31.03.2008

Qui a tué Sir Godber ?

178908594.jpg Porterhouse est un des nombreux collèges de Cambridge (comprenez par "collège", université), le plus traditionnaliste et le moins compétent : aucun étudiant de valeur n'est jamais sorti diplômé de Porterhouse, ce qui a sans doute un rapport avec le fait qu'il est dirigé par une joyeuse bande d'allumés. Ces derniers vont trouver cependant plus allumés qu'eux en les personnes de Lady Mary, veuve du précédent Maître, qui débloque six millions de livres afin de créer une chaire occupée par un professeur qui devra découvrir qui a (prétendument) assassiné son mari, Lord Godber. La situation se complique avec l'entrée en scène d'un mafieux américain, Edgar Hartang, qui veut racheter le collège surendetté pour se refaire une virginité. Les ennuis ne font que commencer...


Comme toujours chez Sharpe, chers happy few, on rit beaucoup en lisant cette burlesque intrigue à tiroirs bourrée de quiproquos, de malentendus et de situations cocasses qui mettent en scène des personnages qui se révèlent au cours de l'histoire, aucun n'étant au final ce qu'il semble être réellement. Les dirigeants de Porterhouse, le Doyen (roublard), le Lecteur (dont l'intelligence affûtée et le goût de la manipulation et du secret n'avaient jamais donné leur pleine mesure), le Chef Tuteur (alcoolique et coléreux) et le Maître (paralysé à la suite d'une attaque et bizarrement arrivé à ce stade honorofique), se retrouvent dérangés dans leur petite vie tranquille par l'irruption de Purefoy Osbert, mandaté pour trouver l'assassin de Sir Godber et spécialiste de la mort par pendaison en Grande-Bretagne et de Karl Kudzuvine, bras droit de Hartang, américain stupide et vulgaire avec qui il est impossible d'avoir la moindre conversation parce qu'il prend tout au pied de la lettre. Deux mondes s'affrontent alors, l'Angleterre traditionnelle, figée dans des traditions passéistes qui n'ont plus de sens, et l'Amérique, moderne et dépravée et surtout riche à milliards, certes bien mal acquis, mais nobody's perfect, non ? Il y a beaucoup d'ironie et un peu de cynisme dans cette histoire où finalement tout le monde finira par profiter des milliards de Hartang sans s'encombrer de sa personne. Et, comme toujours, les personnages secondaires sont savoureux, avec en tête le Chapelain, à moitié sourd et qui aime les petites vendeuses, le général Cathcart Mortauxvaches, antipathique meneur de troupes qui connaîtra un sort tout à fait réjouissant (du moins pour le lecteur) ou Jeremy Pimpole, qui ne boit que des "gueules-de-chien" (13 onces de gin, 7 onces de bière).


Un roman farfelu et désopilant, chers happy few, que je vous recommande, évidemment!


Tom Sharpe, Panique à Porterhouse (Grantchester Grind), 10/18 (traduit de l'anglais par Christiane et David Ellis)


Roman lu pour le Challenge Celebrate the author du mois de mars (3/12)
Billets d'avril : William Shakespeare et sa Mégère apprivoisée


PS : il s'agit d'un livre Lotobook : merci encore Crumble!



30.03.2008

Happy birthday Tom!

En ce 30 mars (ben oui, on est encore le 30 mars pour quelques heures, techniquement c'est donc vrai), je vous demande de vous joindre à moi chers happy few afin de souhaiter un très joyeux anniversaire à Tom Sharpe, qui si vous vous en souvenez bien, chers happy few, est mon auteur de mars (et a aujourd'hui 80 ans)!

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(une belle tête de Bélier si vous vous voulez mon avis bien évidemment fort éclairé, chers happy few!)


