28.12.2011

Winning the wallflower - Eloisa James


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(Ben oui, je lis sur mon kindle de manière aussi régulière que soutenue, c'est ce qui s'appelle avoir de la suite dans les idées.)

 

Winning the wallflower est une novella (id est un très court roman) publié uniquement au format numérique (voire même peut-être uniquement au format kindle mais point ne m'avancerai), qui sert de complément à The Duke is mine, qui est sorti hier si je ne m'abuse. L'héroïne est Lucy Towerton, une jeune fille qui a fait sa sortie dans le monde trois ans auparavant et qui est donc une "wallflower", une jeune femme qui fait tapisserie. Elle est à la fois surprise et charmée quand le très séduisant Cyrus Rathbone la demande en mariage mais elle déchante vite quand elle comprend qu'il n'est absolument pas amoureux d'elle. Tout change quand la jeune femme hérite d'une fortune considérable et que sa mère veut la contraindre à rompre les fiançailles car elle peut à présent prétendre à un titre...

Winning the wallflower est une charmante romance au point de départ very cute puisque Cyrus, après la rupture des fiançailles va enfin conquérir le coeur de la jeune femme. Lucy est une héroïne comme je les aime dans les romances : décidée, drôle et vive et Cyrus a tout du pirate des rêves féminins (nous sommes toutes branchées sur le même inconscient, c'en est limite flippant et ça mériterait une thèse au titre évocateur et glamour comme "De la représentation archétypale du séducteur masculin en littérature : une construction sociologique et psychologique" ou à défaut un article dans Biba : "Je kiffe les bad boys poilus, c'est grave Docteur ?"). Mais comme d'habitude avec les novellas, c'est way trop court et on reste sur sa faim. Bah, c'est pas comme si j'avais pas d'autres romans d'Eloisa James à lire, hein.




Challenge Lu en VO

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55 (ben oui, finalement j'en avais en réserve, oups) 




23.12.2011

Dream a little dream - Susan Elizabeth Phillips

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(J'aime bien cette couv'. Vraiment.)

 

Parce que j'avais acheté ce tome 4 de la série des Chicago Stars, Chi-Chi m'avait prêté le tome 1 histoire de me sauver de la sériedansledésordrite aiguë qui est la mienne depuis toujours. Parce que j'avais adoré It had to be you, j'avais envie de lire autre chose de Susan Elisabeth Phillips (SEP pour les intimes), la femme qui met des photos de ses chaussons rennes sur FB ce qui me conforte dans l'idée que je ne suis pas seule dans l'univers. Parce que ce tome 4 était sous mon nez, j'ai cédé. La chair est faible hélas, comme les 3 kilos de bredele disparus en une semaine peuvent en témoigner à mon jean défendant.

Pitchons, car c'est notre devoir et le dieu des blogueuses légitimes nous le rendra au centuple en nous abreuvant de mails d'attachées de presse moldaves : Rachel Stone est pauvre comme Job. Elle a quitté son dernier job de femme de ménage dans un motel parce que le patron a tenté de la violer. Au volant d'une voiture qui tombe en morceaux, avec son fils de 5 ans, Edward, elle revient à Salvation, la mal nommée où son défunt mari, télé-évangéliste célébrissime a escroqué des centaines (voire des milliers) de personnes. Elle est persuadée que les cinq millions de dollars que la police n'a jamais retrouvés sont quelque part dans leur ancienne maison, rachetée et laissée en l'état par Cal Bonner, une star de football américain. Dès son arrivée dans cette ville où tout le monde la déteste (son mari a dit publiquement avant de mourir dans un accident d'avion qu'il avait détourné des fonds pour elle car elle était avide et insatiable), elle croise la route de Gabe Bonner, le frère de Cal, un homme profondément meurtri par la perte de sa femme et de son fils deux ans auparavant...

Il y a deux choses qui me plaisent terriblement dans les romans de SEP, fidèles happy few : sa plume, concise et légère (et croyez en une adepte de la romance, elles ne sont pas si nombreuses celles qui écrivent bien) et son incroyable justesse psychologique. Elle a un don d'analyse certain dont elle se sert pour camper des personnages émouvants, attachants, parfois extrêmement agaçants mais que l'on ne peut s'empêcher de comprendre. Cela donne une vraie profondeur à des histoires qui sur le papier ont tout de romances banales mais qui deviennent chez elle bien plus que cela. Dream a little dream est une histoire de deuil et de rédemption, d'acceptation des cartes que le destin nous donne et bien évidemment d'amour, qui trouve ici de nombreuses formes. Et si j'ai moins aimé ce roman que It had to be you, c'est uniquement parce que toute la thématique religieuse m'est restée étrangère, certainement parce que je trouve la façon de pratiquer de l'Américain moyen (le roman se déroule en Caroline du Nord) un peu extrême. (Je n'ai pas pu m'empêcher en lisant ce roman de penser à Ricky Gervais disant aux Golden Globe : "Thank God for making me an atheist" (ou une phrase approchant) et s'attirant les foudres de l'Amérique profonde et un sermon pour sauver son âme d'un prêtre du Midwest.) Dream a little dream (1998, 390 pages) est un excellent roman à conseiller aussi à ceux qui ne lisent pas de romances. 

