15.09.2011

"I'm a great date : get me drunk and I'll try anything" *

fright_nightcolinfarrell.jpgfrightnightdavid.jpgMercredi dernier, happy few cinéphiles, je me suis rendue dans une salle obscure afin de pouvoir mettre en oeuvre toute ma kulture daubesque en comparant avec le brio qui me caractérise Vampire, vous avez dit vampire ? (1985) à Fright Night (2011) avec toute l'objectivité et la neutralité dont je suis coutumière. Hélas, ma rigueur scientifique s'est heurtée à un problème de taille... : je n'ai pas vu Vampire, vous avez dit vampire ? Ni sa suite, Vampire, vous avez dit vampire 2 ? Quand je me suis rendue compte de ce terrible état de fait, j'ai failli quitter le ciné pour aller noyer mon chagrin dans une pinte de Guiness, mais les copines m'ont rattrapée in extremis.

"Allez, reste, qu'elles m'ont dit, même si on sait bien que ça n'arrivera pas à la cheville de Twilight." Et comme je suis une copine over dévouée, j'ai cédé, histoire de leur tenir la main pour les consoler de l'absence de Robert le scintillant.

 

Ok, who am I kidding ? (Une seule information est vraie dans toute cette délicieuse introduction, happy few de mon coeur écossais, saurez-vous la retrouver ?)

J'attendais la sortie de Fright Night comme la jeune mariée sa nuit de noces (pour toutes les blagues à base de jeune mariée, jetons la pierre à Isil, ça lui apprendra à avoir mieux à faire (du travail, non mais, comment peut-on encore trouver ce genre d'excuse quand il serait tellement plus facile de dire qu'on doit descendre les poubelles ou aller chercher une clarinette moldave chez l'accordeur) que venir regarder avec moi des démembrements en 3D) à cause de la présence de Toni Colette dans ce film.

What ? Ok, who am I kidding again ? Y a David Tennant dans ce film. Y a David Tennant dans ce film ! Y a David Tennant dans ce film ? Y a David Tennant dans ce film ?! Y a David Tennant dans ce film !!! (Etat de stupéfaction de l'amatrice éclairée quand elle a appris le tournage de ce chef d'oeuvre il y a quelques mois.) C'est que voyez-vous, chers happy few, n'étant pas britannique, je n'ai jamais vu ce sublimissime acteur écossais au cinéma, tous les films dans lesquels il a tourné n'étant jamais sortis en salles chez nous (je ne compte pas Harry Potter et la coupe de feu, 3 mn et deux lignes de dialogue, quel gâchis). Vous imaginez bien que c'est dans un état tout de calme et de sérénité que j'ai donc vu Fright Night. Tout à ma zenitude, j'en ai oublié de bien suivre l'intrigue, mais je pitche quand même, les copines me corrigeront si je n'ai pas tout bien compris.

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Ooh, he's cross.

 

Las Vegas, de nos jours. Charley (Anton Yelchin) est un adolescent comme les autres, qui vit avec sa mère (Toni Colette) dans une banlieue tranquille (comprendre over flippante pour nous autres Français : un lotissement sans imagination au milieu du désert, brrrr). Il a une petite amie très sexy, Amy (Imogen Poots), et il tente de s'intégrer dans la bande "cool" du lycée. Mais voilà qu'un de ses anciens amis, Ed, lui raconte une histoire abracadabrante : il est persuadé que Jerry (Colin Farrell), le nouveau voisin de Charley, est un vampire (oui, je sais, un vampire nommé Jerry, pas étonnant que personne n'y croie) et qu'il est à l'origine des nombreuses disparitions de la région. Quand Ed disparaît à son tour, Charley décide de demander de l'aide à Peter Vincent (David Tennant), un magicien célébrissime qui se dit aussi chasseur de vampires.

 

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If you're feeling blue, call me.

