12.10.2010

Who cares about decent ?

 

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Certainement pas lui, chers happy few, pour mon plus grand bonheur.

 

Oui, je sais que vous vous demandez où je suis passée et que vous vous dites dans votre Ford intérieure que ce blog est limite abandonné aux orties virtuelles, pauvre de lui (j'ai été Madame Irma dans une autre vie) (ne riez pas, je tire l'information d'un manuel très sérieux), mais figurez-vous que tout se ligue contre moi pour m'empêcher de venir répandre la kulture dans ces pages, chers happy few : le travail (que nul ne se gausse, je pourrais mal le prendre), les projets, le Grand Prix du Web (j'ai rempilé alors que j'avais juré mes grands dieux qu'on ne m'y reprendrait plus, souvent LCA varie, y a qu'à voir la taille de la PAL pour s'en persuader ; toujours est-il que je dois lire 15 romans avant le 30 octobre, oh j'en ai lu deux, quel bon rythme, je m'époustoufle moi-même), et la PAV (Pile A Voir, qui est, thank Tolkien, moins haute que la PAL mais relativement conséquente). C'est donc dans un accès de courage que j'ai décidé de la faire diminuer en regardant :

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Sherlock, une série BBC (2010), rapportée de ma dernière escapade londonienne (car il n'y a pas que William dans ma vie, la preuve).

Comme vous le savez tous, assidus happy few, la passion qui m'unit au détective britannique et néanmoins lunatique est toujours aussi vivace ; il était donc impossible pour moi de passer à côté de cette adaptation, alléchée que je fus par ses deux hénaurmes atouts : Steven Moffat et... Steven Moffat. Pour ceux qui se demanderaient qui est cet homme, que dis-je, ce demi-dieu (car il paraît que certains de mes lecteurs ne prennent pas de notes après chaque billet, ce qui est bien évidemment passible d'une sévère sanction à base de moldave), Steven Moffat est celui qui a, entre autre, dépoussiéré Doctor Who (pas de soupirs au troisième rang, merci). Or voilà-t-y pas que cet homme qui a décidément over bon goût aime Sherlock Holmes d'amour et qu'il a décidé, avec son compère Mark Gatiss, de reprendre l'oeuvre de Conan Doyle et de la transposer de nos jours. Idée géniale que les deux hommes ont menée à bien avec brio, en mélangeant la transposition matérielle et technologique au respect du matériau de base (psychologie et relations entre les personnages), le tout nourri de multiples références aux intrigues imaginées par Sir Arthur.

 

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Encore des hommes qui courent avec classe et enmanteaunés. Ferais-je une fixation ?

 

Voilà donc nos personnages dans le Londres contemporain : mon détective favori, toujours Consulting detective, n'écrit pas des ouvrages sur les abeilles et les poisons mais il publie le résultat de ses recherches sur un site internet, The science of deduction ; il a été contraint d'arrêter de fumer (les fameux "Ceci est un problème à trois pipes, Watson", sont remplacés par "Ceci est un problème à trois patchs de nicotine") ; il ne communique que par textos (qui apparaissent incrustés sur l'écran, ce qui est un gimmick très réussi), a remplacé sa bande de jeunes des rues par des SDF et il fait toutes ses expériences scientifiques dans le labo d'un hôpital. Watson, médecin militaire blessé en Afghanistan, tireur d'élite, ne tient plus un journal mais un blog, fort lu d'ailleurs (se préoccupe-t-il du classement Wikio ? mystère), et après une période de chômage, il a trouvé un job pas très bien payé dans un dispensaire. Nos deux héros se rencontrent dans le premier épisode (la série en compte trois), A study in pink, prennent un appartement en colocation au 221B Baker street (Mrs Hudson, redevable à Holmes, leur fait un prix) et cohabitent tant bien que mal, Holmes étant aussi capricieux, désordonné, dénué de manières et plein de mauvaises habitudes que dans les romans et nouvelles de Conan Doyle. Les intrigues, fort bien ficelées, ont le temps de se déployer vu le format imposé par la BBC (90 mn par épisode) (pour la petite histoire, Moffat avait écrit un pilote de 60 mn qui une fois tourné et montré à la production a été jugé tellement bon que la BBC a demandé deux épisodes supplémentaires et a fait rallonger le pilote) et contenteront aussi bien ceux qui n'ont jamais lu Conan Doyle que les fans, qui s'amuseront à relever les allusions et les emprunts (et qui couineront, du coup, évidemment). Le couple formé par Holmes et Watson fonctionne parfaitement, certainement en raison du choix des acteurs : Benedict Cumberbatch est un Sherlock parfait, sociopathe brillant à la langue affûtée et aux yeux de chat (cet acteur a vraiment un physique très particulier) face à Martin Freeman, qui campe excellemment un Watson discret mais efficace. Outre nos deux héros, on retrouve Lestrade (Rupert Graves) et ses hommes, Mycroft (Mark Gatiss, excellent) et bien sûr Moriarty (Andrew Scott) dont le personnage de psychopathe, révélé en fin de troisième épisode devrait prendre de l'ampleur par la suite, car oui, il y en aura une, chers happy few, ce qui me fait évidemment couiner par anticipation. Et d'ici qu'elle soit diffusée, je devrais avoir éclusé ma PAV. Ou pas.