 

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Challenge Lu en VO

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A moins que je ne mette la main sur le retourneur de temps d'Hermione ou le pied dans un Tardis, ce billet sera le dernier comptant pour le Challenge Lu en VO de 2011. 54 billets, 61 lectures, je l'ai rempli haut la main, miracle. 

Il n'en va pas de même pour les autres challenges : rien lu pour le Challenge Jules Verne (mais il me reste 1 mois et demi pour lire un titre, rien n'est perdu, mouhahahahaha), un seul titre pour le Challenge de la Rentrée littéraire 1220 à peu près. J'ai lu et chroniqué 8 romans pour le Challenge Nécrophile mais aucun dans l'une des catégories pourtant inventées par moi, quel talent. 

Comme je me connais, je ne m'inscris plus à beaucoup de challenges depuis deux ans. En 2012, je compte participer au Challenge Gilmore Girls de Karine (comme je n'ai aucun titre dans la PAL, je sens venir le Challenge raté, ahem) et au Challenge Once upon a time de Pimpi. Pour le reste, wait and see, chers fidèles.

18.12.2011

Romance is a slow dance to a sound as sweet as rain

La fin de l'année approche et je me suis dit, dans un élan (contrôlé, rassurez-vous) de légitimité bloguesque qu'il fallait que je mette à jour mes challenges histoire de finir 2011 en beauté (capillaire, évidemment). Voici donc ce qui devrait être l'avant-dernier billet comptant pour le Challenge Lu en VO organisé par Bladelor et que je suivais pour la deuxième année consécutive. L'année dernière, j'avais lu 32 ouvrages, cette année, alors que les BD ne comptaient plus, j'ai largement dépassé la cinquantaine mais comme je suis paresseuse et débordée (une combinaison parfois fatigante, croyez-moi) je n'ai pas fait de billets pour tous les romans que j'ai lus. Je me rattrape donc un peu (mais pas entièrement) avec ces quelques titres. De romances. Ahem.

 

9277340.jpgJ'ai enfin découvert cet auteur dont Chi-Chi me parle depuis des mois avec des étoiles dans les yeux et des trémolos dans la voix avec ce titre ô combien délicieux. Harper James est avocate, spécialisée dans les divorces. C'est une femme qui tente de contrôler les moindres détails de sa vie et qui a décidé qu'il était temps que son petit ami, Dennis, pompier à catogan gentiment immature, l'épouse. Elle a tout prévu pour le demander en mariage et s'est même acheté une bague. Oui mais voilà, Dennis n'est pas très enthousiaste et en plus la petite soeur d'Harper choisit ce moment précis pour l'appeler et lui annoncer son troisième mariage avec... l'ex beau-frère de Harper qui a été brièvement mariée à Nick douze ans auparavant. Voilà donc Harper en plein Montana obligée de revoir son ex qui non seulement n'a pas changé d'un iota mais lui avoue qu'il est toujours amoureux d'elle... My one and only est une romance drôle et bien troussée (je ne suis jamais avare d'une métaphore douteuse comme vous le savez depuis longtemps) dans laquelle Nick et Harper se voient donner une seconde chance par la vie. Un road movie, des rires, du swoon, une Mustang rouge, des larmes, des découvertes difficiles et un plongeon dans la baie. Hautement recommandable.

 

AlanAyers_CharmingThePrinceTeresaMedeiros.jpgCharming the Prince est une réécriture de Cendrillon dans laquelle Lady Willow, qui a été contrainte de s'occuper pendant des années de ses demi-frères et soeurs, accepte d'épouser Bannor, un riche seigneur qui cherchait une femme laide pour s'occuper de ses... douze enfants. Le hic, c'est que Willow ne sait pas qu'il a douze enfants quand elle saute sur la proposition afin de gagner sa liberté. Bannor, le fier chevalier qui fait trembler les Français a peur de ses propres enfants qui sèment la terreur dans le château et il comptait sur Willow pour les ramener dans le droit chemin. Quand il découvre que la jeune épouse que son bras droit lui a trouvée est jeune, belle et en son compte de gamins à baigner, il comprend que les ennuis débutent... Une romance sympathique, qui ne m'a pas emballée plus que ça parce qu'elle manque de densité mais qui a des qualités, dans la construction comme dans l'écriture. 

 

raven.jpgAnna Wren est veuve et pauvre. Elle accepte de devenir la secrétaire particulière d'Edward de Raaf, un homme qui terrifie tout le monde. Elle tombe amoureuse de lui mais cet homme rigide ne veut pas succomber à cette femme parce qu'il ne veut pas la dévoyer, pauvre petite chose. Anna décide alors de le séduire sans qu'il le sache en prenant place, masquée, dans le bordel qu'il fréquente de temps en temps. Oui, je sais, ce pitch vous fait rire, chers happy few, mais croyez-moi ce roman n'est pas drôle du tout, hélas et malgré ma tendresse toute professionnelle (limite scientifique) pour ce lieu au potentiel romanesque certain que sont les maisons closes, ce roman ne m'a pas plu du tout à cause des personnages principaux qui ne sont ni intéressants ni attachants. Et puis ce titre, oh my, faudrait vraiment interdire certains noms communs dans la romance historique, genre "raven", dont il est fait un abus terrible. Je pense que les corbeaux devraient constituer une association de défense, pas moins.