 

Sur une trame ultra classique de prédateur répandant la terreur dans une petite ville, Fright Night est une très honnête comédie horrifique qui joue avec les codes du genre, notamment la mythologie vampirique (j'ai bien aimé la façon dont Jerry contourne la fameuse invitation à entrer, c'est comment dire... voilàààà, sub-til et toutes les nénettes se baladent à moitié nues en attendant de se faire mordre) et les références récentes (Twilight, à la fois le roman et le film). Le scénar est plutôt bien fichu, les rebondissements cohérents, la fin évidemment ultra prévisible (le pieu de St Michel en a laissé quelques-unes perplexes dans la salle, il faut suivre les filles, tsss), les dialogues assez drôles... et les premiers rôles se font voler la vedette par les seconds. Si Anton Yelchin joue parfaitement l'ado condamné à se battre pour survivre (même s'il a plutôt l'âge de chercher un emploi que d'être en Terminale), son charisme d'olive ne fait pas le poids face aux femmes qui l'entourent, notamment Imogen Poots, qui allie à une plastique assez bombastique un jeu tout à fait délicieux. Colin Farrell est totalement sans intérêt (comme d'habitude) (et il a un jeu qui hésite entre le sérieux et le too much, fallait choisir coco) et David Tennant crève littéralement l'écran en magicien mégalo et grossier finalement moins "fake" qu'il n'y paraît. Fright Night se laisse donc voir avec plaisir... et revoir, parce que je crois que je n'ai pas bien analysé toutes les subtilités du jeu de Tennant. Que voulez-vous, on est rigueur et abnégation ou on n'est pas.

 

 

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 Désolée, je suis à court de blagues pourries. Du coup je me contente de soupirer. Moins fort qu'une spectatrice du cinquième rang, car oui, même si ça me coûte de l'avouer, je ne suis apparemment pas la seule groupie française, c'est limite révoltant, je sais.

 

 

 

* Anytime, darling, anytime. But I looove sushis. Dont hold it against me.

 

25.08.2011

Conan le barbare

Aujourd'hui, chers happy few, je m'en vais prodiguer, avec la générosité qui me caractérise, quelques conseils à ceux qui veulent rater en beauté leur film de fantasy, car ce n'est pas si facile que ça, croyez-moi, de faire tout ce qu'il ne faut pas faire.

 

Conseil #1 :

Choisir un héros subtilement gaulé, qui n'a que trois mots de vocabulaire (kill - eat- woman) (non, pas eat the woman, tsss, faites un effort quand même).

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(En même temps, a-t-on vraiment besoin de savoir parler latin et d'être capable de faire l'exégèse de Kant quand on a ce corps-là, mmmmh ? C'est bien ce que je pensais.)

 

Conseil #2 :

Lui donner une quête à accomplir, si possible d'une originalité foudroyante comme venger la mort de son père, de son cousin au douzième degré, de son chiot ; le vol de son épée, de ses chaussures ; le piétinement de son potager... You chose.

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(On remarquera que l'enfant sale est devenu un jeune homme qui a découvert le savon, le fluor et le rasoir, il se passe des choses incroyables en Cimmérie.)

 

Conseil #3 :

Compliquer cette quête en cours de route par la rencontre d'une fâââmme qu'il faudra protéger (et un peu coucher avec, oui, aussi, c'est ce qu'on appelle la protection rapprochée, ça demande beaucoup d'investissement et d'abnégation mais notre héros n'en manque pas).

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(Moi Conan, moi Barbare, Toi femme, Toi pas bouger et obéir.)

 

Conseil #4 :

Faire en sorte que le Grand Vilain Méchant Pas Beau que le héros cherche depuis 10 ans soit le même que le Grand Vilain Méchant Pas Beau qui cherche la jeune femme sus-mentionnée, ça simplifie cette quête trop compliquée pour le QI du spectateur manifestement.

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(Conseil #4 bis : le Grand Vilain Méchant Pas Beau doit être facilement identifiable à son rictus démoniaque et à son front surdéveloppé qui ne cache manifestement pas un cerveau en bon état de marche, puisqu'il n'a pas écouté les conseils de Papa Conan qui avait prédit sa chute.)

(Conseil #4 ter : le Grand Vilain Méchant Qui Pue a une fille limite incestueuse qui est une  sorcière très très très vilaine qui, comme Papa, aime faire du mal autour d'elle.)

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(Le front sur-développé est génétique, pauvre d'elle. Oui, tout le monde a reconnu Rose McGowan, la Paige de Charmed, qui se demande tout du long ce qu'elle fait dans cette galère.) (A part payer ses impôts, on ne voit pas.)