 

Sherlock, trois épisodes de 90 mn chacun : A study in pink, The blind banker, The great game. Disponible en DVD en import, zone 2.

Les trois épisodes suivants seront diffusés en Grande-Bretagne à l'automne 2011.

France 4 a acheté cette série, dont la diffusion est prévue incessamment sous peu, et ça c'est une bonne nouvelle, n'est-ce pas Hydromielle ?

06.08.2010

I know, I'm a Jedi like that.

Comme vous le savez tous, fabuleux happy few, je suis une amatrice de séries télévisées (à tel point que j'ai arrêté mon abonnement au câble et que depuis que j'ai découvert le streaming sans sous-titres (tellement plus pratique car les épisodes sont disponibles tout de suite et leur visionnage n'est pas limité), je m'auto-limite volontairement), mais je n'aime guère les séries policières, qui, comme les séries médicales, me lassent vite : le côté "je porte le malheur du monde sur mes épaules et j'ai un regard de chien battu en regardant mon verre de bourbon" de la plupart des inspecteurs et autres équipes du FBI m'ennuie profondément et je trouve toujours les énigmes trop légères (la faute certainement à une lecture intensive de romans policiers depuis plus de vingt ans). Pour faire exception à la règle, il faut que ce type de séries ne se contente pas d'être policière et me propose une galerie de personnages différents qui entretiennent des liens intéressants, ce qui est le cas de Bones, que je suis sans faillir depuis 5 ans (et pas que pour la plastique avantageuse de David B., bande de mauvaises langues) et, plus récemment de Castle.

 

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 Richard Castle (Nathan Fillion) est un écrivain de thrillers à succès. Il vient de publier son vingt-sixième roman, dans lequel il a tué son personnage principal et il est en manque d'inspiration depuis quelques mois. Or, voilà qu'un serial killer assassine ses victimes en suivant le modus operandi de certains de ses meurtriers fictifs : l'Inspecteur Kate Beckett (Stana Katic), chargée de l'enquête, étant une fan de la première heure, elle l'interroge. Ravi de sa participation accessoire dans cette enquête, Castle y trouve une seconde inspiration, crée un nouveau personnage principal et demande au Maire de l'imposer en tant que consultant sur toutes les enquêtes de Beckett.

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Un homme qui écrit, c'est sexy.
A condition que ce ne soit pas Paulo Coelho, on est d'accord.

 

Disons-le tout net, chers happy few, Castle n'est absolument pas une série originale, ni dans les intrigues, gentiment écrites, ni dans le fonctionnement du duo principal : la fliquette un peu rigide mais empathique au passé douloureux est, à son corps défendant, sous le charme de l'écrivain charismatique, manipulateur, égocentrique et évidemment parfaitement charmant. Pour être tout à fait honnête, si je l'ai regardée c'est à cause de la présence de Nathan Fillion, fort bon acteur whedonien (on se souvient avec émotion de Firefly, enfin, surtout moi) que je trouve particulièrement, disons le sans honte, couinesque. C'est cependant une série qui me plaît particulièrement, parce que j'y ai retrouvé tous les ingrédients qui m'accrochent invariablement : des relations intéressantes entre les personnages (j'aime beaucoup la relation entre Castle et sa fille notamment), des dialogues bien troussés, beaucoup d'humour, des personnages secondaires particulièrement drôles même si on n'est jamais loin de la caricature (la mère diva, les ex à moitié folles, les flics un peu machos, la fille ado trop responsable...) et de multiples références (à ce titre, l'épisode 6 de la saison 2 est tout simplement fabuleux, lui qui s'ouvre sur un Nathan Fillion habillé en Mal, à qui sa fille dit "Papa, c'était déjà ton costume d'Halloween il y a cinq ans"). Ce n'est pas la série du siècle, loin s'en faut, mais c'est une série extrêmement sympathique qui met en scène des personnages qui réussissent à être attachants malgré les clichés qui ont présidé à leur création, ce qui est pour moi rarissime dans ce genre. Je recommande, chers happy few.