 

Plus qu'une romance contemporaine, Attachments est un excellent roman. Jennifer et Beth sont amies etAttachments NEW.JPG collègues dans un quotidien et elles correspondent par mail plusieurs fois par jour. Lincoln, un homme renfermé et surdoué qui a beaucoup de mal à relationner et qui ne se remet pas d'une rupture vieille de dix ans, est embauché pour surveiller l'emploi d'internet par les employés. La correspondance des deux jeunes femmes est régulièrement signalée par le logiciel de surveillance mais au lieu de les sermonner, Lincoln ne peut s'empêcher de lire leurs échanges... Attachments alterne les échanges de mails des deux jeunes femmes, qui sont souvent drôlatiques (j'ai ri aux éclats un nombre incalculable de fois), parfois poignants et toujours d'une grande justesse (c'est une excellente représentation du fonctionnement de l'amitié féminine) et l'histoire de l'évolution de Lincoln qui va enfin s'émanciper et se prendre en main. C'est un roman original dans la forme et qui met en scène un personnage masculin atypique et attachant (certains de ses propos flanquent la chair de poule, il y a un fort potentiel cinématographique dans ce roman). 



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09.12.2011

"It's no wonder I haven't been able to keep my hands off the blasted man since the day I met him. He's an artifact! A Celtic one at that!"

Les archéologues sont incorrigibles. Et ce ne sont pas les Professeurs Jones et Song qui me contrediront.

 

J'avais une envie d'Highlander en kilt (et de bananes, aussi oui, voire même de caffé latte, je suis une fille simple) et comme je n'arrive pas à remettre la main sur ma copie de Highlander (une copine a dû la garder dans un accès de passion brûlante pour Christophe-le-sublimissime-au-regard-de-braise), j'ai été obligée de me rabattre sur ce que j'avais dans la PAL :

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(C'était ça ou le troisème tome de la série de Gabaldon, le choix fut cornélien : Jamie ou Dageus, Dageus ou Jamie, sexytude ou sexytude, same difference, c'est la couverture qui l'a emporté, je suis une femme superficielle, ne l'oubliez jamais.)

Et tout est dit dans cette délicieuse couverture et ce mystérieux titre : de la nudité masculine (pas assez) sous tartan (un riquiqui peu, le pauvre héros ne veut pas porter les couleurs de son clan parce qu'il a commis une big bêtise, il ne se sent plus digne de sa famille, pauvre choupy viens là que je te redonne confiance en toi), un Highlander (Dageus, donc, parce que tous les bons prénoms étaient déjà pris, comme Jamie, Vishous et Jericho ; un vrai de vrai, du XVIème siècle, qui vit de nos jours (l'intrigue est compliquée, laissez tomber) dans un luxueux penthouse à Manhattan, ben quoi, faut pas se laisser abattre, il a raison), de la darkitude (le pauvre est attiré du côté obscur de la Force par treize Druides noirs qu'il porte en lui comme des ombres mortelles et affamées - yeah, I feel kind of poetic today, enjoy-), avec en plus une héroïne drôle et maline, qui n'aime rien tant que les vieux textes dans des langues indéchiffrables (ça me rappelle au moins trois personnes de mon entourage sans me compter, oui j'ai de drôles de fréquentations, so what ?), une malédiction (je kiffe les malédictions, pas vous ?) et les prémices de Fever (dialogues muets, et "brouillon" de Barrons en Dageus qui n'est déjà que noirceur, sexytude, control freak, cheveux longs and stamina, oh yeah baby). En ces temps de grisaille pluvieuse, je ne demande pas plus. Quand je vous disais que j'étais une fille simple.

 

The Dark Highlander (2002, 370 pages) est le cinquième volume de la série des Highlanders, après Beyond the Highland mist, To tame a Highland warrior, The Highlander's touch et Kiss of the Highlander (avec un peu de perspicacité, vous retrouverez mes billets quelque part, je fais grève du lien ce soir).

 

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29.11.2011

"You changed me and made me brand new."

Chabadabada, chabadabada, bada, bada... Solo de guitare.

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Oui, je sais.

Mais j'ai une excuse.

Ahem.

Voici venu le temps des rires et des chants de fin d'année, chers happy few, qui apportent avec eux leur lot de récompenses et de classements en tous genres. Comme j'adore les listes (nul n'est parfait, la preuve, je ne ressemble pas à Angelina Jolie), j'ai consulté un peu tous les Tops divers et variés de nos amis anglo-saxons, même ceux consacrés à ce genre que je ne lis jamais, la romance. (A ma décharge, ces Tops se trouvent systématiquement entre les 10 meilleurs essais philosophico-économiques et les 10 meilleurs romans-où-le-héros-après-une-longue-et-intense-quête-dans-son-salon-et-sa-psyché-découvre-le-vrai-sens-de-la-vie-et-comprend-enfin-son-goût-pour-les-pizzas-au-poivron, Tops que je lis évidemment scrupuleusement en prenant des notes dans mon petit carnet à LAL en cuir moleskine, on est puriste ou on l'est pas.)