 

Conseil #5 :

Faire du Grand Vilain Méchant Pas Beau un être assoiffé de pouvoir et de vengeance qui veut ressusciter sa femme (une très vilaine sorcière qui a été brûlée parce qu'elle portait des robes de très mauvais goût) grâce à un artefact magique ridicule.

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 (Grâce à Conan, ce masque en os humains (on se demande bien quel type d'humain a ce genre d'os, pas un humain de la planète Terre en tout cas) a fini dans un musée. Cet homme est comme ça, il oeuvre pour la kulture.)

 

Conseil #6 :

Multiplier les errements géographiques du héros (pour aller d'un point A à un point B, le mieux est manifestement de passer par les points C, D, E, A', F et F') pour bien montrer que les maquettes, en 3D, c'est over beau (ça fait surtout over peint, je dis ça, je dis rien).

 

Conseil #7 :

Faire en sorte que la jeune fââmme que le héros viril mais correct a sauvé deux fois des griffes du Grand Vilain Méchant Pas Beau tombe dans un guet-apens de la plus belle idiotie tout ça parce que le héros subtil a le sommeil lourd après l'amour.

 

Conseil #8 :

Développer des personnages qui ne servent à rien et qui donc accomplissent des actions qui ne servent à rien non plus sauf à rallonger la durée du métrage (oh, si on rentrait dans le château du méchant : + 3 mn, oh si on combattait une pieuvre géante : + 6 mn, oh si on montait sur les remparts voir que le méchant est déjà au loin et si on se disait au revoir de manière virile : + 2 mn, oh, c'est malin, maintenant il faut que le héros coure sur le rivage vers la grotte où est retenue prisonnière sa dulcinée : + 1 mn).

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(Oh, ne serait-ce pas ce brave Saïd Taghmaoui ? Quand on le voit apparaître dans un film américain, on sait déjà qu'il ne sert à rien, c'est devenu son fonds de commerce manifestement.)

 

Conseil #9

Avoir un faible pour les membres coupés et les scènes gore ridicules, la meilleure étant la césarienne en urgence pratiquée par le père de Conan sur le champ de bataille : avec le coup de poignard qu'il a mis dans le bas-ventre de sa femme sans même regarder où il frappait, la naissance de Conan est doublement miraculeuse, même si elle provoque le fou rire de la spectatrice (qui de toute façon était quasiment seule dans la salle, le public a manifestement tout compris).

 

Vous l'aurez compris, chers happy few, il n'y a pas grand chose à sauver dans ce film, à part les fesses de Jason Momoa (qui apparaissent dans une scène de cul pour le reste totalement risible). Il serait temps de comprendre que payer de vrais scénaristes permet, ô surprise, de faire de meilleurs films.

 

 

11.05.2011

Le mercredi, c'est... kulture

 

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 Quand Thor pas content, Thor toujours brandir son marteau en grimaçant cheveux au vent.

 

 

Comme je suis une fille over sérieuse, chers happy few, je ne perds pas une occasion d'aller parfaire ma kulture, qu'elle soit philosophique, scientifique ou autre, car je ne suis qu'abnégation, rigueur et soif d'apprendre. Et j'ai bien fait parce que j'ai appris une ou deux choses en voyant Thor (réalisé par Kenneth Branagh, excusez du peu quand même), notamment que les Géants des Glaces sont bleus et enclins à la morosité, qu'il y avait aussi des quotas à Asgard (Hogun est asiatique, Heimdall black, je sais bien que les hommes du nord étaient de grands voyageurs, mais quand même) et qu'Odin n'a eu des enfants que tardivement (mais bon, on n'est plus à mille ans près, hein). J'ai aussi découvert que même dépourvu de ses attributs divins, Thor ne perd rien de ses pectoraux (ma voisine de ciné a loupé trois respirations et deux battements de coeur quand elle l'a vu torse nu alors que je suis bien évidemment restée d'une dignité à toute épreuve, car je sais me tenir, moi madame), qu'être un dieu, c'est réclamer du café en brisant le mug par terre et que séduire une mortelle ne nécessite que de savoir faire le baise-main.



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Un homme over musclé, de la pluie, de la boue... il ne manque plus que John Morrison et mon bonheur serait complet. Je suis une femme simple.  