Selon la tradition maintenant parfaitement connue de vous et parfaitement maîtrisée de moi, chers happy few, aujourd'hui est donc le jour de sa biographie, jour où vous allez apprendre tout un tas de choses fascinantes sur Tom le bien-nommé (ben oui, "sharp" c'est "affûté", non, dans la langue du grand Will ?), voire même où vous allez découvrir qui est ce Tom (même si je ne veux pas croire que vous soyez nombreux dans ce cas, chers happy few, car j'aime à croire, un peu naïvement peut-être, que tout le monde aime qui j'aime et ce Tom-là, je l'aime) (certes pas de la même manière que Neil, mais c'est une autre histoire).

Tommy (je suis certaine qu'il me pardonnera la familiarité) est né en 1928 à Londres (eh, oui, encore un Britannique, je ne sais pas pourquoi je les aime tant ces gens-là, ça a certainement à voir avec ma dette karmique, je ne vois pas d'autre explication) et il a fait ses études à Cambridge (excusez du peu même si en lisant sa grinçante et rocambolesque série "Porterhouse", on peut émettre quelques réserves sur la qualité de l'enseignement dispensé dans certains collèges). Après son service militaire, il a vécu quatre ans en Afrique du Sud, où il a enseigné jusqu'à son retour forcé en 1961. Ce séjour inspirera deux romans Mêlée ouverte au Zoulouland (Riotous Assembly, 1971) et Outrage public à la pudeur (Indecent Exposure, 1973), violentes satires de l'apartheid. De 1963 à 1972 il a été professeur d'Histoire au lycée professionnel de Cambridge, expérience qui inspirera l'hilarante série des Wilt, série par laquelle Tom et moi avons fait connaissance de manière bruyante (il ne faut pas lire les Wilt en public, jamais). Sharpe est pour moi l'un des meilleurs auteurs comiques contemporains, espèce de Wodehouse sous acide mâtiné de Monthy Python. Il fait preuve dans cette série d'un incroyable sens de la construction dans des intrigues à la fois farfelues et bien maîtrisées qui, partant chaque fois d'un malentendu, plongent notre pauvre héros un peu naïf dans d'inextricables situations. La vision de l'enseignement et de l'amour qu'il y dévoile valent à elles seules de lire les quatre volumes de cette célébrissime série. D'une manière générale, on retrouve dans ses romans (du moins ceux que j'ai lus) une dénonciation par l'humour de la bêtise humaine sous toutes ses formes. Ses personnages forment une incroyable galerie d'allumés, Tom Sharpe réussissant l'exploit de se renouveler dans la description d'une humanité pas toujours reluisante. Certes, son humour n'est pas toujours très fin, avec une prédilection avouée pour les déviances sexuelles et les blagues parfois un peu scatologiques mais il manie l'absurde et les quiproquos avec tellement de brio qu'on lui pardonne facilement (surtout moi)!

Un auteur à découvrir, un auteur à lire, un auteur pour rire, chers happy few!


Bibliographie :
Mêlée ouverte au Zoulouland (Riotous Assembly) (1971) (10/18)
Outrage public à la pudeur (Indecent Exposure) (1973) (10/18)
Porterhouse (Porterhouse Blue) (1974) (10/18)
La Route sanglante du jardinier Blott (Blott on the Landscape) (1975) (Folio) (adapté au cinéma en 1992 par Serge Meynard sous le titre Sexes faibles)
Wilt 1 - Ou comment se sortir d'une poupée gonflable et de beaucoup d'autres ennuis encore (Wilt) (1976) (10/18) (on admirera la longueur du titre français, qui risque encore de m'attirer de légères et sophistiquées requêtes G.)
La Grande poursuite (The Great Pursuit) (1977) (Folio) (in my gigantesque PAL)
Le Bâtard récalcitrant (The Throwback) (1978) (10/18)
Wilt 2 - Ou comment se débarrasser d'un crocodile, de terroristes et d'une jeune fille au pair (The Wilt Alternative) (1979) (10/18)
Quelle famille! (Ancestral Vices) (1980) (10/18)
Le Cru de la Comtesse (Vintage Stuff) (1983) (10/18)
Wilt prend son pied (Wilt on High) (1985) (10/18)
Panique à Porterhouse (Grantchester Grind) (1995) (que j'ai lu pour l'occasion) (10/18)
Fumiers et Cie (The Midden) (1996) (10/18)
Wilt Omnibus (Wilt Omnibus ou "Wilt in Triplicate") (1996)
Wilt 4 - Comment échapper à sa femme et ses quadruplées en épousant une théorie marxiste (Wilt in Nowhere) (2004) (10/18)

(on remarquera que le troisième Wilt ne porte le numéro 3 qu'en poche, encore les étrangetés de l'édition française...)