Donc, dans un classement des Meilleures romances de l'année (ne me demandez pas lequel, je ne m'en souviens pas, il devrait être encore beaucoup trop tôt et je n'avais bu que deux cafés), voilà-t-y pas que mon oeil de biche est attiré par cette sublime couverture. Oh mon Dieu que je me dis (en fait, je me dis quelque chose de beaucoup plus imagé mais je ne voudrais pas choquer le peu de lectorat qui me reste), il me faut ce roman là tout de suite maintenant sinon je retiens ma respiration jusqu'à ce que ridicule s'ensuive. Mais comme je suis bonne copine et que je connais une ou deux (voire trois ou quatre) (ok, cinq ou six) blogueuses qui seraient ravies de lire ce titre, je le commande en version papier et pas en version numérique, ce qui m'a forcée à attendre deux longs jours avant de pouvoir l'ouvrir, je ne suis qu'abnégation et mesure. (Oui, ce billet est gracieusement rédigé par une blogueuse sans conscience qui commande ses livres en anglais sur internet parce qu'elle aime faire des économies, fouettez-la, elle aime ça.)

Comme vous l'aurez aisément compris, vous que les fées de la perspicacité ont dotés dès le berceau, Fitzwilliam Darcy Rock Star (2011, 424 pages) (FDRS pour les intimes et pour celle qui ne se voit pas écrire à chaque fois ce titre un poilounet longuet) est une transposition d'Orgueil et préjugés dans le monde plein de stupre et de luxure de la rockstaritude. Le prologue est excellent et augurait bien de la transposition : on y lit la description d'un documentaire consacré au groupe Slurry, un groupe de rock mené par Darcy, fils de millionnaires, homme sombre et bad boy clichéesque au possible, consommateur de drogue et de groupies. Le chanteur du groupe est Charles Bingley, un pote de fac sympa et le batteur Richard Fitzwilliam, qui a eu plusieurs fois maille à partir avec la justice et dont les frasques ont plus d'une fois interrompu les tournées. Le groupe cherche des artistes pour être leur première partie et leur manager, Caroline Bingley, la soeur jumelle de Charles, déniche un groupe de filles, les Long Borne Suffering, composé de Jane (clavier, chant), Elizabeth (guitare, basse) et Charlotte Lucas (batterie). La tournée démarre.

Il y a de bonnes idées dans cette romance, notamment dans la transposition des caractères (c'est Charlotte Lucas qui à ce titre est le personnage le plus réussi, une femme pragmatique en 2010 étant bien éloignée d'une femme pragmatique de 1810) et des événements (le truc qui me fait marrer à chaque fois, c'est ce que chaque auteur qui écrit une transposition fait du personnage de Whickham, parce qu'il faut bien trouver quelque chose qui choque vraiment le lecteur contemporain, et là je crois franchement qu'on a fait le tour de la question). J'ai trouvé les scènes épicées assez réussies, heureusement parce qu'elles sont très nombreuses, rock attitude oblige. Ce qui manque définitivement à cette romance, c'est un bon éditeur : il y a de nombreuses scènes inutiles et redondantes, notamment dans l'évolution psychologique de Lizzy, qui passe son temps à chougner et à atermoyer, ce qui ralentit le rythme, et certaines péripéties semblent tirées par les cheveux pour calquer à la trame du roman de Jane Austen (notamment entre Charles et Jane, leur sujet d'éloignement est tellement idiot pour un couple moderne que c'en est risible). Le style est assez lourd, même pour mes yeux de Française et ça manque d'humour, mais ça ne m'a pas empêchée de lire ce FDRS jusqu'au bout. Je suis irrécupérable, je sais, et je ne me soigne même pas.

 

le mardi....jpgOuh, ça faisait longtemps !        

 

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PS : Cécile, tu remarqueras que j'ai posté ce billet à 3 h du matin. Enjoy.

19.11.2011

“Hi,” Ashlee said, then glanced up under her lashes at Dylan and gave that sexy pout again. “Sorry I said you were slutty.”

“Hi,” Kendall replied. “Sorry I thought you were a bitch.”

 

L'autre jour, alors que j'errais, légère et court vêtue à une heure proprement indécente sur un site d'héroïne mamelue et néanmoins antique, je suis tombée par le plus grand des hasards hasardeux, voire même fortuits sur

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Admirative devant la beauté sculpturale de la couverture (j'ai cru un instant qu'il s'agissait d'un jeu vidéo datant d'une époque que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître), je l'ai téléchargée sur Randy, qui en a frétillé d'aise. (Il faut dire que comme sa propriétaire, Randy est affligé d'un penchant coupable pour les courses Nascar, que j'ai découvertes grâce à Janet Evanovich, comme quoi la kulture est partout chers happy few.) (En revanche, ma crédibilité, elle, a disparu au fond de ma première Margarita, a long long time ago.)

Alors attention, incrédules happy few, kulture en vue : Harlequin a signé en 2007 un contrat avec le circuit Nascar et a publié jusqu'en 2010 une quarantaine de romances qui se déroulent dans ce milieu (j'ai l'impression que la collection est arrêtée depuis décembre 2010). Ces romances n'ont à ma connaissance jamais été traduites (on présuppose sans doute que le lecteur français ne s'y retrouverait pas) et franchement, pour Speed dating, dont la sublime couverture fait le bonheur de vos pupilles, c'est bien dommage.

