10.12.2010
Single father
Dave (David Tennant) (non, je ne commente pas, chers happy few, car parfois je sais me tenir), photographe, vit avec Rita (Laura Fraser), institutrice vacataire, depuis treize ans. Ils élèvent ensemble quatre enfants : Lucy (15 ans), que Rita a eu d'un autre homme et qui ne connaît pas son père, Paul (11 ans), Ewan (9 ans) et Evie (6 ans). En se rendant à l'examen qui lui permettra de devenir institutrice titulaire, Rita, à vélo, est percutée par une voiture de police et meurt sur le coup. Dave se retrouve seul avec son chagrin et ses enfants.
Avant de regarder les quatre épisodes de Single father, chers happy few, je m'attendais à une série sur le deuil, avec des bons sentiments, des larmes et de l'amour dégoulinant (oui, je suis comme ça, j'ai un petit coeur tout mou qui a des attentes)... et ce n'est pas vraiment ce que j'y ai trouvé, ce qui est en partie dommage. Single father est une série inégale, à mon avis parce que le scénariste, Mick Ford, a dilué son propos en rajoutant un rebondissement qui alourdit l'histoire. En effet, montrer comment ce père aimant mais pas forcément très présent n'arrive pas à faire son deuil correctement parce qu'il veille avant tout sur ses enfants et ne peut pas exprimer ses sentiments aussi clairement qu'il le faudrait, préoccupé par eux avant tout, et analyser la façon dont les autres adultes s'ingèrent eux aussi dans la tragédie (la belle-soeur, l'ex-femme, la grand-mère, la meilleure amie) aurait à mon avis amplement suffi (d'autant que Dave a une autre fille, Tanya, de son premier mariage et que cette dernière a eu un enfant à 15 ans, ce qui est hélas courant en Grande-Bretagne, mais déploie inutilement d'autres personnages qui ne sont qu'esquissés). Mais au lieu de se contenter d'une analyse des sentiments des uns et des autres, dans leur complexité et leur ambivalence, qui, quand elle a lieu est juste et excellemment jouée, Mick Ford s'est lancé dès le deuxième épisode dans une histoire parallèle : Lucy se sentant plus orpheline que ses demi-frères et soeurs, veut retrouver son père biologique, ce que Dave s'engage à faire pour elle. Il doit donc, en plus de son chagrin, affronter le passé de sa femme, en se plongeant dans ses journaux intimes, et se retrouve face à des mensonges et des omissions dont il se serait bien passé.
Si cela permet d'humaniser le personnage de Rita (non, ce n'est pas une sainte et une mère parfaite), ça en fait quand même un peu trop pour les épaules de Dave et l'apparition du père biologique et de sa famille avec toutes ses conséquences, a tendance à noyer la force émotionnelle de cette histoire, présente seulement par moments. Je pense qu'il y avait dans cette histoire somme toute banale (d'autant que le scénario ne recule pas non plus devant l'incontournable histoire d'amour), matière à faire une série plus puissante, plus singulière et certainement plus "tendue". Single father n'en demeure pas moins une série recommandable, qui présente des moments d'émotion pure (prévoyez les mouchoirs, sensibles happy few), en raison surtout du jeu époustouflant de David Tennant, tout en retenue, dont le chagrin affleure sous les silences et dont les larmes, toujours versées en secret ou retenues sont déchirantes ; il m'a transpercé le coeur à plusieurs reprises (et je dis ça en toute objectivité, je défie quiconque de ne pas le trouver incroyable dans ce rôle, qui est finalement le premier rôle d'homme banal dans lequel je le vois).
Single father, 2010, 4 épisodes de 60 mn chacun, BBC Scotland (oui, ça se passe à Glasgow et David a récupéré son délicieux accent écossais pour l'occasion. Un grand bravo au passage à la costumière, Elaine Robertson, qui lui a concocté une garde-robe qui le rend over sexy, beaucoup de jeans bien taillés ou de velours, avec t-shirts manches longues lose et petit blouson en cuir court. Je valide. Et je soupire.)
Le billet de Carole, dont je partage entièrement l'avis.
19:15 Écrit par fashion dans Challenge Tennant 2010, Séries télé | Lien permanent | Commentaires (21) | Envoyer cette note | Tags : single father, bbc, david tennant is sexytude, bon j'espère maintenant qu'il va faire carrière, une malédiction pèse sur les acteurs qui ont incarné dw, apparemment, nooooon, pas sur luiiiiii, il mérite une carrière internationale, voire galactique
27.11.2010
The Quatermass Experiment
(Ouh, voilà longtemps que vous n'aviez pas vu ce logo, chers happy few. Avouez qu'il vous avait manqué.)
Parce que je suis une challengeuse hors pair (qui en doute, mmmh ?), j'ai regardé récemment, dans le cadre du challenge le plus populaire de la galaxie :

The Quatermass Experiment (BBC, 2005).
Le Professeur Bernard Quatermass (Jason Flemyng) a trouvé les financements pour envoyer la première fusée britannique dans l'espace. Le but : se mettre en orbite autour de la Terre et effectuer toutes sortes de relevés scientifiques. Mais voilà que l'équipe au sol, composée de Quatermass, Paterson (Mark Gatiss) et Judith Carroon (Indira Varma, vue notamment dans Torchwood et Bones), la femme de l'un des trois astronautes envoyés en mission, perd tout contact avec la fusée pendant 57 heures.
Quand le contact est rétabli, la fusée est de retour vers la Terre où elle se crashe, mais de l'habitacle ne sort qu'un seul des trois hommes, Victor Carroon. Non seulement les deux autres se sont volatilisés mais Victor n'est plus lui-même. Appelé en urgence, le médecin de l'équipe, Gordon Briscoe (David Tennant) (en blouse blanche, hiiiiiiii) (oui, je ne suis qu'une femme, j'ai des fantasmes communs) constate que son organisme est en train de se modifier à toute allure, et qu'il pourrait bien constituer un danger pour l'humanité tout entière. (Oui, je sais, ce penchant que j'ai pour les histoires de ce genre est étrange, limite pervers, je veux bien m'allonger pour en parler mais pas avec n'importe qui, hein.)
