29.08.2009
Pretty girls and monsters
Parce que cela faisait trop longtemps (très exactement deux mois à quelques heures près, oui j'aime la précision), que je ne vous avais pas bassinés avec Joss Whedon le demi-dieu, chers happy few, j'ai décidé de remédier à cela (ben oui, Joss mérite une blogueuse obsessionnelle au même titre que Charles, Henri et Emile, non ?) (non ? vous me fendez le coeur) et de vous parler de ma dernière trouvaille :

Fray, scénarisé par Joss himself avec Karl Moline au dessin.
Bon, je dois bien avouer que sur ce coup-là j'ai un peu de retard, puisque ce comic-book a été publié en 2003, mais que voulez-vous nul n'est parfait en ce bas monde. Je pitche pour les deux lecteurs et demi qui sont restés devant leur écran malgré la vision de la couverture : nous sommes au 23ème siècle. Melaka Fray est une voleuse qui survit comme elle peut dans les bas-fonds d'une ville où les pauvres ne voient jamais le soleil. Forte, rapide, intelligente, maline, elle vit seule, loin de sa soeur qui est flic et elle traîne comme une blessure gangrenée le souvenir de la mort de son frère, assassiné sous ses yeux. Elle voit apparaître un jour un homme qui lui dit qu'elle est l'élue avant de s'immoler par le feu. Survient alors une espèce de démon très laid qui lui apprend qu'elle est en réalité une Tueuse.

Le pitch vous semble familier, chers happy few, mais détrompez-vous : dans ce monde futuriste nul ne sait ce qu'est une Tueuse, parce que nul ne sait ce qu'est un vampire. Ils ont été éradiqués de la surface de la Terre par une autre Tueuse (ceux qui suivent savent qu'il s'agit de Buffy à la fin de la saison 7) en même temps que les démons en tous genres. Le script débute donc sur un terrain à la fois familier et différent qui permettra à tous ceux qui n'ont jamais vu la série télé de suivre sans problème en mettant leurs pas dans ceux de Fray. Côté intrigue, elle contient son lot de rebondissements (les révélations sont habilement distillées) et de bagarres et comme toujours chez Whedon, les dialogues sont percutants (la forme du comic-book se prête décidément très bien à sa plume à cause des aperçus des pensées des personnages et des changements de points de vue beaucoup plus faciles que dans une série incarnée par des comédiens) et l'humour est omniprésent sous l'aspect dramatique. Whedon réutilise toute la mythologie de la Tueuse pour faire ici quelque chose de nouveau dans un cadre de SF plutôt light (hormis les voitures volantes, car, comme il l'explique dans la préface : "My visions of the future are pretty much the standard issue : the rich get richer, the poor get poorer, and there are flying cars."). C'est très réussi et je reste à chaque fois bluffée par le talent de cet homme et sa capacité à développer un univers dans tous ses aspects possibles. Franchement, et vous êtes, malheureusement pour vous, bien placés pour le savoir, chers happy few, je ne m'en lasse pas.

Joss Whedon, Karl Moline, Fray, Dark Horse, 2003, omnibus contenant les 8 épisodes de la mini-série. Cette série n'a apparemment jamais été traduite en français. Encore une bonne raison de se mettre à l'anglais. Je dis ça, je dis rien.
PS : je poursuis mon exploration du buffyverse par la série de comic-books parue en parallèle de la série télé. Les premiers numéros expliquent ce qui s'est passé à Los Angeles avant la première saison (Whedon a repris son matériau de départ massacré par le film tout pourri) : on y découvre comment Buffy a fait brûler le gymnase de son lycée ce qui lui a valu le renvoi, les tenants et les aboutissants de son passage en hôpital psychiatrique (une allusion y est faite dans cet épisode génialissime où elle est victime d'un sortilège qui lui présente le monde comme une construction de son cerveau malade), on y voit déjà Dawn et Angel et c'est une série qui s'annonce indispensable pour tout fan qui se respecte (je n'ai lu que le volume 1 qui contient 5 histoires : All's fair (avec Spike et Drusilla), Buffy : the origin, Viva Las Buffy, Dawn & Hoopy Bear et Slayer, interrupted). A suivre.
Merci Lyle. Il sait pourquoi.
17:40 Publié dans Avec des bulles | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note | Tags : joss whedon, karl moline, fray, tiens elle a un scythe, pas de scooby gang pour elle la pauvrette, méfions-nous des hommes-poissons
30.06.2009
In hell
Comme vous le savez, chers happy few assidus, je voue un culte particulièrement actif à Joss Whedon (croyez-moi, vous ne voulez pas tout savoir), et, en attendant l'hypothétique film adapté de la série Buffy, je lis la saison 8 en comic-books (saison à laquelle j'ai consacré un billet sur La Page Littérature). Je savais depuis longtemps que Whedon avait écrit une saison 6 d'Angel, mais pour des raisons étranges, que je n'arrive pas moi-même à élucider correctement (ben oui, entre la chaleur et les oraux, mes neurones théorisateurs ont fui et on ne peut franchement pas les en blâmer, chers happy few), je ne me l'étais pas procurée. Cet errement si peu dans ma manière a été réparé par l'homme pour la fête des mères, puisque j'ai trouvé sur mon plateau de petit déjeuner, entre deux colliers de nouilles :
After the fall, volume 1, soit les cinq premiers épisodes de la saison 6, (oui, je sais, une BD pleine de démons c'est un drôle de cadeau de fête des mères, mais il y a un very sexy man inside, chers happy few, je dis ça, je dis rien).