 

Castle, saisons 1 (10 épisodes, 2009) et 2 (24 épisodes, 2010)

03.08.2010

Apathy kills, but I don't care.

californication1.jpgHank Moody (David Duchovny) est un écrivain reconnu dont le dernier best seller, God hates us all, a été adapté au cinéma avec deux stars dans les rôles principaux. Il a donc quitté New York avec femme et enfant pour s'installer momentanément (qu'il croyait, pauvre naïf) à Los Angeles, ville qu'il déteste et qu'il rend responsable du marasme total qu'est devenue sa vie : en 5 ans, il n'a pas écrit une ligne, sa femme l'a quitté et il est toujours à L. A. Il noie ses angoisses existentielles dans l'alcool et les nombreuses femmes de passage tout en tentant de reconquérir son ex.

 

Happy few amateurs de stupre, de luxure et de transgressions en tous genres, vous pouvez passer tranquillement votre chemin, cette saison 1 de Californication, qui a été vendue comme une série extrêmement trash (elle porte l'interdiction aux moins de 16 ans aux Etats-unis) étant à mon sens l'illustration parfaite de ce que seuls les américains savent produire : sous un vernis qui n'est que gentiment osé mais qui est exhibé comme amoral et cynique se dissimule en réalité une apologie bien pensante de la famille et de la fidélité. Je sais que ce que je dis a l'air paradoxal au vu des nombreuses scènes de coucheries qui émaillent cette saison, mais Hank Moody a toutes les vertus du preux chevalier qui défend systématiquement la veuve et l'orpheline (il n'y a qu'à voir le nombre de scènes dans lesquelles il soigne, console, rassure, défend à coups de poings ou à coups de répliques bien senties les femmes qui passent dans sa vie, il va même jusqu'à coucher plusieurs fois avec des femmes qui le lui demandent comme un service, quelle abnégation quand même) et il n'a de cesse de prouver par tous les moyens à son ex qu'il est enfin prêt à l'épouser (ouh c'est vrai que le mariage, c'est très rock'n roll, limite wild, tiens, j'en suis totalement ébouriffée). Avec un tel personnage principal, rien d'étonnant donc à ce que cette saison soit finalement pleine de bons sentiments : les couples qui se défont finissent par se remettre ensemble de manière aussi prévisible qu'ennuyeuse (l'histoire de Charlie, l'agent de Hank, et de sa femme est téléphonée de bout en bout, et ce n'est pas la secrétaire légèrement SM qui pimente quoi que ce soit) et la fin de la saison arrive comme un cheveu sur la soupe (je n'ai pour ma part toujours pas compris pourquoi son ex fait ce qu'elle fait à la fin, à moins bien sûr qu'il ne s'agisse que d'une astuce de scénariste au cas où il n'y aurait pas eu de deuxième saison). Côté lit, certes les scènes sont explicites (encore que côté nudité, certains plans sont à hurler de rire dans l'artifice) mais il n'y a pas non plus de quoi fouetter quiconque après l'avoir menotté aux montants du lit, ça reste banal comme tout, même dans les fantasmes de Hank (franchement, le coup de la nonne, ça va bien une fois, et encore, vous ne pourriez pas faire un petit peu plus original, les gars, mmmh ?). Cela étant, cette saison se regarde avec plaisir et amusement à condition de ne rien en attendre d'autre que du divertissement : les épisodes sont courts (et la saison aussi, 12 épisodes seulement) et bien écrits, les dialogues souvent très drôles et Duchovny est littéralement dégoulinant de charme et proprement irrésistible dans ce rôle. J'ai trouvé que Californication était un bonbon sucré vite consommé là où j'attendais un plat épicé à l'arrière-goût durable. Bah, c'est déjà pas si mal, surtout en cette période estivale, non ?

 

Californication saison 1, 12 épisodes de 26 mn, 2007.

 

Merci Cuné !

21.06.2010

Did I fall asleep ?

Comme ceux qui suivent les élucubrations auxquelles je me livre depuis plus de trois ans dans ce modeste salon le savent, chers happy few, je voue à Joss Whedon un culte, un vrai, un de ceux qui incluent danse nue autour d'un autel à sa gloire avec "evohé" de bon aloi (car je suis digne en toutes circonstances comme chacun le sait), lecture d'articles qui lui sont consacrés, visionnage en boucle de ses séries et mails hystériques à destination des autres whedonaddicts. Et malgré tout mon amour, je n'avais pas encore regardé la saison 1 de Dollhouse, pourtant acquise il y a quelques mois (oui, parfois je suis comme ça, je manque à tous mes devoirs, d'ailleurs pour me punir, je vais rouvrir les Harlequinades, tiens, ça m'apprendra). Il faut dire que je ne sais pas vous, chers happy few, mais je ne connais pas pire situation que la déception artistique provoquée par un être que l'on aime d'amour, d'où mes atermoiements.

