15.11.2009

Nothing's permanent. Not even death.

Terry Gilliam est un cinéaste, chers happy few, qui occupe une place à part dans mon petit coeur tout mou de spectatrice, un cinéaste qui ne cesse d'interroger et de mettre en scène, dans une filmographie riche et cohérente, les pouvoirs de la fiction et l'influence de l'imagination sur la réalité, thèmes qui me fascinent et dont le traitement gilliamien, pour des raisons diverses et variées, me touche beaucoup, certainement parce que ses références sont en grande partie les miennes ; j'ai l'impression à chaque fois que je vois un de ses films de voir projetées sur écran certaines de mes pensées voire de mes obsessions (oui, c'est un peu flippant, je le reconnais bien volontiers, chers happy few, il me fait exactement le même effet que Philip K. Dick) (ne dites rien, je sais que ça vous fait peur tout d'un coup, mais je vous jure que je ne suis paranoïaque que les jours pairs). 

 

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Et son dernier opus, L'Imaginarium du Docteur Parnassus (The Imaginarium of Dr Parnassus), ne fait évidemment pas exception à la règle. Comment aurait-il pu en être autrement alors que ce petit joyau met en scène un individu (Docteur Parnassus/Christopher Plummer) dont le fondement même de l'existence est une croyance absolue dans la fiction ? "Les histoires tiennent le monde" dit-il au cours d'une séquence fabuleuse à celui qui remet cette croyance en question, le Diable en personne (Tom Waits), en cape de dandy et chapeau melon (on est chez Gilliam où les apparences sont toujours trompeuses, je le rappelle, et où l'habit ne fait jamais le moine). Fort de cette croyance, Parnassus accepte de parier avec le Diable (qui est très joueur, c'est là son moindre défaut) : s'il rallie 12 âmes aux pouvoirs de l'imagination, il aura l'immortalité. Hélas pour lui, il remporte le pari au terme d'un combat acharné, et il lui faudra quelques centaines d'années pour comprendre que le cadeau en question était empoisonné. Et parce que décidément l'être humain n'apprend jamais, il demande au Diable, par amour, de lui rendre momenténament sa mortalité, demande qui a un revers : il devra céder toute éventuelle progéniture à l'âge de 16 ans, au Démon. Naît alors Valentina (Lily Cole). Seize ans plus tard, le Diable vient collecter son dû...

 

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L'Imaginarium du Docteur Parnassus est un film foisonnant, chers happy few, qui reprend avec bonheur et de manière personnelle le mythe de Faust (mais un Faust éminemment plus sympathique, qui a le pouvoir de permettre à chacun de trouver le bonheur dans sa propre imagination). Les décors sont extraordinaires, que ce soit la roulotte de Parnassus qui traverse comme un fantôme un Londres baigné de brume ou les fantasmes de chacun une fois franchie la porte de l'Imaginarium.  Comme souvent chez Gilliam, les personnages principaux sont des marginaux, par leur façon de vivre (ici des forains sans un sou, qui survivent tant bien que mal dans un monde où nul ne veut plus entendre d'histoires) comme par leur personnalité (un immortel, une jeune fille qui ment sur son âge, un nain, un enfant des rues, un homme recherché par la police et la mafia russe). Certaines scènes sont extraordinaires, d'une beauté formelle à couper le souffle, celle du pendu sous le pont ou du tango avec le diable en tête et comme toujours chez Gilliam l'humour n'est jamais loin, éclatant comme dans la scène des flics de comédie musicale ou affleurant sous la surface de la possible tragédie. Il est question dans ce film hors normes de miroir à traverser sous certaines conditions et de forêt des sortilèges, de rédemption possible, d'amour, de choix à faire et de libre-arbitre et surtout, du plus fabuleux pouvoir qu'il ait été donné à l'humanité : celui d'inventer des histoires. Et d'y croire.

 

L'Imaginarium du Docteur Parnassus (The Imaginarium of Dr Parnassus), de Terry Gilliam, avec Heath Ledger (décédé en cours de tournage, il est remplacé pour les scènes à l'intérieur de l'Imaginarium par Johnny Depp, Jude Law et Colin Farrell, car après tout, ne sommes-nous pas qui nous voulons être quand nous nous laissons aller à nos fantasmes ?), Christopher Plummer, Lily Cole, Tom Waits...

24.09.2009

Andrew, will you marry me ?

Comme vous le savez depuis longtemps, chers happy few, l'un de mes genres cinématographiques de prédilection, en dehors du navet plein d'explosion et de testostérone, est la comédie romantique : j'avoue sans honte un goût prononcé pour la guimauve, les situations téléphonées et les répliques-à-mouchoir (quand le héros doit refaire la conquête de l'héroïne dans les dix dernières minutes du métrage, je suis généralement contrainte d'essuyer furtivement une larme, oui, je sais, je suis une midinette au coeur d'artichaut, c'est affreux). Mais ce que vous savez moins, c'est que l'une de mes actrices préférées est Sandra Bullock, qui excelle je trouve dans la comédie, dans la grande tradition de ces actrices américaines à la fois jolies et pleines d'abattage (je l'aime tellement que j'ai poussé le vice jusqu'à voir plusieurs fois Les ensorceleuses, oui, je sais, vous pouvez ricaner, va, chers happy few, je suis au-dessus du sarcasme).

Je ne pouvais donc pas passer à côté de

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(The proposal en anglais, on admirera encore une fois le travail tout en finesse du traducteur mais point ne persiflerai.)