En 1953 (oui, aujourd'hui, c'est Histoire time, profitez bien de la leçon, happy few avides de savoir), alors que la télévision en était à ses balbutiements, la BBC a produit un programme qui a connu à l'époque un succès phénoménal : The Quatermass Experiment, série de science-fiction de 6 épisodes filmés en direct entre juillet et août et qui ont été plus ou moins perdus (les deux premiers sont abîmés, les quatre suivants n'ont même pas été enregistrés). En 2004, BBC4 met en place un nouveau programme, TV On Trial, qui se propose, en une semaine, de revisiter soixante ans de télévision, notamment en diffusant de vieilles séries ou téléfilms. Au centre de ce programme, une idée originale : tourner un remake de cette série... en direct.
(Je ne commenterai pas, je ne commenterai pas, je ne commenterai pas, parce que la Force est avec moi.)
Les difficultés sont évidemment nombreuses (lieux, caméras mutiples) et le plus important est le choix du casting : il faut trouver des acteurs capables de se plier à l'exercice et de tourner ensemble sans se connaître vraiment (les rares séries télés qui ont parfois tourné un de leurs épisodes en live sont des séries qui roulent depuis longtemps, comme Urgences ou Coronation Street). La production commence une longue période de répétitions en même temps qu'elle caste ses acteurs. Premiers à rejoindre le projet, Jason Flemyng et Andrew Tiernan sont rapidement rejoints par Adrian Dunbar, Mark Gatiss (j'en connais une qui frémit du sourcil, là) et donc David Tennant, qui a motivé l'achat de ce DVD (je suis over faible je sais, et encore vous ne savez pas tout, happy few de mon coeur). Le tournage et la diffusion ont eu lieu le 2 avril 2005 dans la soirée et c'est donc le résultat de cette expérience que j'ai visionné, parce que rien ne m'arrête sur le chemin de la kulture et de la connaissance.
The Quatermass experiment est un téléfilm à l'esthétique résolument datée, qui fait le pari de raconter une histoire mouvementée de manière statique, le direct ne permettant ni effets de manche ni effets spéciaux. Filmé en couleurs ternes (vert, gris), parfaitement interprété (mention spéciale à David, quand même, sinon vous vous demanderiez si je vais bien), The Quatermass experiment est un très bon téléfilm de science-fiction qui renoue avec une certaine vision du genre (conquête spatiale, entité extra-terrestre, questionnement philosophique sur l'humanité et son rapport à l'autre...). Personnellement, toute tennanterie mise à part (Dieu que cet homme a de beaux cheveux) (mais je m'égare), je me suis régalée.
23:24 Écrit par fashion dans Challenge Tennant 2010, Séries télé | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note | Tags : ce challenge est le meilleur du monde, et mon ami à un sein m'a dit aujourd'hui, que single father venait de partir vers moi, hiiiiiiiiiiiiiii, aaaaaaaaaaaaaaahhhhhhhhhh, oooooooooooooohhhhhhhh, je suis en joie là, légèrement hein, hum
22.10.2010
La groupie du David
Inutile de tourner les talons virtuels en lisant le titre ô combien subtil de ce billet, chers happy few, vous pensez bien que c'est pas ma faute à moi comme disait à sa femme le poète moldave en citant une quelconque Lolita un lendemain de beuverie (la preuve que l'alcool peut faire écouter n'importe quoi, il paraîtrait même qu'il y avait du monde au concert de Christophe Maé hier soir) (si, si, je sais que vous frémissez, moi aussi, et pas de plaisir, croyez-moi). C'est juste qu'il faut bien que je vous tienne au courant de l'avancée du Challenge Tennant 2010, qui, ne le niez pas, vous tient à coeur, car rien de ce qui me concerne ne vous est étranger (aujourd'hui c'est kulture et petits pois à tous les étages, mon dieu que c'est beau, j'en ai la larme à l'oeil).
Bref. Avant que de vous dire deux mots (pas plus, promis) de deux séries britonnes visionnées pour les beaux yeux de ma réussite challengesque (je suis une femme déterminée, une winneuse, moi, chers happy few), je vous livre une information capitale qui a peut-être échappé à ceux qui ne suivent pas le site officiel de David chou (autant dire 99,99% de mon lectorat, donc) (bon, ça va, 100%) : il a été élu 24ème homme le mieux habillé de Grande-Bretagne par Glamour UK, ce qui, franchement, fait autant plaisir que de savoir que son blog est enfin rentré dans le top 10 de Wikio.
Et comme il est hors de question que je vous laisse, pantelants, vous demander ce qui a bien pu susciter une telle place de la part de ce magazin so fashion (oui, je suis comme vous, je pense qu'il a été volé par un jury jaloux et qu'il méritait la première place), je vous livre la photo qui accompagnait cette révélation :
On est d'accord, ce n'est pas celle où il est le plus à son avantage. On est d'accord aussi, si cet homme maigrit encore, il perd un os. Je pense que cet oubli de s'alimenter par manque de temps (il travaille trop cet homme, pauvre choupinet), tient d'une forme de divertissement pascalien ; il est vraiment temps qu'il vienne s'allonger sur mon divan, je lui ferai goûter mon boeuf bourguignon (il n'y a évidemment aucun sous-entendu de quelque sorte que ce soit dans cette phrase, je suis une fille sage, moi, chers happy few) (et pleine de talents culinaires).
...