 

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Dollhouse (littéralement, la maison de poupée) est une organisation secrète qui propose à des gens très riches et peu encombrés par des considérations morales un service extrêmement spécial : louer les services de "poupées", des gens vides, dont la personnalité a été effacée et stockée dans un petit boîtier et à qui on injecte une personnalité composite qui correspond à la demande du client. Certains veulent une femme pour un week-end parfait, d'autres attendent la baby-sitter d'exception, d'autres encore une voleuse hors-pair ou une dominatrice. Echo (Eliza Dushku) est une "poupée" ("active" dans le langage politiquement correct de la maison) très demandée, elle enchaîne les missions puis reste en sommeil dans la maison de poupées, mémoire vide et occupations routinières (yoga, natation, travaux manuels dignes d'un enfant de cinq ans). Le hic, c'est que contre toute attente, elle semble garder la mémoire, fragmentée et non gérée, de ses missions, ce qui inquiète les dirigeants de la maison. En parallèle, un flic, Paul Ballard (Tahmoh Penikett) bien décidé à mettre fin à ce qu'il considère à juste titre comme de l'esclavage et de la traite d'êtres humains, est prêt à tout pour prouver l'existence de la maison de poupées.

 

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Les "Actifs", un terme neutre qui cache une réalité épouvantable, encadrés à gauche par Paul Ballard, le flic obsessionnel et trop curieux et à droite par Topher Brink, le savant fou, Adele De Witt, qui dirige la maison et Boyd Langton, celui qui s'occupe d'Echo quand elle est sur le terrain.

 

Oh mon Dieu, chers happy few, quelle série! (Oui, c'est le grand retour du couinement enthousiaste, en même temps, on me dit en régie qu'il n'est jamais bien loin, c'est pas faux.) Originale, complexe (on va de découvertes en rebondissements parfois inattendus et c'est une atteinte du syndrome "je trouve toujours le coupable au bout de cinquante pages" qui vous parle), Dollhouse est une série de pure science-fiction avec tout le sous-texte que cela implique : utilisation de la science (ici la manipulation cérébrale) et mise en scène de ses dérives (pourquoi ne pas profiter de ces corps volontaires pour se réincarner à l'infini ?), réflexion sur l'individualité et l'humanité (qu'est-ce que la personnalité, qu'est-ce que l'âme ?) et la responsabilité personnelle, résistance politique et une très intéressante réflexion morale. Tournée pour moitié comme un huis-clos dans les locaux à la fois zen et étouffants de la maison de poupées, c'est une première saison très riche, qui explore magistralement la complexité de la psyché humaine et met en scène des personnages passionnants, Topher Brink et Adele De Witt en tête (car contre toute attente, ce n'est pas le personnage principal le plus intéressant, en partie en raison de son absence de personnalité, en partie en raison de ce que l'on apprend de sa vie "d'avant" qui en fait une femme finalement sans surprise et sans zones d'ombres).

 

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"Did I fall asleep ?"

 

Mais comme on ne change pas une équipe qui gagne, c'est évidemment une saison qui a souffert (encore!) de l'ingérence de la production (Joss a vraiment eu la chance que Buffy rencontre immédiatement un public qui ne l'a jamais désavoué parce que pour le reste, entre le massacre de Firefly et ce qui est arrivé à la saison 1 de Dollhouse, c'est la lose, hélas). Whedon avait signé pour 13 épisodes, qu'il a tournés, mais la production n'a pas diffusé le pilote (again, l'histoire Firefly se répète) et lui a alors réclamé un quatorzième épisode. L'existence d'une saison 2 étant fortement compromise, Whedon a alors tourné un treizième épisode (Epitaph One) qui clôture totalement la saison 1 mais que la Fox n'a jamais diffusé, lui allouant finalement le budget (largement amputé) pour une saison 2 (qui sera la dernière). Cet épisode figure dans le coffret DVD (de même que le pilote jamais diffusé), ce qui permet paradoxalement de voir cette saison 1 comme une série terminée, de manière totalement incroyable et brillante (j'ai adoré ce dernier épisode aux accents d'apocalypse) : je me demande vraiment comment Whedon a scénarisé la suite (en faisant comme si cet épisode n'existait pas ou en s'en servant au contraire d'une manière ou d'une autre), ce que je découvrirai quand la saison 2 sortira, ce qui ne saurait tarder, chers happy few.

