31.07.2011

Elantris - Brandon Sanderson

La semaine dernière, chers happy few, j'ai décidé qu'il fallait ab-so-lu-ment (traduction : tout de suite là maintenant sinon je retiens ma respiration) que je lise Fils-des-Brumes de Brandon Sanderson, auteur dont je n'avais évidemment jamais entendu parler jusqu'à ce jour (non, je ne suis pas une femme à lubies, la preuve, je n'ai mangé que trois fois du gâteau à la myrtille ces cinq derniers jours, avouez que tant de maîtrise de soi vous laisse rêveurs, hein ?). Bon, comme le monde est imparfait, hélas (sinon, il y a longtemps que je me serais réveillée avec le corps de Jennifer Garner) (mais pas dans le lit de Ben Affleck non, non, non, ouh la, je sais que j'ai un bad karma mais pas à ce point), je n'ai pas trouvé cette trilogie en librairie (en fait, si, mais uniquement les tomes 2 et 3 et je voulais, de manière tûtafètement étrange, je vous le concède, commencer par le tome 1, une de mes tendances psychorigides, certainement). Je me suis donc rabattue sur un autre roman de Brandon Sanderson, qui traînait là, seul et abandonné et criant mon nom :

 

 

elantris.jpgElantris.

 

La couv' n'est pas vilaine, le résumé assez alléchant et Orson Scott Card (love sur lui pour huit générations trois quarts) s'est fendu des incoutournables praises (auxquels je ne crois jamais mais la chair est faible, hélas, et la PAL minuscule) : j'ai donc, dans un accès de pitié, emporté avec moi ce petit roman (de presque 800 pages quand même), que je vais résumer pour vous, car je ne vis que pour votre bonheur et votre kulture, happy few de mon coeur.

 

 

Il y a dix ans, la sublime cité d'Elantris, habitée par des demi-dieux à la beauté surhumaine et aux talents aussi divers que variés, s'est effondrée, frappée par une malédiction, le Réod : ses habitants sont devenus des cadavres ambulants et la ville a été recouverte d'une épaisse couche de vase, qui engloutit tout sur son passage. Cette catastrophe a touché toute la région, l'Arélon, car les habitants des villes environnantes vivaient de la magie des Elantriens, qui fournissaient à tout le monde nourriture, soins et confort. Après une période d'émeutes, Iadon, un riche commerçant, a pris le pouvoir et mis en place un système de gouvernement féodal avec nobles et serfs. Son fils, Raoden, doit épouser Sarène, fille du roi du royaume voisin, le Téod. Mais quand cette dernière arrive en Arélon, on lui annonce la mort subite de son promis : ce qu'elle ne sait pas, c'est que Raoden a été victime du Shaod, qui, au hasard, transforme certains Arélois en Elantriens. La jeune femme décide de rester quand même en Arélon et se mêle de politique, afin de déjouer les plans de Hrathen, un prêtre dérethi envoyé par le Wyrn, Empereur du royaume Fjordell pour convertir et soumettre l'Arélon...

 