Où en étais-je ? Toute à la contemplation de cette mâchoire virile, voilà-t-y pas que j'ai perdu le fil (pourtant évident, limite lumineux, comme d'habitude) de ce billet à Haute Teneur Kulturelle. Ah oui, les séries britonnes. J'ai donc visionné pour les besoins du Challenge :
Si on vivait dans un monde parfait où je n'aurais jamais froid aux pieds, où le point virgule aurait encore droit de cité et où les copies se corrigeraient toutes seules, j'aurais lu le roman de Trollope dont cette série (6 épisodes de 60 mn chacun) est l'adaptation. Le monde étant ce qu'il est, je ne peux donc pas juger de cette série en tant qu'adaptation, mais au fond est-ce bien grave ? (la question est purement rhétorique, happy few de mon coeur, merci de ne pas briser mes illusions, j'y tiens) He knew he was right est une variation autour de la folie amoureuse : Louis (Oliver Dimsdale) est marié avec Emily (Laura Fraser) depuis quelques années et leur mariage a l'air parfait. Mais l'empressement du parrain de la jeune femme (Bill Nighy, hiiii) (pardon, chers happy few, le clavier m'a échappé), récemment arrivé à Londres, plonge Louis dans les affres de la jalousie la plus ravageuse. Emily refusant d'admettre le moindre tort (après tout, elle n'a vraiment rien fait), la situation s'envenime et Louis sombre peu à peu dans la folie... C'est une excellente série, chers happy few, qui fait graviter, autour de ce couple à la situation pour le moins absurde, d'autres histoires d'amour, révélatrices de leur époque (nous sommes dans la deuxième moitié du XIXème siècle). Mariages arrangés, histoires de dots et d'intérêts, soumission absolue des femmes à leurs maris, à leurs pères ou à leurs oncles..., le spectateur souffre avec la belle et douce Nora, la soeur d'Emily, amoureuse d'un beau jeune homme désargenté, Hugh, qui forment sans conteste le couple le plus attachant de cette histoire foisonnante. Et David, dans tout ça ? demande le seul qui suit encore. David incarne ici le Révérend Gibson, un homme arriviste, antipathique et lâche, en un mot détestable, qui aurait bien aimé épouser pour son argent la jeune Dorothy (la soeur de Hugh, c'est pas facile, mais on va y arriver), mais qui se retrouve coincé avec l'une des terrifiantes soeurs French. Il est comme d'habitude parfait (en toute objectivité, évidemment).

Avouez qu'il porte bien le costume de clergyman, non ? Voilà qui aurait mérité une bonne 5ème place dans le classement Glamour de l'époque. (Les amateurs du Docteur auront reconnu à sa droite Fenella Wolgar qui incarne Agatha Christie dans la saison 4.)
Dans un tout autre registre, j'ai regardé Secret Smile, téléfilm en deux parties que ne renierait pas M6 (je ne comprends pas qu'il n'ait pas déjà été diffusé en France un samedi soir en deuxième partie de soirée, même si l'interdiction aux moins de 15 ans est largement imméritée) (mais bon, je suis française, je ne me cache pas les yeux quand je vois un bout de sein) (surtout quand c'est celui de David, mais je m'égare). Adapté d'un roman de Nicci French (jamais lu, mais j'ai vu il y a longtemps Feu de glace, un navet de la plus belle eau) (et sur M6, tiens), Secret smile est un mauvais thriller plein d'incohérences et à la morale plus que douteuse. Miranda (Kate Ashfield, que j'ai trouvée très mauvaise) rencontre Brendan (David, donc, dans un rôle mal écrit) ; il a tout de l'homme idéal, sauf qu'à peine 10 jours après leur rencontre, elle le retrouve chez elle : non seulement il a fait faire un double des clés dans son dos, mais il lui a en plus rangé tout son appart' (ça ne vous rappelle pas ce film over flippant où Julia Roberts est poursuivie par son ex-mari psychopathe ?). Miranda rompt, pour retrouver Brendan trois mois plus tard... fiancé à sa soeur. Dès lors, elle découvre que Brendan semble n'avoir rien de mieux à faire que lui pourrir la vie pour se venger. C'est un téléfilm très maladroit, en partie à cause de l'histoire, trop étirée et bourrée d'invraisemblances (et la fin m'a hérissée au possible, je ne la dévoile pas pour ceux qui voudraient quand même y jeter un oeil) (j'en profite pour préciser qu'il n'existe qu'une version sans sous-titres, et que David chou ayant pour l'occasion récupéré son délicieux accent écossais (bon, moins prononcé que dans Blackpool, n'allez pas me faire dire ce que je n'ai pas dit), il faut quelques minutes de concentration intense pour se mettre dans le bain), en partie à cause des personnages, dont les motivations sont pour le moins peu claires et les actions parfois idiotes. Et David fait ce qu'il peut avec ce qu'on lui a donné, mais hormis une scène dans le jardin et une réplique d'anthologie, on va dire pudiquement que ce n'est pas son meilleur rôle.
Prochain rendez-vous début décembre, chers happy few, avec la sortie DVD de sa dernière série, Single father, produite par la BBC. En attendant, je regarde Life on Mars : y a pas que David Tennant dans la vie, y a aussi John Simm.
PS : merci à Isil pour le prêt de He knew he was right et à Nataka pour celui de Secret smile. Comme Nataka est une challengeuse rigoureuse, elle a chroniqué He knew he was right ici et Secret smile là.
11:00 Écrit par fashion dans Challenge Tennant 2010 | Lien permanent | Commentaires (33) | Envoyer cette note | Tags : aucun maigrichon n'a été maltraité durant la rédaction, c'est que c'est fragile ces petites bêtes là, sinon sookie a couché avec eric, hiiiiiiiiiiiiii, je ne pensais pas que ça allait arriver si vite, enfin dans la série, hein, bande de coquinous, j'ai plus d'essence c'est pas grave j'ai une pal, les chocolats hédiard c'est surfait
17.06.2010
Make a wish
Lors d'une visite au British Museum avec Mickey et Jackie, Rose et le Docteur découvrent, médusés, une sculpture de la déesse Fortune, vieille de plus de 2000 ans, et représentant... Rose. Intrigués et plutôt excités par la découverte, ils décident de se rendre dans la Rome antique afin de comprendre comment cette statue a atterri au département des antiquités romaines. Ils se retrouvent entraînés dans une aventure qui leur fera rencontrer un sculpteur fou, Vanessa, une jeune fille qui vient elle aussi du futur et... un génie.