 

Margaret Tate (Sandra Bullock, donc) est éditrice en chef d'une prestigieuse maison d'édition new-yorkaise. Canadienne, elle se voit refuser le renouvellement de son visa parce qu'elle a, comme à son habitude, refusé de suivre certaines règles. Comme c'est une femme de ressource, elle décide immédiatement de contracter un mariage blanc avec l'homme qui ne pourra pas le lui refuser : son assistant, Andrew Paxton (Ryan Reynolds, mimi comme tout), qu'elle martyrise depuis 3 ans. Soumis au chantage, Andrew accepte, mais les deux futurs mariés sont contraints par le service d'immigration de passer un blind test pour prouver qu'ils sont bien un vrai couple. Les voilà donc partant pour le week-end dans la famille d'Andrew... en Alaska.

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(Je veux le même sac. Et les mêmes chaussures.)

 

La proposition est une excellente comédie romantique, qui joue sur tous les ressorts du genre avec intelligence. Le postulat de départ, qui place le personnage féminin dans le rôle dominant est très malin car il permet de mettre en place des situations comiques tout à fait réussies et d'inverser les rôles, que ce soit au travail (Andrew a peur de Margaret, comme l'ensemble du staff d'ailleurs, ce qui le pousse à agir de manière pour le moins puérile) comme durant le week-end, situation qui tend évidemment à s'équilibrer au fur et à mesure que les deux personnages apprennent à mieux se connaître et à s'apprécier. Margaret est une femme intelligente et têtue, qui ne sombre jamais dans la caricature, de même qu'Andrew a évidemment autre chose à offrir que des cafés latte et ses compétences en standard téléphonique. Bien scénarisé, finement écrit, très rythmé, La proposition est un film drôlatique (certaines scènes comme le strip-tease de Ramone sont d'anthologie) et intelligent, qui se paye le luxe, en plus, de parler (un peu) de livres et d'auteurs. A ne pas manquer, chers happy few.

 

La proposition, réalisé par Anne Fletcher, avec Sandra Bullock (dont j'adore la garde-robe) et Ryan Reynolds (vu précédemment dans Van Wilder, Blade : trinity et X-Men origins : Wolverine, oui, on a la kulture qu'on peut, non mais).

 

12.08.2009

Sauvons le monde, parce qu'il le vaut bien

(Ce billet est le résultat d'un harcèlement de tous les instants, subi de la part de certaines LCA que je ne veux pas nommer. Pour toute réclamation, adressez-vous donc à Caroline, Chiffonnette et Delphine, elles transmettront.)

 

Comme vous le savez déjà, perspicaces happy few, j'ai un net penchant pour les films de la lose, aussi appelés daubes par des esprits forcément chagrins. J'aime voir à l'écran des explosions, de la castagne, des scènes abracadabrantes, des histoires qui tiennent sur un timbre-poste et des répliques à deux balles, à croire que j'ai été un homme dans une vie antérieure. Il était donc évident que je finisse par me retrouver dans une salle obscure devant

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(Quelle belle affiche, aux couleurs toutes symboliques et à la composition de maître, pas moins.)

 

Faut-il vraiment que je pitchasse, chers happy few déjà atterrés par ce qui va suivre ? (Bon en même temps, c'est vrai que l'intrigue est retorse.) (Nan, je déconne, elle est sacrément retorse.) Dans un futur proche, une entreprise d'armement, Mars industries, dirigée par McCullen (Christopher Eccleston qui a provoqué une légère syncope chez la who-addict que je suis) met au point des ogives contenant des nanobots qui attaquent le métal, pouvant provoquer ainsi la destruction de villes entières. Les ogives, sous la protection de l'armée américaine, quittent les usines du Kirghistan, mais le convoi tombe dans un guet-apens (avouez que le suspense est monté d'un cran, chers happy few). Nos deux héros, Duke (Channing Tatum, transparent mais musclé) et Rip (Marlon Wayans pas aussi énervant que d'habitude) se battent avec bravoure (ce sont des hommes, des vrais, des purs, des durs, des tatoués) mais les ennemis sont suréquipés et menés par... Ana (Sienna Miller, jolie et manifestement choisie pour sa capacité à porter la combinaison en latex sous toutes les latitudes), l'ex de Duke (voyez-vous se profiler la partie "émoi et psychologie", chers happy few ?). Notre pauvre militaire ne peut bien sûr pas la tuer (il a un coeur sous sa mâchoire virile), et c'est alors qu'intervient une autre équipe de choc, les Joe, qui mettent les ennemis en fuite. Les gentils se rendent ensuite dans la base secrète des Joe sous le désert et cogitent très très fort pour comprendre qui est le méchant (moi j'avais deviné mais ils ne m'ont pas écouté les bougres). S'engage alors une course-poursuite aux ogives de presque deux heures (oui, mais ça passe très vite, je vous assure, limite ça aurait pu être plus long) (limite).

 

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(Ah, Christopher, tu portes si bien la cravate et l'accent écossais que c'en est un péché.)

