24.05.2011
"Je porte en moi ton coeur..."
Comme j'ai lu récemment deux romans fort proches dans leur thématique, sinon dans leur traitement, chers happy few affolés de voir une phrase sérieuse entamer ce billet, j'ai décidé, comme ça, paf une lubie, limite une pulsion, de faire une chronique croisée. (Mon Dieu, c'est la première fois que je me livre à ce périlleux exercice, un vent de folie souffle dans ce salon, la preuve, je suis décoiffée.) (Les copines confirmeront que cet état de fait est rarissime chez moi, qui suis toujours et en tous lieux l'incarnation du glamour le plus total.)
Quels sont donc les deux ouvrages qui ont l'honneur de se partager la page de ce mardi où tout est permis ? (Le suspense m'a tuer.)


(Comment ça la mise en page est aléatoire ? Vous avez la berlue.)
(Je vous aurais bien mis en photo la quatrième de cover, très importante, mais dans ma grande quichittude je ne sais comment faire. On ne peut pas avoir tous les talents, la preuve.)
La dystopie est à la mode dans la littérature adulescente en ce moment, peut-être grâce au succès de la trilogie des Hunger Games (je ne veux cependant pas croire que certains y voient un bon filon, non, je sais que les éditeurs sont purs de toute arrière-pensée). Toujours est-il que sont sortis à quelques mois d'intervalle Promise d'Ally Condie et Delirium de Lauren Oliver, qui explorent, chacune à leur manière, les conséquences de la mise en place d'un état totalitaire qui, non seulement dénie toute liberté à des citoyens élevés dans la manipulation et le mensonge, mais leur refuse aussi le droit à l'amour, thème ô combien important pour les lecteurs adolescents qui ne sont, comme chacun le sait, qu'émois et hormones. Et vice-versa.
Dans Promise, Ally Condie met en scène un monde dans lequel la vie des individus est intégralement prise en charge par l'Etat : après des études réduites au minimum, on leur donne un travail, on les "couple" en fonction de leur personnalité, on leur donne le droit de faire un ou deux enfants puis on les enthanasie à l'âge de 80 ans. Cassia, 17 ans, est "couplée" mais l'administration fait une erreur et lui envoie la photo d'un autre garçon que celui auquel elle s'attend. Troublée, la jeune fille s'intéresse alors de près à cet adolescent différent et ses certitudes ne tardent pas à se fissurer. De la même manière, Lena, personnage principal de Delirium, attend impatiemment son Protocole, qui doit, par une opération du cerveau, lui ôter la capacité à aimer, considérée comme une maladie mortelle pouvant devenir un fléau. La rencontre d'un jeune homme qui n'a pas été opéré va lui ouvrir les yeux sur la société qui l'entoure et lui permettre de réviser ce qu'elle sait de son passé à l'aune de ces découvertes.
Si le thème est similaire, on ne peut imaginer traitement plus différent : là où Promise peine à retenir l'attention du lecteur à cause d'une sécheresse de ton, d'une absence de matière d'autant plus ennuyeuse qu'un roman de science-fiction doit peindre un monde par définition neuf et ne peut donc se reposer sur les supposées connaissances du lecteur et de la trop grande place accordée à une romance aussi intéressante que les peines de coeur des héros de Dawson (oui, je suis vieille, so what ?) (et ma phrase est interminable, je sais) (et dire que je parle aussi avec des parenthèses, autant dire que suivre un de mes cours relève de la gageure la plus totale), Delirium, mieux écrit et mieux construit, peint un monde beaucoup plus riche dans lequel évoluent des personnages plus denses et plus crédibles. L'exemple le plus frappant est certainement le traitement réservé à l'idée vieille comme Platon de la suppression de la culture sous toutes ses formes et notamment de la poésie : dans Promise, Ally Condie utilise maladroitement un poème de Dylan Thomas, sans arriver à en restituer toute l'émotion sans doute parce qu'elle abuse de la répétition et de la paraphrase, alors que les quelques vers de Shakespeare, Dickinson ou Cummings cités dans Delirium, habilement intégrés à l'histoire, prennent une véritable ampleur et ne peuvent qu'inciter à la Résistance. La littérature sauvera le monde. Qui en doutait ?
Ally Condie, Promise (Matched), Gallimard jeunesse, traduit de l'anglais par Vanessa Rubio-Barreau, 398 pages, 2011
Laurence Oliver, Delirium, Hachette jeunesse, traduit de l'anglais par Alice Delarbre, 452 pages, 2011
Quelques billets sur Delirium : Stephie, Bladelor, Ori...