Il y a quinze jours, chers happy few, lors de ma dernière escapade londonienne, j'ai trouvé le temps de faire un saut de puce chez Forbidden Planet, antre de toutes les tentations, et je suis tombée sur un coffret d'audiobooks Doctor Who auquel je n'ai décemment pas pu résister (pensez donc, trois romans lus par David Tennant et un par Anthony Head, c'était trop pour mon petit coeur tout mou). J'ai profité de cet achat pour enfin acquérir un lecteur mp3 (oui, j'étais la seule à l'ouest du Pecos à ne pas en posséder un, my bad), et après bien des déboires (ne dites rien, je sais), j'ai réussi à y transférer The Stone Rose, ce qui a agréablement occupé mes trajets de métro pendant presque deux jours. Je dois dire que quand la sublime et douce voix de David me raconte une histoire, le trajet passe étrangement beaucoup plus vite, j'ai même failli louper ma station d'arrivée, oups.
The Stone Rose est ma deuxième expérience d'audiobook, chers happy few, et je ne saurai que recommander chaleureusement cet épisode. Non seulement la lecture de David Tennant est comme d'habitude excellente (il arrive à reproduire l'accent et le phrasé de Mickey et de Jackie ce qui est une gageure et le résultat est assez hallucinant et sa lecture des dialogues attribués au génie est proprement géniale) mais l'histoire est formidable, une des meilleures des romans DW que j'ai lus jusqu'à présent. Voir le Docteur en tenue romaine et caligae, le tournevis sonique à la ceinture chercher désespérément une Rose transformée en statue et se retrouver dans le Colisée à se battre contre des fauves, s'est avéré particulièrement jouissif (non, je ne suis pas perverse, chers happy few, je suis juste un peu... bizarre). L'intrigue se tient parfaitement et utilise excellement le paradoxe temporel et ses conséquences, la relation entre le Docteur et Rose est très émouvante (je suis en train de penser que si ces romans peuvent être lus totalement indépendamment de la série, ils ajoutent quand même pas mal à la psychologie des personnages) et de nombreux passages sont plutôt drôles. Un très bon opus, disponible aussi en version papier (la version audio est abrégée mais je ne sais pas de combien de pages).
Jacqueline Rayner, The Stone Rose, BBC audio, 2006, lu par David Tennant, 2 CD, 2 h 30, avec en bonus une interview de l'auteur qui explique sa méthode de travail et les différences d'écriture induites par le changement d'acteur (elle a écrit aussi un roman mettant en scène le neuvième Docteur).
Jacqueline Rayner, The Stone Rose, BBC books, 2006, 256 pages
Ce billet est garanti 100%

Challenge Lire en VO
19
18:53 Écrit par fashion dans Challenge Lire en VO, Challenge Tennant 2010, Littérature anglo-saxonne, SF | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : hiiiiiiiiiiiiiii, ben oui ça faisait longtemps que je n'avais pas couiné, non ?, le prochain billet réussira l'exploit de ne pas parler de david, et d'être 100% couinements, quelle classe
16.06.2010
Are you having a laugh ?
Avertissement : ce billet
Il y a de cela quelques mois, chers happy few, je gambadais avec vivacité au rayon série télé chez HMV, à Londres, lorsque mon oeil fut attiré par ça :
Oh, ai-je délicatement couiné en mon for intérieur, ne serait-ce pas David Tennant que je vois là, en haut à gauche ? (La question est purement rhétorique, chers happy few, j'ai une vision parfaite, limite nyctalope is my middle name.) J'ai tendu la main vers ce coffret de 3 DVD, lu rapidement le pitch de cette série (car c'en est une) et, je ne sais pas vraiment ce qui s'est produit, chers happy few, mais j'ai retrouvé l'objet du délit dans un petit sac aux couleurs du magasin. Je pense que j'ai dû avoir un moment d'absence qui m'a conduite aux caisses mais je ne suis sûre de rien, Monsieur le Juge. Peut-être est-ce même un coup du Docteur. Hum.
Et, s'il s'est révélé que Tennant y apparaît exactement 1 mn 48 (ne dites rien, j'assume), j'ai rudement bien fait d'acheter cette série, qui est parfaitement jouissive. Extras, coproduite par la BBC et HBO, est une sitcom de deux saisons (2005 et 2006) de six épisodes chacune et d'un téléfilm de 80 mn (2007), qui met en scène un acteur loser de 43 ans, Andy Millman, (Ricky Gervais) contraint de faire de la figuration (d'où le titre de la série, "extras" signifiant "figurants") pour vivre, incapable de décrocher enfin un rôle parlant qui lui permettrait de débuter une vraie carrière. Personnage geignard et assez antipathique, Andy Millman a malgré tout quelques qualités d'écriture et il finit par décrocher un rendez-vous avec des producteurs de la BBC qui lui proposent de travailler le script qu'il leur a envoyé pour en faire une sitcom idiote et vulgaire, When the whistle blows. Millman accepte mais reste insatisfait de son sort ; lui qui rêvait de reconnaissance critique et de succès public se retrouve adulé des foules (chaque épisode attire plus de 6 millions de téléspectateurs) mais hué par les journalistes et tourné en dérision par ses pairs, qui ne voient en lui qu'un "entertainer" de bas étage.