(Oui, le regard de braise n'est pas un vain mot pour Franco Urru, cet homme aime les métaphores littérales, le bougre.)
Pour ceux qui n'auraient pas suivi avec assiduité cette série (même si je sais que cela ne peut être, chers happy few kultivés et amateurs de whedoneries), je rappelle que la saison 5 s'achevait avec la mort de certains des personnages principaux et l'ouverture des portes de l'Enfer déversant ses hordes de démons sur Los Angeles (j'en vois qui frémissent au fond de la salle, petites natures, va). Nous avions donc laissé Angel et Spike, nos deux vampires préférés (enfin, les miens, ça c'est certain) en bien mauvaise posture. Nous les retrouvons quelques mois plus tard et, comme l'indique le titre de la saison, la ville de Los Angeles a été avalée en Enfer : chaque quartier de la ville est sous la coupe d'un démon, ce qui donne lieu évidemment à de sanglantes guerres de pouvoir et de voisinage, et les humains qui ne sont pas morts dans l'apocalypse sont pourchassés puis réduits en esclavage. Angel, qui se sent responsable de ces atrocités (et il a bien raison pour une fois, Monsieur je-porte-le-poids-du-monde-sur-mes-épaules-larges-et-musclées), tente de sauver ce qu'il peut dans ce monde terrifiant mais il cache lui-même un secret...

Le premier intérêt de cette saison est bien évidemment de proposer une fermeture à la fin ouverte de la saison 5, et de déplacer l'histoire dans un endroit effrayant, qui est finalement l'aboutissement logique d'une série qui, contrairement à Buffy, s'est révélée être de plus en plus sombre dans ses développements au fur et à mesure qu'il devenait évident que le personnage d'Angel portait en lui une espèce de damnation qui va bien au-delà de la simple malédiction et qui est ancrée dans sa nature même d'hybride et dans sa personnalité profonde (ben oui, c'est brillant comme série, vous en doutiez happy few de peu de foi ?). Ensuite, Whedon et son complice, Brian Lynch, ont ramené tous les membres du Angel gang (à l'exception notable de Cordelia, qui de toute façon l'avait quitté depuis longtemps), et leurs réapparitions, savamment orchestrées, sont autant d'entrées en scène réussies, avec une mention spéciale pour Spike, dont décidément je ne me lasse pas, dans une espèce d'auto-parodie extrêmement jouissive. Côté intrigue, c'est excellent pour l'instant : guerres entre clans démoniaques, humains qui tentent d'organiser la rebellion, allusions à un grand dessein de Wolfram & Hart, liens qui se renouent entre nos héros, révélations intelligemment distillées (dont une qui change complètement la donne), le tout saupoudré de cet humour whedonien que j'aime tant, bref, on n'a qu'une envie, lire la suite! Elle est disponible, ça tombe bien. Sometimes, life's heaven, chers happy few.
Angel, After the fall, volume one, Joss Whedon, Brian Lynch, Franco Urru (au dessin, que j'aime assez même si j'ai mis du temps à m'y habituer), IDW, 5 épisodes plus la première mouture du scénario de Joss Whedon, des annotations de Lynch et une galerie de dessins (et de photos, so yammy).
12.03.2009
Brazil, Brazil
Copacabana, 1953. Maria est brésilienne. Elle vit avec sa mère, Olinda, dans les quartiers chics de Rio et va à l'école avec des petites filles blanches, car Maria, dont la mère est d'un noir d'ébène peut passer pour une blanche. Olinda a quitté la favela il y a longtemps et elle fait tout ce qui est en son pouvoir pour assurer à sa fille un avenir qui ne ressemblera pas au sien.
Dans la belle collection Bayou de chez Gallimard, dirigée par Joann Sfarr, les découvertes se suivent, chers happy few, et se ressemblent, non par les histoires racontées mais par la qualité de ce qui est proposé. Après Aya de Yopugon et Trésor, c'est Negrinha qui emporte mon adhésion. Cette histoire en un volume conte avec beaucoup de sensibilité l'histoire d'une adolescente qui se découvre brutalement des racines. Elevée par une mère qui a décidé qu'elle ne connaîtrait jamais la pauvreté et la violence, Maria grandit dans un environnement privilégié : Olinda fait des ménages chez un diplomate qui n'est jamais là et qui les loge, elle peut donc aller à l'école avec les enfants favorisés, qui la prennent tous pour une blanche. Mais suite au décès de son beau-frère, Olinda retourne dans la favela pour l'enterrement. Maria découvre avec stupéfaction sa famille (nombreuse) et un monde dont elle ne soupçonnait même pas l'existence, qui lui paraît fait de rires et de musique mais dont l'envers est bien moins gai. Le dessin de Tallec (que l'on connaissait jusqu'à présent surtout pour ses albums jeunesse), épuré et lumineux, s'adapte parfaitement à cette histoire plutôt triste, rythmée par l'évocation par petites touches impressionnistes du Rio des années 50 : le racisme ordinaire des Blancs envers les Noirs, l'omniprésence de la musique, la pauvreté, la famille, la religion (Olinda agit puis prie Dieu de lui pardonner de prendre des décisions parfois douloureuses pour le bien de sa fille)... Un bel album, chers happy few.
