16.11.2011
Georgia... ouhhhh Georgia... Georgia on my mind...

Depuis que ce blog a repris une activité normale (comprendre que je ne réponds plus à aucune proposition de SP sauf quand ce sont les copines qui me les envoient et que je ne lis de nouveau quasiment plus de nouveautés françaises), je suis revenue à ma façon de lire les séries, compulsive et boulimique comme je l'ai toujours fait, parce que je suis comme ça, quand j'aime un personnage je n'ai pas envie de le lâcher en cours de route. J'ai donc lu la fin de la série Succubus de Richelle Mead en quelques jours (et en plus, grâce à Randy, je me suis procuré le tome 6 sans attendre, ne répétant pas ainsi les erreurs du passé et ma longue attente (pensez donc, trois jours, l'horreur) entre Bloodfever et Faefever, qui m'avait contrainte à relire un roman d'Honoré pour patienter, bouh, plus jamais ça.
Bon, alors, pitchons sans spoiler, comme nous savons si bien le faire, c'est limite une de nos spécialités, avec le hot dog (vous ai-je dit que j'avais une machine à chiens chauds, incrédules happy few ? franchement, rien que pour le fou rire quand on enfile délicatement le pain sur le support métallique, ça vaut le coup d'investir). Après le rebondissement du tome 4 (Georgina avait momentanément perdu ses pouvoirs ce qui lui a permis de coucher enfin avec Seth (et croyez-moi, la lectrice attendait ce moment aussi impatiemment qu'elle) (oui, c'était bon, merci beaucoup)), Georgie, redevenue succube, doit assister Maddie dans la préparation de son mariage avec le même Seth (how twisted is that, really ?). Le coeur déchiré (d'aucune mauvaise langue de ma connaissance dirait que ça lui permet de chougner et que c'est ce qu'elle fait le mieux, tsss, qu'est-ce qu'il ne faut pas entendre quand même), Georgie, littéralement hantée par des rêves de paix se laisse aller au côté faussement lumineux de l'hallucination (elle avait le choix entre coucher avec Roman (que je love, btw) ou céder au chant des sirènes, que croyez-vous qu'elle choisisse la bougresse ? c'est pourtant pas faute de lui avoir crié : "noooon, reviens, Roman est chaud comme une baraque à frites un jour de canicule") et se retrouve prisonnière de deux entités ma foi fort vilaines qui veulent sa destruction (celui qui a réussi à comprendre ma phrase malgré les parenthèses mérite un oeuf kinder). Torturée, Georgie voit se dérouler devant elle des bribes de son passé, parfois réelles, parfois fausses, pour le plus grand bonheur de la lectrice qui découvre ainsi l'évolution de Georgie au fil des siècles (elle a 1500 ans, faut-il le préciser de nouveau ?). Succubus shadows (2010, 281 pages) est certainement le roman de la série le mieux construit, il y a une vraie habileté narrative de la part de Mead qui arrive assez astucieusement à raconter l'histoire alors qu'elle en a ôté le personnage principal et narrateur (Georgie est prisonnière dans un endroit inaccessible et les autres continuent à la chercher). C'est vraiment très malin et la tension dramatique est tenue tout du long.
On ne peut pas en dire autant du dernier volume, Succubus revealed (2011, 304 pages), qui clôt la série : même s'il n'y a aucune surprise dans la résolution de l'intrigue qui courait depuis le début, j'attendais un peu plus de dynamisme dans le dénouement. Outre le fait que ce volume ne contient aucune scène épicée (c'est dommage parce que Richelle Mead les écrit vraiment très bien, les copines rougissantes devant leur belle-mère pourront en témoigner), il n'est pas tout à fait à la hauteur des autres, ni dans l'intrigue (même s'il s'insère parfaitement dans la continuité du précédent) ni dans les dialogues, comme si Richelle Mead s'était débarrassée un peu trop vite de ses personnages (d'ailleurs que devient Dante, hein ?) (oui, j'aime ce personnage qui pourtant ne le mérite pas, fouettez-moi pour mauvais goût). C'est dommage mais que ça ne vous empêche pas de lire cette série, une des meilleures dans le genre actuellement. Allez, avec un peu de chance, on aura peut-être droit à un spin off avec Roman. A girl can dream.
