23.05.2010
Turn left... In your own time
Beverly Baldwin (Jessica Hynes), femme de ménage pour la police d'une petite ville de Grande-Bretagne, désespère d'obtenir son permis de conduire, qu'elle a déjà passé 8 fois. Elle décide alors de prendre des leçons données par un professionnel (c'était jusque-là son mari (Shaun Dingwall) qui tentait de lui apprendre à conduire). Elle s'inscrit chez Gear Change, une auto-école, et rencontre Christopher (David Tennant) qui s'avère tout de suite être un professeur idéal, patient et passionné.
Learners, regardé dans le cadre du Challenge Tennant 2010 est un téléfilm qui a des qualités mais qui ne m'a pas emballée plus que ça, chers happy few (oui, je sais, hérésie totale, c'est le premier film avec David Tennant qui me fait cet effet-là, shame on me, big time). Je l'ai trouvé curieusement bancal, à cause du scénario qui multiplie les erreurs d'écriture. D'une part, le film oscille entre les genres (comédie, comédie romantique, film réaliste) sans jamais parvenir à choisir, ce qui nuit à l'unité de ton (certaines scènes sont assez drôles mais auraient pu l'être plus et les scènes plus intimistes semblent arriver comme un cheveu sur la soupe) et d'autre part, le scénario souffre d'une superficialité certaine, n'arrivant jamais à proposer au spectateur plus que le postulat de départ (Bev aura-t-elle son permis ?), ce qui a pour corollaire la mise en scène de personnages qui manquent cruellement de profondeur, ce qui est très visible chez les personnages secondaires, réduits au rang de simples figurants. Le personnage le plus réussi est sans conteste celui de Bev, car c'est finalement la seule dont on comprend parfaitement les motivations, que ce soit son acharnement à vouloir obtenir son permis (elle veut créer sa boîte de nettoyage et a besoin d'autonomie y compris par rapport à son mari, loser qui claque avec régularité le peu d'argent du ménage dans des projets fumeux) ou ce qui la pousse à se jeter dans les bras de Chris (il la valorise et lui donne confiance en ses propres capacités, ce que personne n'avait jamais fait auparavant) mais le spectateur a plus de mal à démêler les motivations des autres. Du coup, leurs relations et leur évolution sonnent assez faux, et j'ai trouvé notamment que le couple formé par Fiona (la directrice de l'auto-école) et Chris n'était pas du tout crédible. Si on comprend parfaitement ce que ce dernier, introverti et calme, un peu coincé et excellent pédagogue éveille chez Bev, c'est nettement moins clair chez Fiona dont le revirement m'a paru aussi soudain que téléphoné. Au final, Learners est un téléfilm gentillet et superficiel qui se laisse regarder sans déplaisir mais qui ne restera pas dans mes annales, et c'est le film dans lequel j'ai le moins aimé David Tennant, qui a ici un rôle bien trop creux. Dommage.

Learners, réalisé par Francesca Joseph, avec Jessica Hynes, David Tennant, Shaun Dingwall..., BBC, 2007, Zone 2 en import anglais uniquement, VO et VOST VO.
Merci infiniment Cuné!
12:12 Écrit par fashion dans Challenge Tennant 2010 | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : learners, bbc, daviiiiiiiiiiiiiiiid, le permis stress universel donc, j'aurais bien aimé avoir david chou pour instructeur
13.05.2010
Et si on challengeait ?
Comme vous le savez tous, chers happy few, j'aime les challenges parce que j'ai l'esprit joueur, limite espiègle. Et si jusqu'à cette année, je mettais un point d'honneur à ne pas les tenir (ce qui, croyez-moi, est tout un art, aussi subtil que délicat), 2010 est pour l'instant l'année des challenges tenus : alors que nous ne sommes même pas à la moitié de l'an, j'ai déjà achevé les challenges Lire en VO, Crazy SF, Lunettes noires sur page blanche et English classics. Vous pouvez m'acclamer, tiens, ou m'envoyer des fruits, parce que je le vaux bien (et que je déteste les fleurs, c'est une tare que j'ai, comme ça, et que j'assume), je prends tout, surtout les bananes (oui, une allusion au Docteur vient de se glisser sous mes doigts, oups, my bad).