J'ai l'air de faire du mauvais esprit comme ça mais hormis des scènes de combat pas toujours très lisibles (le chef de la seconde équipe était manifestement occupé à reluquer la très mimi Natalie Portman) et un Asgard qui sent l'image de synthèse cheapounette (à part le pont arc-en-ciel, assez réussi), Thor est un film de super héros qui se laisse voir avec plaisir, même s'il faut le prendre pour ce qu'il est, une prequel aux Avengers actuellement en tournage (sous la direction de Joss Whedon, hiiiiiiiiiiiiii) (pardon) (mais Joss quand même) (hiiiiiiiiiiiiiii) (oups) (désolée) (non, je hiiiiiiiiiiiiiiiiierai plus). L'acteur principal, Chris Hemsworth est sympathique (oui, je sais ce que vous pensez bande de mauvaises langues, mais sympathique est bien le mot), Loki (Tom Hiddelston) est trèèès séduisant (oui, voilà, je sais, je suis faible et j'aime les bad guys, je suis une femme je vous le rappelle), il y a des allusions pour les fans du comic book (pas trop pour ne pas perdre les autres, je vous rassure), de l'humour (enfin un peu, mais je suis bon public, dois-je le redire ?), une morale puissante (pour être un dieu il faut d'abord apprendre à être humain, c'est presque aussi profond que le credo de Peter Parker, ce grand penseur du XXème siècle) et une fin tragique (nan, je déconne, il va la retrouver, va, ne pleurez pas). Avec tout ça, je me rends compte que j'ai oublié de pitcher. Bah, c'est pas grave, vous irez le voir, cinéphiles happy few.

 

30.03.2011

Ride with the devil, ride with me

Pour entamer en beauté (évidemment capillaire) le Challenge Nicolas Cage auquel personne ne s'est inscrit (Emma et moi sommes des incomprises, mais nous assumons notre penchant pervers pour les implants de toutes sortes, gouleyants happy few), je suis allée voir, pour me récompenser d'une longue semaine (ce n'est pas possible de travailler autant quand on a choisi mon métier, je finis par me dire que j'ai mangé des bébés pandas dans une autre vie, je n'explique pas autrement le karma qui est le mien) :

 

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 Hell Driver (traduction littérale et so french de Drive angry) (ne me lancez pas sur le sujet, happy few de mon coeur, je ne voudrais pas que l'agacement me gagne, again).

John Milton (Nicolas Cage, regard de cocker neurasthénique, total black look et implants au vent) s'est échappé de l'Enfer (c'est là que son nom prend tout son sens et que vous riez en disant à votre voisine "nan ? ils ont osé ?" et que vous vous rendez compte que vous êtes la seule de la salle pourtant bien remplie à savoir qui est John Milton) (d'un autre côté, c'est pas comme si vous n'étiez pas habituée à de grands moments de solitude devant votre tableau) et le moins que l'on puisse dire c'est qu'il n'est pas content. Pensez donc, non seulement sa fille a été embrigadée dans une secte juste après sa mort mais alors qu'elle était parvenue à fuir, Jonah King, le gourou, (Billy Burke, qui porte pas mal le pantalon en cuir, le fémur humain et le regard sadique, signes évidemment distinctifs auxquels on reconnaît le vilain pas beau qui pratique les messes noires, la polygamie et ne paye pas ses impôts), l'a rattrapée, l'a tuée et a volé son bébé, qu'il compte sacrifier afin d'ouvrir les portes de l'Enfer. Milton a décidé que ça ne se passerait pas comme ça et qu'il assumerait pour sa petite-fille le rôle paternel et protecteur qu'il n'avait pas su tenir pour sa fille. Mais le Diable n'aime pas perdre ainsi ses ouailles (pensez donc, si tout le monde savait que s'échapper de l'Enfer est aussi facile que s'acheter un paquet de clopes, mais où irait le monde, je vous le demande) et il lance à sa poursuite le Comptable (William Fichtner, séduisant en diable) (hu hu hu) (pardon c'est l'émotion). La course-poursuite est lancée...  

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(La puissance du jeu d'acteur de Nicky crève l'écran, hein ? Quand on sait qu'il cabotine très peu dans ce rôle, ça ouvre des horizons. Lointains.)