Jean-Christophe Camus et Olivier Tallec, Negrinha, Gallimard, Bayou, 102 pages, préface de Gilberto Gil
Les avis de ICB, BDGest et Bodoï
En partenariat avec les éditions Gallimard, je vous propose de gagner un exemplaire de cet album. Pour ce faire, il suffit de laisser un commentaire à ce billet avant vendredi 13 mars 20 heures (oui, je sais que vous êtes habitués à des énigmes retorses, chers happy few, mais le temps de concocter un code sadique me fait cruellement défaut) (rassurez-vous (ou pas), ce n'est que partie remise). Un gagnant sera tiré au sort parmi les commentateurs. Libre à vous de laisser plusieurs commentaires, ils ne compteront que pour une seule participation. Of course.
17.02.2009
Le vampire, la jeune fille et l'aventurier
Parce que j'ai adoré la série Garulfo (une grenouille rêve de devenir un prince charmant mais déchante vite en voyant l'humanité de près) par Ayroles, Maïorana et Leprévost, parce que ma série préférée en ce moment est De cape et de crocs (une histoire de cape et d'épée mettant en scène des animaux, qui réinvestit la littérature occidentale de manière très personnelle), par Ayroles (encore lui) et Masbou, mon homme avait mis dans le colis de swap Saint Valentin qui m'attendait le 14 (ça y est, le virus l'a atteint, mais je plaide non coupable) (évidemment) :

Lord Faureston, premier tome de la nouvelle série, D, de nos trois compères, Ayroles, Maïorana et Leprévost. (Et pour une fois, je mets la couverture au milieu et en grand, parce que je la trouve très belle.)
Londres, fin du XIXème siècle. Richard Drake, explorateur et aventurier viril, de retour dans la capitale britannique après une longue absence, rencontre au cours d'un bal la ravissante Catherine Lacombe. Ses manières mal dégrossies font fuir la jeune femme qui se réfugie dans les bras longilignes de Lord Faureston, un dandy efféminé et séduisant (c'est lui sur la couverture), neveu de la vieille et riche Lady Caversham. Jaloux, Richard Drake ne peut s'empêcher de suivre les deux jeunes gens dans le parc et il découvre la jeune femme évanouie près d'un gringalet qui tient un pieu et un marteau. Les aventures commencent...
D (pour Dracula, certes, mais aussi pour dandy, pour Drake et peut-être encore pour autre chose, qui sait ?) est donc une histoire de vampires, qui à ce titre en reprend les codes avec bonheur : la jeune fille en danger, belle et tenue prisonnière par les carcans de la société et la vigilance de ses parents, le vampire séduisant et monstrueux à la fois et l'aventurier dont la violence contenue et au service du bien peut faire peur mais fait aussi frémir de plaisir le belle Catherine. Ce qui est nouveau, c'est le personnage du chasseur de vampires vieux et fallot, Mr Jones, employé de banque qui traque Lord Faureston parce que sa femme a été tuée par un vampire. Il introduit un décalage dans l'histoire, car il est la parfaite antithèse de Richard Drake, n'ayant pour lui que son savoir sur ces créatures de la nuit et sa formidable obstination, décalage comique, les deux hommes formant un couple parfaitement désassorti. J'ai beaucoup aimé aussi ce qu'il y a autour de cette histoire : Drake voudrait remonter une expédition mais il manque de fonds, ce qui l'occupe pas mal et il passe pas mal de temps à son Club où il côtoie des figures originales (surtout Alistair Swindley, le poète, que je soupçonne, tel Cyrano, d'être l'auteur des poèmes que Richard envoie à Catherine). Les décors sont soignés, chaleureux dans les intérieurs, sinistres et suscitant une angoisse diffuse dans les extérieurs pour la plupart nocturnes, l'intrigue est enlevée et les dialogues sont savoureux. Ce tome est une réussite. Vivement la suite!
Ayroles, Maïorana, Leprévost, D, t.1 : Lord Faureston, Delcourt, 64 pages, 2009
PS : thanx again Lyle!
PSbis : à noter que la BD s'accompagnait d'un ex-libris génial en cadeau :

Les happy few amateurs de Cape et de Crocs auront reconnu Eusèbe! Personnellement, j'adore!
PSter : à titre informatif, Garulfo et De Cape et de Crocs sont publiés aussi chez Delcourt. Je vous mets les couvertures des tomes 1, parce que vraiment, c'est à lire d'urgence.


A noter que Garulfo est une série terminée qui a été rééditée en deux gros volumes. De cape et de crocs comporte 8 volumes pour l'instant.
04.02.2009
Vie de famille
Blaise est un jeune garçon qui vit avec ses parents dans un futur très proche où le pire est devenu quotidien : dictature approuvée par le peuple, ateliers déminages dans les écoles, travail 7j/7... Il regarde vivre ses parents et les adultes qu'il côtoie, et il fait son apprentissage, tétanisé.