Il y avait là matière à un bon roman de fantasy, chers happy few, si Sanderson n'était pas tombé dans quelques travers que son éditeur aurait facilement pu lui éviter. Elantris est clairement trop long d'au moins 300 pages, à cause d'informations et d'actions inutiles qui conduisent au délayage narratif : il y a par exemples trop d'allées et venues des personnages, trop de dialogues inutiles et trop de révélations inutilement retardées (quand le lecteur sait quelque chose que les personnages répugnent à avouer sans aucune raison valable pendant cent quarante pages, c'est juste insupportable). La construction est maladroite (le point de vue des chapitres alterne de manière systématique entre Raoden, Sarène et Hrathen, avec une mauvaise maîtrise du découpage chronologique ; les actions sont parfois concomittantes, parfois espacées de quelques heures ou de quelques jours) et le style très plat, parfois même répétitif. Les personnages sont manichéens en diable, le couple formé par Sarène et Raoden semblant tout droit sortie d'un roman à l'eau de rose (« oh, je ne suis pas à ma place, j'en ai assez de ne pas être aimée parce que je suis supérieurement intelligente et que je suis grande et belle dans cette société machiste, je finirai vieille fille bouhouhouhouhou » « et moi, je suis grand, fort, beau, intelligent, optimiste, généreux, populaire et chevelu et je ne me laisse jamais abattre et je vous trouve belle, merveilleuse femme intelligente que vous êtes, nous formons un couple tellement bien assorti, venez chabadabader sous la lune avec moi »). C'est bien dommage, parce que certaines idées, correctement développées, étaient intéressantes, notamment cette maîtrise de l'AonDor, ces espèces de runes, qui utilisées correctement transforment la matière et la guerre de religion à laquelle se livre le Wyrn avec férocité (mais là encore, le personnage de Hrathen, qui avait tout pour être un personnage complexe et torturé, perd de sa force à cause du manque de densité dans l'écriture). Et dire qu'apparemment Sanderson prépare une suite... Il a intérêt à se munir d'une paire de ciseaux.

 

 

Brandon Sanderson, Elantris (Elantris), Le Livre de Poche, traduction Pierre-Paul Durastanti, 798 pages, 2009 pour la traduction française, 2005 pour la première parution en VO

24.07.2011

A la pointe de l'épée - Ellen Kushner

à la pointe de l'épée.jpg(Où, pour une fois, je recopie la quatrième de couverture, car je ne suis que paresse et langueur.)

Richard Saint-Vière est le plus fameux des tueurs des Bords-d'Eau (bon, ce n'est pas un tueur selon la définition courante), le quartier des pickpockets et des prostituées. Aussi brillant qu'impitoyable (c'est surtout qu'il aime exceller, l'adjectif est mal choisi), ce dandy scandaleux (bof, il est bisexuel mais dans cette société il est loin d'être le seul) gagne sa vie comme mercenaire en vendant ses talents de bretteur au plus offrant, sans trop se soucier de morale (il ne vend pas ses talents au plus offrant mais à celui qui lui propose le plus beau défi, il ne fait pas les mariages, les femmes et les duels au premier sang, il n'aime pas non plus les cibles faciles). Mais tout va se compliquer lorsque, pour de mystérieuses raisons (pas si mystérieuses que ça pour le lecteur avisé), certains nobles de la Cité décident de se disputer ses services exclusifs ; Saint-Vière va alors se retrouver au coeur d'un inextricable (n'exagérons rien) dédale d'intrigues politiques et romanesques (sentimentales aurait été mieux choisi) qui pourraient bien finir par lui coûter la vie (ce dont il n'a cure)...

 

On pourrait croire en lisant mes parenthèses, happy few de mon coeur d'angélique, que je n'ai pas apprécié ce roman, mais mes sarcasmes ne s'adressent qu'à celui ou celle qui a rédigé cette quatrième de couverture et en aucun cas à ce roman fort original et bien troussé qui m'a beaucoup plu : la preuve, alors qu'il était sur ma LAL depuis le billet de Chimère il y a de cela presque trois ans, il n'a fait qu'un séjour de quelques heures dans ma PAL, ce qui est quand même la marque d'une insigne faveur (et ce ne sont pas les romans qui y traînent depuis neuf ans qui vous diront le contraire).