 

Pour dire les choses avec cette honnêteté qui m'honore chers happy few, je suis allée voir ce film uniquement sur le nom de son réalisateur, car Stephen Sommers est peut-être un détail pour vous mais pour moi il veut dire beaucoup : d'Un cri dans l'océan à La Momie, en passant par Van Helsing et Le Roi scorpion (au scénar uniquement), Sommers est un homme qui sait ce que nanar de qualité veut dire et qui le prouve avec talent. Et G.I Joe, côté réalisation, est comme d'habitude avec Sommers au-dessus du tout-venant nanardesque, même si les effets spéciaux, parfois trop ambitieux, peuvent prêter à sourire (mais pas à rire parce que Bienveillance is my middle name). Evidemment le scénario est simplissime et déjà vu et revu, mais attention, on y décèle des références kulturelles de haute volée (le masque de fer y fait une apparition, les duels à l'épée avec des adversaires en blanc et noir ressemblent à Star Wars (mais inversés, quelle réécriture de folaïe), et on y revisite le mythe de l'Atlantide). Jetons un voile pudique sur l'interprétation de certains (Dennis Quaid a manifestement décidé de s'auto-caricaturer en toute lucidité, pauvre de lui, Saïd Taghmaoui est condamné à suivre les autres en tenant un ordi de poche manifestement piqué à Tosh sans jamais avoir une seule scène de combat), sur la vision de Paris (pour aller de la rive gauche à la rive gauche, le GPS les fait passer par la rive droite, j'ai toujours dit que c'était pas fiable ces bêtes-là) et sur le côté comic-book assumé (la fin, avec la naissance de Destro et du Commander est de toute beauté, au moins), et ne voyons dans ce film que ses bons côtés : l'exaltation de la solidarité et des talents internationaux des gentils face à des méchants qui ont oublié l'adage rabelaisien (voilà ce que c'est de sécher les cours de Lettres pour se concentrer uniquement sur ceux de "Bad Boyitude, Manipulation d'ADN et Mégalomanie"). Le spectateur impressionné devant tant de philosophie, bée d'aise devant les apparitions d'Arnold Vosloo et de Brendan Fraser (oui, j'ai mauvais goût, j'assume), prend des leçons de "sexytude on ze banquise", apprend deux mots en gaélique et anticipe tranquillement le peu de révélations distillées dans le cours de l'intrigue. Un film totalement bourrin, complètement décomplexé et donc parfaitement jouissif.

 

G.I Joe, de Stephen Sommers, à l'affiche partout où on sait ce que nanar veut dire (et croyez-moi, c'est tout un art), 118 mn, 2009.

09.05.2009

Let's misbehave

L'heure est grave, chers happy few. Farpaitement.

Il y a longtemps que je n'ai pas consacré une petite chronique à Colin. Très longtemps. Trop longtemps.

Pour réparer cette terrible erreur, et dans l'intérêt de la kulture (car vous me connaissez, chers happy few, et vous savez que rien ne m'arrête quand il s'agit de faire du bien à nos cerveaux), je suis allée voir :

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1928. Larita (Jessica Biel), jeune pilote de course automobile et américaine, épouse le très jeune John Whittaker (Ben Barnes, mignonnet avec le charisme d'une olive), très peu de temps après avoir fait sa connaissance à Monaco. Le jeune homme la ramène en Angleterre pour la présenter à ses parents. Mais la mère de John (Kristin Scott-Thomas, parfaite) prend tout de suite en grippe la jeune femme, qui introduit dans cette famille coincée composée d'un père cynique et en retrait (Colin Firth, parfait, évidemment) et de deux soeurs hystériques, un vent de liberté et un parfum de scandale...

 

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(Colin en mécano, décidément cet homme sait tout faire, chers happy few.)

 

Un mariage de rêve (Easy virtue dans la langue de Shakespeare, titre autrement meilleur, mais passons, car point ne pinaillerai, chers happy few), est l'adaptation d'une pièce de Noël Coward, qui mêle avec beaucoup d'habileté des passages de comédie pure (souvent emmenés par une étonnante Jessica Biel, que je n'avais vue jusqu'à présent que dans des rôles sans intérêt, dont l'inénarrable Furtif, que je ne saurais trop recommander), et des passages de comédie de moeurs ma foi fort bien troussés. Mise en scène de la gentry anglaise de l'entre deux guerres, très guindée et emprisonnée dans ses codes, ses bals et ses chasses à courre, ce film montre comment une pièce rapportée fait éclater le fragile équilibre qui règne dans une famille où règnent l'hypocrisie et les non-dits. Le personnage du père, Jim, est à ce titre exemplaire, homme que la guerre a totalement transformé, ce que tout le monde feint consciencieusement d'ignorer. C'est d'ailleurs l'un des personnages les plus intéressants du film, avec celui de Larita, cette jeune femme qui semble avoir tout pour elle mais qui cache des blessures derrière ses jolies blouses et sa coiffure impeccable. L'analyse des sentiments, l'évolution des relations entre Larita et John, la montée en puissance des méchancetés de la belle-mère, les répliques qui font mouche, les scènes "spectaculaires" (comme la chasse à courre ou le tango, réécriture de nombreuses scènes de bal dans la lignée de l'inoubliable scène d'Autant en emporte le vent), tout concourt à faire de ce film une réussite, chers happy few.

 

Un mariage de rêve de Stephan Elliott, en salles actuellement un peu partout. A noter que la bande originale est formidable, elle m'a beaucoup plu, je me tâte même pour l'acheter, ce que je n'ai pas fait depuis... Mamma Mia. Décidément, Colin me fait faire des choses folles, chers happy few.

11.01.2009

Forever ?

twilight.jpg Doit-on vraiment pitcher, chers happy few ? Y en auraient-ils vraiment parmi vous qui auraient passé les derniers mois dans une cave et qui auraient échappé à la déferlante Twilight ? Pour ceux qui débarquent donc d'une planète sans Edward (les pauvres), je vous renvoie à mon billet (car parfois, je suis atteinte d'une espèce de paresse scripturale, chers happy few, et j'en suis bien marrie, vous pouvez me croire) (ou pas).