04.03.2008

Happy birthday John!

Figurez-vous, chers happy few, qu'avec l'agitation liée à un certain événement, j'ai complètement oublié de fêter l'anniversaire de mon auteur de février, John Steinbeck! Je répare donc cet oubli avec quelques jours de retard, mais je sais que John, dans sa grande magnanimité, me le pardonnera, et j'espère que vous en ferez autant, chers happy few.



John Steinbeck est donc mon auteur de février mais comme il est né le 27 février, il n'était pas Verseau mais Poisson, ce qui entérine de manière définitive ma théorie sur l'astrologie et la littérature : impossible de trouver des auteurs Verseau dignes de ce nom, les gens appartenant à ce signe doivent être trop occupés à déchaîner les éléments ou à jouer du piano debout, ils n'ont pas le temps d'écrire. John, lui, l'a eu le temps, puisqu'il est l'auteur de 16 romans, de nombreuses nouvelles et de quelques essais pour faire bonne mesure. Il a obtenu le Booker Prize pour Les raisins de la colère en 1939 et le Prix Nobel de littérature en 1962. Il a aussi été nommé aux Oscars pour le scénario original de Lifeboat d'Alfred Hitchcock, dont il était l'auteur. La plupart de ses romans ont été adaptés au cinéma, certains plusieurs fois. Un auteur renommé et récompensé, donc, chers happy few.


Si je l'ai choisi comme auteur de février, c'est parce que c'est un de mes auteurs préférés : découvert comme tout un chacun avec Les raisins de la colère , le roman de la Grande Dépression et Des souris et des hommes, très bel hymne à l'amitié et hommage aux rêves des journaliers du Sud, j'ai surtout aimé de lui ses oeuvres moins connues. La Coupe d'or, roman de piraterie qui est aussi son premier roman et qui détonne un peu dans une oeuvre plutôt sociale, Tortilla flat qui retrace la vie de sans abris, Les naufragés de l'autocar, Rue de la sardine ou Saison amère. Ce que j'aime chez lui, c'est la concision d'une plume alliée à une ironie mordante et des histoires fort bien menées. Il dépeint à merveille une certaine réalité sociale, il a le don de l'évocation et de la caractérisation : en deux phrases naissent des paysages et des personnages, des petites gens sur lesquels il se penche avec beaucoup de tendresse.


Pour lui rendre hommage, j'ai choisi de lire :

907494019.jpg Lune noire


Nous sommes dans un petit village scandinave d'un pays jamais nommé, pendant la Seconde Guerre mondiale. Le village tombe aux mains des Nazis en quelques heures grâce à l'aide d'un traître. Les membres de l'Etat-Major qui prennent possession de la ville veulent s'assurer l'aide des citoyens à n'importe quel prix afin d'exploiter et d'exporter le charbon de la mine. Mais dans leur dos, le maire et le médecin organisent la résistance...


Publié en 1942 et traduit sous le manteau en France par Les éditions de Minuit, ce court roman, qui tranche dans la bibliographie de Steinbeck ne serait-ce que parce qu'il se déroule en Europe, est un brûlot contre l'Occupation, qui démontre par le biais de la fiction que le peuple, tout malléable qu'il semble de prime abord, finit toujours par résister. Le maire, Orden, commence par dire au colonel qui veut s'assurer sa coopération, qu'il ne sait pas comment il doit agir ni ce qu'il doit penser, pour en fait mener silencieusement la résistance en favorisant le départ des jeunes gens vers l'Angleterre, en demandant aux Alliés de parachuter des batons de dynamite, en poussant la population au sabotage et à la grève du zèle. Ce maire, tout bonhomme qu'il semble, est en réalité une espèce de Socrate moderne, qui boira la ciguë que lui tendent les envahisseurs (la fin est à ce titre belle et poignante). Et comme toujours chez Steinbeck, le style est un bonheur : concis, parfois lapidaire, ironique, voire drôle malgré le sujet pourtant terrible.