A la pointe de l'épée, joliment sous-titré en français Un mélodrame d'honneur, est un roman qui emprunte quelques codes aux romans de cape et d'épée mais les détourne avec indolence pour être au final un beau roman psychologique. Dans une société imaginaire assez fortement hiérarchisée où les nobles gouvernent avec mollesse du haut de la Colline des Bordiers qui ne semblent pas se soucier plus que ça de leur condition peu enviable, les bretteurs ont une place à part : engagés pour laver l'honneur de nobles qui ne savent pas se battre, ils sont soumis à un code strict qui fait d'eux des artistes et non des assassins. Dans ce monde où la politique semble n'intéresser pas même ceux qui sont censés en faire profession, les intrigues de couloir et les complots de cour se déroulent de manière relativement compliquée mais alanguie entre deux bals et le pauvre Saint-Vière se retrouve malgré lui au coeur d'une machination visant à défaire l'homme qui gouverne le Conseil des Lords. Mais Saint-Vière, s'il ne se soucie ni de politique ni de gloire, est un homme d'honneur qui ne se laisse pas manipuler. Personnage attachant et original, à la fois complexe et droit, Richard n'est pas le moindre intérêt de ce roman, qui, sous des dehors policés, met en scène des êtres humains gouvernés par des passions pas forcément avouables qu'ils dissimulent sous leurs manchettes en dentelle et leurs sourires courtois. Si on ajoute à cela un style ciselé, on obtient une oeuvre des plus intéressantes.

Ellen Kushner, A la pointe de l'épée (Swordspoint), Folio SF, traduction Patrick Marcel, 410 pages, 2008 pour la traduction française, 1987 pour la première parution en VO.

Les billets de Chimère, Kali, Lhisbei...

23.07.2011

"Elle entretient sa superbe silhouette en tirant vigoureusement des conclusions hâtives."

glen.jpgGarrett est détective privé à Tonnefaire, la ville gigantesque et pas forcément bien fréquentée où se côtoient les elfes, les trolls, les humains et les autres. Un matin, une sublime blonde aux longues jambes et aux yeux revolver vient lui demander son aide : un "ami" lui a donné à garder un coffret et elle ne se sent pas tranquille, elle a l'impression d'être épiée et suivie. Garrett accepte mollement l'affaire, mais il est approché peu après par un autre genre de client, un prélat très en vue de la Grande Eglise qui cherche des reliques sacrées qui ont disparu en même temps que le Gardien. L'histoire se complique, alors même que Garrett n'aspirait qu'à se la couler douce. Pauvre de lui. 

 

Comme je ne fais pas forcément les choses dans l'ordre, chers happy few, j'ai de manière toutafaitement fortuite, voire même hasardeuse, manifestement décidé à l'insu de mon plein gré de lire cette série de Glen Cook (dont je suis une fan absolue : dois-je vous rappeler qu'il a écrit La compagnie noire, ce chef d'oeuvre de dark fantasy ?)  dans l'ordre inverse de sa parution. J'ai en effet commencé avec le tome 4, Chagrins de ferraille (lu en décembre 2008, ouah, quelle rapidité dans le suivi, hum, passons) et me voici donc quelques mois plus tard (ben oui, deux ans et demi, ça fait bien 32 mois, non ?) avec Pour quelques deniers de plus, le tome 3. Si Chagrins de ferraille était un hommage à Dix petits nègres, Pour quelques deniers de plus en est un au roman noir façon Dashiell Hammett : difficile en effet de ne pas penser en lisant le premier chapitre au début du Faucon maltais et de ne pas voir dans le couple formé par Garrett et Jill Craight un reflet déformé de celui de Spade et Brigid O'Shaughnessy. Le reste du roman se déroule comme un roman noir : le privé encaisse les coups, séduit les femmes à son corps (presque) défendant, boit beaucoup, fréquente un milieu pour le moins interlope et semble se laisser un peu balader pour mieux résoudre une intrigue alambiquée. La grande force de Glen Cook est de réussir à lier habilement et sans coutures apparentes l'univers du roman noir à celui d'un monde de fantasy bruyant, moche et dangereux, le tout avec un talent certain pour les personnages secondaires fort intéressants (dont Dean, le vieil homme à tout faire qui a une dizaine de nièces à marier, l'homme-mort depuis quatre cents ans et Morlet Dotes, l'elfe noir assassin, qui sont mes préférés), l'ellipse (il faut parfois s'accrocher pour ne pas sauter une étape du raisonnement de Garrett) (c'est une des particularités du style de Cook, que l'on retrouve aussi dans La compagnie noire), l'humour pince sans rire et les dialogues qui font mouche. Love it.