Bref. Quand Cryssilda a lancé le Challenge Ewan vs Christopher, j'ai dit, sous forme de boutade, que ce n'était pas juste et qu'il fallait un challenge David pour rétablir l'équilibre cosmique. Comme j'ai lancé cette idée en public, elle n'est pas restée en l'air (ce qui est malheureusement le sort de toutes mes blagues depuis que j'ai un blog, comme en témoignent le Swap Sexy Men et les Harlequinades, entre autres) (je crois que je devrais arrêter de parler en public) (et de fréquenter des copines qui ont la mémoire longue) et je me suis trouvée assiégée de toutes parts afin de la mettre en oeuvre. Et comme je suis faible, hélas, j'ai cédé.
Voici donc en exclusivité mondiale, chers happy few, le challenge qui rassemblera le plus petit nombre de participants ever (un challenge pour very happy few donc) (c'est que j'ai une réputation de blogueuse élitiste à tenir, ce qui, croyez-moi, chers happy few, n'est pas facile tous les jours) : le Challenge Tennant 2010.
Le principe est simple (et honteusement calqué sur le Ewan vs Christopher Challenge) : voir le plus possible de films, téléfilms et séries avec David Tennant inside (quelle que soit la taille du rôle) et les chroniquer. Les inscriptions se font dans les commentaires de ce billet, de même que vous viendrez ici déposer les liens vers vos billets. Comme c'est un homme très occupé, il a déjà une longue filmographie que je n'ai pas pris le temps de recopier (oui, je sais, c'est pas beau la paresse, à ma décharge aujourd'hui est un jour férié, donc tout est permis), me contentant de vous y renvoyer ici. Il a aussi enregistré une tripotée de livres audio, qui comptent aussi pour le challenge, of course.
Pour ma part, j'ai déjà chroniqué Doctor Who (ici, là et encore là), Hamlet, Einstein and Eddington, Takin' over the asylum, Blackpool et Casanova. J'ai vu aussi He knew he was right sans en parler, chose que je vais du coup certainement réparer.
Bonnes découvertes, curieux happy few!
PS : je suis toute disposée à faire circuler les DVD que je possède auprès des inscrits que je connais personnellement, évidemment.
PSbis : je me suis inscrite au Challenge Ewan vs Christopher sans même réfléchir (comment résister à un challenge qui permet de revoir G.I Joe, hmmm, je vous le demande ?) (et je pense que mon challenge sera clairement orienté Christopher, je suis partiale et je l'assume) et je vous invite à faire de même, of course.
Edit : les participants officiels : Alexiel, Anne-Shirley, Caro[line], Celsmoon, Chiffonnette, Cryssilda, DViolante, **Fleur**, Karine, Kitty, Mara, Nataka, Secondflore, Virginie, Yueyin
Les participants officieux : Cuné
Les Glamourous Cheerleaders : Amanda (cheerleader en chef), Kikine, Lou, Theoma (qui promet de faire preuve d'une grande souplesse pour regarder sous le kilt de David, nous saurons nous en souvenir, chers happy few)
08:39 Écrit par fashion dans Challenge Tennant 2010 | Lien permanent | Commentaires (59) | Envoyer cette note
12.05.2010
"Je fus toute ma vie la victime de mes sens"
Si on m'avait dit il y a quelques mois que je regarderais en anglais non sous-titré une mini-mini série britannique de 3 épisodes consacrée à la vie de Casanova, le plus célèbre des libertins italiens, je me serais gaussée, chers happy few, car voilà bien un personnage qui n'avait jamais suscité le moindre intérêt chez moi. Mais comme je ne l'ai pas fait (car personne dans mon entourage n'a les pouvoirs de Cassandre, thank goodness), je peux donc vous parler en toute liberté de ma dernière découverte. (Oui, je sais, je fais vraiment ce que je veux dans ce salon, ça en devient limite désagréable, vous pouvez me punir en me faisant lire en boucle le dernier Musso, tiens.) (Mais ça c'est uniquement si vous êtes très en colère, hein, sinon un peu de Lévy suffira.)