Sitcom caustique, qui démonte avec brio les rouages de la télévision et le miroir aux alouettes de la célébrité, Extras est originale par son parti-pris initial : comme Andy fait de la figuration, chaque épisode voit apparaître dans son propre rôle un acteur célèbre. Malmenés par le script (sauf Samuel L. Jackson, qui n'a qu'un tout petit rôle) qui propose comme une version parodique de leur personnage public, ces comédiens, qui ont un rôle plus ou moins grand selon les épisodes, se moquent d'eux-mêmes avec une distanciation et une ironie ma foi tout à fait drôlatiques. De Kate Winslet en pro du coup de fil porno obsédée par les Oscar, qui pense qu'accepter de tourner un film sur l'Holocauste est une bonne chance d'en décrocher un (ironie de la chose, elle en obtiendra un peu après pour The reader) à Orlando Bloom qui épluche la presse people pour vérifier qu'il est bien jugé plus sexy par les lectrices que Johnny Depp en passant par Patrick Stewart qui écrit un scénario plein de femmes nues, Ian McKellen qui explique doctement que quand Peter Jackson lui a demandé d'interpréter Gandalf il lui a répondu "Mais je ne suis pas un magicien, vous savez" ou encore Daniel Radcliffe qui aimerait bien s'émanciper de la tutelle de sa mère et enfin coucher avec une fille, tous sont hilarants. Ce qui est intéressant, c'est que ces comédiens ne sont qu'à la périphérie des épisodes et pas du tout dans l'intrigue (sauf Patrick Stewart grâce à qui la BBC s'intéresse au script d'Andy). Les personnages principaux sont de véritables incompétents, que ce soit dans leur métier (Darren, interprété par Stephen Merchant, co-créateur de la série, est le pire agent d'acteurs que l'on puisse imaginer et Andy lui-même n'est pas l'acteur de l'année) ou dans la vie (Maggie, l'amie d'Andy est incapable du moindre second degré, ce qui la rend profondément idiote). Très bien écrite, vacharde, parfois douce-amère, Extras est une série qui n'a pas franchi la Manche (encore une) et c'est bien dommage, chers happy few, parce qu'elle est formidable.

Extras, (2005-2007), série écrite et réalisée par Ricky Gervais et Stephen Merchant, 2x6 épisodes de 25 mn et un téléfilm, avec Ricky Gervais, Stephen Merchant, Ashley Jensen... Caméos de Ben Stiller, Ross Kemp, Vinnie Jones, Kate Winslet, Les Dennis, Samuel L. Jackson, Patrick Stewart, Orlando Bloom, David Bowie, Daniel Radcliffe, Chris Martin, Ian McKellen, Robert De Niro, George Michael, Gordon Ramsay, David Tennant et plein d'autres, journalistes notamment (et qu'en bonne Française je ne connaissais pas forcément). Zone 2 import anglais uniquement, VO et VOST VO.
Cette série a obtenu de nombreux prix, notamment d'interprétation pour Ashley Jensen et Ricky Gervais et le Golden Globe 2008 dans la catégorie Meilleure série comique.
18:09 Écrit par fashion dans Challenge Tennant 2010, Séries télé | Lien permanent | Commentaires (28) | Envoyer cette note | Tags : extras, bbc, ricky gervais, stephen merchant, vais-je mettre cette série dans le challenge tennant ?, bah oui, allez
09.06.2010
"We few... we happy few... we band of sisters"
Pour clore cette mini-semaine Shakespeare, chers happy few, je ne pouvais pas ne pas vous dire deux mots (ou trois si vous êtes sages) de ce petit chef-d'oeuvre qu'est St Trinian's 2. (J'en vois qui ricanent au fond de la salle mais comme aujourd'hui je suis zenitude et magnanimité, je ne distribue pas de punitions, même si je sais que certains n'attendent que ça, bande de pervers.) (Et le lien avec le Barde va devenir lumineux dans un instant, promis juré mais pas craché parce que je sais me tenir, non mais.)
Le premier St Trinian's ayant été un enchantement (pensez donc, un film plein de références austeniennes de haute volée et de Colin nu, c'est limite trop de bonheur pour mon petit coeur tout mou), je ne pouvais décemment pas passer à côté de la suite, sortie sur les écrans britanniques en décembre dernier et en DVD il y a quelques semaines (oui, je suis comme ça, j'aime la poilade et le film de daube, frappez-moi, je le mérite).
Dans ce deuxième opus, nous retrouvons donc Camilla Fritton (sémillant Rupert Everett qui a toujours le dentier fringant et le verbe haut), directrice de St Trinian's, le pensionnat pour jeunes filles délinquantes. En ce jour de rentrée, elle nomme sa nièce, Annabelle (Talulah Riley), préfète. Hélas, la jeune fille, à peine installée dans ses fonctions, commet un impair. En effet, une de ses camarades de classe a été approchée par un mystérieux inconnu (Lord Pomfrey comme on l'apprendra rapidement, incarné par un David Tennant over sexy), qui lui a proposé 20 000 £ si elle dérobe pour lui la bague du pirate Fritton cachée dans la bibliothèque. Annabelle veut prendre les choses en main mais la négociation tourne mal et voilà le pensionnat assiégé et la bague dérobée. Camilla, furieuse, galvanise ses troupes, récupère Geoffrey Thwaite ( délicieux et malheureux Colin Firth) et déclare la guerre au vilain Lord Pomfrey. Ouh, ça va barder.
Vous l'aurez compris, chers happy few, cette suite est aussi barrée que le premier : délicieux mélange de codes empruntés aux films de pirates (avec une petite dose d'autres emprunts, oh un petit coup d'exorciste, oh une allusion aux films de casse) et de (très nombreuses) références shakespeariennes (oui, nous y voilà, happy few de peu de foi), St Trinian's 2 est une course poursuite échevelée qui mènera nos jeunes et moins jeunes héros au Globe, dans une séquence hilarante qui ne pourra que faire frémir les colinophiles convaincues que nous sommes. Drôlatique, décalé, un brin vulgaire, St Trinian's 2 fait dans le grand n'importe quoi (il faut voir Camilla galvaniser ses troupes en récitant Henry V et Geoffrey revisiter le rôle de Romeo), pour mon plus grand bonheur, chers happy few. La preuve, je l'ai déjà vu deux fois.
St Trinian's 2, avec Rupert Everett, Colin Firth, David Tennant, Talulah Riley, Gemma Arterton..., 2009, zone 2 import anglais uniquement, VO et VOST VO.
PS : certaines mauvaises langues disent qu'il faut boire beaucoup de champagne avant de regarder ce film, mais ne les croyez pas chers happy few, à jeun, c'est bien aussi. (Cela dit, comme le champagne vient d'être déclaré boisson officielle des blogueuses glamoureusement couineuses, je ne peux que vous inciter à en boire, évidemment.)