Glen Cook, Pour quelques deniers de plus (Cold copper tears), J'ai lu, traduction Jean-François Le Ruyet, 286 pages, 2005 pour la traduction française, 1988 pour la première parution en VO.

17.07.2011

Comme un Salon abandonné...

... qui a compris depuis belle lurette qu'il passait après les cocktails, les copines, le ciné, les copies, les listes, les lubies et le reste.

 

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Oh, guess what was in my mailbox last friday ?

Beautiful, isn't it ? And veeeeeeery heavy, yes, too.

 

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Oh, guess who's back ?

My favorite dwarf. At last. (C'est que les dernières 1000 pages sans lui, ça avait été long quand même.)

Bon, il a fallu que j'intègre les noms de lieux, quelques mots de vocabulaire spécifique, que je m'habitue à ce que Daenerys soit Dany neuf fois sur dix, et me voilà partie.

 

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Je ne vous cache pas que j'ai un très faible rendement : page 57 en plus d'une heure, sachant qu'il y a 1000 pages... Do the math, dearest happy few.

See you quand je see you, donc. (Oui, aujourd'hui, je lapalisse, c'est comme ça, c'est dimanche, j'ai droit.)

Ne soyez pas trop sages, hein, quand même.

 

16.07.2011

"The sorcery business grows on you. - Like mould ?"

Mother Zenobia took a sip of her tea and began :

"Dragons, like four o'clock tea, crumpets, marmalade and zip-up cardigans, are a peculiarity of the Ununited Kingdoms."

 

book_cover_mod10_moi,_jennifer_strange,_derniere_tueuse_de_dragons_120053_120_200.jpgthe last dragonslayer.jpgJennifer Strange a presque 16 ans. Orpheline élevée par les Soeurs du Homard, elle doit encore quatre années de servitude à Kazam, une agence de sorciers qu'elle dirige en l'absence de son directeur, le Grand Zambini, disparu sans laisser d'adresse. Mais la magie est en perte de vitesse et les tapis volants ne servent plus qu'à livrer des pizzas. Un beau matin, les voyants de tous les royaumes ont la même vision : le dernier dragon, Maltcassion, mourra le dimanche suivant des mains du dernier tueur de dragon, et l'on pourra enfin réclamer ses terres. C'est le commencement des ennuis pour Jennifer, qui découvre avec stupeur qu'elle est la dernière tueuse de dragons.

 

Oh le fort bon roman jeunesse que voilà, chers happy few ! Subtil mélange d'uchronie (nous sommes dans un XXIème siècle bien peu semblable au nôtre, dans un Royaume-Désuni composé de très nombreux royaumes) et de fantasy, The last dragonslayer (récemment traduit en français sous le titre de Moi, Jennifer Strange, dernière tueuse de Dragons) (on fait plus court, je vous l'accorde) est un roman initiatique qui, sous prétexte de décrire le passage à l'âge adulte d'une jeune fille qui a les pieds sur terre et une intelligence fort vive, met en scène une société en proie à l'appât du gain, dans laquelle le peuple est manipulé par des médias aux mains d'un roi colérique et capricieux qui ne rêve que d'annexer le territoire du voisin. Sous la plume toujours aussi drôle de Jasper Fforde (vous ai-je dit à quel point j'aimais cet auteur, mmmh ?), qui manie comme personne l'humour pince sans rire et l'ironie, se succèdent les situations incongrues et les personnages décalés, le tout au service d'une histoire pleine de magie, où les dragons sont des espèces menacées, les chevaliers de creux personnages dont le sourire ultra bright dissimule de noirs desseins et où les défunts envoient de bien curieuses bêtes veiller sur les vivants. Excellent.

 

'Humans', he scoffed. 'Always so inquiring about stuff. Never satisfied with the status quo. It will be your downfall, but oddly enough, it's also one of your most endearing features.'