Casanova (Peter O'Toole) vit ses derniers jours, reclus dans la bibliothèque d'un château qui n'est pas le sien, au service d'un gentilhomme qui n'est jamais là, maltraité par les servantes et ignoré par les autres. Un soir, une jeune fille de bonne famille qui vient d'arriver au château, contrainte de vendre ses services comme servante suite à la mort de son père pourri de dettes, se rend dans sa chambre pour lui porter son repas. Elle le reconnaît pour avoir entendu son père en parler plusieurs fois et le vieil homme lui raconte alors sa version de sa vie...
Casanova est une série particulièrement réussie, chers happy few, certainement en raison de son parti-pris de départ : Russel T. Davies (oui, celui-là même, j'entends déjà certaines whoviennes se mettre à hausser un sourcil), qui a écrit le scénario, a décidé de faire fi de toute réalité historique pesante. Les décors sont réduits au minimum (et certains sont réutilisés dans des circonstances différentes, notamment la salle de bal), les costumes ne sont pas exactement ceux qu'ils devraient être et certaines saynètes sont très éloignées de la réalité historique (je pense notamment à la vision de la cour virevoltante de Louis XV, où les femmes portent la jupe au-dessus du genou et où Casanova est entraîné dans un tourbillon de danses où hommes et femmes l'encensent et tentent de le séduire avant que de le chasser, le tout en cinq minutes à peine). Davies s'est concentré sur la figure de Casanova pour en proposer un portrait personnel tout en s'appuyant sur certains faits décrits dans ses Mémoires : il en fait un homme joyeux, épicurien et léger, cultivé et talentueux (il a un don pour l'apprentissage ce qui fait de lui un musicien hors-pair, un homme qui parle six ou sept langues et qui est capable de se faire passer tour à tour pour un médecin ou un avocat avec autant de succès que s'il en était un), chanceux parce que doué d'une formidable capacité d'adaptation et d'improvisation, doté d'un délicieux talent de répartie, qui joue sa vie sans se soucier des conséquences (il quitte la France en catimini et en quatrième vitesse, ayant perdu toutes ses possessions au jeu, y compris... ses dents) et qui aime vraiment les femmes, qu'il séduit toutes sans distinction mais sans système (Casanova n'est définitivement pas un Dom Juan) . Davies s'est servi de quelques éléments biographiques (la prison, l'évasion, les voyages incessants, l'invention de la loterie et bien évidemment les nombreuses conquêtes) mais il se les est appropriés en les changeant de contexte, ce qui leur donne une autre signification. En effet, pour ajouter une dimension plus profonde à ce personnage déjà terriblement attachant, Davies lui invente un grand amour jamais consommé, celui pour Henriette, une très belle jeune femme née dans la misère et fiancée au duc de Gramani, espèce de bellâtre rigide, amour dont il fait la cause indirecte de l'emprisonnement de Giacomo dans la fameuse prison vénitienne, les Plombs, d'où il s'échappera au bout de quelque temps (Casanova fut le seul à jamais s'évader de cette prison) et de son éternelle cavale.
Bourrée d'inventivité (les scènes muettes avec Henriette, les paroles de Casanova jeune qui se superposent à ce qu'écrit Casanova vieux, les scènes de bal, les scènes de Cour qui fonctionnent en miroir (notamment celles Louis XV et de George II), les jeux autour des portes qui s'ouvrent et se ferment, les remarques sur les langues et les accents alors que tout est en anglais, la relation entre Casanova et Roco, son valet) et d'humour (c'est extrêmement bien écrit et de nombreuses répliques sont délicieuses), excellemment interprétée (Peter O'Toole est touchant dans sa volonté de se raconter sans se justifier et David Tennant, qui incarne Casanova jeune est parfait de grâce séduisante, d'énergie et d'assurance, sans parler des personnages secondaires), Casanova est le portrait enlevé et enjoué d'un jeune homme aimé de la Fortune dans un monde en mutation (la dernière séquence à Naples en est parfaitement représentative). Très réussi.
Casanova, BBC, 2005, scénarisé par Russel T. Davies, avec Peter O'Toole, David Tennant, Rose Byrne, Rupert Penry-Jones... 3 épisodes de 60 mn chacun, zone 2 en import anglais uniquement, mais il semble épuisé (plus disponible sur amazon briton, ni sur le site de la BBC).