Kendall Clarke (c'est moi ou il y a beaucoup d'occlusives dans ce nom, mmmh ?) est une jeune femme sans histoire qui a un métier over glamour : elle est statisticienne pour une grosse boîte qui travaille pour tout un tas de compagnies d'assurances ; elle calcule les risques inhérents au mode de vie de ses compatriotes américains. (Avouez que vous voulez immédiatement tout plaquer pour faire ce job, aussi sexy que François Damiens en pull jacquard.) (On me dit dans l'oreillette qu'il faut de tout pour faire un monde, certes, mais plus des pulls en jacquard que des statisticiens pour assurances si vous voulez mon avis.) (Mais bon, qui suis-je pour juger, je vous le demande.) (De manière toute rhétorique, inutile de m'abreuver de commentaires sur la sexytude des assureurs, je n'en croirai pas un mot.) Où en étais-je ? Ah oui, Kendall. La jeune femme (elle a 31 ans) se rend à Charlotte pour la conférence annuelle de sa boîte, conférence au cours de laquelle elle se verra remettre une récompense pour son excellent travail de l'année. Mais une heure avant la conférence, son fiancé, Marvin, lui avoue qu'il la trompe depuis quatre mois avec une collègue de bureau et que cette dernière est enceinte. Complètement sonnée, Kendall s'enferme en dehors de sa chambre d'hôtel en nuisette et talons hauts et pour échapper à ses patrons qui passent dans le couloir, se réfugie dans la chambre voisine, entrant sur les talons de l'homme qui en sort. Hélas, il y a un deuxième homme dans la chambre, Dylan Heargrave, pilote automobile de renom, qui attendait l'arrivée d'une actrice dont il a loué les services pour la soirée. Sur un coup de tête, Kendall décide de jouer le jeu et de l'accompagner au mariage de son ex-femme...

Speed dating (Nancy Warren, 2007, 251 pages) est une romance contemporaine pas mal fichue du tout et qui se lit avec plaisir. Kendall découvre le monde des courses, évidemment présenté sous un jour ultra chaleureux (on y croise même un vrai coureur automobile, Carl Edwards, que Kendall compare un peu abusivement à Matt Damon, si vous voulez mon avis) et tombe follement amoureuse de cet over bogosse de Dy, qui, en bon héros Alpha 101, cache sous sa mâchoire virile un passé pas forcément très heureux. Kendall se débarrasse un à un des oripeaux de sa vie monotone pour révéler la fâââmme qui est en elle et Dylan surmonte grâce à elle son gravissime trauma (papa et maman sont déçus qu'il ne soit pas devenu juge comme les 143 Heargrave qui l'ont précédé, bouhouhou pauvre choupitrognon, viens que je te console), le tout en chabadantbadant dans la chaleur de la piste. Sympa.

 

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PS : en ce moment sur amazon, vous pouvez télécharger gratuitement 10 titres Harlequin en français pour découvrir leurs collections. J'ai lu pour vous (quel investissement quand même) La morsure de la passion (collection Nocturne, donc bit-lit) qui est je pense la pire chose qui soit passé entre mes mains (il faudrait qu'Harlequin comprenne que ça ne sert à rien de faire rewriter quelque chose qui a été dangereusement mal traduit, voire même assassiné à coup de Harrap's), Mariage pour une rebelle (collection Prélud' donc assez soft) qui présente quelques bons mots et beaucoup de neuneuteries sans intérêt, La duchesse insoumise (collection Historique), pas mal dans son genre (c'est la collection Harlequin qui se tient le mieux à mon avis, certainement parce que c'est celle qui souffre le moins de traductions aléatoires) et La rose écarlate (collection Audace), assez réussi (et pas qu'à cause des scènes sexy, bande de mauvaises langues) (mais je dois bien avouer que l'utilisation du cannoli est comment dire... intéressante).

A quand les J'ai Lu passion intense en numérique, mmmh ?

PPS : toi, la blogueuse anonyme qui lis des romances sur ton kindle, tu pourrais peut-être compléter mon étude des Harlequin dispo, mmmh ? Oui, toi, exactement. Ne te défile pas, je sais que tu sais que je sais.

 

16.11.2011

Georgia... ouhhhh Georgia... Georgia on my mind...

succubus5.jpgsuccubus6.jpgDepuis que ce blog a repris une activité normale (comprendre que je ne réponds plus à aucune proposition de SP sauf quand ce sont les copines qui me les envoient et que je ne lis de nouveau quasiment plus de nouveautés françaises), je suis revenue à ma façon de lire les séries, compulsive et boulimique comme je l'ai toujours fait, parce que je suis comme ça, quand j'aime un personnage je n'ai pas envie de le lâcher en cours de route. J'ai donc lu la fin de la série Succubus de Richelle Mead en quelques jours (et en plus, grâce à Randy, je me suis procuré le tome 6 sans attendre, ne répétant pas ainsi les erreurs du passé et ma longue attente (pensez donc, trois jours, l'horreur) entre Bloodfever et Faefever, qui m'avait contrainte à relire un roman d'Honoré pour patienter, bouh, plus jamais ça.