Bref. Serais-je allée voir Twilight si je n'avais pas lu la série ? Rien n'est moins sûr tant les bande-annonces, teasers et autres photos dévoilées sur le net depuis quelques mois ne suscitaient en moi aucun frisson de midinette. Et les billets des québécoises, qui l'ont vu il y a longtemps, ne m'avaient pas donné envie, c'est le moins que l'on puisse dire. Mais pour la kulture, cette maîtresse exigeante, je me devais d'aller juger sur pièce cette adaptation, ce que j'ai fait, car parfois je suis consciencieuse, chers happy few.

Verdict ?

Eh bien, c'est un film qui ne révolutionne pas le genre (ni de l'adaptation, ni de la romance fantastique) mais que contre toute attente, j'ai bien aimé. Listons rapidement les défauts, si vous le voulez bien, chers happy few, même si cette liste risque de ne pas dire grand chose à ceux qui n'ont pas lu le roman, je vous en demande pardon à l'avance. Du côté du scénario, j'ai été globalement déçue par le début du film, surtout par la première apparition du clan Cullen à la cafétéria : on attend des étincelles, rien ne se passe, même si le choix d'habiller les "enfants" en blanc (sauf Edward qui apparaît en dernier) aurait dû contribuer à leur "apparition" quasi-céleste. Cela tient à mon avis au choix des acteurs qui jouent Rosalie (Nikki Reed, définitivement une erreur de casting) qui n'est pas suffisamment belle et Jasper (Jackson Rathbone), qui joue très mal les trois premiers quarts du film, manifestant sa "soif" inextinguible par des yeux exhorbités et un air stupide. Passé ce début raté, je n'ai pas été choquée comme je m'y attendais par la fameuse scène du ventilateur qui a tant fait rire Karine, parce qu'il me semble qu'il a justement été rajouté pour la compréhension de ceux qui n'ont pas lu le roman, même si le ralenti est too much. Les différents ajouts (la visite de la serre, la balade dans les arbres, la visite à la librairie) ne m'ont pas dérangée outre mesure, sauf que ça prend du temps sur la partie du roman la plus réussie (les nuits que passe Edward dans la chambre de Bella), sur lequel le film passe allègrement (une seule scène) et c'est bien dommage. Côté technique, les effets spéciaux sont globalement ratés, surtout les déplacements rapides des vampires : quand on ne fait que les entendre, ça fonctionne, dès qu'on les voit c'est à la limite du ridicule, parce qu'on ne nous propose que de banals accélérés, là où il aurait fallu inventer autre chose, et quand Edward grimpe aux arbres on croirait voir Spidey sans le costume, j'en ai pouffé, j'avoue. J'ai relevé aussi un flagrant problème de maquillage : il y a excès de poudre manifeste notamment sur le visage de Carlisle, le pauvre, et le rouge à lèvres d'Edward n'est pas toujours appliqué comme il faudrait (surtout au début, après la main du maquilleur s'est faite plus légère).


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Les Cullen au complet, mieux maquillés pour la photo que pour le film.


Du côté des qualités (car il y en a), disons que le roman est globalement respecté, dans l'esprit et presque dans la lettre et que tout ce qui en fait l'intérêt (la relation naissante entre Bella et Edward avec tout ce que cela comporte de sentiments contradictoires, de désir et d'interrogations) est très réussi. Kristen Stewart incarne une Bella très exactement semblable à celle que j'imaginais, maladroite, têtue, intelligente, jolie et solitaire et contre toute attente Robert Pattinson campe un Edward très convaincant (s'il était mieux maquillé ce serait parfait, mais j'ai même fini par oublier son vilain nez, c'est dire). Leur relation est très crédible et la scène du baiser est très réussie (la salle, bondée évidemment et très jeune, il faut le préciser (à vue de nez, 25 ans de moyenne d'âge), a d'ailleurs applaudi). Les vampires "rogue" (Laurent, Victoria et James) et la séquence finale de la traque et du combat sont fort bons, confirmant que plus le film avance, plus il s'améliore, ce qui est finalement assez étrange, mais c'est comme ça. Et enfin, disons un mot de Charlie (Billy Burke), excellent en taiseux et de Jacob (Taylor Lautner), qui malgré des dents un peu trop blanches (encore ce problème de maquillage, c'est terrible), a un beau potentiel (serai-je partiale, je ne peux le croire) : j'ai d'ailleurs regretté que la scène de révélation à La Push soit grandement tronquée.


Au final, c'est un film qui se laisse voir, mais qui a manifestement souffert d'un défaut de budget. Tout laisse à penser que devant le succès fulgurant de ce premier volume, les suivants n'auront pas les mêmes défauts. Wait and see, chers happy few, wait and see.


Twilight, de Catherine Hardwicke, avec pas mal de biologie inside et un daim qui court, comme ça, dans la forêt, à l'affiche actuellement.


Les billets très contrastés de Karine, Pimpi, Alwenn, Stéphanie, Tvless, Yueyin, Loulou, Ori, Nataka, Ankya (d'autres qui l'auraient vu et que j'aurais oubliés ? manifestez-vous dans les commentaires!)