 

Le billet de Thomas, élogieux en diable.

 

Dollhouse, saison 1, 2009, 14 épisodes dont 2 jamais diffusés.

16.06.2010

Are you having a laugh ?

Avertissement : ce billet

 

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Bon, l'honnêteté qui me caractérise me contraint à préciser qu'il s'agit de traçounes.
Limite de traçounettes.

 

Il y a de cela quelques mois, chers happy few, je gambadais avec vivacité au rayon série télé chez HMV, à Londres, lorsque mon oeil fut attiré par ça :

 

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Oh, ai-je délicatement couiné en mon for intérieur, ne serait-ce pas David Tennant que je vois là, en haut à gauche ? (La question est purement rhétorique, chers happy few, j'ai une vision parfaite, limite nyctalope is my middle name.) J'ai tendu la main vers ce coffret de 3 DVD, lu rapidement le pitch de cette série (car c'en est une) et, je ne sais pas vraiment ce qui s'est produit, chers happy few, mais j'ai retrouvé l'objet du délit dans un petit sac aux couleurs du magasin. Je pense que j'ai dû avoir un moment d'absence qui m'a conduite aux caisses mais je ne suis sûre de rien, Monsieur le Juge. Peut-être est-ce même un coup du Docteur. Hum.

 

Et, s'il s'est révélé que Tennant y apparaît exactement 1 mn 48 (ne dites rien, j'assume), j'ai rudement bien fait d'acheter cette série, qui est parfaitement jouissiveExtras, coproduite par la BBC et HBO, est une sitcom de deux saisons (2005 et 2006) de six épisodes chacune et d'un téléfilm de 80 mn (2007), qui met en scène un acteur loser de 43 ans, Andy Millman, (Ricky Gervais) contraint de faire de la figuration (d'où le titre de la série, "extras" signifiant "figurants") pour vivre, incapable de décrocher enfin un rôle parlant qui lui permettrait de débuter une vraie carrière. Personnage geignard et assez antipathique, Andy Millman a malgré tout quelques qualités d'écriture et il finit par décrocher un rendez-vous avec des producteurs de la BBC qui lui proposent de travailler le script qu'il leur a envoyé pour en faire une sitcom idiote et vulgaire, When the whistle blows. Millman accepte mais reste insatisfait de son sort ; lui qui rêvait de reconnaissance critique et de succès public se retrouve adulé des foules (chaque épisode attire plus de 6 millions de téléspectateurs) mais hué par les journalistes et tourné en dérision par ses pairs, qui ne voient en lui qu'un "entertainer" de bas étage.

 

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Andy et Darren, son agent, le duo le plus pathétique à l'ouest de la Tamise.

 

Sitcom caustique, qui démonte avec brio les rouages de la télévision et le miroir aux alouettes de la célébrité, Extras est originale par son parti-pris initial : comme Andy fait de la figuration, chaque épisode voit apparaître dans son propre rôle un acteur célèbre. Malmenés par le script (sauf Samuel L. Jackson, qui n'a qu'un tout petit rôle) qui propose comme une version parodique de leur personnage public, ces comédiens, qui ont un rôle plus ou moins grand selon les épisodes, se moquent d'eux-mêmes avec une distanciation et une ironie ma foi tout à fait drôlatiques. De Kate Winslet en pro du coup de fil porno obsédée par les Oscar, qui pense qu'accepter de tourner un film sur l'Holocauste est une bonne chance d'en décrocher un (ironie de la chose, elle en obtiendra un peu après pour The reader) à Orlando Bloom qui épluche la presse people pour vérifier qu'il est bien jugé plus sexy par les lectrices que Johnny Depp en passant par Patrick Stewart qui écrit un scénario plein de femmes nues, Ian McKellen qui explique doctement que quand Peter Jackson lui a demandé d'interpréter Gandalf il lui a répondu "Mais je ne suis pas un magicien, vous savez" ou encore Daniel Radcliffe qui aimerait bien s'émanciper de la tutelle de sa mère et enfin coucher avec une fille, tous sont hilarants. Ce qui est intéressant, c'est que ces comédiens ne sont qu'à la périphérie des épisodes et pas du tout dans l'intrigue (sauf Patrick Stewart grâce à qui la BBC s'intéresse au script d'Andy). Les personnages principaux sont de véritables incompétents, que ce soit dans leur métier (Darren, interprété par Stephen Merchant, co-créateur de la série, est le pire agent d'acteurs que l'on puisse imaginer et Andy lui-même n'est pas l'acteur de l'année) ou dans la vie (Maggie, l'amie d'Andy est incapable du moindre second degré, ce qui la rend profondément idiote). Très bien écrite, vacharde, parfois douce-amère, Extras est une série qui n'a pas franchi la Manche (encore une) et c'est bien dommage, chers happy few, parce qu'elle est formidable.