Et sur Promise : Stephie, Theoma...
18:40 Écrit par fashion dans Jeunesse, Littérature anglo-saxonne, SF | Lien permanent | Commentaires (23) | Envoyer cette note | Tags : j'arrête la litté jeunesse, promis, j'ai quelques classiques britons à lire, et des copies à corriger, oui aussi, mais d'abord finir le tariquet s'impose, avec la confiture de poivrons
23.05.2011
Léviathan - Scott Westerfeld
1914.
Le 28 juin, le jeune Aleksandar, fils de l'archiduc François-Ferdinand et de Sophie Chotek, est réveillé en pleine nuit par le comte Volger, son maître d'escrime et Klopp, mécanicien en chef de l'archiduc. Sous prétexte d'une leçon de pilotage de nuit, les deux hommes "enlèvent" le jeune homme pour le mettre à l'abri : ses parents ayant été assassinés, il devient la cible de ceux qui ne veulent pas le voir sur le trône de l'Autriche. Voilà donc nos trois hommes, accompagnés de deux soldats, partis pour la Suisse dans un mécanopode, espèce de gigantesque robot bipède. Parallèlement, la jeune Deryn se fait passer pour un garçon afin de postuler comme aspirant dans la Royal Air Force : devenue Dylan, elle se retrouve, par un concours de circonstances, sur le Léviathan, fabuleuse baleine des airs. Nos deux jeunes gens, la britannique et l'autrichien, se rencontreront dans des circonstances pour le moins mouvementées.

Comme les plus perspicaces d'entre vous l'auront aisément déduit du brillant résumé que j'ai écrit à la force de mon clavier, Leviathan est un roman de steampunk, happy few amateurs de bons crus et de science-fiction, qui s'inscrit donc dans la lignée des romans d'Histoire alternative, genre dans lequel s'illustrent avec brio nos amis anglo-saxons (je ne voudrais pas dire de bêtises (ce serait si peu dans ma manière) mais il me semble que les auteurs français ne se sont guère intéressés à ce type de réécriture). Scott Westerfeld met en scène avec un incroyable talent un monde divisé en deux camps : les darwinistes (France, Grande-Bretagne, Russie) qui manipulent l'ADN des animaux pour créer des hybrides qu'ils utilisent surtout à des fins militaires et industrielles et les clankers (Autriche-Hongrie, Allemagne), qui ne jurent que par les machines extrêmement perfectionnées. Reprenant les faits qui ont mené à la Première Guerre Mondiale, Westerfeld a bâti avec maestria une intrigue riche et pleine de rebondissements, mêlé avec bonheur les histoires de Deryn/Dylan et Alek et trouvé avec le darwinisme une invention très originale qui nourrit l'intrigue de manière passionnante.
Un excellent roman, au style alerte et plein d'humour, qui m'a littéralement emballée, chers happy few.
Scott Westerfeld, Leviathan, Pocket Jeunesse, traduit de l'anglais par Guillaume Fournier, 440 pages, 2010, 2009 pour la parution en VO, très belles illustrations de Keith Thompson

Les billets d'Emmyne, Chiffonnette...
19:06 Écrit par fashion dans Jeunesse, Littérature anglo-saxonne, SF | Lien permanent | Commentaires (18) | Envoyer cette note | Tags : be bop a lula, wah pa di dou dah, loubidoudbidou, chabadabada, tout ça pour dire que dans 3 semaines je n'ai plus d'élèves, enfin en cours, parce qu'il faudra surveiller et corriger, mais rien ne m'est impossible, hu hu hu, que de félicité et de modestie, tout moi quoi
31.03.2011
"Oh, dear, but you do realize that Italy is where they keep Italians."
(Ceci est un message à caractère personnel de la Fashion Airlines : Bladelor, je t'aime bien. Ne va pas croire que ce qui suit soit le signe d'une quelconque animosité à ton encontre. Et n'oublie pas que je lis le latin, parce que je suis comme ça, flippante jusqu'au bout de mes ongles non manucurés.)

