela le changement d'horaire de certaines séries télévisées (je sais, je n'ai qu'à acheter un programme mais depuis que je boycotte Télérama, je n'arrive pas à me résoudre à acheter un magazine télé pipole (ils le sont tous), il y a des limites à ce que je peux endurer) et la malédiction qui s'est abattue sur mon fer à repasser (les lutins qui sont à l'intérieur ne veulent plus le faire fonctionner, c'est un scandale). Mais tout cela n'est rien en regard du fait que je me suis trouvée ce matin à cours de Spray sublimateur d'ondulations de mon vénéré John Frieda, par ma faute évidemment puisque c'est moi qui ai oublié d'en racheter. Pourquoi John Frieda ne me livre-t-il pas ses fabuleux produits par coursier, cela reste un insondable mystère auprès duquel, chers happy few, le reste n'est que littérature...

Vanitas vanitatum, sic transit etc, vous l'aurez compris chers happy few, c'est un jour à pousser un grand cri d'amour, chose que je n'ai pas faite depuis très exactement trois mois et un jour, ce qui est manifestement trop, je vous le concède.


Aujourd'hui, donc, je vais vous révéler (enfin) le pourquoi du comment de mon amour pour Neil Gaiman.

Pour ceux qui n'auraient jamais entendu parler de lui (mais je ne veux pas croire que vous soyiez nombreux, cela heurterait terriblement mon petit coeur fragile), je vais, une fois n'est pas coutume, commencer par le commencement.

Neil Gaiman, c'est lui : 93d1fa55dc916ac6bea285fe1a25bcaf.jpg

et, contrairement à ce que son physique pourrait laisser croire, cet homme est un écrivain, ce qui nous conduit à nous poser une question existentielle, du genre : "la beauté est-elle soluble dans l'écriture ?" ou à remarquer que finalement on peut écrire et ne pas être moche comme un pou (je ne vise personne en particulier, vous vous doutez bien, chers happy few, mais enfin, vous aurez remarqué comme moi qu'en général nos émissions littéraires ne regorgent pas de jeunes premiers, ni mêmes de jeunes deuxièmes). On peut être écrivain et porter fort bien le blouson en cuir et le regard de braise, tout cela, chers happy few, tendrait à prouver que les gens beaux ont aussi un cerveau, ce qui est, vous en conviendrez aisément, très encourageant...


Donc, disais-je, avant de m'égarer dans les méandres de ce questionnement métaphysique, Neil Gaiman est un écrivain anglais de fantasy (et j'espère que vous me connaissez assez à présent pour ne pas fuir à l'évocation de ce genre), que j'ai découvert il y a quelques années en achetant par hasard et par inadvertance American Gods. Ce fabuleux roman, bourré d'ironie, au style ébouriffant, raconte la bataille que se livrent les Dieux des mythologies oubliées (surtout celtes) et les Dieux modernes (ceux de la technologie et de la consommation) dans l'Amérique contemporaine. La métaphore sert un roman incroyable, extrêmement original, qui m'a tellement emballée que j'ai acheté tout ce que j'ai pu trouver de lui. Je me suis alors rendue compte qu'il avait écrit trois romans avant celui-ci : De bons présages, en collaboration avec Terry Pratchett, qui raconte comment l'Apocalypse n'eut pas lieu et qui met en scène une galerie de personnages déjantés comme Toutou, chien des Enfers, Stardust, de la fantasy dans la veine de Princess Bride, avec fées, jolies jeunes filles, héros amoureux et malédictions et Neverwhere, adapté de sa propre série pour la BBC, excellent roman qui se déroule dans le monde parallèle que l'on trouve dans le métro londonien, où règne le Marquis de Carabas et où il est parfois dangereux d'ouvrir des portes... J'ai appris en farfouillant de ci de là, que Neil Gaiman avait commencé par être journaliste et qu'il a écrit une biographie des Duran Duran (nobody's perfect), puis de très nombreux comics, dont le fameux The Sandman, qui met en scène Morphée, seul comic book à avoir jamais remporté le très prestigieux World Fantasy Award. J'ai découvert un recueil de nouvelles, Miroirs et Fumées, dans lequel nous apprenons enfin ce qu'il est advenu du Graal et où j'ai appris que Neil était aussi un poète, puis j'ai lu Coraline, un roman jeunesse assez terrifiant où il est de nouveau question de portes qu'il ne faut pas franchir et qui m'a rappelé l' Histoire du Prince Pipo, du regretté Pierre Gripari, roman qui a traumatisé mon enfance et auquel je ne peux penser sans frissonner... Vous comprendrez chers happy few, que je venais de découvrir un écrivain au talent aussi varié qu'immense!

Dès lors, j'attends ses publications comme petite j'attendais Noël. J'ai adoré son dernier roman, Anansi boys, qui se déroule dans le même univers que American Gods et qui vient d'être traduit en français, excellente réflexion sur la dualité de l'âme humaine et je me suis régalée avec son dernier recueil de nouvelles, Fragile things (non traduit), dans lequel une nouvelle The monarch glen, reprend un des personnages de Neverwhere.


J'aime ces correspondances d'une oeuvre à l'autre, j'aime son ironie mordante et son goût du passage, parfois horrifique, j'aime son univers sombre et son attirance pour les ténèbres, j'aime ses personnages tourmentés en quête de lumière, j'aime ses dédicaces en tête de roman et son refus de peigne, en un mot, chers happy few, j'aime Neil Gaiman! (Il fallait que cela fut dit, je me sens mieux)


Et vous chers happy few, l'aimez-vous ?