 

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Une partie des guest de la saison 1.
Ma préférée : Kate Winslet, fabuleuse.

 

Extras, (2005-2007), série écrite et réalisée par Ricky Gervais et Stephen Merchant, 2x6 épisodes de 25 mn et un téléfilm, avec Ricky Gervais, Stephen Merchant, Ashley Jensen... Caméos de Ben Stiller, Ross Kemp, Vinnie Jones, Kate Winslet, Les Dennis, Samuel L. Jackson, Patrick Stewart, Orlando Bloom, David Bowie, Daniel Radcliffe, Chris Martin, Ian McKellen, Robert De Niro, George Michael, Gordon Ramsay, David Tennant et plein d'autres, journalistes notamment (et qu'en bonne Française je ne connaissais pas forcément). Zone 2 import anglais uniquement, VO et VOST VO.

Cette série a obtenu de nombreux prix, notamment d'interprétation pour Ashley Jensen et Ricky Gervais et le Golden Globe 2008 dans la catégorie Meilleure série comique.

 

 

12.05.2010

"Je fus toute ma vie la victime de mes sens"

Si on m'avait dit il y a quelques mois que je regarderais en anglais non sous-titré une mini-mini série britannique de 3 épisodes consacrée à la vie de Casanova, le plus célèbre des libertins italiens, je me serais gaussée, chers happy few, car voilà bien un personnage qui n'avait jamais suscité le moindre intérêt chez moi. Mais comme je ne l'ai pas fait (car personne dans mon entourage n'a les pouvoirs de Cassandre, thank goodness), je peux donc vous parler en toute liberté de ma dernière découverte. (Oui, je sais, je fais vraiment ce que je veux dans ce salon, ça en devient limite désagréable, vous pouvez me punir en me faisant lire en boucle le dernier Musso, tiens.) (Mais ça c'est uniquement si vous êtes très en colère, hein, sinon un peu de Lévy suffira.)

 

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Casanova (Peter O'Toole) vit ses derniers jours, reclus dans la bibliothèque d'un château qui n'est pas le sien, au service d'un gentilhomme qui n'est jamais là, maltraité par les servantes et ignoré par les autres. Un soir, une jeune fille de bonne famille qui vient d'arriver au château, contrainte de vendre ses services comme servante suite à la mort de son père pourri de dettes, se rend dans sa chambre pour lui porter son repas. Elle le reconnaît pour avoir entendu son père en parler plusieurs fois et le vieil homme lui raconte alors sa version de sa vie...

 

Casanova est une série particulièrement réussie, chers happy few, certainement en raison de son parti-pris de départ : Russel T. Davies (oui, celui-là même, j'entends déjà certaines whoviennes se mettre à hausser un sourcil), qui a écrit le scénario, a décidé de faire fi de toute réalité historique pesante. Les décors sont réduits au minimum (et certains sont réutilisés dans des circonstances différentes, notamment la salle de bal), les costumes ne sont pas exactement ceux qu'ils devraient être et certaines saynètes sont très éloignées de la réalité historique (je pense notamment à la vision de la cour virevoltante de Louis XV, où les femmes portent la jupe au-dessus du genou et où Casanova est entraîné dans un tourbillon de danses où hommes et femmes l'encensent et tentent de le séduire avant que de le chasser, le tout en cinq minutes à peine). Davies s'est concentré sur la figure de Casanova pour en proposer un portrait personnel tout en s'appuyant sur certains faits décrits dans ses Mémoires : il en fait un homme joyeux, épicurien et léger, cultivé et talentueux (il a un don pour l'apprentissage ce qui fait de lui un musicien hors-pair, un homme qui parle six ou sept langues et qui est capable de se faire passer tour à tour pour un médecin ou un avocat avec autant de succès que s'il en était un), chanceux parce que doué d'une formidable capacité d'adaptation et d'improvisation, doté d'un délicieux talent de répartie, qui joue sa vie sans se soucier des conséquences (il quitte la France en catimini et en quatrième vitesse, ayant perdu toutes ses possessions au jeu, y compris... ses dents) et qui aime vraiment les femmes, qu'il séduit toutes sans distinction mais sans système (Casanova n'est définitivement pas un Dom Juan) . Davies s'est servi de quelques éléments biographiques (la prison, l'évasion, les voyages incessants, l'invention de la loterie et bien évidemment les nombreuses conquêtes) mais il se les est appropriés en les changeant de contexte, ce qui leur donne une autre signification. En effet, pour ajouter une dimension plus profonde à ce personnage déjà terriblement attachant, Davies lui invente un grand amour jamais consommé, celui pour Henriette, une très belle jeune femme née dans la misère et fiancée au duc de Gramani, espèce de bellâtre rigide, amour dont il fait la cause indirecte de l'emprisonnement de Giacomo dans la fameuse prison vénitienne, les Plombs, d'où il s'échappera au bout de quelque temps (Casanova fut le seul à jamais s'évader de cette prison) et de son éternelle cavale.