Blaise est une BD de Dimitri Planchon originale dans la forme et dans le fond, chers happy few, qui m'a beaucoup plu. Blaise, contrairement à ce que le titre pourrait laisser croire n'est pas le personnage principal de ces planches (1 planche, 1 histoire à chute) mais il est le témoin, celui qui tente de décrypter le monde qui l'entoure. Ses parents lui donnent des leçons de vie par leurs réponses à ses questions et leurs réactions au monde, ils sont plein de mauvaise foi, extrêmistes, racistes, bourgeois et beaufs à la fois. L'humour est féroce, parfois cruel, souvent noir et les histoires mettent en scène un pays livré à la dictature d'un homme élu sur son programme clairement fasciste ("Je ne dis pas que je suis d'accord avec tout... Je dis juste qu'au moins son programme est clair, ça fait du bien en politique", énonce calmement la mère, rivée à l'écran de télévision). Les personnages sont souvent vus en position frontale, face à la télévision notamment, et si cette dernière en prend pour son grade (publicités mensongères, informations fausses, mise en scène de la violence, télé-réalité), le peuple, qui la regarde assidument, aussi, par le biais des parents de Blaise. Les planches sont entrecoupées de pages mettant en scène "Dabi Doubane, la personnalité préférée des Français", personnage antipathique que la télé flatte et que la pub récupère de manière grinçante. La dénonciation est accentuée par le graphisme, très particulier, mais auquel je me suis vite adaptée, fait de photomontage et de collage. Une BD originale et drôle à découvrir, chers happy few.
Dimitri Planchon, Blaise, Glénat, 2009, 60 pages
Une interview de l'auteur pour Bodoï
Des planches sont visibles ici.
En partenariat avec les éditions Glénat, je propose de faire gagner 1 exemplaire de Blaise. Pour cela, il suffit de répondre à la question suivante : dans quel magazine la plupart des planches de cette BD ont-elles été prépubliées ?
Envoyez votre réponse par mail (sanseverina7@aol.com) avant jeudi 5 février minuit. Tout le monde peut jouer, blogueurs et non-blogueurs. Un gagnant sera tiré au sort parmi les bonnes réponses par mes blanches et innocentes mains.
Bonne chance, chers happy few!
13.10.2008
A girl like us ?
Joséphine a un job moyen, une meilleure amie super sympa, une famille pénible et elle cherche l'homme de sa vie : comme toutes les filles ?
J'aime beaucoup le travail de Pénélope Bagieu, découverte comme les 25 000 autres lecteurs quotidiens de son blog (non, vous ne rêvez pas, chers happy few, j'ai bien écrit 25 000, ça fait rêver, hein ?) (ou ça fait peur) (aussi) sur le net avec la vie de son double, Pénélope Jolicoeur, dont les aventures me font beaucoup rire : franchement et en toute modestie, les nombreux strips sur le régime et le gag de l'ampoule ont été écrits pour moi (avec Lyle, on est resté une semaine sans ampoule dans la cuisine, il faisait la vaisselle à la lumière du réverbère de la rue, je vous jure que c'est vrai). J'étais donc très curieuse de lire sa nouvelle BD, et comme Zag est télépathe, il me l'a offerte pour mon anniversaire (oui, il n'y a pas que les copines qui sont formidables, il y a aussi les copains, le monde est merveilleux). Et, disons-le tout net, chers happy few, je suis déçue par cet opus, ce qui s'explique en partie par le fait que je ne suis pas le coeur de cible des tranches de vie de cette gentille Joséphine, dont nous suivons la vie sur quelques mois. La plupart des planches tournent autour des questionnements liés à la recherche de l'âme soeur : Meetic or not Meetic ? il n'a pas rappelé oh my, le portable est-il bien chargé ? il ne veut pas s'engager, je lui dis que je l'aime il répond "c'est-à-dire ?", etc. Et franchement, je trouve ça un peu lassant. Quant aux autres gags (une planche, une histoire), ils sentent un peu le déjà-lu : la salle de sports et sa coach tyrannique, le placard qui déborde et pourtant Joséphine n'a rien à se mettre, le repas de famille qui tourne au règlement de comptes, la soeur bourgeoise avec enfants qui n'est pas très heureuse... Il n'y a pas une idée originale dans tout l'album, et malgré les dessins toujours aussi sympas, j'ai frôlé l'ennui. Pénélope est beaucoup plus drôle et originale quand elle s'inspire de sa propre vie. A quand un Ma vie est tout à fait fascinante, le retour ?
Pénélope Bagieu, Joséphine, Jean-Claude Gawsewitch Editeur
PS : merci encore Zag!
PSbis : le fameux gag de l'ampoule (je le reproduis ici parce que je ne le trouve pas sur le blog de Pénélope, qu'elle me pardonne):

06:30 Publié dans Avec des bulles | Lien permanent | Commentaires (38) | Envoyer cette note | Tags : pénélope bagieu, joséphine, moi aussi j'ai besoin d'un coach de gym, y a pas que moi qui aime grease
23.09.2008
Complot

Dans quelques heures, une attaque chimique sans précédent aura lieu sur le sol américain. Les services secrets empêcheront l'explosion de trois bombes mais pas de la quatrième, qui fera des millions de morts à San Francisco. Un seul homme, Jared Gail, est à même de déjouer cet attentat, qui plongera les Etats-Unis dans le chaos (annulation des élections présidentielles, révision de la Constitution, restriction des libertés, retour de la religion d'Etat) : mais au moment où c'est encore possible, Jared s'apprête à mettre fin à ses jours...