'Do we have any others ?'

'Oh yes, plenty.'

'Such as ?'

'Well, counting in base ten is pretty wild, for a start,' he said after giving the subject a moment's thought. 'Base twelve is far superior. You also have extraordinary technical abilities, a terrific sense of humour, thumbs, being built inside out -'

'Wait! Being built inside out ?'

'Of course. As far as the average lobster is concerned, mammals -with the possible exception of the armadillo- are built inside out. Any crab worth his claws would tell you the soft stuff should definitely be on the inside. Bones in the middle ? Whoever designed you was having a serious off day.'

(Perso, j'adore, Jasper is wonderful, Jasper is funny, Jasper has beautiful hair, Jasper is a god, I'm in love.)

 

Jasper Fforde, The last dragonslayer, Hodder & Stoughton, 281 pages, 2010, disponible en français sous le titre de Moi, Jennifer Strange, dernière tueuse de Dragons, Fleuve Noir, Territoires, 296 pages, 2011.

 

Les avis de Chiffonnette, Emmyne...

 

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04.07.2011

"This would be a long climb uphill, I juste knew it."

Oh mon Dieu, que se passe-t-il ? Serait-ce un effet secondaire des vacances ? De la victoire de Djoko à Wimbledon ? De la récupération totale de mon tympan droit légèrement anéanti après le show glee-esque ? (note to myself : ne pas se rendre à des concerts de vingt-cinq mille personnes dont les trois quarts ne peuvent pas entrer dans un pub, car outre l'ouïe, j'y ai perdu le peu de crédibilité qu'il me restait) (thank goodness, it was in London, otherwise I would have met my students, oh boy) De la découverte de LA petite robe noire parfaitement parfaite chez Naf-Naf ? Mulder y trouverait-il sujet d'enquête ? (Je te rappelle que je suis hyper disponible, Fox, car mon abnégation et mon investissement scientifiques sont sans limites.)

Que vois-je ? Que lis-je ? (avec mes deux yeux, souvenez-vous, car je ne suis que talents multiples et divers)

Non, vous ne rêvez pas, chers happy few : sous vos yeux ébahis, voire ébaubis, voici... un billet lecture.

Qui n'a pas pour sujet un royaume de fantasy mal gouverné avec nain sans nez, dragons écailleux et épées en acier valyrien.

In-cre-di-beu-le.

 

Bon, c'est quand même un roman de fantasy (faut pas trop espérer d'un coup, c'est mauvais pour la santé) mais mâtiné de science-fiction, ce qui, avouez-le, change tout. Et c'est le tome 5 d'une série dont je vous rebats les oreilles depuis quelques mois, histoire de vous réhabituer en douceur à des billets hautement littéraires, chers happy few ; c'est que je ne voudrais pas vous perdre sous un abus de kulture, ça me chagrinerait presque autant que la vision de Pirates des Caraïbes 4, ce qui n'est pas peu dire.

 

51THGpGZsFL__SL500_AA300_.jpg(Comment ça, vous ne vous rappelez pas de cette série, délicieux happy few ?)

(Vous voulez dire que nonobstant le fait que vous ne notez pas consciencieusement dans votre petit carnet lalesque TOUS les romans dont je parle, vous ne vénérez pas cette géniale série qui a pour héroïne la délicieuse et délicate Kate Daniels, dont la meilleure amie est sans conteste Slayer, son épée magique ?

...

Je ne suis que déception.)

(Va falloir que je boive pour oublier.) (Oh, ça tombe bien, c'est l'heure de l'apéro.) (Ben oui, il est forcément midi quelque part dans le monde, non ?)