03.01.2009

Dans le bush

australia.jpg Lady Sarah Ashley (Nicole Kidman, que décidément j'aime de plus en plus) quitte l'Angleterre pour rejoindre son mari, qui a acheté une ferme en Australie et tente de faire fortune dans l'élevage de bétail. Elle veut le convaincre de vendre la ferme et de rentrer à la maison. Mais à son arrivée, elle découvre que son mari a été assassiné et que le roi du bétail, King Carney, est prêt à tout pour avoir le monopole du boeuf en Australie. (Dit comme ça, c'est peu glamour mais c'est le pitch.) Par esprit de contradiction et parce qu'elle n'est pas du genre à se laisser marcher sur les pieds, Lady Ashley décide de mener au bout l'oeuvre de son mari et de convoyer le troupeau à Darwin avec l'aide de The Drover (littéralement Le Convoyeur) (sublimissime Hugh Jackman)...


Pour vous dire la vérité toute nue, chers happy few, parce que vous le valez bien et qu'entre nous tout est transparent, je suis allée voir Australia, dernier opus de Baz Luhrman, avant tout pour le talent de Hugh Jackman, qui, toute histoire de pectoraux mise à part est certainement un des acteurs les plus talentueux de sa génération (avec Christian Bale) (voilà, c'est dit, je me sens plus légère). Je n'avais pas aimé les films de Luhrman que j'avais vus (Roméo+Juliette et Moulin rouge) et les avis que j'avais pu lire ici ou là m'avaient confortée dans l'idée que j'allais voir un film médiocre. Et ? vous demandez-vous, haletants et frissonnants devant l'incroyable suspense de cette mise en bouche.


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(Et je vous laisse frémir deux minutes devant la photo, chers happy few, ne me remerciez pas, je suis comme ça. Y a pas à dire, le fouet et le feutre, ça habille un homme, je l'ai toujours pensé.)

Eh bien, chers happy few, ce film a des défauts certains, notamment dans le scénario, qui tire un peu à hue et à dia, tant au niveau de la densité de ce qui est raconté (il y a trop d'histoires, il y avait de quoi faire au moins deux films et les deux parties bien distinctes ne s'emboîtent pas bien) que dans le mélange des registres (on est parfois dans de la comédie, limite parodie (la fameuse scène de la douche est à mon avis à prendre au troisième degré et demi), dans le western, puis dans le drame et enfin dans le film de guerre). C'est un film trop foisonnant qui part dans tous les sens, mais ce côté mal foutu est à mon sens le signe d'une trop grande passion. On sent chez Luhrman la volonté de rendre hommage à un certain genre de films (notamment les films de grands espaces avec de la "romance" comme disent nos amis anglo-saxons, et on ne peut que penser à Out of Africa (même vision sublimée d'un pays différent, problème des Noirs, une femme que le pays et sa dureté vont transformer) et dans une moindre mesure à Autant en emporte le vent (les personnages de Rhett et de Drover ont quelques points communs notamment dans leur refus des conventions sociales), de mettre en valeur ses acteurs et d'en mettre une louche aussi côté bons sentiments mit politique avec la question aborigène. Ce côté fourre-tout confère au film une certaine naïveté mais paradoxalement aussi une immense fraîcheur. Il y a de l'enthousiasme dans la réalisation, il y a de l'amour du cinéma derrière tout ça et j'ai non seulement été transportée pendant 2 heures 40 (eh oui, quand même), mais j'ai carrément adoré. Tous les clichés inhérents au genre, dont Luhrman semble se délecter (il ne nous épargne aucun ralenti, aucune situation attendue et les copines ont gloussé plusieurs fois (il faut dire que la scène avec la jument est particulièrement croquignolette pour ne citer qu'elle)) ont fonctionné à plein sur moi et j'ai soupiré après Hugh Jackman, qui incarne parfaitement cet homme viril, intègre et passionné.

A recommander à ceux que le désordre ne rebute pas. Et à ceux qui aiment Hugh. Evidemment.


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(Hugh rasé de près dans une scène-hommage à la scène de bal d'Autant en emporte le vent. Voilà qui relance le débat : barbe or not barbe ?)


Australia, avec une belle scène de douche à l'intérieur et un baiser liquéfiant (celui sous l'arbre pour ceux qui auraient vu le film), qui mérite le prix de meilleur baiser de l'année, dans toutes les bonne salles, en VO of course pour le bel accent australien retrouvé de Hugh (qui a en plus une très belle voix, il faut le préciser, c'est important).


Les billets d'Amanda, qui ne sait déjà plus qui est Hugh et d'Ori, renversée, qui rêve d'une douche dans le bush.

08.11.2008

Just wanna be with you

Les salles de classe sont des endroits dangereux, chers happy few.

Absolument. Vous êtes là, innocente et échevelée comme à votre habitude, à expliquer à huit élèves de Seconde (ne me demandez pas pourquoi ils ne sont que huit, il y a des mystères qui gagnent à rester inexpliqués) que Le Secret derrière la porte de Fritz Lang peut se lire comme une relecture de Barbe-Bleue, de même dans une moindre mesure que Soupçons d'Hitchcock et une charmante élève vous pose alors une question. Gentiment. L'air de rien. Limite en sifflotant.

La question à laquelle vous ne vous attendez pas. Celle qui tue.


"Et vous, madame, vous avez vu quels films au cinéma pendant les vacances ?"

...


Je bafouille, l'élève insiste et je réponds alors, d'une voix étouffée :

"Euh... Hellboy 2 et James Bond."

Les filles se regardent bizarrement et un garçon, comprenant soudain qu'il tient là un phénomène hautement improbable, celui de la prof de Lettres qui a les goûts cinématographiques d'un adolescent de 15 ans, renchérit, soudain intéressé :

"Madame, vous avez vu Tonnerre sous les Tropiques ?"