Empire USA est un projet assez original dans l'histoire de la BD française : il s'agit d'une série composée de 6 volumes, qui paraîtront à un ryhme soutenu (les deux premiers viennent de sortir, les 4 suivants sortiront tous d'ici le 5 décembre) et qui du coup, ont été dessinés par des dessinateurs différents (Le décalogue était bâti de façon similaire mais les histoires ne se suivaient pas). Enrico Marini (à qui l'on doit notamment le sexy Scorpion) et Henri Reculé ont créé les personnages et ils en ont fait une "bible graphique", à laquelle se sont référés les dessinateurs du projet, choisis pour la qualité de leurs dessins et leur capacité à se couler dans le moule imposé, le tout sur un scénario de Stephen Desberg, que l'on ne présente plus (on lui doit notamment IR$ et Le Scorpion). Et je dois dire que les deux premiers volumes sont très réussis. L'histoire n'est pas bouleversante d'originalité (le terrorisme, un héros charismatique, des agences de renseignement qui se tirent dans les pattes, un complot avec des comploteurs hauts placés, une femme fatale et fragile au passé tourmenté...) mais elle est bien construite et bien menée et les personnages sont suffisamment intéressants et attachants pour qu'on ait envie de lire la suite. Le changement de dessinateur n'est absolument pas gênant et je suis ravie de ne pas avoir à attendre de longs mois avant de lire la suite! Une réussite donc, chers happy few!
Empire USA de Stephen Desberg, dessins de Griffo (premier volume) et Mounier (deuxième volume), Dargaud. Les prochains dessinateurs sont Juszezak, de nouveau Griffo, Koller et enfin Reculé.
Le site consacré à la série sur lequel vous pouvez gagner des albums dédicacés.
La bande-annonce des deux premiers volumes (procédé qui commence à prendre un peu et que je trouve prometteur : à quand des bandes-annonces de romans avec de vrais acteurs ?)
Une interview très intéressante pour France 5 de Stephen Desberg. L'interview est découpée en plusieurs morceaux, accessibles par le menu à droite.
A noter que la promotion autour de l'album a utilisé des techniques de bookcrossing : 1000 exemplaires du premier volume ont été lâchés dans Paris. Sympa, non ?
06:30 Publié dans Avec des bulles | Lien permanent | Commentaires (27) | Envoyer cette note | Tags : bd, desberg, marini, empire usa, 11 septembre, les jared sont-ils sexy ?
25.08.2008
En cuisine
Aya Kisaragi est conseillère culinaire : elle est chargée de créer des recettes pour des magazines et des shows télé et de trouver des solutions pour redresser des restaurants au bord de la faillite. Elle travaille en free lance pour la société Food project, qui lui a donné pour assistant Ippeï Komaï, un jeune homme idéaliste et peu sûr de lui.
Voici un manga gastronomique, chers happy few, qui est apparemment l'un des premiers de ce genre à avoir été traduit en français, alors que des centaines de titres de manga culinaires existent manifestement au Japon, pays, qui, aux dires du chef Hisayuki Takeuchi interviewé en fin de tome 4, "a une obsession nationale pour la gastronomie". Et c'est ce qui apparaît nettement dans les 5 volumes que comporte cette série ma foi très intéressante.
Au travers d'histoires plus ou moins courtes baptisées "menu", on suit le cheminement d'Aya, cuisinière hors-pair (pour exercer ce métier, il faut avoir un diplôme de cuisine) et forte personnalité, autoritaire et intransigeante, qui ne recule devant aucun moyen pour parvenir à ses fins. Si le premier volume donne l'impression de livrer une suite d'histoires qui n'ont pas de lien entre elles, on découvre rapidement qu'Aya est motivée par un désir très puissant : elle veut économiser suffisamment d'argent pour rouvrir le restaurant que tenait son père et se venger de Kurata Akira, l'ancien apprenti de son père passé "à l'ennemi", c'est-à-dire parti dans un autre restaurant avec les recettes de son mentor. Outre l'histoire personnelle d'Aya (qui est dénouée dans le dernier volume) et son évolution psychologique au contact d'Ippeï, dont l'attitude profondément humaine va la transformer petit à petit, ce qui rend ce manga passionnant est de découvrir l'attitude d'un pays entier face à la cuisine.
Au Japon, on organise des défis culinaires et des concours, les starlettes se livrent à des batailles de recettes dans des shows télévisés (c'est l'objet de tout le volume 4), les chefs sont célèbres et la gastronomie mondiale (ici française et italienne) y est célébrée par d'excellents chefs. Aya est confrontée à toute une foule de cas à résoudre : de la multinationale qu'elle a trahie et qui l'empêche (momentanément) de cuisiner à l'alcoolisme d'un chef en passant par la moindre qualité des ramen d'un chef réputé qui a pris trop de poids (les ramen sont pétries avec les pieds) ou la femme atteinte d'un cancer qui veut léguer le goût exact de ses plats à son successeur avant de mourir, autant de tranches de vie qui se déploient rapidement. On y croise de nombreux personnages attachants, dont les problèmes sont en général inextricables de ceux de leur restaurant, on y célèbre les petits restaurants, le bon goût des légumes du potager et la "touche" propre à chaque chef (il y a une véritable obsession, dans de nombreuses histoires, pour retrouver le goût d'un plat, le goût d'une cuisine de chef, le petit truc en plus qui fait la différence), on y prévient aussi des dangers de l'orgueil (tous ceux qui se reposent sur leurs lauriers finissent par le regretter) et surtout on y célèbre l'amour de la cuisine sous toutes ses formes.