 

Vous imaginez bien, perspicaces happy few, qu'un film où Nicolas Cage conduit à toute berzingue en flinguant tout ce qui bouge avait tout pour me séduire et séduite je fus, ô combien. Hell driver est en effet un film over fun qui ne révolutionne pas le genre mais remplit très honorablement son cahier des charges. Pas mal scénarisé (l'aspect flippant ne vient pas de l'Enfer, étrangement policé, mais des hommes et de leurs errements sadiques), correctement construit et monté, Hell driver enchaîne les morceaux de bravoure, au premier rang desquels courses-poursuites et scènes de castagne, ma foi plutôt réussies (et parfois en forme de clin d'oeil, en tout cas, je ne peux pas m'empêcher de voir dans la scène où Milton se fait la serveuse tout en flinguant à tout va les rednecks lancés à sa poursuite une réécriture de la scène similaire avec Clive Owen et Monica Bellucci dans Shoot'em up) (on a les références qu'on veut, chers happy few et, oui, ma dévédéthèque ressemble à une annexe de nanarland, so what ?). Et j'ai apprécié que pour une fois, l'inévitable bombe aux jambes fuselées soit une fille qui manie aussi bien les poings que les hommes et qui ne s'en laisse pas conter (et cerise sur le gâteau l'actrice, Amber Heard est sublime). La 3D n'apporte pas grand chose au film, si ce n'est quelques effets de balles et un final un peu plus crade qu'attendu mais on s'en fiche car Nicolas est beau, Nicolas est grand, Nicolas est chevelu, chers happy few.

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(Pour ceux qui ne seraient pas convaincus par Nicky-les-implants, le deuxième argument du film. Non, je n'ai pas viré ma cutie, suspicieux happy few, mais j'ai des yeux pour voir.) (Et Nicky ne s'approche même pas d'elle : c'est à n'y rien comprendre, elle est pourtant serveuse. Tout se perd.)

Hell Driver, à l'affiche actuellement dans toutes les bonnes salles, celles qui savent ce que kulture veut dire.

 

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Challenge "Par-delà les implants capillaires... la légende".

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Catégorie : Je porte la perruque comme un fou (mais avec sexytude)

 

25.03.2011

Tous les soleils - Philippe Claudel

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Alessandro (Stefano Accorsi) est professeur d'Histoire de la musique baroque à l'Université de Strasbourg. Il élève seul sa fille de 15 ans, Irina, depuis la mort de sa femme quelques mois après la naissance de la petite. Alessandro mène une vie heureuse aux côtés de sa fille qu'il surprotège et de son frère, qui vit avec eux, reclus depuis la première élection de Berlusconi, entouré d'un groupe d'amis fidèles. Il adore son métier qu'il exerce avec passion et est lecteur bénévole dans un hôpital. Mais sa vie sentimentale est un désert car Alessandro, 15 ans après, n'a toujours pas fait le deuil de Louise...

 

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Tous les soleils, deuxième film de Philippe Claudel, est une comédie à l'italienne très réussie, chers happy few, et qui m'a littéralement enchantée. On rit, on pleure, on crie, on s'aime, on doute et on s'engueule (ah, les disputes en italien, j'ai adoré) dans ce film parfaitement écrit qui se déroule dans un Strasbourg écrasé de soleil (le tournage a eu lieu cet été) qui prend étrangement des allures de ville méditerranéenne (les ponts, les canaux, les quais...), ce qui est renforcé par le fait qu'Alessandro se déplace en solex, comme un hommage au Nanni Moretti de Journal Intime. Sur des thèmes graves comme l'absence et le deuil (thèmes qui n'en finissent pas de nourrir son oeuvre romanesque et cinématographique), Claudel signe ici un film lumineux et chaleureux emmené par le duo de comédiens italiens, Accorsi et Marcoré, qui donnent au film une belle énergie. Les moments de comédie pure (le personnage du frère qui refuse de sortir et de parler italien tant que Berlusconi n'aura pas démissionné et qui résiste de son salon en peignant toujours la même chose est tout bonnement génial) se mêlent parfaitement à l'émotion et les relations, notamment père/fille, sont d'une grande justesse. J'ai été charmée par l'utilisation de la littérature, omniprésente, qui sert toujours le propos (la première lecture que fait Alessandro est celle de Qui a ramené Doruntine ? de Kadaré, une histoire de fantôme et de fille absente, puis il lira le mythe d'Orphée à une adolescente ; Dom Juan sert une scène de dispute à la fois banale et drôle) et par l'omniprésence de la musique baroque (Claudel a raconté lors de cette avant-première comment l'écoute d'un disque de tarentelle, musique italienne censée extirper le mal d'amour, a présidé à l'écriture de ce scénario). Un grand coup de coeur, chers happy few.