Bibliographie incomplète, car tout n'a pas été traduit en français (si vous en voulez une complète (en anglais), c'est ici)

Romans et nouvelles :
De bons présages (en collaboration avec Terry Pratchett), J'ai lu fantastique
Stardust, J'ai lu fantasy
Neverwhere, J'ai lu fantasy
American Gods, J'ai lu fantastique, Prix Hugo et Nebula 2002, Prix Locus 2002, Bram Stoker Award 2002
Miroirs et fumée, J'ai lu fantastique
Anansi boys, Au Diable Vauvert

Romans et albums jeunesse :
Coraline, Albin Michel, Wiz
Des loups dans les murs, Delcourt jeunesse
Comment j'ai échangé mon père contre deux poissons rouges, Delcourt jeunesse (merci Gawou!)

Comic books :
The sandman, édition brochée en 10 volumes, traduit en français chez Panini Comics

Essai :
Pas de panique, J'ai lu, guide pratique de H2G2 (Hitch Hiker Guide to the Galaxy de Douglas Adams, adapté sous le nom de Guide du routard galactique puis de Guide du voyageur galactique après que le Guide du routard a porté plainte) (merci Yueyin!)

Enfin, sachez qu'il a adapté Stardust au cinéma, avec Robert de Niro et Michelle Pfeiffer. Le film, sorti cet été aux Etats-Unis, n'a pas été encore été distribué en France.

Et pour finir, le site de l'auteur, qui, comme la plupart des sites d'auteurs anglo-saxons est bourré de trouvailles et de "cool stuff"!

12.09.2007

"Les morts marchent, ce soir"

315aa149d0bf976b91c794108f4bba8d.jpg Dans un petit village breton, quatre frères, Benoît, Lunaire, Guinoux et Samson, âgés de quinze à deux ans et à qui leur mère a défendu d'approcher la mer (un comble pour des Bretons), font toutes les nuits de terribles cauchemars : chacun a le sien, qui se répète inlassablement et invariablement, jusqu'au jour où le cadet, Lunaire, décide de prendre le pouvoir dans son rêve. Pour cela, il se livre à quelques recherches...


Pour être tout à fait franche, chers happy few, et vous raconter le pourquoi du comment (car je sais que vous aimez ça, ne le niez pas), voilà un roman que je n'aurais pas acheté sans l'insistance conjuguée de Flo et de Yueyin (elles ne sont pas allées jusqu'à me menacer de m'interdire de participer au jeu des bibliothèques ou de me priver de bouton Darcy mais le coeur y était et j'ai bien compris que je n'avais pas le choix). Première bonne surprise, j'ai trouvé ce roman au rayon "Fantastique" chez Gibert. Deuxième bonne surprise, ce roman se déroule en Bretagne, terre d'embruns et de marins (vous savez depuis longtemps l'amour que je porte à la littérature maritime). Vous imaginez donc bien, chers happy few, que ma curiosité était éveillée...

Eh bien, chers happy few, quel roman! Dans une prose très maîtrisée et très fluide (avec quelques mots de vocabulaire assez surprenants, Bon sens apprécierait), Gaëlle Nohant nous entraîne dans un monde peuplé de monstres et de légendes contre lesquels se battent, chacun à leur manière trois frères (le quatrième est trop petit) très attachants : Benoît qui se sent impuissant à voir se noyer sous ses yeux toutes les nuits une jeune femme et sa petite fille et qui se sent investi de la lourde mission de veiller sur ses frères, Lunaire, dont le cauchemar est vraiment terrifiant, qui est celui par qui se dénoue le mystère, qui porte le nom du patron des pêcheurs, irrésistiblement attiré par la mer, puissante et interdite, et Guinoux, l'enfant peureux qui va se trouver littéralement transformé par le cours de l'histoire... L'histoire est rythmée par les cauchemars des trois frères et Gaëlle Nohant réussit le tour de force de nous les raconter plusieurs fois sans que la répétition nuise à l'intérêt de l'intrigue : bien au contraire, les détails révélés au fur et à mesure permettent d'instaurer un véritable suspense.

Ce roman est une histoire de fratrie et plus largement une histoire de famille où les non-dits et les secrets se sont transformés en monstres qui dévorent les enfants. Au-delà de la métaphore sur la psycho-généalogie, j'ai trouvé que c'était aussi une histoire sur la maternité : la façon dont Enogat, la mère des enfants, veille inlassablement sur eux mais en silence, et finit par accepter de lâcher prise est vraiment très belle... Enfin, c'est un roman qui rend hommage à sa manière aux terre-neuvas et à leurs femmes, celles qui sont restées à quai, seules avec leurs enfants et qui ont dit au revoir à des hommes que la mer a gardés...


Vous l'avez compris, chers happy few, c'est vraiment un excellent roman, je n'ai qu'un conseil à vous donner : embarquez!


Gaëlle Nohant, L'ancre des rêves, Robert Laffont


Les critiques de Thom (et je m'aperçois en la lisant que j'ai choisi le même titre que lui, il me pardonnera... il s'agit d'une phrase extraite du roman et qui rythme le cauchemar de Lunaire), Flo, Lilly, Choupynette, Yueyin, Livrovore, Laure, Clarabel, Florinette et May.

Une interview de l'auteur par Florinette ici.

PS : merci les Toulousaines d'avoir insisté!
PSbis : le blog de l'auteur : Le café littéraire de Gaëlle.

Toutes les notes