Un manga plein de goût, chers happy few, qui donne envie de se mettre aux fourneaux (des recettes sont proposées dans chaque volume) ou de filer rue Sainte-Anne manger des ramen (ou des sushi, ne soyons pas sectaires)!
Ishikawa Saburô, Aya conseillère culinaire, Doki Doki, 5 volumes, série terminée
Les billets de Tamara (sur le volume 3) et de Gawou (volumes 1 et 2)
PS : merci beaucoup à Caro[line] pour le prêt!
06:30 Publié dans Avec des bulles | Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note
07.08.2008
Et nos coeurs prisonniers
Engluée dans un pavé que je lis à la vitesse d'un escargot (ce qui reste lent même si l'escargot est sexy et manie divinement le fouet) et écrasée sous la chaleur parisienne, je me suis rabattue sur des lectures un peu plus estivales, et je suis allée (à l'insu de mon plein gré, évidemment) faire un tour chez Sam (où, je le précise tout de suite à sa demande pour que les choses soient bien claires, Lamousmé n'a rien acheté, voilà c'est dit).
Je vous propose aujourd'hui, chers happy few, un petit billet pour les filles romantiques et midinettes qui se cachent en chacune de nous (je sais que des hommes me lisent aussi, qu'ils me pardonnent ce sexisme si peu dans mes manières habituelles), avec cette sélection de shôjo.
Dans la veine réaliste :
Alléchée par un commentaire de Chimère et un billet de Clarabel, j'ai succombé moi aussi aux charmes indéniables de cette série, qui raconte sous forme d'un long flash-back les amours adolescentes de An, jeune femme sur le point de se marier (mais à qui, mystère). Il s'agit d'un triangle amoureux composé d'An, donc, jeune fille très volontaire et très sérieuse, qui n'a pas eu une enfance facile (ses parents ont été contraints de se séparer parce que son père était surendetté et sa mère a fini par se suicider), et de deux garçons que tout oppose : le pauvre et têtu Daigo, qui subvient aux besoins de sa famille depuis son plus jeune âge et qui ne fait pas d'études et Fuji, fils de très bonne famille, mélancolique et tourmenté. C'est une série pleine de qualités, que ce soit dans la narration (la poésie y côtoie la drôlerie et la construction est très cohérente) ou dans l'histoire et les personnages (c'est d'une grande justesse psychologique dans l'évolution des personnages et dans la mise en place des codes et des tourments propres à l'adolescence), que je vous recommande chaudement, tout comme Karine (et ne croyez pas ce qu'elle raconte, je ne lui ai absolument pas mis cette série dans les mains, ce n'est pas du tout mon genre, non mais).
Hinako Ashihara, Le sablier, Dargaud.
Série terminée en 10 volumes, dont 3 parus en français. Tome 4 disponible en France début septembre.
Dans la veine fantastique :
A l'Académie Cross, deux types d'élèves se côtoient sans se mélanger vraiment : ceux de la Day class, qui sont tout ce qu'il y a de plus normaux, et ceux de la Night class, qui ne sortent qu'au crépuscule et qui sont des vampires. Yuki et Zero, qui ont vu leurs familles respectives décimées par des vampires et qui ont été recueillis par le directeur de l'établissement, sont "chargés de discipline" : ils doivent faire en sorte que les deux mondes ne se mêlent pas. Les choses se compliquent quand le comportement de Zero change...
J'ai eu un véritable coup de coeur pour cette série fantastique, qui revisite à sa façon le mythe vampiresque en le mélangeant aux codes de la série de pensionnat. Les locaux de l'école sont gothiques à souhait (de grands manoirs, des escaliers, des terrasses) et un uniforme permet d'identifier tout de suite les vampires des autres, sauf que les vampires sont en blanc, ce qui renforce le côté "fascination angélique" qu'ils exercent sur les autres. L'histoire est bien troussée : le directeur tente de faire coexister des vampires qui ne boivent pas de sang humain (ils se nourrissent d'un substitut, les blood tablets) et des humains qui ignorent tout de l'existence de ces créatures de la nuit (un "effaçage de mémoire" est parfois nécessaire). Evidemment, les choses ne sont pas aussi faciles, à cause des intérêts personnels de chacun : Zero veut la mort de celle qui a tué sa famille, Kaname (le vampire pur-sang que tout le monde vénère des deux côtés) semble animé d'intentions qui lui sont propres, Yuki voudrait que tout le monde coexiste en paix et que le monde reste en l'état, le Sénat (gouvernement des vampires) s'oppose à la Guilde des Hunters (des chasseurs de vampires plus ou moins humains)... Entre manipulations politiques et amours adolescentes (un triangle encore une fois entre Kaname, Yuki et Zero), un manga de grande qualité aux personnages fascinants (et j'avoue tout de suite, au risque de me faire huer que mon coeur est tout acquis au ténébreux Zero, qui se débat pour échapper à son destin en broyant du noir) (ça ne vous rappelle rien ?) où la poésie est omniprésente (certains plans sont de toute beauté) et qui a des relents de tragédie shakespearienne. Flamboyant.