12:18 Écrit par fashion dans Challenge Tennant 2010 | Lien permanent | Commentaires (29) | Envoyer cette note | Tags : st trinian's 2, we are the best so screw the rest, we do as we damn well please, until the end, st trinian's, defenders of anarchy, j'ai over couiné deux fois, hiiiiiiii
01.06.2010
Not under the bridge
Dans un futur très lointain, dans une Angleterre étrangement désolée, balayée par des vents glacés et où aucune végétation ne pousse, une équipe de scientifiques volontaires tente de mettre au point de nouvelles cultures qui permettraient de nourrir les habitants d'une Terre malmenée par les changements climatiques. Katie, partie en exploration avec son frère, Karl, le milliardaire philanthrope qui finance cette opération, assiste, impuissante et terrorisée, à la disparition de ce dernier, qui semble comme avalé par la terre. C'est alors qu'apparaît... le Docteur.
Comme je suis (un petit peu) monomaniaque, chers happy few, après la série Doctor Who, après les romans Doctor Who, après les comic books Doctor Who (dont je n'ai pas encore parlé parce que je lis ce qui me tombe sous la main et c'est très désordonné), je me suis lancée dans les audio books (bon, ce n'est pas ma faute, Monsieur le Juge, mais celle de Karine, qui avait glissé ce CD dans le premier colis du Swap au long cours, non mais quelle vilaine). Evacuons tout de suite l'histoire, parce que c'était finalement là le moins important : écrite par Simon Messingham (un habitué des romans DW et des scénarios pour la BBC) directement pour être lue (pas de publication papier), il s'agit d'un épisode qui s'insère quelque part après la fin de la saison 4 et avant les Specials, le Docteur étant tout seul dans son TARDIS, le pauvre. On est ici en présence d'un épisode typiquement doctoresque et de bonne facture : un décor saisissant, une menace d'origine extra-terrestre, un Docteur en pleine forme qui réfléchit vite, court beaucoup et fait quelques blagues, un petit groupe d'humains désemparés qui agissent maladroitement et parfois mal et une intrigue qui ma foi se tient correctement, avec des rebondissements bien distillés.
Mais l'essentiel était pour moi ailleurs, chers happy few, car il s'agissait de ma première expérience d'audio book en anglais et je me demandais si j'allais suivre correctement, même si ma récente expérience de série britannique sans sous-titres avait été un franc succès. Et je dois dire que j'ai bien fait de commencer par un roman lu par David Tennant (que celui qui ricane apprenne par coeur quelques fiches de vocabulaire moldave, tiens), parce qu'à force de fréquenter cet homme, je suis habituée à sa diction et à son phrasé, assez particulier et rapide mais qui m'est familier, ce qui a rendu l'écoute de cet audio book extrêmement fluide et aisée. Le deuxième écueil résidait pour moi dans la nature même de l'audio book : il s'agit d'un roman lu et non d'une pièce jouée, et s'il y a bien une chose que je n'aime guère, c'est qu'on me fasse la lecture (voilà pourquoi je ne me suis jamais intéressée aux livres audio français), même si ici l'objectif était pour moi clairement pédagogique puisque ce roman est en anglais. Et je dois dire que j'ai adoré l'expérience, certainement parce que j'ai trouvé que Tennant était un lecteur hors pair (en tout objectivité évidemment). Il a une façon bien à lui de varier les tons et les accents et de moduler sa voix en fonction des personnages (mais sans jamais la contrefaire), ce qui fait que l'on n'a à la limite jamais besoin des propositions incises (dit Tim, pleura Petra, etc.) pour comprendre immédiatement qui parle, ce qui, vu le grand nombre de personnages (une bonne dizaine) tient du tour de force et il lit les parties narratives avec une grande expressivité. Je suis tellement convaincue que je vais en acheter d'autres (il en a enregistré 5 ou 6 rien que pour Doctor Who et je pense aussi essayer un titre lu par Catherine Tate) et je vois s'ouvrir devant moi des portes inattendues, chers happy few, car certains enregistrements des pièces de Shakespeare n'existent qu'en CD et non en DVD... Monomaniaque forever.
The day of the troll, écrit par Simon Messingham et lu par David Tennant, BBC, 2009, 2 h 20 d'enregistrement sur 2 CD.
Encore merci Karine!

Challenge Lire en VO
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06:00 Écrit par fashion dans Challenge Lire en VO, Challenge Tennant 2010 | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : the day of the troll, audio book bbc, david tennant, il ne faut pas prendre les contes de fée à la légère, et toujours écouter le docteur, ce que tout le monde devrait savoir, quand même, depuis le temps
23.05.2010
Turn left... In your own time
Beverly Baldwin (Jessica Hynes), femme de ménage pour la police d'une petite ville de Grande-Bretagne, désespère d'obtenir son permis de conduire, qu'elle a déjà passé 8 fois. Elle décide alors de prendre des leçons données par un professionnel (c'était jusque-là son mari (Shaun Dingwall) qui tentait de lui apprendre à conduire). Elle s'inscrit chez Gear Change, une auto-école, et rencontre Christopher (David Tennant) qui s'avère tout de suite être un professeur idéal, patient et passionné.