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11:39 Écrit par fashion dans Challenge Lu en VO, Fantasy, Littérature anglo-saxonne | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
31.10.2011
"Sleeping with my therapist was a bad idea."
(Mais n'est-ce pas toujours le cas ?) (Je vous rassure, je n'ai pas couché avec le mien.) (En même temps, c'était le sosie de Charles Aznavour, j'ai peu de mérite.)
Comme j'étais engluée dans ma panne de lecture comme une blogueuse dans un bar à cocktails un vendredi soir, j'ai pris le taureau par les cornes et la PAL par la droite et j'ai sorti
ce traité de philosophie orientale, qui mêle habilement bouddhisme et taoïsme. En effet, Georgina Kincaid, ma succube préférée (d'un autre côté, j'en connais peu, c'est vrai), affronte avec beaucoup de sérénité son destin, qui n'est pourtant pas évident, jugez plutôt. Jerome, son démon de boss, la punit pour ses errements depuis que Seth l'a larguée (quatre mois de cuite ininterrompue, de mauvaise humeur et de plaintes) en l'envoyant en mission... au Canada. Georgina est prête à ramper nue pour éviter de franchir la frontière (je rappelle pour ceux qui ne suivent pas (oui, toi là-bas, et toi aussi, oui), que cette série se déroule à Seattle) mais Jerome est intraitable. Voilà Georgie obligée d'enquêter sur un culte sataniste complètement crétin au pays des doughnuts Tim whatsisname quand les choses se compliquent : Jerome disparaît et avec lui tous les liens qui unissent la jeune (enfin, on se comprend) femme à l'enfer. Elle se retrouve alors plongée dans une espèce de stase : elle n'est pas mortelle mais elle n'a plus aucun pouvoir...
Quatrième volet des aventures de Georgina Kincaid, Succubus Heat (2009, 492 pages) (disponible aussi en français aux éditions Bragelonne) est à la hauteur des précédents : drôle, rythmé et bien fichu. Richelle Mead semble savoir où elle va, des éléments disséminés dans les tomes précédents sont réutilisés, des personnages réapparaissent et la relation avec Seth se complique. Une série décidément idéale en cas de panne, de vacances, de lendemains de soirées arrosées, de pieds plats, de dents de travers, d'humeur chagrine, de téléphone qui ne sonne pas, de téléphone qui sonne trop, de mal aux cils, d'absence de Gerard Butler, d'élections présidentielles, de frigo vide, d'attaque de crevettes géantes, bref, une série parfaite.
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40
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20.09.2011
Fleurs de dragon - Jérôme Noirez
Il y avait des années que je voulais lire un roman de Jérôme Noirez, poussée par une copine fan qui se reconnaîtra et comme avec moi tout est toujours très simple, je n'ai pas sorti de la PAL Le diapason des mots et des misères qui y dort depuis une éternité, non, fiou, trop facile, j'ai plutôt emprunté à la bibliothèque


Fleurs de dragon (pour la peine, vous avez droit à la couverture de la première édition et à celle de la réédition poche, parce que le choix c'est surfait comme disait Stephanie Plum en léchant l'oreille de Ranger).
Pitchons, amis de la rigueur et du dépaysement : Japon, 1489. Ryôsaku, enquêteur-samouraï pour le moins atypique (il a renoncé à porter le sabre) est chargé par l'ancien shôgun, Yoshimasa, de résoudre une série de meurtres sanglants : des samouraïs ont été assassinés dans tout le pays. Secondés par trois adolescents repris de justice, Ryôsaku entame la traque...