Un beau roman, chers happy few!


John Steinbeck, Lune noire (The moon is down), Livre de Poche (traduit de l'anglais par Jean Pavans)


Roman lu dans le cadre du Challenge Celebrate the author de février (2/12)
Billets de mars : Tom Sharpe et La grande poursuite


PS : vous remarquerez que j'ai fait un billet deux-en-un cette fois-ci, chers happy few, car parfois il faut s'organiser pour rattraper le temps perdu!





23.01.2008

Ruée vers l'or

47b4d964199b1d3a8cf607a6b745991e.gif Frona Welse, fille d'un riche commerçant du Klondike, revient au pays après 10 ans passés en Europe et aux Etats-Unis pour étudier. Cette jeune femme déterminée et indépendante est courtisée par deux hommes : le bellâtre Gregory Saint-Vincent et l'aventurier Vance Corliss...

Il s'agit là du premier roman de Jack London, chers happy few, publié pour la première fois en 1902 (il était cependant déjà célèbre car il avait publié deux recueils de nouvelles, Le fils du loup et En pays lointain). A ce titre, il est vraiment très intéressant car il contient déjà les thèmes que London développera dans tous ses romans ultérieurs : la nature sauvage et indomptable (ici le Klondike, à l'extrême nord-ouest du Canada), la survie des hommes dans un milieu très inhospitalier, fait pour révéler la grandeur ou la lâcheté qui sommeillent en eux, contraints de dévoiler leur réelle personnalité face aux grandioses éléments (vous remarquerez que cette lecture m'a rendue lyrique, chers happy few, c'est un effet secondaire heureusement temporaire) (enfin, j'espère) et les rapports qu'entretiennent ces hommes et ces quelques femmes, rapprochés par la sauvagerie du monde et leur commune passion pour l'or.


Comme d'habitude, les descriptions de la nature glacée sont magnifiques : on a vraiment l'impression en lisant ce roman d'entendre les mocassins crisser dans la neige, de sentir la morsure du gel et de voir l'étrangeté des aurores boréales. Il faut ajouter à cela le point de vue original adopté pour la narration : le récit, narré à la troisième personne, suit le personnage de Frona Welse, femme étonnamment moderne, dont l'indépendance et le courage font d'elle un personnage extrêmement attachant et du roman un roman féministe. London en profite au passage pour battre en brèche quelques préjugés sexistes, notamment à propos des femmes de moeurs légères qui suivaient les prospecteurs. Frona se fait le défenseur de toutes les femmes, balayant d'un revers de main les préjugés sur la réputation pour leur substituer la réhabilitation du mérite personnel (que s'arrogent d'ailleurs les hommes pour eux-mêmes, aucune mauvaise réputation ne résistant aux rigueurs du Grand Nord et la solidarité étant nécessaire à la survie). L'histoire est pleine de rebondissements (la scène de la débâcle du Yukon et du sauvetage du messager blessé est tout simplement extraordinaire) et l'histoire d'amour assez intéressante dans la mesure où Frona semble se décider pour le lâche et menteur Saint-Vincent, personnage ambigü, détesté par les hommes, adoré par les femmes, qui a bâti une solide réputation sur du vent...