L'honnêteté, mère de toutes les catastrophes, me pousse bien malgré moi à avouer la vérité. Et c'est alors que l'estocade finale est portée à ma crédibilité déjà chancelante quand je m'entends répondre à cet élève, qui m'a demandé quelle était ma scène préférée dans le film : "La fausse bande-annonce où Robert Downey Junior vit une passion interdite avec Tobey Maguire."

Ma réputation est définitivement ruinée.


Et comme tous les moyens sont bons pour se racheter, je suis allée voir hier soir, avec des copines consentantes, un chef-d'oeuvre, un film d'une haute volée kulturelle, un film qui restera dans les annales (en tout cas dans les nôtres)...

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High School Musical 3.


Je vous jure.


Et on a bien fait.


C'est un film puissant, tant dans la forme (un basketteur qui se met à chanter et à danser sur le terrain pour se redonner du courage et mener son équipe à la victoire, un montage aléatoire qui nous fait parfois croire qu'on a loupé un bout de l'histoire : je vous rassure tout de suite, ça ne nuit absolument pas à la compréhension, tant mieux, hein, il manquerait plus qu'en plus on soit largué) que dans le fonds (chacun doit chercher sa voie, aidé par des professeurs émérites et ultra-compétents, Miss D. la prof de théâtre est d'ailleurs un modèle que je vais dorénavant m'efforcer de suivre, je vous le promets, chers happy few).

Bien sûr, on pourra reprocher deux ou trois bricoles : la musique est une vraie soupe commerciale (certes entraînante, j'avoue que j'ai dansé pendant le générique final mais je pense que c'était une réaction nerveuse), les paroles sont d'une niaiserie affligeante, tout le monde trouve sa voie dans le bonheur, l'amitié, l'amour, le basket et la musique, notre couple de tourtereaux échange un tout petit léger baiser en 1h40 de métrage (c'est vrai que les ados sont réputés pour leur chasteté, du moins les ados Disney manifestement) et j'ai eu l'impression pendant tout le film de voir mes propres élèves sur l'écran (mêmes coupes de cheveux, mêmes vêtements, c'est beau la mondialisation). Un grand film, assurément. Allociné le recommande à partir de 6 ans. Je n'aurais pas dit mieux.


High School Musical 3, avec des vraies chorégraphies à l'intérieur et des chansons d'une haute portée philosophique, à l'affiche actuellement... enfin, peut-être encore...


PS : pour ceux qui voudraient voir la fameuse BA où Tobey-Spidey fait les yeux doux à Robert-Iron man, suivez le lien.
PSbis : vous me pardonnerez l'inanité de cette note, chers happy few, mais je voulais vraiment vous faire partager ce moment de bonheur. Inutile de me remercier, tout le plaisir est pour moi.
PSter : cette soirée n'aura pas été totalement inutile : nous avons vu la BA d'Australia avec le bel Hugh J. qui sort le 24 décembre. Noël sera chaud, chers happy few.

Le billet de Chiffonnette qui se livre à une audacieuse comparaison entre James et Troy. Qui peut bien l'emporter ?


05.11.2008

Quantum of sexytude

18996228.jpg Dans les jours qui suivent Casino Royale, James Bond (Daniel Craig, who else ?), après une course-poursuite sur les routes toscanes, délivre à M (Judy Dench) le fameux Mr White (enfin, fameux pour ceux qui ont vu le précédent opus, pour les autres il faut me croire sur parole). Mais il y avait une taupe au MI-6 et White disparaît. James Bond se lance sur les traces de l'Organisation (Quantum donc), toujours à la poursuite des meurtriers de Vesper (Eva Green dans Casino royale pour ceux qui décidément ne suivent pas) et croise la route de Dominic Greene (Mathieu Amalric), qui a vraiment l'air de cacher quelque chose, le bougre (en plus il porte des chemises hawaïennes, il manquerait plus qu'il fume, tiens).


Parfois, chers happy few, on est obligé de faire des choses insensées pour la kulture. Comme vous le savez, je viens de lire L'avenir de l'eau d'Erik Orsenna : or ne voilà-t'y pas que j'apprends par un concours de circonstance tout à fait fortuit (ben oui, je cherchais des informations pour un projet très sérieux) que le scénario de Quantum of solace (quel titre, chers happy few, il m'aura fallu une bonne journée et demie pour en approcher toute la quintessence et envisager le comprendre) a pour point de départ le trafic de l'eau dans les pays arides (enfin, un en particulier). Je me suis donc vue contrainte, pour les besoins de l'analyse la plus rigoureuse, de me rendre dans une salle obsure afin de confronter la vision des scénaristes à celle de l'homme-désormais-sans-moustache. J'espère que vous appréciez à sa juste valeur le sacrifice qui fut le mien, chers happy few, car j'ai souffert. Terriblement. Pour vous le prouver, une petite photo :

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(Bon, certes je ne suis pas aussi marquée que ce brave James, qui a activé chez moi un syndrome dont je me croyais résolument dépourvue, celui de l'infirmière. Pour lui, je suis prête à sortir le mercurochrome. Et plus, car il y aura affinités. Forcément.)

Bref. Où en étais-je ?