Comme je ne suis que magnanimité et bienveillance (souvenez-vous, vacances, bla bla bla, petite robe noire, bla bla bla, vision de David Tennant sur scène, bla bla bla), je vais pitcher pour vous, happy few de mon coeur grenadine. Nous sommes à Atlanta, dans un futur post-apocalyptique (ah, je vois quelques lueurs de compréhension au premier rang, bien) : le monde tel que nous le connaissons n'existe plus, ravagé par des assauts de magie pure qui ont détruit toute technologie et fait émerger des créatures de tous les folklores (garous de toutes sortes, vampires, sorcières, dieux nordiques, grecs ou africains, monstres et j'en passe). Dans cet univers extrêmement dangereux il est une femme, Kate Daniels, au destin pour le moins exceptionnel (non, je n'écris pas de quatrièmes de couvertures pour des romans Harlequin à mes heures perdues) : son ascendance et son éducation la prédestinent à jouer un rôle majeur dans le fragile équilibre qui règne entre les clans de créatures magiques et dans la lutte contre les bad bad guys, dont le plus dangereux de tous est Roland. (J'en ai dit le plus possible sans spoiler, je suis épuisée.)

Dans ce cinquième volume, Kate, qui est désormais à son compte, affronte cette fois-ci un danger bien différent des précédents : René, membre du corps d'élite de la Garde rouge (et que nous avions rencontrée dans le tome 3 lors des Jeux de Minuit) a besoin de Kate pour récupérer Adam Kamen, un homme qui a construit une machine mystérieuse et qui a été enlevé quasiment sous son nez. Kate, associée à Andrea, dont le coming out garouesque dans le tome précédent n'a pas été sans conséquences (ceci n'est qu'un bébé spoil, il ne compte donc pas, pinailleurs happy few), découvre vite que la machine en question est une arme de destruction massive et il ne faudra pas moins d'une alliance entre toutes les créatures magiques pour tenter d'en venir à bout. Magic slays est, comme les tomes précédents, un excellent roman, qui tient à la fois son intrigue et le fil rouge général : Kate découvre des choses sur son enfance et étend ses pouvoirs, tout en asseyant sa relation avec Curran. Ma seule déception : l'absence de Raphael, la hyène garou so sexy, à qui je prédis un retour dans le volume suivant. Je suis comme ça, chers happy few, j'ai des dons de voyance.

Ilona Andrews, Magic slays, Ace fantasy, 2011, 308 pages

Pour les petits curieux qui veulent tout savoir sur les tomes précédents, il suffit de suivre les liens : Magic bites, Magic burns, Magic strikes, Magic bleeds

 

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29.06.2011

Winter is coming

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(Oh la belle photo, artistiquement mise en scène et même pas floue.) (Les puristes râlent : la couverture du tome 4 n'est pas de la même couleur que les trois autres, il paraît que ça dépare.) (Vous imaginez bien que ce genre de détail m'intéresse autant que la composition du porridge Starbucks.) (Que l'on ne trouve qu'en Angleterre by the way, why que nous sommes lésés, nous autres Français, hein, why ?)

 

Non, vous ne rêvez pas, chers happy few, j'ai enfin terminé les quatre volumes du Trône de Fer de G. R. R Martin, juste à temps pour enchaîner sur la lecture du tome 5 (in english) qui sort le 12 juillet (je vous recommande à ce sujet de le précommander sur notre amie à un sein britonne et non française, vous ferez des économies, consciencieux happy few). Je viens donc de passer quatre semaines (et 3786 pages) dans le Royaume des Sept-Couronnes (ben non, je n'ai rien lu d'autre ce mois-ci, my bad) (ah si, les sujets de bac, ça compte ?) et croyez-moi, j'en ai savouré chaque minute.