Il faut dire un mot de la révision de la traduction : celle de Louis Postif, qui datait de 1931, avait volontairement adouci certains passages que nous jugeons de nos jours carrément racistes. Frona Welse tient parfois des propos choquants sur la hiérarchie des "races" (j'emploie là le mot de London), établissant une espèce de pyramide des hommes, au sommet de laquelle se trouvent les Anglo-Saxons, fiers héritiers des Vikings et seuls méritant de conquérir le monde. Dans sa très intéressante préface, Noël Mauberret attribue ces remarques à l'éducation reçue par London et à ses contradictions : il a publié des manifestes contre le lynchage et certaines de ses nouvelles sont carrément anti-racistes (comme celles contenues dans Les Enfants du froid, qui racontent la conquête de l'Alaska du point de vue des Indiens, "Le païen" (in Contes des mers du Sud) ou "Kolau le lépreux" (in Histoires des îles)). De plus, il est difficile de savoir dans le roman s'il partage les idées de la jeune femme : si l'on considère, comme la plupart des commentateurs de l'oeuvre de London, qu'il s'est beaucoup projeté dans le personnage de Vance Corliss, on ne peut que remarquer que ce dernier contredit souvent la jeune femme quand elle se lance dans ses discours enflammés.


Dans cet univers impitoyable s'agitent des hommes et des femmes animés d'un même désir d'aventures et de richesse, modelés par le froid, solidaires et courageux : je ne peux que vous recommander chaudement de faire leur connaissance chers happy few!


Jack London, Une fille des neiges (A daughter of the snows), Phébus, Libretto, traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Louis Postif, traduction revue et complétée par Frédéric Klein.



PS : une carte du Klondike, parce que, je ne sais pas vous, chers happy few, mais moi je ne savais pas du tout où se trouvait cette austère contrée...

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Le musée virtuel du Klondike.


Roman lu dans le cadre du Challenge Celebrate the author du mois de janvier (1/12)
Le billet de Bladelor sur Patrouille de pêche.

Billets de février : John Steinbeck et Lune noire.

18.01.2008

Happy birthday Jack!

Voici, chers happy few, avec un peu de retard, le premier billet consacré au premier auteur de mon Challenge Celebrate the author!


Comme vous vous en souvenez certainement, car rien ne vous échappe, j'ai choisi en cet humide mois de janvier, de célébrer Jack London. C'est un auteur que j'ai découvert dans ma prime jeunesse et que j'ai toujours beaucoup aimé, puisque, n'étant pas à une contradiction près, la citadine sédentaire que je suis, amatrice de voyages en chambre et pour qui l'aventure suprême consiste à faire les soldes au Monop', a un gros penchant pour les récits de voyage (Marco Polo is definitly my love), les récits maritimes et les histoires qui se déroulent dans la nature sauvage et indomptée : call me wild woman... (au moins). Et avec Jack London je suis servie, chers happy few, puisqu'il a écrit des romans qui rentrent dans ces trois catégories, le tout bien évidemment pour mes beaux yeux, n'en doutons pas!


Comme je sais que vous attendez des révélations fracassantes sur la vie de cet homme (puisque c'est le but de ce billet biographique, évidemment), je vais vous les livrer, parce que vous le valez bien, chers happy few!


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Jack London est né le 12 janvier 1876 à San Francisco, de père plus ou moins connu, car London est le nom de son père adoptif. Il serait, d'après la rumeur, le fils de William Chaney, qui était astrologue, ce que je trouve proprement fascinant chers happy few puisque nous avions discuté de l'éventualité d'analyser la vie et l'oeuvre des auteurs de ce challenge par le biais de leurs thèmes astraux, dans un souci bien évidemment de pure rigueur scientifique et littéraire. Comme d'habitude.


Bref. Jack était donc Capricorne, comme tous les auteurs de ma PAL et comme Olivier Martinez, Mel C. et Charles Perrault (que du beau monde donc, vous en conviendrez). Et c'est certainement ce qui explique son attitude face au travail, chers happy few : c'était effectivement un travailleur acharné, qui a tenté de subvenir à ses besoins dès l'âge de 10 ans, sa famille étant très pauvre. Il a exercé tous les métiers manuels possibles, travaillant pour un salaire de misère 15 à 16 heures par jour 6 jours sur 7. Pas étonnant donc de voir qu'il était un socialiste convaincu, doublé d'un individualiste pur et dur. Socialiste car il pensait que tous devaient avoir accès à l'éducation et à la richesse, individualiste parce qu'il a été habitué dès sa plus tendre enfance à se débrouiller tout seul pour assurer sa survie. Il a tenté toute sa vie de concilier ces deux aspects apparemment contradictoires.