Learners, regardé dans le cadre du Challenge Tennant 2010 est un téléfilm qui a des qualités mais qui ne m'a pas emballée plus que ça, chers happy few (oui, je sais, hérésie totale, c'est le premier film avec David Tennant qui me fait cet effet-là, shame on me, big time). Je l'ai trouvé curieusement bancal, à cause du scénario qui multiplie les erreurs d'écriture. D'une part, le film oscille entre les genres (comédie, comédie romantique, film réaliste) sans jamais parvenir à choisir, ce qui nuit à l'unité de ton (certaines scènes sont assez drôles mais auraient pu l'être plus et les scènes plus intimistes semblent arriver comme un cheveu sur la soupe) et d'autre part, le scénario souffre d'une superficialité certaine, n'arrivant jamais à proposer au spectateur plus que le postulat de départ (Bev aura-t-elle son permis ?), ce qui a pour corollaire la mise en scène de personnages qui manquent cruellement de profondeur, ce qui est très visible chez les personnages secondaires, réduits au rang de simples figurants. Le personnage le plus réussi est sans conteste celui de Bev, car c'est finalement la seule dont on comprend parfaitement les motivations, que ce soit son acharnement à vouloir obtenir son permis (elle veut créer sa boîte de nettoyage et a besoin d'autonomie y compris par rapport à son mari, loser qui claque avec régularité le peu d'argent du ménage dans des projets fumeux) ou ce qui la pousse à se jeter dans les bras de Chris (il la valorise et lui donne confiance en ses propres capacités, ce que personne n'avait jamais fait auparavant) mais le spectateur a plus de mal à démêler les motivations des autres. Du coup, leurs relations et leur évolution sonnent assez faux, et j'ai trouvé notamment que le couple formé par Fiona (la directrice de l'auto-école) et Chris n'était pas du tout crédible. Si on comprend parfaitement ce que ce dernier, introverti et calme, un peu coincé et excellent pédagogue éveille chez Bev, c'est nettement moins clair chez Fiona dont le revirement m'a paru aussi soudain que téléphoné. Au final, Learners est un téléfilm gentillet et superficiel qui se laisse regarder sans déplaisir mais qui ne restera pas dans mes annales, et c'est le film dans lequel j'ai le moins aimé David Tennant, qui a ici un rôle bien trop creux. Dommage.

Learners, réalisé par Francesca Joseph, avec Jessica Hynes, David Tennant, Shaun Dingwall..., BBC, 2007, Zone 2 en import anglais uniquement, VO et VOST VO.
Merci infiniment Cuné!
12:12 Écrit par fashion dans Challenge Tennant 2010 | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : learners, bbc, daviiiiiiiiiiiiiiiid, le permis stress universel donc, j'aurais bien aimé avoir david chou pour instructeur
13.05.2010
Et si on challengeait ?
Comme vous le savez tous, chers happy few, j'aime les challenges parce que j'ai l'esprit joueur, limite espiègle. Et si jusqu'à cette année, je mettais un point d'honneur à ne pas les tenir (ce qui, croyez-moi, est tout un art, aussi subtil que délicat), 2010 est pour l'instant l'année des challenges tenus : alors que nous ne sommes même pas à la moitié de l'an, j'ai déjà achevé les challenges Lire en VO, Crazy SF, Lunettes noires sur page blanche et English classics. Vous pouvez m'acclamer, tiens, ou m'envoyer des fruits, parce que je le vaux bien (et que je déteste les fleurs, c'est une tare que j'ai, comme ça, et que j'assume), je prends tout, surtout les bananes (oui, une allusion au Docteur vient de se glisser sous mes doigts, oups, my bad).
Bref. Quand Cryssilda a lancé le Challenge Ewan vs Christopher, j'ai dit, sous forme de boutade, que ce n'était pas juste et qu'il fallait un challenge David pour rétablir l'équilibre cosmique. Comme j'ai lancé cette idée en public, elle n'est pas restée en l'air (ce qui est malheureusement le sort de toutes mes blagues depuis que j'ai un blog, comme en témoignent le Swap Sexy Men et les Harlequinades, entre autres) (je crois que je devrais arrêter de parler en public) (et de fréquenter des copines qui ont la mémoire longue) et je me suis trouvée assiégée de toutes parts afin de la mettre en oeuvre. Et comme je suis faible, hélas, j'ai cédé.
Voici donc en exclusivité mondiale, chers happy few, le challenge qui rassemblera le plus petit nombre de participants ever (un challenge pour very happy few donc) (c'est que j'ai une réputation de blogueuse élitiste à tenir, ce qui, croyez-moi, chers happy few, n'est pas facile tous les jours) : le Challenge Tennant 2010.
Le principe est simple (et honteusement calqué sur le Ewan vs Christopher Challenge) : voir le plus possible de films, téléfilms et séries avec David Tennant inside (quelle que soit la taille du rôle) et les chroniquer. Les inscriptions se font dans les commentaires de ce billet, de même que vous viendrez ici déposer les liens vers vos billets. Comme c'est un homme très occupé, il a déjà une longue filmographie que je n'ai pas pris le temps de recopier (oui, je sais, c'est pas beau la paresse, à ma décharge aujourd'hui est un jour férié, donc tout est permis), me contentant de vous y renvoyer ici. Il a aussi enregistré une tripotée de livres audio, qui comptent aussi pour le challenge, of course.
Pour ma part, j'ai déjà chroniqué Doctor Who (ici, là et encore là), Hamlet, Einstein and Eddington, Takin' over the asylum, Blackpool et Casanova. J'ai vu aussi He knew he was right sans en parler, chose que je vais du coup certainement réparer.
Bonnes découvertes, curieux happy few!
PS : je suis toute disposée à faire circuler les DVD que je possède auprès des inscrits que je connais personnellement, évidemment.
PSbis : je me suis inscrite au Challenge Ewan vs Christopher sans même réfléchir (comment résister à un challenge qui permet de revoir G.I Joe, hmmm, je vous le demande ?) (et je pense que mon challenge sera clairement orienté Christopher, je suis partiale et je l'assume) et je vous invite à faire de même, of course.
Edit : les participants officiels : Alexiel, Anne-Shirley, Caro[line], Celsmoon, Chiffonnette, Cryssilda, DViolante, **Fleur**, Karine, Kitty, Mara, Nataka, Secondflore, Virginie, Yueyin
Les participants officieux : Cuné
Les Glamourous Cheerleaders : Amanda (cheerleader en chef), Kikine, Lou, Theoma (qui promet de faire preuve d'une grande souplesse pour regarder sous le kilt de David, nous saurons nous en souvenir, chers happy few)
08:39 Écrit par fashion dans Challenge Tennant 2010 | Lien permanent | Commentaires (59) | Envoyer cette note
12.05.2010
"Je fus toute ma vie la victime de mes sens"
Si on m'avait dit il y a quelques mois que je regarderais en anglais non sous-titré une mini-mini série britannique de 3 épisodes consacrée à la vie de Casanova, le plus célèbre des libertins italiens, je me serais gaussée, chers happy few, car voilà bien un personnage qui n'avait jamais suscité le moindre intérêt chez moi. Mais comme je ne l'ai pas fait (car personne dans mon entourage n'a les pouvoirs de Cassandre, thank goodness), je peux donc vous parler en toute liberté de ma dernière découverte. (Oui, je sais, je fais vraiment ce que je veux dans ce salon, ça en devient limite désagréable, vous pouvez me punir en me faisant lire en boucle le dernier Musso, tiens.) (Mais ça c'est uniquement si vous êtes très en colère, hein, sinon un peu de Lévy suffira.)