Bon, alors, pitchons sans spoiler, comme nous savons si bien le faire, c'est limite une de nos spécialités, avec le hot dog (vous ai-je dit que j'avais une machine à chiens chauds, incrédules happy few ? franchement, rien que pour le fou rire quand on enfile délicatement le pain sur le support métallique, ça vaut le coup d'investir). Après le rebondissement du tome 4 (Georgina avait momentanément perdu ses pouvoirs ce qui lui a permis de coucher enfin avec Seth (et croyez-moi, la lectrice attendait ce moment aussi impatiemment qu'elle) (oui, c'était bon, merci beaucoup)), Georgie, redevenue succube, doit assister Maddie dans la préparation de son mariage avec le même Seth (how twisted is that, really ?). Le coeur déchiré (d'aucune mauvaise langue de ma connaissance dirait que ça lui permet de chougner et que c'est ce qu'elle fait le mieux, tsss, qu'est-ce qu'il ne faut pas entendre quand même), Georgie, littéralement hantée par des rêves de paix se laisse aller au côté faussement lumineux de l'hallucination (elle avait le choix entre coucher avec Roman (que je love, btw) ou céder au chant des sirènes, que croyez-vous qu'elle choisisse la bougresse ? c'est pourtant pas faute de lui avoir crié : "noooon, reviens, Roman est chaud comme une baraque à frites un jour de canicule") et se retrouve prisonnière de deux entités ma foi fort vilaines qui veulent sa destruction (celui qui a réussi à comprendre ma phrase malgré les parenthèses mérite un oeuf kinder). Torturée, Georgie voit se dérouler devant elle des bribes de son passé, parfois réelles, parfois fausses, pour le plus grand bonheur de la lectrice qui découvre ainsi l'évolution de Georgie au fil des siècles (elle a 1500 ans, faut-il le préciser de nouveau ?). Succubus shadows (2010, 281 pages) est certainement le roman de la série le mieux construit, il y a une vraie habileté narrative de la part de Mead qui arrive assez astucieusement à raconter l'histoire alors qu'elle en a ôté le personnage principal et narrateur (Georgie est prisonnière dans un endroit inaccessible et les autres continuent à la chercher). C'est vraiment très malin et la tension dramatique est tenue tout du long.

On ne peut pas en dire autant du dernier volume, Succubus revealed (2011, 304 pages), qui clôt la série : même s'il n'y a aucune surprise dans la résolution de l'intrigue qui courait depuis le début, j'attendais un peu plus de dynamisme dans le dénouement. Outre le fait que ce volume ne contient aucune scène épicée (c'est dommage parce que Richelle Mead les écrit vraiment très bien, les copines rougissantes devant leur belle-mère pourront en témoigner), il n'est pas tout à fait à la hauteur des autres, ni dans l'intrigue (même s'il s'insère parfaitement dans la continuité du précédent) ni dans les dialogues, comme si Richelle Mead s'était débarrassée un peu trop vite de ses personnages (d'ailleurs que devient Dante, hein ?) (oui, j'aime ce personnage qui pourtant ne le mérite pas, fouettez-moi pour mauvais goût). C'est dommage mais que ça ne vous empêche pas de lire cette série, une des meilleures dans le genre actuellement. Allez, avec un peu de chance, on aura peut-être droit à un spin off avec Roman. A girl can dream.

 

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15.11.2011

"She'll marry a duke... or a Bridgerton."

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Mmmh, mais cékoitèce ? Un traité de philosophie moldavo-croate ?

Eh oui, chers happy few, romance is back.

(En même temps, elle n'était pas partie bien loin, il y en a même cinq ou six qui aimeraient bien être chroniquées et qui réclament mais elles ne m'ont pas assez plu, too bad for them.) (N'allez pas croire que je ne lise que de la romance non plus, hein. J'ai descendu ma PAL de bit-lit aussi.)

Après ma lecture si réussie de Romancing Mr Bridgerton, quatrième volume de la série des Bridgerton de Julia Quinn, je me suis dit qu'il fallait que je lise le reste. Comme je suis à la fois organisée et disciplinée, j'ai donc acquis An Offer from a gentleman, qui est le tome 3. Ordre et organisation je vous disais.

An Offer from a gentleman met en scène le deuxième membre de la fratrie, Benedict (je rappelle pour ceux qui ne suivent pas qu'ils sont huit frères et soeurs et qu'ils ont des prénoms qui commencent par les huit premières lettres de l'alphabet), qui tombe amoureux de la fille illégitime d'un comte, Sophie. Leur idylle est compliquée par cet état de fait et par le mystère dont la jeune fille a décidé de s'entourer afin de cacher son statut. Julia Quinn signe avec cette réécriture de Cendrillon (qui court seulement sur la première partie) une romance encore une fois très réussie, grâce à une recette bien éprouvée, mélange de dialogues enlevés, de personnages attachants (Lady Violet est décidément parfaite) et de situations couinesques bien qu'attendues (mais bon, je ne répèterai jamais assez que dans ce genre ultra codifié, ce qui compte c'est ce que l'auteur fait avec les codes et la scène où Benedict est malade est juste parfaite, sans parler de la scène de bal).