 

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Et parce que j'ai tant aimé ce film, je vous propose, en partenariat avec UGC et Ogilvy PR, de gagner 5 places pour deux, chers happy few, valables dans tous les cinémas (et pas uniquement les UGC) de toute la France (le film sort le 30 mars). Pour cela, rien de plus simple, il suffit (tout le monde peut jouer, blogueurs et non blogueurs) de laisser un commentaire en expliquant quelle est votre comédie italienne préférée : un tirage au sort effectué par une blanche main départagera les gagnants dimanche 27 mars à 20h. Et si vous n'avez jamais vu de comédies italiennes (après tout, nul n'est parfait) (mais Nanni Moretti, quand même) (tsss), il suffit de laisser un commentaire en disant que vous voulez jouer.

 

Le billet de Tamara, copine de claudelite aigüe, maladie textuellement et visuellement transmissible.

La bande-annonce pour achever de vous convaincre.

16.01.2011

Où il faut sauver le monde. Et la fille. Again.

Dans la longue liste des acteurs over crédibles que je vénère, happy few de mon coeur menthe à l'eau, figure en bonne place l'inénarrable Nicolas Cage. Son regard de cocker, ses implants teints en blond, son jeu tout en finesse l'ont placé depuis longtemps dans mon panthéon de ces acteurs dont tout le monde se moque sauf moi, en bonne place devant Christophe Lambert et John Travolta. Depuis quelques années, je ne rate donc aucun de ses films, surtout ceux qui s'annoncent daubesques à souhait, parce que comme chacun le sait, je suis une femme de goût.

Je ne pouvais donc pas passer à côté du

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Dernier des templiers.

Bon alors autant se débarrasser tout de suite de ce qui fâche, chers happy few : le titre français a manifestement été trouvé par un traducteur sous acide qui a confondu Ordre des Templiers et Ordre de Malte. Non seulement l'action débute en 1334 (la dernière Croisade s'est achevée en 1291 et l'Ordre du Temple a été dissout en 1312), mais en plus le mot "templier" n'est ja-mais prononcé dans la version originale, nos héros sont des mercenaires manifestement engagés auprès des Chevaliers de l'Ordre de Malte qui portent eux aussi une croix sur leur armure, ce qui explique peut-être l'erreur de notre ami qui en plus de consommer des substances illicites a manifestement des problèmes de vue. Cela dit, si c'est le même traducteur qui a pondu les sous-titres hasardeux, voire parfois carrément fautifs, plus rien ne doit nous étonner. Le titre original Season of the witch, place donc ce film sous d'autres auspices (si, si, j'attends quelque chose quand je vais voir un nanar au cinéma), celles d'un thriller surnaturel avec sorcellerie à la clé.

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Oh le beau regard concentré.

Et le cheveu au vent.

 

Pitchons, chers happy few, car je vous sens perdus : nous sommes dans la première moitié du XIVè siècle. Behmen (Nicolas Cage, donc) et Felson (Ron Perlman, que certaines ont pu apprécier dans Hellboy par exemple) (oui, je suis comme ça, over kultivée du nanar) sont des mercenaires qui ont mis leur épée au service de l'Eglise. Mais un jour, après des années de batailles, Behmen se rend compte, comme ça, paf, que la guerre c'est mal et que d'innocents civils meurent aussi. Felson et lui désertent donc et rentrent en Europe (enfin, on suppose, mais rien n'est sûr) pour trouver une région (ou un pays, rien n'est sûr non plus) dévastée par la Peste (mais une peste étrange quand même, à moitié bubonique, à moitié pustuleuse). Les habitants d'un village (baptisé Villach si j'ai bien tout suivi, si, si, ça ne s'invente pas) ont attrapé une jeune fille dotée de pouvoirs étranges (Claire Foy) : ils sont persuadés qu'il s'agit d'une sorcière et qu'elle est la cause de la malédiction qui s'est abattue sur eux. L'évêque (petit village mais avec un évêque, hein, faut ce qu'il faut pour convaincre Christopher Lee de faire un cameo sous ses bubons) a décidé qu'elle serait jugée par les moines d'un lointain monastère qui, détenteurs du Livre de Salomon, sont les seuls à même de pouvoir l'exorciser. Behmen et Felson l'escortent, accompagnés d'un prêtre, d'un autre chevalier et d'un escroc qui leur sert de guide.