Merci infiniment Nataka, grâce à qui j'ai enfin pu voir cette série!
PS : j'ai regardé l'intégralité de cette série en anglais sans sous-titres (ce que je ne fais que depuis peu, depuis le début de la saison 5 de Doctor Who il y a 6 semaines pour être tout à fait précise). Grâce à la fabuleuse diction des acteurs britanniques j'ai tout suivi, ce qui veut dire que je suis prête pour les livres audio. Une marotte de plus se profile à l'horizon, chers happy few. On n'est pas rendu.
PS bis : comme une découverte n'arrive jamais seule, j'ai très envie de lire les Mémoires de Casanova, publiés sous le titre Histoire de ma vie. Et comme la LCA est toujours encouragée dans ses vices, Bouquins en propose l'intégrale en trois volumes. C'est pas ma faute, Monsieur le Juge. Evidemment.
09:54 Écrit par fashion dans Challenge Tennant 2010, Séries télé | Lien permanent | Commentaires (33) | Envoyer cette note | Tags : casanova bbc 2005, peter o'toole, david tennant, c'est malin maintenant je veux lire ses mémoires, et la bio de zweig, caroline ne dis rien, je sais
09.05.2010
Viva Las Vegas!
Figurez-vous que je me suis lancée bien malgré moi, chers happy few, limite à mon corps défendant, dans une quête qui risque de me mener plus loin que prévu (mais n'est-ce pas là le propre de toutes les quêtes, comme pourraient en témoigner Percy, Lance et les autres, mmmh ?) : alors que j'ai commencé de manière méthodique (qui en doute ?) l'exploration scientifique de la filmographie de David Tennant (qui ricane ?), je me retrouve à voir des séries proprement renversantes qui me donnent envie d'en voir d'autres et ainsi de suite. Autant dire que j'ai comme l'impression que ma nouvelle addiction à la série britannique (qui était déjà certes en germe chez moi, je suis bien obligée de l'avouer) n'a pas fini de raccourcir mes nuits, chers happy few, mais c'est parce qu'elles le valent bien, croyez-moi (les séries, pas mes nuits).
Dernière découverte en date : Blackpool, une série produite par la BBC (encore elle la bougresse) en 2004.
Pitchons, chers happy few : Ripley Holden (fantastique David Morrissey) est un homme à qui tout a réussi : il a une famille qui semble parfaite, il est riche, et il vient d'ouvrir une salle d'arcade sur le bord de mer à Blackpool, une station balnéaire anglaise. Hélas pour lui, quelques jours à peine après l'inauguration de sa salle de jeux un cadavre est retrouvé près d'une de ses machines à sous. Peter Carlisle, le flic chargé de l'enquête (sexy David Tennant) est persuadé, sans aucune preuve, que Ripley est le coupable et il oriente l'enquête en ce sens. Hélas pour lui, il tombe amoureux de Natalie (excellente Sarah Parrish), la femme de Ripley. On est d'accord, c'est ballot.
Blackpool est une mini-série (6 épisodes) comme seuls les britanniques en ont le secret, chers happy few, et qui est profondément originale dans sa forme : construite comme une série policière (on suit à la fois le principal suspect, Ripley et les actions de Carlisle et le nom du coupable n'est révélé qu'en toute fin), Blackpool présente plusieurs passages chantés dans chaque épisode dans la grande tradition de la comédie musicale, chaque chanson venant étoffer le cours de l'action ou la psychologie des personnages. L'aspect décalé de ces interventions musicales est renforcé par la technique choisie : la bande-son se déroule et les personnages chantent sous la voix du chanteur rajoutant ainsi une ou plusieurs voix. Ce choix surprenant (on est habitué à du playback ou à ce que les acteurs chantent seuls) est appuyé par des chorégraphies drôlatiques, qui rompent avec le réalisme et parfois la noirceur de l'ensemble. Et contre toute attente tout ça fonctionne parfaitement.