Donc. Après une entrée en matière plutôt réussie (une course-poursuite filmée de manière sèche et nerveuse) et un générique particulièrement raté (mais bon, on est un peu habitué avec les Bond, c'est kitscherie et mauvaise chanson à chaque fois), se déroule ce qui, il faut bien l'avouer, ressemble bien plus à un bon thriller qu'à un film mettant en scène le plus célèbre agent secret britannique de la planète. N'allez pas croire que c'est une critique de ma part, chers happy few, car je trouvais les bondeuseries de plus en plus improbables et de plus en plus pénibles. Entre un personnage qui avait autant de charisme qu'une olive flottant mollement dans un verre de vodka-martini (la faute à Pierce Brosnan qui n'était franchement pas adapté au rôle et je me retiens d'en dire plus pour ne pas vexer les copines), des intrigues sans intérêt, des gadgets de plus en plus risibles (à quand la montre radar/épluche-légumes/distributeur de savon ?), des cascades ahurissantes d'invraisemblabilité (la moto qui saute dans l'avion reste un grand moment) et des méchants mégalo-pitoyables (on aura quand même tout eu en matière de tentative de prise de pouvoir intergalactique, à croire que les scénaristes faisaient un concours à celui qui aurait l'idée la plus stupide), bref, il faut bien avouer que ces dernières années, les meilleurs James Bond étaient les Austin Powers.

Je trouve donc que l'arrivée de Daniel Craig a coïncidé avec un changement radical d'orientation non seulement bienvenu mais nécessaire : exit les gadgets et le personnage de Q, finies les punch-lines à deux balles et les clins d'oeil dégoulinants et surtout terminés les grands méchants aux rires diaboliques, aux répliques débiles et aux agonies de deux heures. La franchise a évidemment gagné à cette modernisation qui ressemble en partie à un retour aux sources (le personnage est nettement plus proche du héros de Fleming) : tout est devenu nettement plus crédible. Les bad guys ne sont motivés que par l'argent et ne perdent pas de temps en tortures raffinées et en dialogues de 48 pages, les lieux ne sont plus exotiques au possible et les femmes ne sont pas tant glamour que dangereuses, complexes et tourmentées. Quant à James Bond, c'est un homme qui fait son travail, parfois un peu en marge de sa hiérarchie mais pas à la manière spectaculaire de ses prédécesseurs (puisque dans un film sur deux, James décide unilatéralement que les ordres ne le concernent pas), un homme qui aimerait bien ne pas avoir d'états d'âmes, mais qui est obligé de composer avec les siens. Tout ça donne un film bien fichu, avec quelques scènes particulièrement réussies (la poursuite sur les toits de Sienne, la représentation de Tosca en Autriche). Quant à Daniel Craig, je n'ai pas de mots pour dire tout le bien que je pense de son interprétation : malgré tout l'amour que je continue à porter à Timothy Dalton (car oui, je suis une femme fidèle), il est pour moi le meilleur James Bond, tous muscles utiles mis à part. Ou pas.


Quantum of solace, à l'affiche partout où la sexytude a droit de cité...


PS : je décerne un Fashion Award à la costumière, Louise Frogley (qui est une habituée des films de et avec George), qui a déniché pour James un pantalon blanc tout bonnement extraordinaire et qui a décidé de prouver au monde entier que le costume cintré était flatteur. Au nom des femmes du monde entier, je vous dis merci, Louise.

17.10.2008

La parenthèse enchantée

S'il y a un cinéaste dont je ne rate jamais aucun film, chers happy few, même cas de force majeure comme un accouchement ou Colin qui attend à la maison (oui, je sais, mais on peut bien rêver un peu, non ?), c'est bien Woody Allen. Notre histoire d'amour a commencé en 1987, quand j'ai vu La rose pourpre du Caire, un film qui a enchanté la cinéphile qui sommeillait en moi (je sais que c'est difficile à croire quand on voit le nombre de daubes dont je fais l'apologie, chers happy few, mais j'ai été cinéphile) (un jour) : la réflexion sur le cinéma, le personnage interprété par Mia Farrow, l'humour, tout m'a séduite. J'ai donc entamé la découverte à rebours de la filmographie allenienne, à coups de cassettes vidéos de qualité douteuse et pas toujours en VO (c'est qu'à l'époque, dans une petite ville de province, il fallait souffrir pour la kulture) et j'ai trouvé dans ses obsessions et son humour quelque chose qui m'a parlé. A partir de là, je me suis rendue chaque année (ou presque) en salles pour voir le nouveau cru. Et, comme dans toutes les grandes histoires d'amour, celle-ci n'est pas allée sans heurts et sans grincements de dents. Parce que je suis magnanime et que j'aime tant Woody, je lui ai beaucoup pardonné, chers happy few : j'ai fermé les yeux quand la légèreté est devenue superficialité (le summum restera pour moi Le Sortilège du Scorpion de Jade), quand il est tombé dans l'autoparodie (ah, son personnage dans Maudite Aphrodite) et quand il a recyclé son propre scénario (Le rêve de Cassandre, pour moi le plus mauvais film de toute sa filmographie est à bien des égards le décalque de Match Point). Vous avez donc compris que je ne pouvais pas ne pas aller voir


18982308.jpg Vicky Cristina Barcelona.

Vicky (Rebecca Hall, la révélation du film) et Cristina (Scarlett Johansson) vont passer l'été à Barcelone, chez une parente éloignée de Vicky. Elles font rapidement la connaissance de Juan Antonio (Javier Bardem, so sexy que c'en est un péché), un peintre dont les déboires conjugaux ont défrayé la chronique peu de temps auparavant, son divorce d'avec Maria Elena (Penelope Cruz éblouissante) ayant fini dans une tentative d'assassinat de la part de sa femme. Juan Antonio, séduit par les deux Américaines, leur propose de passer un week-end en sa compagnie, à Oviedo...