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Il porte aussi super bien le flambeau, ce qui, vous l'avouerez, n'est pas donné à tout le monde.

 

Malgré ce pitch qui a l'air over sérieux, chers happy few, Season of the witch est un bon nanar des familles, durant lequel je me suis bidonnée tout du long. Réalisé de manière approximative par Dominic Sena (à qui on doit ce chef d'oeuvre du bon goût qu'est 60 secondes chrono avec le même Nicolas, film de bagnoles sans aucun scénar que j'ai tellement aimé que je l'ai vu trois fois) (en même temps, un film qui propose un beau gosse, des bagnoles et des punch lines à deux balles est assuré de faire mon bonheur, et ce ne sont pas les amatrices de Fast and Furious qui me contrediront hein les filles ?), mal scénarisé (on semble aller d'un morceau de bravoure à un autre sans aucun lien, certains personnages disparaissent maladroitement), plein d'errements (je n'ai toujours pas compris où l'action était censée se dérouler, manifestement quelque part en Europe dans un pays qui a une côte marine, des montagnes, une forêt au nom anglais (Wormwood), un climat rude (il neige), une architecture vaguement médiévale et un monastère au nom gascon (Séverac)...), Season of the witch accumule les scènes comiques (ce n'est pas intentionnel, ce qui, d'une manière perverse, est encore meilleur) qui culminent avec le final à Séverac. Le monastère sur la montagne, mal peint, m'a fait craindre un instant l'apparition de moines Shaolin et mes craintes ont été remplies au centuple avec la bataille finale contre les moines zombies ninja, grand morceau de bravoure qui précède le combat contre le démon, aussi effrayant qu'un Edward un jour de soleil (les effets spéciaux ont à mon avis manqué cruellement de budget, dont la moitié à certainement dû alimenter les pensions alimentaires des ex-Mrs Cage). Une daube de chez daubes, chers happy few, à regarder à la télévision (vous n'y perdrez rien, promis), avec du pop-corn et des copains réceptifs : vous ne le regretterez pas.

 

Season of the witch, barely directed by Dominic Senna, vaguely written by Bragi F Schut and badly played by Nicolas Cage and others.

04.02.2010

"It's the future, Watson"

L'heure est grave, chers happy few. (Bon, certes pas autant que quand on a su que David T. ne serait plus jamais le Docteur, mais sachons raison garder et comparer ce qui est comparable. Bref.)

 

Voici venu le temps, non pas des rires et des chants (encore que, ça peut s'arranger si vous y tenez car il n'est rien qui ne me soit impossible) ni des cathédrales (oui, elle était facile celle-ci mais tellement tentante que vous m'en auriez voulu de ne pas la faire, chers happy few et je ne voudrais pour rien au monde vous décevoir) mais de la confession. J'ai un aveu à faire, un aveu terrible, qui va changer la face du monde et bouleverser mes milliers de lecteurs : je suis une holmésienne convaincue. Voilà, c'est dit, je me sens mieux. J'entretiens avec le détective au violon et aux mauvaises habitudes une relation durable (la preuve si besoin était que je suis la fidélité incarnée) depuis près de 20 ans (oui, je sais, tout ça ne nous rajeunit pas, chers happy few, et j'en suis la première marrie). Nous nous sommes aimés à la première lecture, j'ai poussé le vice jusqu'à relire toutes ses aventures en anglais et je le fais étudier à mes têtes blondes avides de kulture dès que l'occasion se présente parce qu'en bonne obsessionnelle monomaniaque que je suis j'aime imposer mes marottes, c'est mal, je sais, j'assume.