A la fin de Changeless, chers happy few un peu effarés de voir que malgré mes résolutions je lis cette série plus vite que mon ombre, nous avions laissé Lady Maccon en fâcheuse posture. Nous la retrouvons dans sa famille où elle s'est réfugiée depuis une semaine et le déplorable incident écossais, mais le scandale éclate publiquement et Alexia est chassée par sa mère. Qu'à cela ne tienne, elle se rend chez Lord Akeldama, qui lui a offert l'hospitalité, pour découvrir qu'il a quitté la ville avec armes, drones et bagages. Jamais à bout de ressources, Alexia décide de quitter le pays, poussée en cela par une révélation fort désagréable : les vampires essaient de la tuer. La voilà donc en route vers l'Italie avec Madame Lefoux et le fidèle Floote : Alexia a dans l'idée d'aller demander des explications sur sa condition aux Templiers. Very bad idea, very bad trip.
Dans quelle autre série trouve-t-on à la fois des loups-garous écossais, des acteurs britanniques chez qui on trouve du steak cru à toute heure de la nuit, un parasol qui contient des armes anti-vampires et du thé, des coccinelles tueuses, une inventrice qui porte élégamment la fausse moustache, des Templiers qui brodent leur croix à leurs moments perdus, des valets de pied qui manient aussi bien la gâchette que le silence offensé, une Reine Victoria "not amused at all", un très vieux vampire amoureux d'un très jeune loup-garou (oh la la, quelle scène, mes amis, quelle scène !), des "hairmuffs", des dialogues brillants, des personnages sympathiques et intelligents (le Professeur Lyall a en moi sa plus grande fan, forever and a day) et une intrigue aussi bien troussée que les jupes d'une Lady qui court beaucoup ? Dans aucune autre, chers happy few, et pour cause, puisque Gail Carriger a su trouver un ton délicieusement unique et bâtir un univers très personnel dans cette série qui restera pour moi dans les meilleures découvertes de 2011. Et ce tome 3 est très réussi, foi de lectrice qui l'a dévoré en quelques heures et qui a vu sous ses yeux se construire enfin ce Parasol protectorate qui donne son nom à cette série so british, so witty and so funny, en un mot so brilliant. Vivement le tome 4, tiens. (Il est annoncé pour le 7 juillet. Je suis anticipation frémissante, chers happy few.)
Gail Carriger, Blameless, Orbit, 374 pages, 2010
Et comme il paraît que le jeudi c'est citation, sémillants happy few :
Lord Akedalma lost some slight element of his composure at that. "Listen to me carefully, Beta. I am a rove so that I might make my own decisions : who to love, who to watch, and, most importantly, what to wear."
Love him.
Challenge Lu en VO
17
(ne dites rien, je sais)
06:00 Écrit par fashion dans Challenge Lu en VO, Fantasy, Littérature anglo-saxonne, SF | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note | Tags : en parlant d'écossais, ..., non finalement, rien
17.03.2011
La cité bleue d'Icaria - Arthur Slade

Vous souvenez-vous de Modo, délicieux happy few ? Mais si, ce (très) jeune agent secret recruté et formé par M. Socrate, orphelin sans passé mais doté de l'étrange capacité de pouvoir modeler à l'envi son visage et son corps afin de prendre n'importe quelle physionomie, héros de La confrérie de l'Horloge, roman de steampunk très réussi.
Le voici de retour dans La cité bleue d'Icaria, un roman d'aventures et d'espionnage qui tient toutes les promesses du tome précédent. Modo est cette fois-ci envoyé en mission avec la dangereuse Octavia pour enquêter sur un mystérieux monstre marin qui sévit au large de l'Islande. Il croit chercher Moby Dick et tombe sur une version du Nautilus, pilotée par le capitaine Delphina Monturiol qui rêve d'Atlantide. Dans une aventure fort bien troussée aux multiples rebondissements, Modo rêve d'amour, rencontre Colette, une séduisante espionne française, et croise de nouveau la Confrérie de l'Horloge, la redoutable Hakkandottir et ses chiens, et Griff, l'espion invisible et fou. Un excellent deuxième volet, chers happy few.