Je pitche un peu (très peu sinon je vais spoiler, et je déteste ça comme chacun le sait) : le royaume des Sept-Couronnes est sous la domination de Robert Baratheon, un roi hâbleur, buveur et coureur que l'on surnomme l'Usurpateur car il a pris la place dans le sang, une quinzaine d'années auparavant, d'Aerys le fol, un roi cruel mais légitime. Au tout début de cette saga de glace et feu, Robert fait le déplacement de Port-Réal, capitale du royaume jusqu'à Winterfell, domaine très au Nord qui appartient aux Stark, afin de demander à Ned, son vieil ami, d'être sa Main, son conseiller, son bras droit. Ned commence par refuser : ce n'est pas parce qu'il a grandement aidé Robert à prendre le trône de fer il y a quinze ans qu'il a envie de se lancer dans les compromissions de cour mais sa femme, Lady Catelin, lui démontre qu'il n'a pas le choix. Voilà donc Ned et ses deux filles, Sansa (douze ans) et Arya (dix ans) partis pour Port-Réal. Grave erreur. (De toute façon, Lady Catelin est toujours de mauvais conseil, elle m'éneeeerve.) (Oups, j'ai spoilé là je crois.)

Si j'ai choisi de ne résumer que ce qui constitue le tout début du premier volume, chers happy few, c'est que Le Trône de Fer est une saga bourrée de rebondissements et de retournements de situation, qui ne laisse pas un instant de répit au lecteur. Une fois que j'ai eu compris, suite à un événement dans le tome 1 qui m'a fait hurler (ceux qui l'ont lu ou qui ont vu la série comprendront) que Martin était du genre à n'épargner ni ses personnages ni les sentiments de ses lecteurs, j'ai décidé de ne m'attacher à personne et de tenter d'anticiper les actions des uns et des autres, ce qui est difficile car Martin est le spécialiste des coups les plus tordus du monde, et il m'a fait balancer le tome 3 en grognant de rage et de frustration (George, si tu lis ces lignes, sache que je t'ai haï pendant quelques heures, you bad bad boy). La grande force de la saga de Martin réside à la fois dans le monde très complet qu'il a créé, un monde qui emprunte tous les codes de l'heroic fantasy telle que nous avons l'habitude d'en lire (enfin, certains d'entre nous) mêlé à des éléments très personnels (notamment la violence et la mise en place d'un monde coupé en deux, où les nobles passent leur temps à "jouer au jeu des Trônes" (c'est le titre original) sans se soucier un seul instant des petites gens, qui sont systématiquement victimes des guerres et de leurs longs cortèges de pillages, de meurtres, de viols, de famine et de désolation) et dans la narration, chaque chapitre se concentrant sur un personnage. La construction narrative est tellement parfaite qu'il n'y a jamais de redites (Martin est au contraire le champion de l'ellipse) et que le lecteur ne sait jamais quel personnage sera le suivant (aucun système d'alternance, ce qui est bien évidemment excellent et contribue parfois à prendre le lecteur à contre-pied). Martin excelle aussi dans la description de l'évolution psychologique des personnages, qui sont tous  d'une complexité parfois surprenante (je pense notamment à Jaime qui n'est à la fin du tome 4 absolument plus le même qu'au début du tome 1). Au final, Le Trône de Fer est une saga pleine de bruit et de fureur, de violence, de complots, de batailles en tous genres, en un mot, à lire absolument. Un seul regret : Martin est un écrivain lent (le tome 1 est sorti en 1996) et il a prévu sept volumes. Je crois qu'on n'est pas près de savoir comment tout ça va se terminer, happy few de mon coeur.

 

George R. R Martin, Le Trône de Fer (Game of thrones), L'intégrale en quatre volumes, J'ai lu, traduction de Jean Sola. Ces quatre volumes contiennent les 12 volumes précédemment publiés chez J'ai lu. On peut juste regretter que les titres de ces quatre volumes (dont le découpage reprend le découpage original) n'aient pas été traduits.

Grâce à cette lecture, ma PAL a maigri un grand coup puisque, outre ces 4 volumes, je me suis débarrassée des 9 premiers volumes J'ai lu prêtés par une âme maternelle qui voulait me faire lire cette saga depuis dix ans au bas mot et du tome 1 en VO qui m'avait lui aussi été prêté (tout le monde voulait me faire lire cette saga, I don't know why, tiens) : une lecture, 14 livres de moins dans la PAL. Si ce n'est pas ça le talent, ça y ressemble.