Eh bien disons-le tout de go, chers happy few, Fleurs de dragon est un excellent roman qui m'a totalement conquise. L'histoire est passionnante et entremêle habilement plusieurs fils de l'intrigue, les personnages sont parfaitement campés et originaux (Ryôsaku est génial dans ses leçons de sagesse et le maniement de son maillet) et leur interaction n'est jamais artificielle (je pense notamment aux trois ados Keiji, Sôzô et Kaoru qui apportent chacun quelque chose à l'histoire) et le tout n'est pas dénué d'humour. On a vraiment l'impression de chevaucher aux côtés de cette drôle d'équipe dans un Japon automnal noyé sous la pluie, d'entendre les tambours des temples et les rires des enfants et on tremble au son de la clochette et devant la colère des hommes (la dernière partie m'a déchiré le coeur). Une excellente découverte, vraiment.
Jérôme Noirez, Fleurs de dragon, Gulf stream éditeur, mars 2008, 286 pages / J'ai lu, 2009, 253 pages
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06.09.2011
"Follow that porcupine !"
"Spin the parasol three times and repeat after me : I shield in the name of fashion. I accessorize for one and all. Pursuit of truth is my passion. This I vow by the great parasol."

Regardons hardiment la vérité toute nue (quelle coquine) chers happy few : il va être difficile de résumer ce quatrième volume de la délicieuse série du Protectorat de l'ombrelle sans spoiler (évidemment à mon corps défendant) les événements survenus dans les tomes précédents. Mais comme rien ne m'est impossible (la preuve, je fais du porridge tous les matins depuis au moins six jours et je n'ai pas encore fait cramer la casserole), je vais, sous vos yeux ébahis, le faire. Tadam.
Alexia a fort à faire : un fantôme l'a avertie d'un complot visant à assassiner la reine Victoria, sa soeur Felicity vient lui demander asile (elle fuit sa mère, choquée par ses activités de suffragette), Madame Lefoux ne dort plus pour fabriquer une étrange machine et Alexia est en butte à trois tentatives d'assassinat par semaine, dont certaines très inventives (moi aussi je veux un porc-épic zombie, je trouve ça over tendance). Mais rien n'arrête notre jeune héroïne, qui ne se départit jamais de son sang-froid même dans les moments les plus embarrassants à base de nudité loup-garouesques. Quelle femme.
Disons-le tout net (décidément, je ne me permets aucune circonvolution ce soir, je ne suis que franchitude), cette série est vraiment géniale et Heartless (374 pages, 2011) est peut-être le meilleur volume à ce jour : le mélange fantasy/steampunk fonctionne parfaitement (la fin m'a un peu rappelé un épisode du Docteur) (j'ai droit, ça faisait trop longtemps que je n'avais pas mentionné son nom), les personnages évoluent vraiment d'un tome à l'autre (Ivy se révèle surprenante et on en apprend ici plus sur le professeur Lyall), certains sont assez bousculés (pauvre Madame Lefoux quand même et je pense que nous n'avons pas fini d'entendre parler des amours contrariées de Biffy et Lord Akeldama, même si Alexia a fortement conseillé au jeune loup-garou "to change the music") et Gail Carriger est très douée pour tisser mine de rien une trame narrative qui se déploie d'un roman à l'autre avec pas mal de brio (je n'avais pas vu venir un certain rebondissement concernant l'ancienne meute de Connall, qui m'a fait sursauter en braillant "What the fuck ?" (je ne suis que glamour) et certains événements du tome précédent trouvent leur explication dans celui-ci). Un excellent roman, donc, pour une série drôle, inventive et bien fichue. Et j'aime le prénom Prudence. Vraiment.
Vivement le tome 5, Timeless, en mars 2012.
Les tomes précédents (oh, que vois-je, un peu d'ordre, il va neiger)
- Soulless
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29.08.2011
"There was just something irresistible about a well-muscled man in leather."
"Why are you so prickly, English ? Is it because I am a Scot ?"
"It's because you are overbearing, domineering, and pushy."
"I am a man", he replied easily.
"If men are allowed to behave in such an atrocious fashion, how are women supposed to act ?"
"Appreciative."
Oh yeah. Let's appreciate.
A lot.