Arthur Slade, La cité bleue d'Icaria (The Dark deeps), MsK, traduit de l'anglais par Marie Cambalieu, 287 pages, 2011
19:23 Écrit par fashion dans Jeunesse, Littérature anglo-saxonne, SF | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : steampunk, sf, espionnage et pâturage, non ce n'est pas une note mais une notule, but who cares ?, capitaine nemo mon premier crush littéraire tiens, ça nous rajeunit pas
09.02.2011
Le porte-lame - William Burroughs
En 1979, William Burroughs écrit un court récit, Blade runner (A movie), en partie inspiré du roman d'Alan E. Nourse, The bladerunner, publié cinq ans plus tôt. (Pour la petite histoire, Ridley Scott reprendra ce titre quand il adaptera Do androids dream of electric sheeps ? de Philip K. Dick, mais sans aucun rapport avec le texte dont il est question ici.) Blade runner (A movie) (Le porte-lame en français) se présente comme le synopsis d'un film qui n'était évidemment pas destiné à voir le jour, Burroughs mettant ici en application sa vision de l'écriture en perpétuel mouvement. Le récit a une forme relativement atypique : trop court pour un roman, long pour un synopsis, il s'ouvre sur une adresse orale "Alors comme ça B. J tu me demandes de te dire en une phrase de quoi parle ce film ?" qui donne le ton. Il sera en effet question ici d'un film, avec ses plans, ses retours en arrière, ses questionnements formels : comment mettre en place le monde dont il est question, comment représenter l'anticipation, puisque sur le fond Le porte-lame est un roman de science-fiction.
New York, 2014. La couverture sociale universelle, dénoncée par les lobbies pharmaceutiques a eu l'effet inverse de celui escompté : l'accès au soin est réservé aux toxicomanes et aux lépreux et la médecine est devenue hors de portée de la bourse de l'américain moyen, qui n'a pour seule solution que le recours à la médecine illégale, qui se pratique dans les égouts d'une ville en ruines dans laquelle les animaux sauvages ont pris une liberté qu'ils n'avaient jamais eue (requins dans le fleuve, hyènes dans Central Park...). Dans ce décor post-apocalyptique, nous suivons le destin de Billy, le porte-lame qui donne son nom au récit. Son métier : transporter des médicaments et des outils chirurgicaux pour les médecins qui officient dans les couloirs du métro abandonné au milieu des rats, sous la lumière blafarde des générateurs de fortune. Drogué, vivant dangereusement au milieu des gangs, Billy voit son rôle prendre de l'importance quand une épidémie s'abat sur la ville.
Peuplé de camés, traversé de scènes hallucinantes (l'opération dans le métro, les orgies des lépreux), Le porte-lame est un récit qui réussit, malgré toute la violence qu'il met en scène, à être férocement drôle. "Le genre humain n'a pas d'avenir" dit Burroughs. Peut-être, mais son texte est jubilatoire.
William Burroughs, Le porte-lame (Blade runner, A movie), Tristram, traduit de l'anglais par Bernard Sigaud, 90 pages, 2011
Roman lu pour les Chroniques de la Rentrée littéraire
08:00 Écrit par fashion dans Littérature anglo-saxonne, SF | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : j-4
13.09.2010
Corpus delicti
2057. Pour le bien et la santé de tous, l'Etat a instauré la Méthode qui exige de la population qu'elle se conforme à des contrôles quotidiens et à une stricte hygiène de vie afin que nul ne tombe jamais malade. Dans ce monde aseptisé où règne en maître une science jugée infaillible, le cas de Mia dérange tout le monde, et surtout la justice. En effet, la jeune femme est instable depuis qu'elle a perdu son frère, qui s'est suicidé en prison après avoir été jugé coupable du viol et du meurtre d'une jeune femme qu'il a nié jusqu'au bout avoir même rencontrée.
Corpus delicti, sous-titré Un procès, est un roman tout à fait intéressant, chers happy few, qui se sert de l'argument de science-fiction pour dépeindre une société parfaitement glaçante dans laquelle on refuse à l'individu tout libre arbitre et toute réflexion personnelle. Parce que tomber malade coûte de l'argent à la société (toute ressemblance avec des propos entendus ici ou là est bien évidemment purement fortuite), la Méthode a mis en place un système qu'elle juge infaillible, chacun mangeant le nombre de protéines en tube nécessaires à sa bonne santé, faisant un nombre invariable de kilomètres sur son vélo d'appartement et se soumettant tous les jours à des examens de santé qui permettent aux autorités de dépister les éventuelles maladies (il y a des capteurs dans les toilettes par exemple). Dans ce monde sans microbes, il est bien évidemment interdit de consommer des drogues ou des excitants (exit le café ou le thé, bienvenue à l'eau chaude avec deux gouttes de citron) et, corollaire, il est interdit de se soustraire à la Méthode (puisqu'elle veut le bien de l'humanité), de penser par soi-même (dangereux) ou de rêver (parce que non scientifique). Dans ces conditions, l'attitude de Mia, qui veut juste qu'on la laisse faire son deuil en paix, intrigue, déroute puis inquiète les autorités. Et si elle était une dangereuse terroriste, voire même une adepte du DAM (Droit à la Maladie) ? Rédigé dans un style sec et précis, construit en courts chapitres qui font alterner phases du procès et passé de Mia, Corpus delicti est, malgré quelques joutes oratoires parfois un peu longues, un roman efficace et intelligent, chers happy few.