A 19 ans, il se lance dans les études, à 21 ans, il se rend dans le Klondike, au nord-ouest du Canada, afin de participer à la fabuleuse ruée vers l'or et sa première nouvelle est publiée alors qu'il a 23 ans. Car la grande affaire de sa vie est sans conteste l'écriture. Il a décidé très tôt qu'il serait écrivain, envers et contre tout. Il lui faudra attendre 3 ans avant d'être publié mais il ne renonça jamais. La ténacité était sans conteste le fondement de sa personnalité (soleil et Mars en Capricorne, of course, et que celui qui n'a jamais admiré la ténacité caprine aille se balader un peu à la campagne).


Il est devenu le romancier et novelliste le mieux payé et le plus célèbre de son époque. Prolifique, passionné, il place au centre de ses oeuvres la lutte pour la survie dans la dignité et l'honnêteté, dans des histoires toujours inspirées de son incroyable expérience et en grande partie autobiographiques. Il était aussi célèbre pour ses exploits personnels (il a été correspondant de guerre, c'était un infatigable voyageur et constructeur), son charisme et sa combativité : c'était un orateur féroce et éloquent qui n'hésitait pas à prendre parti pour défendre les opprimés de toutes sortes. Ajoutons à cela un physique de jeune premier, de l'humour et une immense vitalité : rien d'étonnant chers happy few, à ce qu'il ait été un personnage populaire et romantique! (Qui a dit que c'était pour cela que j'aimais cet auteur ?)


Il consacra toute sa vie à l'écriture, aux voyages et à la construction de la maison de ses rêves, avant de mourir prématurément, à l'âge de 40 ans, des suites d'une longue maladie. Se sachant malade, il avait refusé de modifier ses habitudes de vie, disant : "I shall not waste my days in trying to prolong them. I shall use my time."


Quel homme, chers happy few!


Une bibliographie non exhaustive de ses oeuvres (une cinquantaine de récits, romans, essais...), que Phébus, la très jolie maison d'édition, est en train de rééditer :

Oeuvres qui ont pour décor le grand Nord :
* Une fille des neiges
* Les enfants du froid
* L'appel sauvage
* Croc-blanc
Oeuvres maritimes :.
* Patrouille de pêche
* Les contes des mers du sud
* La croisière sur le Snark
* Le loup des mers
Romans autobiographiques
* Martin Eden
* John Barleycorn

Quelques-unes de ses nouvelles sont consultables en ligne ici en VO. Nombre de ses oeuvres sont en téléchargement gratuit sur le site Gutenberg, en VO itou.
Un site très complet sur l'auteur (en anglais) .


PS : vous remarquerez la photo, célébrissime, prise à Hawaï et qui vous prouve qu'il avait une belle gueule de baroudeur, non, chers happy few ? Ah, le blouson en cuir! (signe de Lune en Lion, évidemment)
PSbis : pour le challenge, j'ai décidé de lire Une fille des neiges, dont je vous parlerai bientôt!
PSter : les billets des courageuses challengeuses et de leurs auteurs de janvier : Flo (et Umberto Ecco), Bladelor (et Jack London), Lune de Pluie (et Yasmina Khadra), Lau (et Colette), Nath (et Barjavel), Karine (et Agnes Brontë).

13.01.2008

Challenge again!

Non, vous ne rêvez pas chers happy few, j'ai décidé dans un accès d'enthousiasme assez délirant de m'inscrire à un troisième challenge, celui qui fête un auteur tous les mois. La faute incombe bien évidemment à Flo, car depuis qu'elle m'a envoyée visiter le blog d'une challenge addict australienne, je rêve nuit et jour de tous ces thèmes et l'envie de challenger tous azimuts me taraude, on est peu de chose face aux tentations bloguesques chers happy few, il faut bien le reconnaître...