Alors que je rangeais vaguement ma PAL anglaise (qui pour une raison qui m'échappe ne diminue pas d'un iota malgré mon abattage, à croire que j'en achète toutes les semaines, ce qui est évidemment im-pos-si-ble), je suis tombée sur ce quatrième volume de la série des Highlanders de Karen Marie Moning, que j'ai dû commander dans un moment d'égarement dont je n'ai au-cun souvenir (je pense que j'ai été victime d'un sortilège, voilà ce qui arrive quand on lit trop de romans fantastiques). Je sais que j'avais dit, publiquement et à jeun, que j'arrêtais de lire des romances afin de préparer la rentrée (des classes, hein, pas l'autre), mais je ne pouvais pas laisser cette belle bouche esseulée sur une étagère (non, mais sérieux, les graphistes qui pondent les couvertures font des concours de kitscherie, or what ?) (et question plus importante encore, un homme a-t-il vraiment posé pour cette photo ?), ce n'est juste pas mon genre, moi qui ne suis que compassion et envie d'aider mon prochain.
Pitchons, mes happy few d'amour, pitchons. Gwen Cassidy est une jeune américaine qui a décidé de fuir une vie pas vraiment folichonne (une situation familiale difficile et un job de merde dans un trou) et de se payer un voyage en Ecosse, où elle espère trouver un amant à la hauteur de ses espérances. Mais le voyage organisé se révèle être un enfer (la moyenne d'âge des autres voyageurs est de 76 ans) et Gwen est d'autant plus grincheuse qu'elle essaie d'arrêter de fumer. Un après-midi, alors qu'elle tente de profiter du soleil allongée sur un rocher près du Loch Ness, elle fait tomber son sac à dos dans une crevasse. En tentant de le récupérer, elle tombe (littéralement) sur le corps d'un homme inanimé depuis cinq cents ans : Drustan MacKeltar a été enchanté au XVIème siècle et Gwen le ranime sans comprendre comment elle a fait. Voilà notre laird/druide écossais passablement désorienté et bien décidé à revenir dans le passé, avec l'aide de Gwen.
Si Kiss of the Highlander (2001, 396 pages) présente des similitudes avec les premiers tomes de la série (le fonctionnement du couple/le voyage dans le temps), je l'ai trouvé nettement meilleur que Beyond the Highland Mist et The Highlander's touch (je n'ai pas lu To tame a Highland Warrior, shame on me), d'abord parce que cette fois-ci le voyage temporel est utilisé différemment (la jeune femme se retrouve envoyée en 1518 face à un Drustan qui ne la connaît pas et qui ne la croit pas et c'est l'homme qui est enlevé brutalement à son époque) et parce que les personnages sont mieux campés. Gwen est une femme pleine de répondant et très très drôle, c'est une tronche en sciences, ce dont elle se sert pour s'adapter à la situation sans jamais se plaindre ni gémir, et elle est pleine de ressources, n'hésitant devant rien pour parvenir à ses fins (le pauvre Drustan qui cherchait une femme de caractère n'a aucune chance face à elle). Kiss of the Highlander est le premier tome de la série qui a un véritable lien avec la série Fever, puisque l'on fait enfin connaissance avec les MacKeltar, ces druides choisis pour protéger le monde et faire observer le Compact et on rencontre notamment Christian enfant. Je recommande donc, mais en anglais : d'après ce que j'ai pu lire ça et là, la traduction française (Une passion hors du temps, J'ai lu, épuisé) est tronquée et remontée.
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06:54 Écrit par fashion dans Challenge Lu en VO, Fantasy, Littérature anglo-saxonne | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note
27.08.2011
Beauty - Robin McKinley
Il était une fois un riche marchand qui élève seul ses trois filles, Grace, Hope et Honour. Les deux aînées sont aussi belles que bonnes mais la troisième, Honour, qui avait demandé il y a bien longtemps à être appelée Beauty, est le vilain petit canard de la famille : sa croissance s'est arrêtée beaucoup trop tôt et elle n'est pas jolie du tout. Elle a un goût très prononcé pour l'étude, les auteurs grecs et l'équitation. Cette famille vit très heureuse jusqu'au jour où le père est soudainement ruiné par le naufrage de ses navires. Ger, un jeune forgeron secrètement épris de Hope, qui travaille dans le chantier naval du père, leur propose alors de venir s'installer avec lui dans un village du Nord où il veut reprendre la forge. Mais leur maison est placée tout près d'une forêt enchantée dans laquelle il ne faut pas entrer sous peine de se voir conduit au château d'un monstre qui terrorise hommes et bêtes.