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Et puis, cerise sur le gâteau, Julia Quinn a écrit pour chacun des tomes de la série un Epilogue 2, disponible uniquement en version numérique pour kindle. Comme la chair est faible, hélas, et que j'ai un Randy, je l'ai lue.

Il s'agit d'une dizaine de pages qui racontent la rencontre de Posy, la belle-soeur de Sophie, et de son futur mari, rencontre orchestrée par Benedict et Sophie, alors mariés depuis trois ans. J'ai été ravie de faire encore un bout de chemin avec ces personnages, j'ai juste trouvé ça trop court. (Oui, ça c'est de l'avis argumenté, avouez que vous êtes admiratifs.)

Moi aussi je voudrais épouser un Bridgerton.

 

 

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PS :  Dans la série, "soyons des midinettes", n'oubliez pas la sortie de Breaking dawn, première partie, demain. On a toujours besoin d'un peu de fourrure et de fous rires dans sa vie.

 

 

11.11.2011

David Tennant is not skinny for Tolkien's sake !

Just a bit thin in a sexy way, that's all.

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Ce matin, chers happy few, entre deux cafés (j'ai investi dans le sirop à la vanille du Starbucks by the way, ce qui me procure des petits matins délicieux, oui il m'en faut peu, je suis so low maintenance), j'ai trouvé dans mes mails une pub de celle dont il ne faut pas dire le nom mais qui n'a qu'un sein, me donnant une liste d'ebooks pas chers, voire gratuits. Me voilà donc surfant, légère et aérienne, sur une liste dans laquelle, entre deux Harlequin, trois Wilkie Collins et un Trollope figurait ce Doctor Who, The Episode Guide de Mark Campbell (2011). Suite à un léger moment d'inattention, ce bouquin s'est retrouvé sur mon Randy d'amour pour la modique somme de 99 cts.

Eh bien, pour tout vous dire, il ne vaut pas plus.

Quelle déception, chers happy few. Après une introduction squelettique dans laquelle il explique qu'il est un fan de la première heure (si ça suffit à publier un bouquin, je peux m'y mettre aussi), Mark Campbell dresse la liste de tous les épisodes de DW (224 épisodes à ce jour) pour lesquels il donne le cast, un pitch minimaliste (mais vraiment minimaliste, genre une ligne), quelques "Observations" (aussi intéressantes que "la scène 4 a été filmée en décor naturel, le masque du monstre a été fabriqué par Bidule") (si encore c'était des infos de première importance comme "David Tennant aime les céréales et le café latte") puis son avis, souvent lapidaire. Alors certes, on a les mêmes goûts et on aime d'amour les mêmes épisodes, mais il est souvent très dur quand il n'aime pas, sans aucune justification ni arguments, ce qui est franchement un peu léger. Campbell dresse ensuite la liste de tous les épisodes manquants et des romans DW (ok, wiki en fait autant). Au final un bouquin qui ne présente aucun intérêt pour personne, le fan n'apprenant rien, le néophyte non plus. Je vais plutôt m'offrir ça, tiens :

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Ben quoi, c'est bientôt Noël, non ?

 

Et parce que je ne résiste pas : the Ultimate Proof that David Tennant is sexy (et pas seulement comparé à Yoda, you band of bad mouth)

 

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42 (un nombre approprié pour de la SF, non ?)

 

06.11.2011

It is a truth universally acknowledged that a single romance novel heroine seeking a hero must be in want of a good...

... neurosis.

(Qu'alliez-vous imaginer ? Qu'elle était en quête d'un possesseur de Mighty Wand ? Aussi, oui.)

 

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Love this cover. Of course.

 

Chez certaines, c'est le roman post-apo, chez d'autres une série télé américaine avec des ados qui poussent la chansonnette, chez moi, ce qui me sauve de tout, de la mauvaise humeur aux lavabos bouchés en passant par les accords non maîtrisés dans les copies de mes élèves, c'est la romance. Il faut dire que je suis mal partie dans la vie : lire Angélique, marquise des anges à l'âge de 13 ans, suivi l'année suivante d'Autant en emporte le vent (merci la bibliothèque maternelle), ça marque. Et pas seulement parce que j'ai développé un penchant pervers pour les hommes en cuir, ténébreux et taciturnes (Deeeeeean, viens me sauver !). Et ma (re)découverte du genre il y a quelques années (en 2008 pour être tout à fait précise, après des années d'abstinence) (il faut dire que je me suis enfilé l'intégrale des romans Harlequin de la bibliothèque municipale de ma petite ville de province pendant mes années lycée, ce qui a provoqué une légère overdose de "crinières de feu" et autre "virilité dressée") s'est faite de manière aussi désordonnée qu'enthousiaste*. J'ai découvert que la romance c'était bien plus qu'Harlequin, que bien longtemps on a traduit n'importe quoi n'importe comment (les championnes de la romance sont américaines, ce n'est pas un genre français, peut-être d'ailleurs serait-il temps de s'y mettre) et que certains auteurs avaient une sacrée plume. J'ai écouté les conseils des copines qui connaissent bien le genre, essayé de réfréner mon penchant à lire les séries dans le désordre et fait de belles rencontres (Julia Quinn et Eloisa James, si vous me lisez, je vous aime les filles).