 

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Henriette et Giacomo, dans une très jolie scène à haut pouvoir soupirant.

 

Bourrée d'inventivité (les scènes muettes avec Henriette, les paroles de Casanova jeune qui se superposent à ce qu'écrit Casanova vieux, les scènes de bal, les scènes de Cour qui fonctionnent en miroir (notamment celles Louis XV et de George II), les jeux autour des portes qui s'ouvrent et se ferment, les remarques sur les langues et les accents alors que tout est en anglais, la relation entre Casanova et Roco, son valet) et d'humour (c'est extrêmement bien écrit et de nombreuses répliques sont délicieuses), excellemment interprétée (Peter O'Toole est touchant dans sa volonté de se raconter sans se justifier et David Tennant, qui incarne Casanova jeune est parfait de grâce séduisante, d'énergie et d'assurance, sans parler des personnages secondaires), Casanova est le portrait enlevé et enjoué d'un jeune homme aimé de la Fortune dans un monde en mutation (la dernière séquence à Naples en est parfaitement représentative). Très réussi.

 

Casanova, BBC, 2005, scénarisé par Russel T. Davies, avec Peter O'Toole, David Tennant, Rose Byrne, Rupert Penry-Jones... 3 épisodes de 60 mn chacun, zone 2 en import anglais uniquement, mais il semble épuisé (plus disponible sur amazon briton, ni sur le site de la BBC).

 

Merci infiniment Nataka, grâce à qui j'ai enfin pu voir cette série!

 

PS : j'ai regardé l'intégralité de cette série en anglais sans sous-titres (ce que je ne fais que depuis peu, depuis le début de la saison 5 de Doctor Who il y a 6 semaines pour être tout à fait précise). Grâce à la fabuleuse diction des acteurs britanniques j'ai tout suivi, ce qui veut dire que je suis prête pour les livres audio. Une marotte de plus se profile à l'horizon, chers happy few. On n'est pas rendu.

 

PS bis : comme une découverte n'arrive jamais seule, j'ai très envie de lire les Mémoires de Casanova, publiés sous le titre Histoire de ma vie. Et comme la LCA est toujours encouragée dans ses vices, Bouquins en propose l'intégrale en trois volumes. C'est pas ma faute, Monsieur le Juge. Evidemment.

09.05.2010

Viva Las Vegas!

Figurez-vous que je me suis lancée bien malgré moi, chers happy few, limite à mon corps défendant, dans une quête qui risque de me mener plus loin que prévu (mais n'est-ce pas là le propre de toutes les quêtes, comme pourraient en témoigner Percy, Lance et les autres, mmmh ?) : alors que j'ai commencé de manière méthodique (qui en doute ?) l'exploration scientifique de la filmographie de David Tennant (qui ricane ?), je me retrouve à voir des séries proprement renversantes qui me donnent envie d'en voir d'autres et ainsi de suite. Autant dire que j'ai comme l'impression que ma nouvelle addiction à la série britannique (qui était déjà certes en germe chez moi, je suis bien obligée de l'avouer) n'a pas fini de raccourcir mes nuits, chers happy few, mais c'est parce qu'elles le valent bien, croyez-moi (les séries, pas mes nuits).

 

Dernière découverte en date : Blackpool, une série produite par la BBC (encore elle la bougresse) en 2004.

 

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Pitchons, chers happy few : Ripley Holden (fantastique David Morrissey) est un homme à qui tout a réussi : il a une famille qui semble parfaite, il est riche, et il vient d'ouvrir une salle d'arcade sur le bord de mer à Blackpool, une station balnéaire anglaise. Hélas pour lui, quelques jours à peine après l'inauguration de sa salle de jeux un cadavre est retrouvé près d'une de ses machines à sous. Peter Carlisle, le flic chargé de l'enquête (sexy David Tennant) est persuadé, sans aucune preuve, que Ripley est le coupable et il oriente l'enquête en ce sens. Hélas pour lui, il tombe amoureux de Natalie (excellente Sarah Parrish), la femme de Ripley. On est d'accord, c'est ballot.