Quand j'étais gamine, chers happy few (je vous parle du siècle dernier, là), un de mes romans préférés était Casque de feu (The hero and the crown, 1984), que j'ai lu des dizaines de fois et qui est certainement la cause de mon goût prononcé pour la fantasy (l'héroïne est une tueuse de dragons) (et il n'est plus édité depuis belle lurette, hélas, il faut le chasser d'occasion). Je n'avais pas eu l'idée de jeter un oeil sur ce que Robin McKinley avait écrit d'autre jusqu'à récemment où j'ai découvert qu'hormis Casque de feu et, il y a quelques mois, ce Beauty, aucun de ses romans n'a bénéficié d'une traduction française. C'est vraiment dommage, tant sa prose élégante et son goût prononcé pour les contes de fées méritent qu'on s'y attarde.
Beauty (disponible donc en français chez Mnémos sous le titre Belle) est son premier roman (il date de 1978) et il s'agit comme tout le monde l'a compris d'une réécriture de la Belle et la Bête. J'ai vraiment beaucoup aimé la façon dont McKinley se réapproprie le conte, y introduisant d'intéressantes modifications au niveau surtout de la caractérisation des personnages (les soeurs et le père prennent un relief qu'ils n'ont pas dans le conte). En plaçant son histoire dans un cadre plus réaliste que celui du conte (Beauty lit des auteurs classiques et Beast lui fait découvrir des auteurs qui n'existent pas encore, comme Browning ou Walter Scott) mais où la magie existe bel et bien, elle déplace avec talent cette histoire dans le cadre de la fantasy. La narration, assumée par Beauty, est empreinte d'une grâce mélancolique et quasi poétique qui m'a profondément séduite et qui fait de ce roman une grande réussite. Je m'en vais lire d'autres romans de Robin McKinley, en commençant peut-être par Sunshine, que Neil Gaiman a adoré (je suis faible, je sais) (et en plus il y a des vampires et des loups-garous inside).
La couverture de la version française est d'une laideur invraisemblable. Jugez plutôt.
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30
11:07 Écrit par fashion dans Challenge Lu en VO, Fantasy, Littérature anglo-saxonne | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note
31.07.2011
Elantris - Brandon Sanderson
La semaine dernière, chers happy few, j'ai décidé qu'il fallait ab-so-lu-ment (traduction : tout de suite là maintenant sinon je retiens ma respiration) que je lise Fils-des-Brumes de Brandon Sanderson, auteur dont je n'avais évidemment jamais entendu parler jusqu'à ce jour (non, je ne suis pas une femme à lubies, la preuve, je n'ai mangé que trois fois du gâteau à la myrtille ces cinq derniers jours, avouez que tant de maîtrise de soi vous laisse rêveurs, hein ?). Bon, comme le monde est imparfait, hélas (sinon, il y a longtemps que je me serais réveillée avec le corps de Jennifer Garner) (mais pas dans le lit de Ben Affleck non, non, non, ouh la, je sais que j'ai un bad karma mais pas à ce point), je n'ai pas trouvé cette trilogie en librairie (en fait, si, mais uniquement les tomes 2 et 3 et je voulais, de manière tûtafètement étrange, je vous le concède, commencer par le tome 1, une de mes tendances psychorigides, certainement). Je me suis donc rabattue sur un autre roman de Brandon Sanderson, qui traînait là, seul et abandonné et criant mon nom :
Elantris.
La couv' n'est pas vilaine, le résumé assez alléchant et Orson Scott Card (love sur lui pour huit générations trois quarts) s'est fendu des incoutournables praises (auxquels je ne crois jamais mais la chair est faible, hélas, et la PAL minuscule) : j'ai donc, dans un accès de pitié, emporté avec moi ce petit roman (de presque 800 pages quand même), que je vais résumer pour vous, car je ne vis que pour votre bonheur et votre kulture, happy few de mon coeur.