C'est donc tout naturellement que j'ai lu Beyond heaving bosoms, The Smart Bitches' Guide to Romance Novel de Sarah Wendell et Candy Tan (2009, 291 pages), les créatrices du blog Smart Bitches, Trashy Books, qui est devenu un incontournable pour les amatrices de romances, tant pour le fond (elles ont lu un nombre incalculable de titres et leurs commentatrices aussi) que pour la forme, drôle et décalée.

Dès l'introduction, le ton est donné : avec beaucoup d'humour, Sarah et Candy rappellent quelques fondamentaux. La romance est un genre profondément décrié, évidemment par ceux qui n'en ont jamais lu ou qui ont lu un seul mauvais titre (doit-on vraiment redire qu'il en va de ce genre comme des autres, qu'il y a de bons et de mauvais romans, de bons et de mauvais auteurs ?) et la lectrice de romances est victime d'une attaque en règle de clichés : non, les lectrices de romances ne sont pas des vieilles filles ternes de plus de cinquante ans qui n'ont pas fait d'études, qui n'ont jamais vu un homme nu de leur vie et qui ont une tendresse particulière pour le tweed et les chats. Une étude américaine a prouvé que les lectrices de romances sont en majorité des femmes qui ont fait des études en général longues, qui ont des jobs intéressants et une vie sexuelle épanouie. Et la romance est un genre protéiforme, inventif, en perpétuelle évolution et réflexif.

Vous l'aurez compris, happy few de mon coeur angora, dès la page 9 j'étais conquise : non seulement Sarah et Candy disent ce que je pense depuis toujours mais en plus elles ont un penchant coupable pour la théorisation, ce à quoi j'aime me livrer dès qu'on me met une pinte en main ou qu'on me donne un public, autant dire effroyablement souvent donc. Leur Guide commence donc par une brève histoire de la romance (genre véritablement né dans les années 70) et démonte les codes de la romance Old Skool (par opposition à la romance New Skool, apparue dans les années 90) : des héros brutaux, des héroïnes ingénues pour qui l'histoire va se révéler douloureusement initiatique, une construction toujours identique... Autant de repères qui vont se perdre petit à petit pour faire place à plus de subtilité dans la psychologie des personnages et la construction des intrigues. Avec un humour ravageur (certains passages sont hilarants), Sarah et Candy catégorisent les héroïnes, des insupportables Too Stupid to Live (que l'on retrouve aussi fréquemment au cinéma, celles qui se jettent dans une allée sombre au lieu de se rendre dans la rue éclairée et pleine de monde) et Spoiled Hoyden of Historical Inaccuracy (ce sont celles qui m'énervent le plus, les suffragettes au pays des Vikings, les chefs d'entreprise du XVIIème siècle, mais ouvre un livre d'Histoire bordel ai-je envie de crier à l'auteur) aux Ingénue, Plain and strong et autres Smart-Mouthed Cynic (mes préférées, parce qu'elles ont la langue bien pendue). Elles livrent leur Top Ten de leurs héros préférés et analysent l'évolution du fantasme masculin en donnant les 10 règles d'or de la construction d'un bon héros de romance (un Alpha, intelligent, solitaire, dur de partout, chevelu, expert en quelque chose quel que soit le domaine, amant infatigable et éblouissant, hétéro jusqu'au bout de ses bottes and beyond, animé par une colère venue d'un trauma de jeunesse et résolument moderne dans son comportement, même s'il vit dans un château écossais en 1235). Une large part est faite à la place du sexe dans les romances (qui occupe deux bons chapitres et demi) et la partie théorique s'achève avec une analyse des couvertures, qui ont longtemps participé à la très mauvaise réputation du genre (cette tendance semble tirer à sa fin, thank Goodness for sensible editors). Sarah et Candy mêlent habilement à leur réflexion des extraits d'interviews et des passages d'autres études sur le genre, le tout avec une plume très alerte et n'oublient jamais, au-delà du relevé des clichés de rappeler que c'est un genre qui mérite d'être défendu, pour ce qu'il met en scène comme sous-texte (place de la femme dans la société, réflexions politiques, subversion) ou pour la qualité de la plume de certains auteurs (je rappelle pour ceux qui me lisent mal que certains romans publiés dans cette catégorie sont de sacrément bons romans).

Seuls bémols : même s'ils sont bien fichus, les chapitres Choose your own man titty (une romance dont vous êtes le héros) et Write your own romance m'ont paru dispensables et j'aurais bien aimé que les auteurs donnent plus de titres (je n'en ai noté que 17, ce qui est une petite moisson je trouve) (non, ça ne veut pas dire que j'ai déjà lu tout le reste bande de mauvaises langues) et proposent plus de Top (je suis une obsédée des listes, shame on me). Mais c'est bien tout ce que j'ai à reprocher à ce Guide drôlatique, bien construit et extrêmement documenté. Romance powaaaaa.

 

Merci Chi-Chi pour le prêt ! (J'ai bien mis des notes partout, je suis une élève disciplinée. Mes post-it sont jaunes. Et nombreux.) (Son billet ici.)

 

 

 

* en même temps, je n'ai jamais arrêté vraiment d'en lire puisque je lis de la bit-lit, qui rentre dans la catégorie romance fantastique.

 

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