 

Je ne pouvais donc pas passer à côté de la dernière adaptation, celle de Guy Ritchie avec Robert *soupir* Downey Jr et Jude *soupir aussi* Law.

 

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Non, je n'y suis pas allée pour le regard coquin de Bob, bande de mauvaises langues.
Enfin, pas que.

 

Pitchons, chers happy few, dans ce souci de clarté et de rigueur qui a fait ma réputation : Holmes et Watson aident la police, en la personne de l'inspecteur Lestrade, à attraper un serial killer qui sacrifie des jeunes filles au cours de messes noires un peu sanglantes. Et comme ils sont compétents, ils l'arrêtent et ce dernier, Lord Blackwood, est condamné à mort et pendu. Mais voilà-t'y pas qu'un témoin affirme l'avoir vu sortir de la tombe quelques jours après son enterrement...

 

N'y allons pas par quatre chemins et disons-le tout net, chers happy few : j'ai été conquise par cette adaptation, qui réutilise très intelligemment le mythe et lui insuffle un second souffle tout à fait bienvenu et résolument moderne sans pour autant trahir l'esprit des personnages créés par Conan Doyle. La vraie bonne idée du film c'est d'éviter l'écueil des origines bien connu des scénaristes et de situer l'intrigue au moment où Watson, sur le point de se marier, quitte l'appartement qu'il occupait en colocation avec Holmes. Nous voilà donc plongés directement au milieu d'une relation de longue date entre ces deux hommes qui ont déjà résolu bon nombre d'enquêtes et qui s'entendent comme larrons en foire, même si Holmes rechigne grandement à laisser partir celui qu'il considère comme un frère. L'évolution de l'attitude de Holmes, qui finira par accepter le départ de Watson occupe donc une grande place au milieu de l'intrigue, qui, ma foi, est plutôt bien ficelée. Ce que j'ai trouvé formidable, c'est la façon dont les scénaristes ont truffé le film de références aux nouvelles et romans de Conan Doyle : on y croise des personnages récurrents (Lestrade, Irene Adler, le professeur Moriarty), il y est fait allusion à plusieurs nouvelles (la montre du frère de Watson dans Le signe des Quatre, le diamant qui orne le cou d'Irene Adler vient de La pierre de Mazarin, le portrait d'Irene est un emprunt à Un scandale en Bohême, on reconnaît des citations empruntées à Silver Blaze, L'Homme à la lèvre tordue et j'en passe) et quelques allusions notamment à la toxicomanie de Holmes), et les traits principaux des caractères des personnages sont respectés (la cyclothymie de Holmes qui enchaîne périodes d'abattement et périodes d'exaltation, son désordre, sa façon toute particulière de concevoir le violon, son goût du déguisement et du danger, son amour des sciences, sa mémoire encyclopédique ou la placidité de Watson qui ne sort jamais sans son arme...).

 

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Y a pas à dire, le costume trois pièces et la moustache, ça habille un homme, chers happy few.

 

Mais les scénaristes ont su ne pas être prisonniers de ce matériau de départ et recréer un duo qui fonctionne parfaitement, en faisant de Watson plus que le faire-valoir qu'avait créé Conan Doyle : c'est un homme intelligent, parfois exaspéré par le comportement de Holmes et qui a un solide sens de l'humour. Et ce bon docteur Watson gagne évidemment à voir son rôle étoffé et enrichi. De la même manière, Holmes est un peu plus bagarreur que l'original, un peu débraillé (mais bon, why not ?) mais toujours animé de cette farouche volonté de savoir et de cette intelligence aigue qui font tout son charme. J'ai aussi beaucoup apprécié la reconstitution du Londres de cette fin de XIXème siècle et le final sur le Tower Bridge en construction, l'humour omniprésent et la façon dont le montage évite l'écueil du bavardage : les explications du raisonnement de Holmes, toujours un peu longues dans les nouvelles, sont ici habilement mises en scène par des anticipations ou des flash-backs. Ajoutons à cela la qualité d'interprétation des deux acteurs principaux et l'on obtient un film ma foi fort réussi, chers happy few.

 

Sherlock Holmes, à l'affiche actuellement.