Il y a dix ans, la sublime cité d'Elantris, habitée par des demi-dieux à la beauté surhumaine et aux talents aussi divers que variés, s'est effondrée, frappée par une malédiction, le Réod : ses habitants sont devenus des cadavres ambulants et la ville a été recouverte d'une épaisse couche de vase, qui engloutit tout sur son passage. Cette catastrophe a touché toute la région, l'Arélon, car les habitants des villes environnantes vivaient de la magie des Elantriens, qui fournissaient à tout le monde nourriture, soins et confort. Après une période d'émeutes, Iadon, un riche commerçant, a pris le pouvoir et mis en place un système de gouvernement féodal avec nobles et serfs. Son fils, Raoden, doit épouser Sarène, fille du roi du royaume voisin, le Téod. Mais quand cette dernière arrive en Arélon, on lui annonce la mort subite de son promis : ce qu'elle ne sait pas, c'est que Raoden a été victime du Shaod, qui, au hasard, transforme certains Arélois en Elantriens. La jeune femme décide de rester quand même en Arélon et se mêle de politique, afin de déjouer les plans de Hrathen, un prêtre dérethi envoyé par le Wyrn, Empereur du royaume Fjordell pour convertir et soumettre l'Arélon...
Il y avait là matière à un bon roman de fantasy, chers happy few, si Sanderson n'était pas tombé dans quelques travers que son éditeur aurait facilement pu lui éviter. Elantris est clairement trop long d'au moins 300 pages, à cause d'informations et d'actions inutiles qui conduisent au délayage narratif : il y a par exemples trop d'allées et venues des personnages, trop de dialogues inutiles et trop de révélations inutilement retardées (quand le lecteur sait quelque chose que les personnages répugnent à avouer sans aucune raison valable pendant cent quarante pages, c'est juste insupportable). La construction est maladroite (le point de vue des chapitres alterne de manière systématique entre Raoden, Sarène et Hrathen, avec une mauvaise maîtrise du découpage chronologique ; les actions sont parfois concomittantes, parfois espacées de quelques heures ou de quelques jours) et le style très plat, parfois même répétitif. Les personnages sont manichéens en diable, le couple formé par Sarène et Raoden semblant tout droit sortie d'un roman à l'eau de rose (« oh, je ne suis pas à ma place, j'en ai assez de ne pas être aimée parce que je suis supérieurement intelligente et que je suis grande et belle dans cette société machiste, je finirai vieille fille bouhouhouhouhou » « et moi, je suis grand, fort, beau, intelligent, optimiste, généreux, populaire et chevelu et je ne me laisse jamais abattre et je vous trouve belle, merveilleuse femme intelligente que vous êtes, nous formons un couple tellement bien assorti, venez chabadabader sous la lune avec moi »). C'est bien dommage, parce que certaines idées, correctement développées, étaient intéressantes, notamment cette maîtrise de l'AonDor, ces espèces de runes, qui utilisées correctement transforment la matière et la guerre de religion à laquelle se livre le Wyrn avec férocité (mais là encore, le personnage de Hrathen, qui avait tout pour être un personnage complexe et torturé, perd de sa force à cause du manque de densité dans l'écriture). Et dire qu'apparemment Sanderson prépare une suite... Il a intérêt à se munir d'une paire de ciseaux.
Brandon Sanderson, Elantris (Elantris), Le Livre de Poche, traduction Pierre-Paul Durastanti, 798 pages, 2009 pour la traduction française, 2005 pour la première parution en VO
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24.07.2011
A la pointe de l'épée - Ellen Kushner
(Où, pour une fois, je recopie la quatrième de couverture, car je ne suis que paresse et langueur.)