Juli Zeh, Corpus delicti, Un procès (Corpus delicti. Ein prozess), Actes sud, traduit de l'allemand par Brigitte Hébert et Jean-Claude Colbus, 238 pages, 2010 pour la traduction française, 2009 pour la parution en VO.
Le billet de Cuné.
18:06 Écrit par fashion dans Littérature allemande, SF | Lien permanent | Commentaires (28) | Envoyer cette note | Tags : juli zeh, vais-je me réconcilier avec actes sud ?, mon dieu que de suspense, en attendant je lis un ouvrage pour la rentrée littéraire 1120
17.06.2010
Make a wish
Lors d'une visite au British Museum avec Mickey et Jackie, Rose et le Docteur découvrent, médusés, une sculpture de la déesse Fortune, vieille de plus de 2000 ans, et représentant... Rose. Intrigués et plutôt excités par la découverte, ils décident de se rendre dans la Rome antique afin de comprendre comment cette statue a atterri au département des antiquités romaines. Ils se retrouvent entraînés dans une aventure qui leur fera rencontrer un sculpteur fou, Vanessa, une jeune fille qui vient elle aussi du futur et... un génie.
Il y a quinze jours, chers happy few, lors de ma dernière escapade londonienne, j'ai trouvé le temps de faire un saut de puce chez Forbidden Planet, antre de toutes les tentations, et je suis tombée sur un coffret d'audiobooks Doctor Who auquel je n'ai décemment pas pu résister (pensez donc, trois romans lus par David Tennant et un par Anthony Head, c'était trop pour mon petit coeur tout mou). J'ai profité de cet achat pour enfin acquérir un lecteur mp3 (oui, j'étais la seule à l'ouest du Pecos à ne pas en posséder un, my bad), et après bien des déboires (ne dites rien, je sais), j'ai réussi à y transférer The Stone Rose, ce qui a agréablement occupé mes trajets de métro pendant presque deux jours. Je dois dire que quand la sublime et douce voix de David me raconte une histoire, le trajet passe étrangement beaucoup plus vite, j'ai même failli louper ma station d'arrivée, oups.
The Stone Rose est ma deuxième expérience d'audiobook, chers happy few, et je ne saurai que recommander chaleureusement cet épisode. Non seulement la lecture de David Tennant est comme d'habitude excellente (il arrive à reproduire l'accent et le phrasé de Mickey et de Jackie ce qui est une gageure et le résultat est assez hallucinant et sa lecture des dialogues attribués au génie est proprement géniale) mais l'histoire est formidable, une des meilleures des romans DW que j'ai lus jusqu'à présent. Voir le Docteur en tenue romaine et caligae, le tournevis sonique à la ceinture chercher désespérément une Rose transformée en statue et se retrouver dans le Colisée à se battre contre des fauves, s'est avéré particulièrement jouissif (non, je ne suis pas perverse, chers happy few, je suis juste un peu... bizarre). L'intrigue se tient parfaitement et utilise excellement le paradoxe temporel et ses conséquences, la relation entre le Docteur et Rose est très émouvante (je suis en train de penser que si ces romans peuvent être lus totalement indépendamment de la série, ils ajoutent quand même pas mal à la psychologie des personnages) et de nombreux passages sont plutôt drôles. Un très bon opus, disponible aussi en version papier (la version audio est abrégée mais je ne sais pas de combien de pages).
Jacqueline Rayner, The Stone Rose, BBC audio, 2006, lu par David Tennant, 2 CD, 2 h 30, avec en bonus une interview de l'auteur qui explique sa méthode de travail et les différences d'écriture induites par le changement d'acteur (elle a écrit aussi un roman mettant en scène le neuvième Docteur).
Jacqueline Rayner, The Stone Rose, BBC books, 2006, 256 pages
Ce billet est garanti 100%

Challenge Lire en VO
19
18:53 Écrit par fashion dans Challenge Lire en VO, Challenge Tennant 2010, Littérature anglo-saxonne, SF | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : hiiiiiiiiiiiiiii, ben oui ça faisait longtemps que je n'avais pas couiné, non ?, le prochain billet réussira l'exploit de ne pas parler de david, et d'être 100% couinements, quelle classe