Après Londres et ses couleurs froides, c'est à Barcelone que Woody a donc posé sa caméra, et la ville, magnifiquement filmée dans des tons jaunes lumineux est véritablement le troisième personnage du film, comme le laissait penser le titre. Elle est l'endroit où tout est possible : parce qu'elles sont loin de chez elles, les deux jeunes femmes vont pouvoir vivre autre chose, quelque chose de nouveau et de forcément excitant. Suivies par une voix off, procédé que j'ai adoré tant il est à la fois littéraire et distancié (car le narrateur ne donne que très rarement des aperçus des sentiments des protagonistes comme c'est la cas d'habitude mais il comble les trous narratifs), Vicky et Cristina, séduites par la personnalité chaleureuse et sensuelle de ce peintre au diapason de sa ville (et je ne dirai jamais assez combien Javier Bardem est follement séduisant, Magda avait raison, sauf que ce n'est pas un oreiller que je vais broder à son nom mais une parure de lit, carrément), envisagent un instant (mais un instant seulement) de changer enfin de vie. La sage et pragmatique Vicky se demande si elle ne pourrait pas devenir un être passionné et l'indécise Cristina si elle ne pourrait pas poser ses bagages dans ce milieu artistique qui lui plaît tant. Mais parce qu'on est dans un film de Woody Allen, l'été (pas si sulfureux que ce que la bande-annonce nous laissait croire) ne sera qu'une parenthèse. Le spectateur, lui, ressort de ce film le sourire aux lèvres avec l'envie furieuse d'aller faire un tour à Barcelone. Enchanté, donc.


Vicky Cristina Barcelona, de Woody Allen, à l'affiche actuellement


Ils y sont allés aussi : Secondflore et Ariane

12.09.2008

Here I go again, my, my...

18966484.jpg Sophie a 20 ans et elle se marie. Elle a toujours vécu seule avec sa mère, Donna (Meryl Streep) qui n'a jamais voulu lui dire qui était son père. Mais Sophie a trouvé dans une vieille malle le journal intime que sa mère tenait l'année de sa naissance et elle découvre qu'en fait, elle a trois pères potentiels, Bill (Stellan Skaarsgard), Sam (Pierce Brosnan) et Harry (Colin Firth). Elle les invite tous les trois à son mariage sans leur dire pourquoi...


Véritable carton dans les pays anglo-saxons où il est sorti depuis plusieurs mois, chers happy few, Mamma mia! était attendu comme le messie par les LCA parisiennes, pour des raisons bien évidemment hautement kulturelles. Comme toujours. La scénariste ayant parlé dans une interview de "tragédie grecque", nous nous devions d'aller vérifier ce qu'il en était vraiment. En entrant dans la salle, des questions extrêmement philosophiques nous taraudaient donc : y aurait-il intervention du Destin ? Colin serait-il suffisamment dénudé (ben oui, ça se passe en Grèce, l'espoir emplissait donc nos petits coeurs déjà conquis) ? Le choeur antique serait-il à la hauteur des chansons d'Abba ? Le pop-corn serait-il assez sucré ? Les kleenex seraient-ils en nombre suffisant pour sécher les larmes de bonheur de Caro[line] (qui, je le précise, nous parle de ce film depuis très exactement 9 mois, 3 semaines, 5 jours, 17 heures et 35 minutes) ? Bref, vous l'avez compris, chers happy few, le suspens était insoutenable.


Dans une salle surexcitée et très réceptive (puisque pour une fois nous sommes allées voir ce film le jour de sa sortie, ce que nous ne faisons jamais) (on avait même réservé nos places, grande première), se déroule alors une histoire qui si elle n'est pas neuve est ma foi fort sympathique, rythmée par les chansons d'Abba (évidemment, ça présuppose d'aimer Abba, mais bon, qui n'aime pas ?) (en fait j'en connais au moins un, mais ne pinaillons pas), intelligemment réutilisées pour coller à l'histoire. Alors, c'est vrai que la réalisation n'est pas géniale (en même temps, on savait avant d'entrer dans cette salle qu'on n'allait pas voir un film de Kusturica) et que les acteurs semblent parfois en roue libre (surtout Meryl Streep, qu'on a connue plus inspirée) mais tout ça dégage une formidable énergie : on rit beaucoup, on chante (surtout Caro[line]), on danse (ben oui, y a pas de raison), on soupire après Colin (que j'ai personnellement trouvé formidable malgré un (prévisible) détour du scénario et qui en plus chante juste, si, si, cet homme a tous les talents) et on se dit que oui, les copines c'est pour la vie, que le Grand Amour finit toujours par repointer le bout de sa tempe argentée et qu'il n'est rien dont une chanson et une coupe de champagne (ok, deux ou trois) ne viennent à bout. C'est la vie. Et ce n'est que du bonheur.


mamma_mia_07.jpg


Mamma mia!, avec de beaux specimen mâles et de vrais morceaux de chansons d'Abba à l'intérieur, à l'affiche actuellement dans toutes les bonnes salles

Elles étaient là aussi, frémissantes et applaudissantes, Emeraude (qui traite tout le monde de Dancing queens), Delphine (qui a lancé un petit jeu), Amanda (qui a mis plein de videos), Caro[line] (qui clame haut et fort sa passion) et Stéphanie (qui voudrait vivre dans un musical)



PS : Et parce qu'aujourd'hui j'ai 20 ans et que ça faisait trop longtemps qu'on n'avait pas parlé de choses vraiment importantes dans ce modeste salon :
Mammamia-Ecard.jpg


What else ?


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