Richard Saint-Vière est le plus fameux des tueurs des Bords-d'Eau (bon, ce n'est pas un tueur selon la définition courante), le quartier des pickpockets et des prostituées. Aussi brillant qu'impitoyable (c'est surtout qu'il aime exceller, l'adjectif est mal choisi), ce dandy scandaleux (bof, il est bisexuel mais dans cette société il est loin d'être le seul) gagne sa vie comme mercenaire en vendant ses talents de bretteur au plus offrant, sans trop se soucier de morale (il ne vend pas ses talents au plus offrant mais à celui qui lui propose le plus beau défi, il ne fait pas les mariages, les femmes et les duels au premier sang, il n'aime pas non plus les cibles faciles). Mais tout va se compliquer lorsque, pour de mystérieuses raisons (pas si mystérieuses que ça pour le lecteur avisé), certains nobles de la Cité décident de se disputer ses services exclusifs ; Saint-Vière va alors se retrouver au coeur d'un inextricable (n'exagérons rien) dédale d'intrigues politiques et romanesques (sentimentales aurait été mieux choisi) qui pourraient bien finir par lui coûter la vie (ce dont il n'a cure)...
On pourrait croire en lisant mes parenthèses, happy few de mon coeur d'angélique, que je n'ai pas apprécié ce roman, mais mes sarcasmes ne s'adressent qu'à celui ou celle qui a rédigé cette quatrième de couverture et en aucun cas à ce roman fort original et bien troussé qui m'a beaucoup plu : la preuve, alors qu'il était sur ma LAL depuis le billet de Chimère il y a de cela presque trois ans, il n'a fait qu'un séjour de quelques heures dans ma PAL, ce qui est quand même la marque d'une insigne faveur (et ce ne sont pas les romans qui y traînent depuis neuf ans qui vous diront le contraire).
A la pointe de l'épée, joliment sous-titré en français Un mélodrame d'honneur, est un roman qui emprunte quelques codes aux romans de cape et d'épée mais les détourne avec indolence pour être au final un beau roman psychologique. Dans une société imaginaire assez fortement hiérarchisée où les nobles gouvernent avec mollesse du haut de la Colline des Bordiers qui ne semblent pas se soucier plus que ça de leur condition peu enviable, les bretteurs ont une place à part : engagés pour laver l'honneur de nobles qui ne savent pas se battre, ils sont soumis à un code strict qui fait d'eux des artistes et non des assassins. Dans ce monde où la politique semble n'intéresser pas même ceux qui sont censés en faire profession, les intrigues de couloir et les complots de cour se déroulent de manière relativement compliquée mais alanguie entre deux bals et le pauvre Saint-Vière se retrouve malgré lui au coeur d'une machination visant à défaire l'homme qui gouverne le Conseil des Lords. Mais Saint-Vière, s'il ne se soucie ni de politique ni de gloire, est un homme d'honneur qui ne se laisse pas manipuler. Personnage attachant et original, à la fois complexe et droit, Richard n'est pas le moindre intérêt de ce roman, qui, sous des dehors policés, met en scène des êtres humains gouvernés par des passions pas forcément avouables qu'ils dissimulent sous leurs manchettes en dentelle et leurs sourires courtois. Si on ajoute à cela un style ciselé, on obtient une oeuvre des plus intéressantes.
Ellen Kushner, A la pointe de l'épée (Swordspoint), Folio SF, traduction Patrick Marcel, 410 pages, 2008 pour la traduction française, 1987 pour la première parution en VO.
15:12 Écrit par fashion dans Fantasy, Littérature anglo-saxonne | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : je ne lis pas que de la fantasy en ce moment, non, mais presque
23.07.2011
"Elle entretient sa superbe silhouette en tirant vigoureusement des conclusions hâtives."
Garrett est détective privé à Tonnefaire, la ville gigantesque et pas forcément bien fréquentée où se côtoient les elfes, les trolls, les humains et les autres. Un matin, une sublime blonde aux longues jambes et aux yeux revolver vient lui demander son aide : un "ami" lui a donné à garder un coffret et elle ne se sent pas tranquille, elle a l'impression d'être épiée et suivie. Garrett accepte mollement l'affaire, mais il est approché peu après par un autre genre de client, un prélat très en vue de la Grande Eglise qui cherche des reliques sacrées qui ont disparu en même temps que le Gardien. L'histoire se complique, alors même que Garrett n'aspirait qu'à se la couler douce. Pauvre de lui.