Casanova (Peter O'Toole) vit ses derniers jours, reclus dans la bibliothèque d'un château qui n'est pas le sien, au service d'un gentilhomme qui n'est jamais là, maltraité par les servantes et ignoré par les autres. Un soir, une jeune fille de bonne famille qui vient d'arriver au château, contrainte de vendre ses services comme servante suite à la mort de son père pourri de dettes, se rend dans sa chambre pour lui porter son repas. Elle le reconnaît pour avoir entendu son père en parler plusieurs fois et le vieil homme lui raconte alors sa version de sa vie...
Casanova est une série particulièrement réussie, chers happy few, certainement en raison de son parti-pris de départ : Russel T. Davies (oui, celui-là même, j'entends déjà certaines whoviennes se mettre à hausser un sourcil), qui a écrit le scénario, a décidé de faire fi de toute réalité historique pesante. Les décors sont réduits au minimum (et certains sont réutilisés dans des circonstances différentes, notamment la salle de bal), les costumes ne sont pas exactement ceux qu'ils devraient être et certaines saynètes sont très éloignées de la réalité historique (je pense notamment à la vision de la cour virevoltante de Louis XV, où les femmes portent la jupe au-dessus du genou et où Casanova est entraîné dans un tourbillon de danses où hommes et femmes l'encensent et tentent de le séduire avant que de le chasser, le tout en cinq minutes à peine). Davies s'est concentré sur la figure de Casanova pour en proposer un portrait personnel tout en s'appuyant sur certains faits décrits dans ses Mémoires : il en fait un homme joyeux, épicurien et léger, cultivé et talentueux (il a un don pour l'apprentissage ce qui fait de lui un musicien hors-pair, un homme qui parle six ou sept langues et qui est capable de se faire passer tour à tour pour un médecin ou un avocat avec autant de succès que s'il en était un), chanceux parce que doué d'une formidable capacité d'adaptation et d'improvisation, doté d'un délicieux talent de répartie, qui joue sa vie sans se soucier des conséquences (il quitte la France en catimini et en quatrième vitesse, ayant perdu toutes ses possessions au jeu, y compris... ses dents) et qui aime vraiment les femmes, qu'il séduit toutes sans distinction mais sans système (Casanova n'est définitivement pas un Dom Juan) . Davies s'est servi de quelques éléments biographiques (la prison, l'évasion, les voyages incessants, l'invention de la loterie et bien évidemment les nombreuses conquêtes) mais il se les est appropriés en les changeant de contexte, ce qui leur donne une autre signification. En effet, pour ajouter une dimension plus profonde à ce personnage déjà terriblement attachant, Davies lui invente un grand amour jamais consommé, celui pour Henriette, une très belle jeune femme née dans la misère et fiancée au duc de Gramani, espèce de bellâtre rigide, amour dont il fait la cause indirecte de l'emprisonnement de Giacomo dans la fameuse prison vénitienne, les Plombs, d'où il s'échappera au bout de quelque temps (Casanova fut le seul à jamais s'évader de cette prison) et de son éternelle cavale.
Bourrée d'inventivité (les scènes muettes avec Henriette, les paroles de Casanova jeune qui se superposent à ce qu'écrit Casanova vieux, les scènes de bal, les scènes de Cour qui fonctionnent en miroir (notamment celles Louis XV et de George II), les jeux autour des portes qui s'ouvrent et se ferment, les remarques sur les langues et les accents alors que tout est en anglais, la relation entre Casanova et Roco, son valet) et d'humour (c'est extrêmement bien écrit et de nombreuses répliques sont délicieuses), excellemment interprétée (Peter O'Toole est touchant dans sa volonté de se raconter sans se justifier et David Tennant, qui incarne Casanova jeune est parfait de grâce séduisante, d'énergie et d'assurance, sans parler des personnages secondaires), Casanova est le portrait enlevé et enjoué d'un jeune homme aimé de la Fortune dans un monde en mutation (la dernière séquence à Naples en est parfaitement représentative). Très réussi.
Casanova, BBC, 2005, scénarisé par Russel T. Davies, avec Peter O'Toole, David Tennant, Rose Byrne, Rupert Penry-Jones... 3 épisodes de 60 mn chacun, zone 2 en import anglais uniquement, mais il semble épuisé (plus disponible sur amazon briton, ni sur le site de la BBC).
Merci infiniment Nataka, grâce à qui j'ai enfin pu voir cette série!
PS : j'ai regardé l'intégralité de cette série en anglais sans sous-titres (ce que je ne fais que depuis peu, depuis le début de la saison 5 de Doctor Who il y a 6 semaines pour être tout à fait précise). Grâce à la fabuleuse diction des acteurs britanniques j'ai tout suivi, ce qui veut dire que je suis prête pour les livres audio. Une marotte de plus se profile à l'horizon, chers happy few. On n'est pas rendu.
PS bis : comme une découverte n'arrive jamais seule, j'ai très envie de lire les Mémoires de Casanova, publiés sous le titre Histoire de ma vie. Et comme la LCA est toujours encouragée dans ses vices, Bouquins en propose l'intégrale en trois volumes. C'est pas ma faute, Monsieur le Juge. Evidemment.
09:54 Écrit par fashion dans Challenge Tennant 2010, Séries télé | Lien permanent | Commentaires (33) | Envoyer cette note | Tags : casanova bbc 2005, peter o'toole, david tennant, c'est malin maintenant je veux lire ses mémoires, et la bio de zweig, caroline ne dis rien, je sais