Matsuri Hino, Vampire Knight, Marvel Panini France.
5 volumes parus en France, le tome 6 est annoncé pour le 21 août.
Merci à Caro[line] pour le prêt! Les billets de Clarabel, conquise par le tome 1, Hydromielle (moins emballée)
La suite quand il fera moins chaud, chers happy few!
EDIT :
Comme Erzébeth l'a fait remarquer dans les commentaires, il fait moins chaud grâce à l'averse de ce matin, due à une petite perturbation qui a envahi le nord de la France (Evelyne D., sors de ce corps), aussi j'en profite pour rajouter un titre qui ne peut que plaire aux midinettes qui sommeillent en chacune de nous :
Kaikan Phrase (Le pouvoir des mots), m'a été plus que chaudement recommandé par Lamousmé (qui, il est bon de le rappeler encore, n'a rien acheté chez Sam) et je dois dire que, le premier volume fermé, je soupire encore après le beau Sakuya, chanteur d'un groupe de rock, Lucifer. Sakuya rencontre par hasard Aïné, une lycéenne qui a écrit les paroles d'une chanson d'amour et il décide de l'embaucher comme parolière. Il est beau, il est sexy (malgré son jeune âge, mais depuis Edward, on sait que la jeunesse n'est plus un obstacle), il est sensuel, il est fantasque et il est manifestement amoureux d'une Aïné qui se liquéfie littéralement à son contact. Tout cela donne un manga sensuel et follement midinette, on en redemande!
Mayu Shinjo, Kaikan Phrase (Le pouvoir des mots), Pika Edition
Série terminée (et rééditée déjà plusieurs fois) en 9 volumes.
Alors, chers happy few, heureux ?
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16.06.2008
Des blouses, des tabliers et des épées
Vous m'excuserez, chers happy few, mais je vais encore vous parler de mangas, ayant employé ce qui restait de mon week-end (une fois ôté le temps passé à la kermesse (je tiens d'ailleurs à dire que je ne me livrerai plus jamais à la pêche aux canards, activité en réalité extrêmement complexe et qui m'a laissé un bras tétanisé) et autres joyeusetés triviales comme les courses (car, j'avoue tout, je ne suis pas un pur esprit, quel choc pour vous, chers happy few) et le reste) à lire tous les mangas qui se trouvaient dans ma non-PAL. Oui, vous avez bien lu, j'ai dit tous les mangas : c'est là l'avantage indéniable de ces petites choses, ça se lit à une allure folle et ça n'encombre pas les étagères. Bon, il y a évidemment un revers à la jolie médaille, puisqu'à chaque fois qu'une série me plaît, j'ai envie d'acheter la suite. A ce rythme-là, il va falloir que je revende les livres de ma PAL pour financer ma non-PAL, ce qui au fond est une idée, non ?
Mais je m'égare (comme d'habitude). Donc, dans la sélection du jour :
Jin Minakata est directeur du service de neurochirurgie dans un hôpital de Tokyo. Un soir de juin 2000, on lui amène un patient sur qui il pratique une intervention qui se révèle étrange. Le patient a une malformation au cerveau, en forme de foetus humain. Suite à cette opération, Jin se retrouve propulsé... en 1832 dans l'ancienne ville de Tokyo, Edo. Il sauve alors un jeune homme, Kyotaro Tachibana, victime d'un coup de sabre sous ses yeux. Incapable de revenir dans son présent, Jin met ses incroyables (pour l'époque) connaissances médicales au service de la population. Sous les yeux des autres médecins éberlués, il pratique la chirurgie sous toutes ses formes, contient les épidémies de rougeole et de choléra et s'attaque à la syphillis. Cette série au dessin soigné et précis est passionnante, car en partie historique (on y croise des Japonais célèbres, comme Rintaro Katsu ou Ryoma Sakamoto et on y découvre les us et coutumes du Japon de la fin de l'ère Edo) et en partie pédagogique (à chaque fois que Jin tente de recréer un médicament, il explique comme il s'y prend). Les personnages sont très intéressants, Jin en tête, cet homme tout entier dévoué à son art ou Saki, la soeur de Kyotaro, à qui Jin n'hésite pas à enseigner de nombreuses choses afin d'en faire son assistante, chose impensable pour l'époque. On se demande évidemment si l'action de Jin ne va pas influencer le cours de l'Histoire : peut-on introduire l'utilisation de la pénicilline avant que Fleming ne la découvre ? Peut-on sauver des vies sans conséquences sur le futur ? Autant de questions qui se posent dans les 3 premiers tomes de cette série en cours qui en compte 5 et que je recommande à tous ceux qui aiment les blouses blanches!