Comme je ne fais pas forcément les choses dans l'ordre, chers happy few, j'ai de manière toutafaitement fortuite, voire même hasardeuse, manifestement décidé à l'insu de mon plein gré de lire cette série de Glen Cook (dont je suis une fan absolue : dois-je vous rappeler qu'il a écrit La compagnie noire, ce chef d'oeuvre de dark fantasy ?) dans l'ordre inverse de sa parution. J'ai en effet commencé avec le tome 4, Chagrins de ferraille (lu en décembre 2008, ouah, quelle rapidité dans le suivi, hum, passons) et me voici donc quelques mois plus tard (ben oui, deux ans et demi, ça fait bien 32 mois, non ?) avec Pour quelques deniers de plus, le tome 3. Si Chagrins de ferraille était un hommage à Dix petits nègres, Pour quelques deniers de plus en est un au roman noir façon Dashiell Hammett : difficile en effet de ne pas penser en lisant le premier chapitre au début du Faucon maltais et de ne pas voir dans le couple formé par Garrett et Jill Craight un reflet déformé de celui de Spade et Brigid O'Shaughnessy. Le reste du roman se déroule comme un roman noir : le privé encaisse les coups, séduit les femmes à son corps (presque) défendant, boit beaucoup, fréquente un milieu pour le moins interlope et semble se laisser un peu balader pour mieux résoudre une intrigue alambiquée. La grande force de Glen Cook est de réussir à lier habilement et sans coutures apparentes l'univers du roman noir à celui d'un monde de fantasy bruyant, moche et dangereux, le tout avec un talent certain pour les personnages secondaires fort intéressants (dont Dean, le vieil homme à tout faire qui a une dizaine de nièces à marier, l'homme-mort depuis quatre cents ans et Morlet Dotes, l'elfe noir assassin, qui sont mes préférés), l'ellipse (il faut parfois s'accrocher pour ne pas sauter une étape du raisonnement de Garrett) (c'est une des particularités du style de Cook, que l'on retrouve aussi dans La compagnie noire), l'humour pince sans rire et les dialogues qui font mouche. Love it.
Glen Cook, Pour quelques deniers de plus (Cold copper tears), J'ai lu, traduction Jean-François Le Ruyet, 286 pages, 2005 pour la traduction française, 1988 pour la première parution en VO.
15:17 Écrit par fashion dans Fantasy, Littérature anglo-saxonne | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : elle est partie, ma douleur à la cheville, elle est partie, elle n'est plus là, chabadabada, capitaine haddock, sors de ce corps, et de ces tags, tu seras bien urbain, merci
17.07.2011
Comme un Salon abandonné...
... qui a compris depuis belle lurette qu'il passait après les cocktails, les copines, le ciné, les copies, les listes, les lubies et le reste.
Oh, guess what was in my mailbox last friday ?
Beautiful, isn't it ? And veeeeeeery heavy, yes, too.
Oh, guess who's back ?
My favorite dwarf. At last. (C'est que les dernières 1000 pages sans lui, ça avait été long quand même.)
Bon, il a fallu que j'intègre les noms de lieux, quelques mots de vocabulaire spécifique, que je m'habitue à ce que Daenerys soit Dany neuf fois sur dix, et me voilà partie.
Je ne vous cache pas que j'ai un très faible rendement : page 57 en plus d'une heure, sachant qu'il y a 1000 pages... Do the math, dearest happy few.
See you quand je see you, donc. (Oui, aujourd'hui, je lapalisse, c'est comme ça, c'est dimanche, j'ai droit.)
Ne soyez pas trop sages, hein, quand même.
11:12 Écrit par fashion dans Challenge Lu en VO, Choses vues, Fantasy | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note | Tags : j'ai un énorme bleu sur le bras gauche, merci ma maladresse légendaire, conjuguée au montage des meubles suédois, on me prend pour une femme aux pratiques sexuelles étranges, merci les copines, et ma réputation