 

Blackpool est une mini-série (6 épisodes) comme seuls les britanniques en ont le secret, chers happy few, et qui est profondément originale dans sa forme : construite comme une série policière (on suit à la fois le principal suspect, Ripley et les actions de Carlisle et le nom du coupable n'est révélé qu'en toute fin), Blackpool présente plusieurs passages chantés dans chaque épisode dans la grande tradition de la comédie musicale, chaque chanson venant étoffer le cours de l'action ou la psychologie des personnages. L'aspect décalé de ces interventions musicales est renforcé par la technique choisie : la bande-son se déroule et les personnages chantent sous la voix du chanteur rajoutant ainsi une ou plusieurs voix. Ce choix surprenant (on est habitué à du playback ou à ce que les acteurs chantent seuls) est appuyé par des chorégraphies drôlatiques, qui rompent avec le réalisme et parfois la noirceur de l'ensemble. Et contre toute attente tout ça fonctionne parfaitement.

 

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Un passage chanté/fantasmé particulièrement jubilatoire.
David porte bien le peignoir en soie. Et la gomina. Et les draps roses.
C'est ça le talent. 

 

 

La deuxième force de cette série (outre une histoire fort bien ficelée) tient dans ses personnages et dans l'affrontement entre Ripley et Carlisle. Ripley est un personnage fascinant et complexe, un homme parfois détestable, qui a été pourri par l'argent et le bling bling et qui en a perdu ses repères (quand il va collecter l'argent des loyers des apparts qu'il loue à des prostituées, il réclame un paiement en nature, how sick is that ?). Obnubilé par l'idée de faire de Blackpool le Vegas anglais, il en oublie que le monde ne tourne pas uniquement autour de sa personne. Déconnecté de sa famille (sa femme est malheureuse depuis des années, sa fille s'est choisi un homme qui a l'âge de son père, son fils deale), Ripley est un homme dépassé par ses rêves de grandeur et de gloire, contraint de regarder ce qu'il est devenu à cause de ce meurtre, qui agit comme un catalyseur : la salle d'arcade est momentanément fermée, les investisseurs prennent peur, l'argent le fuit... et Ripley redescend sur terre. C'est certainement le personnage le plus attachant de la série et l'incarnation (car on est au-delà de l'interprétation) de David Morrissey y est pour beaucoup : il est magnétique et charismatique et jamais ridicule malgré ses rouflaquettes à la Elvis. Face à lui, Carlisle est le flic que l'on croit droit dans ses bottes (il ressemble un peu à Colombo, démarche et accent traînant, imper informe et cette façon de poser toujours la question qui tue l'air de ne pas y toucher) et qui se révèle finalement tout de suite malhonnête à sa façon (il séduit Natalie sans lui dire qu'il est le flic chargé de l'enquête) et qui s'empêtre dans ses sentiments, jamais à court d'idées plus que discutables non plus. Ces deux hommes jouent au chat et à la souris et leur affrontement, d'abord sur le plan de l'enquête, puis sur le terrain sentimental, fonctionne parfaitement, tous deux étant profondément humains, avec leurs faiblesses, leurs sourires enjoleurs (de mon point de vue l'un est plus séduisant que l'autre, je dis ça, je dis rien) et leurs tentatives de manipulation, leur relation étant définitivement exempte de tout manichéisme.

 

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Un des morceaux de bravoure de la série.
Sont-ils pas mignons tous les deux ?

 

 

Au final, Blackpool est une série formidable, parfaitement scénarisée et interprétée (les seconds rôles sont extras aussi), qui met en scène des personnages complexes à la morale ambigue et que je recommande très chaudement chers happy few. Quant à moi, ayant développé un intérêt soudain pour David Morrissey, je suis contrainte de commander ses autres séries, à commencer par State of play. C'est pas ma faute, Monsieur le Juge, on m'a forcée.

 

 

 

 

Blackpool, 6 épisodes de 60 mn chacun, BBC, 2004, coffret de 2 DVD, zone 2 en import anglais VO et VOST VO. Il existe une version zone 2 pour la France avec les sous-titres français (j'ai vu ça sur amazon.fr) : aucune excuse pour ne pas succomber donc, chers happy few.

 

Le billet de Cuné, tout aussi conquise. (En ce moment, Cuné et moi avons les mêmes lectures et les mêmes visionnages, c'est ça le talent briton.)

 

PS : pour ceux qui se demandent à quoi ressemblent les passages chantés, un montage autour de Tennant ici (les filles, à partir de 1mn16, vous allez couiner) (j'aime autant vous prévenir) et bien d'autres extraits disponibles sur toitube.