Motoka Murakami, Jin, Editions Tonkam
Pour rester dans une veine réaliste :
Londres, époque victorienne. Emma est femme de chambre. Elle s'éprend d'un jeune gentleman, William Jones, mais la différence de classe les empêche de vivre leur histoire d'amour. Après un premier volume assez mou (à l'image de William Jones, personnage anti-charismatique) où les personnages sont assez mal caractérisés (je n'arrive toujours pas à comprendre ce que tous les hommes trouvent à cette Emma, tellement effacée et réservée qu'on est toujours surpris quand elle prend la parole), les volumes 2 et 3 s'emballent et l'histoire s'enclenche véritablement. Les deux jeunes gens voient des obstacles insurmontables se dresser sur leur route, et sont séparés. Les personnages secondaires prennent de l'ampleur (la famille très nombreuse de William, surtout ses soeurs, la nouvelle maîtresse d'Emma...) et on se demande vraiment comment tout ça va se terminer. Une série que j'ai envie de lire en entier donc, même si je ne partage pas pour l'instant l'engouement qu'elle suscite. La bonne nouvelle, c'est qu'il s'agit d'une série terminée, en 7 volumes.
Kaoru Mori, Emma, Editions Kurokawa (à noter les très amusantes postfaces, présentes dans chaque volume, et qui expliquent le travail de Kaoru Mori)
Les billets d'Aelys, Clarabel, Gawou, Hydromielle, Maijo, Ori
Un grand merci à Caro[line] pour le prêt!
Dans un tout autre registre :
Nous voici dans une veine action/fantastique pour ce manga scénarisé et dessiné par des Coréens mais produit au Japon. Keita est un jeune programmeur dont la vie bascule un soir après qu'il a partagé un bol de ramen avec une toute jeune fille. Cette dernière est une Motototsumita : elle est la gardienne de l'équilibre du monde. Les aventures commencent alors pour Keita, qui se retrouve héros malgré lui d'une histoire qu'il n'a pas choisie. Il y a de grandes qualités dans ce manga, notamment dans la caractérisation des personnages : le couple Kurokami-Keita fonctionne comme un couple de comédie à l'ancienne, Keita refusant de se soumettre à ce nouveau destin à coup de coups de gueule et de griffes et dans l'alternance de passages de comédie pure (la façon dont Kuro n'arrive pas à se fondre dans la monde qui l'entoure ou la relation de Keita avec son amie d'enfance, Akane) et de scènes d'action. Mais du coup, l'action n'avance pas aussi vite que je le voudrais (je sais, je suis très exigeante) et je me perds un peu dans les scènes de bagarre, m'y reprenant parfois à plusieurs fois pour comprendre quel coup a été porté et comment (ben oui, je suis comme ça, chers happy few, j'aime comprendre). J'aime beaucoup le dessin, et cela joint à l'humour (il y a même des interventions du narrateur) et à la poésie qui se dégage parfois de certaines scènes, me donnent envie de lire la suite (j'en ai lu 2 sur les 4 publiés, série en cours).
Lim Dall Young et Park Sung Woo, Kurokami, Black God, Editions Ki-oon
Et enfin :
Übel Blatt est une série manifestement très prisée par les lecteurs masculins et les nombreuses scènes déshabillées n'y sont peut-être pas pour rien (oups, qu'ai-je dit là, je vais subir les foudres de mes deux lecteurs représentant du genre). Sam me l'a vendue comme étant "dans la veine de Tolkien" ce qui n'est pas tout à fait faux mais pas vraiment juste non plus. On est dans du Tolkien sous acide, dans de la dark fantasy pour être plus précis. Dans un territoire d'heroïc fantasy (les plaines, les châteaux, les petits villages isolés...), des rebelles défient l'autorité de l'Empire. Apparaît alors un jeune guerrier aux oreilles d'elfe, Koïnzell, qui semble invicible. De quel côté penchera sa loyauté ? Le mythe sur lequel l'Empire s'est batti ne serait-il qu'une légende ? L'histoire est ma foi fort intéressante et bien menée, l'univers est sombre et épique (beaucoup de violence et de corps démembrés, autant prévenir les âmes sensibles) et j'ai bien envie de lire la suite (je n'ai acheté que le tome 0, ne sachant pas à quoi m'attendre) : serais-je un homme en fait ?
Etorouji Shiono, Übel Blatt, Editions Ki-oon, 6 volumes parus en France, 8 au Japon, série en cours. A noter la prédominance de l'allemand dans cette série (titre, têtes de chapitres, noms : la raison m'échappe encore, rien que pour ça, je dois lire la suite)
Sinon, le tome 2 de Mushishi est excellent (encore meilleur que le premier) et le premier épisode de la série animée est très beau (merci à Sam pour l'aperçu). Les volumes 2 et 3 de Diamond head sont à la hauteur du premier, les personnages gagnent en profondeur et un nouvel arrivant, mystérieux à souhait, Setsu, a remplacé Katsuma dans mon coeur (ben oui, je ne suis pas très fidèle, et alors ?) Quand je vous disais que j'avais passé tout mon temps libre à lire des mangas...
La suite au prochain numéro, chers happy few (car oui, il y a encore une série dont je n'ai pas parlé, quelle taquine)!
PS : faute de combustible, cette récente addiction va s'arrêter (momentanément) d'elle-même, chers happy few, et ce salon pourra retrouver une activité normale, à base de kulture, de philosophie et d'hommes sexys : la routine, quoi!
06:30 Publié dans Avec des bulles | Lien permanent | Commentaires (29) | Envoyer cette note