Je vous rappelle les règles de ce challenge, qui est un challenge d'amour puisqu'il s'agit de choisir 12 auteurs, un pour chaque mois de l'année, en fonction de leur date de naissance (en janvier, on célèbre un auteur né en janvier et ainsi de suite). Il faut ensuite publier deux billets dans le mois : un billet biographique le jour de la naissance de l'auteur et un billet sur une oeuvre précise à un autre moment du mois. Je tiens à dire tout de suite que je ne respecterai pas toujours la contrainte de la date : qui a dit que ce n'était pas étonnant ? Méchantes langues, va!


J'ai donc constitué une liste de 12 auteurs, chers happy few, et ce ne fut pas sans mal, vous pouvez me croire! Je voulais d'abord piocher uniquement dans ma PAL, mais les auteurs qui m'attendent semblent tous nés en janvier et en novembre, ce qui est assez inquiétant statistiquement parlant : seuls les Capricorne et les Scorpion auraient-ils droit de cité dans ma pourtant gigantesque PAL ? Me livrerai-je malgré moi à une espèce de racisme zodiacal ? Ce qui nous mène à un vaste débat qui pourrait être de fond : les Lion sont-ils de bons écrivains ? Un Gémeau est-il capable d'écrire un livre tout seul ? Une Vierge peut-elle écrire des romans érotiques ? Mais je m'égare.


Bref. Ma PAL ne m'étant d'aucune utilité, je me suis tournée vers le net et j'ai commencé à farfouiller pour trouver les dates de naissance des écrivains. Et, de fil en aiguille, j'en suis arrivée à composer une liste... d'auteurs classiques (ou presque)! Je sais que cette révélation vous stupéfie, chers happy few, je suis désolée de vous infliger pareille surprise et je vous promets de ne plus recommencer... Et, comme je suis bonne joueuse, contrairement à d'autres que je ne nommerai pas et qui ont tout bonnement refusé de partager leur liste avec moi (ce qui, vous imaginez bien, chers happy few, a été terrible pour mon petit coeur tout mou qui saigne encore le pauvre), j'ai décidé de publier ma liste entière dès aujourd'hui afin que vous puissiez si vous le souhaitez, unir vos lectures aux miennes de temps en temps si un écrivain vous intéresse!


Voici donc cette fameuse liste :

Janvier : Jack London
Février : John Steinbeck
Mars : Tom Sharpe (que j'ai arbitrairement décidé de considérer comme un auteur classique, parce que croyez-moi, chers happy few, mais trouver des auteurs nés en mars relève de la gageure, c'est à croire que les Poissons se destinent à toutes les carrières sauf l'écriture... D'ailleurs Sharpe est de la fin du mois, il est Bélier. CQFD.) (Qui a dit que l'astrologie m'obsédait ?)
Avril : William Shakespeare
Mai : Daphné du Maurier
Juin : Alexandre Pouchkine. Ou Joss Whedon. J'avoue qu'entre les deux mon coeur balance, chers happy few... (Que celui qui a dit que Whedon n'était pas un auteur classique se dénonce immédiatement!)
Juillet : Alexandre Dumas
Août : Théophile Gautier
Septembre : Roald Dahl
Octobre : George Eliot
Novembre : Robert Louis Stevenson
Décembre : Joseph Conrad


Alors, chers happy few, prêts pour de petites célébrations ? Champagne! (Evidemment.)


Participent à ce Challenge : Flo , Bladelor et Lune de Pluie.


PS : le premier qui dit que je suis en déjà en retard pour mon premier billet d'amour à la gloire de Jack L. (né le 12 janvier) se verra contraint de lire L'Astrée d'Honoré d'Urfé. Ah, ça rigole moins tout d'un coup. Non, mais!