La deuxième force de cette série (outre une histoire fort bien ficelée) tient dans ses personnages et dans l'affrontement entre Ripley et Carlisle. Ripley est un personnage fascinant et complexe, un homme parfois détestable, qui a été pourri par l'argent et le bling bling et qui en a perdu ses repères (quand il va collecter l'argent des loyers des apparts qu'il loue à des prostituées, il réclame un paiement en nature, how sick is that ?). Obnubilé par l'idée de faire de Blackpool le Vegas anglais, il en oublie que le monde ne tourne pas uniquement autour de sa personne. Déconnecté de sa famille (sa femme est malheureuse depuis des années, sa fille s'est choisi un homme qui a l'âge de son père, son fils deale), Ripley est un homme dépassé par ses rêves de grandeur et de gloire, contraint de regarder ce qu'il est devenu à cause de ce meurtre, qui agit comme un catalyseur : la salle d'arcade est momentanément fermée, les investisseurs prennent peur, l'argent le fuit... et Ripley redescend sur terre. C'est certainement le personnage le plus attachant de la série et l'incarnation (car on est au-delà de l'interprétation) de David Morrissey y est pour beaucoup : il est magnétique et charismatique et jamais ridicule malgré ses rouflaquettes à la Elvis. Face à lui, Carlisle est le flic que l'on croit droit dans ses bottes (il ressemble un peu à Colombo, démarche et accent traînant, imper informe et cette façon de poser toujours la question qui tue l'air de ne pas y toucher) et qui se révèle finalement tout de suite malhonnête à sa façon (il séduit Natalie sans lui dire qu'il est le flic chargé de l'enquête) et qui s'empêtre dans ses sentiments, jamais à court d'idées plus que discutables non plus. Ces deux hommes jouent au chat et à la souris et leur affrontement, d'abord sur le plan de l'enquête, puis sur le terrain sentimental, fonctionne parfaitement, tous deux étant profondément humains, avec leurs faiblesses, leurs sourires enjoleurs (de mon point de vue l'un est plus séduisant que l'autre, je dis ça, je dis rien) et leurs tentatives de manipulation, leur relation étant définitivement exempte de tout manichéisme.
Au final, Blackpool est une série formidable, parfaitement scénarisée et interprétée (les seconds rôles sont extras aussi), qui met en scène des personnages complexes à la morale ambigue et que je recommande très chaudement chers happy few. Quant à moi, ayant développé un intérêt soudain pour David Morrissey, je suis contrainte de commander ses autres séries, à commencer par State of play. C'est pas ma faute, Monsieur le Juge, on m'a forcée.
Blackpool, 6 épisodes de 60 mn chacun, BBC, 2004, coffret de 2 DVD, zone 2 en import anglais VO et VOST VO. Il existe une version zone 2 pour la France avec les sous-titres français (j'ai vu ça sur amazon.fr) : aucune excuse pour ne pas succomber donc, chers happy few.
Le billet de Cuné, tout aussi conquise. (En ce moment, Cuné et moi avons les mêmes lectures et les mêmes visionnages, c'est ça le talent briton.)
PS : pour ceux qui se demandent à quoi ressemblent les passages chantés, un montage autour de Tennant ici (les filles, à partir de 1mn16, vous allez couiner) (j'aime autant vous prévenir) et bien d'autres extraits disponibles sur toitube.
10:59 Écrit par fashion dans Challenge Tennant 2010, Séries télé | Lien permanent | Commentaires (35) | Envoyer cette note | Tags : blackpool, morrissey, tennant, casinos et arcade, certains passages ont un fort pouvoir de couinement, je vous aurai prévenus
01.05.2010
Takin' over the asylum
Figurez-vous, chers happy few, que contre toute attente, la groupitude peut avoir des retombées inattendues et positives sur la vie des assoiffés de kulture que nous sommes. Si, Si. L'autre jour, alors que je gambadais nonchalamment de la souris sur amazon briton (je devrais prendre des actions chez eux, ils sont devenus mes meilleurs amis, pas moins), j'ai commandé, comme ça, paf, sur une pulsion inexplicable une mini-série de la BBC Scotland de 6 épisodes, datant de 1994 et baptisée Takin' over the asylum. (L'honnêteté intellectuelle qui est la mienne me pousse quand même à préciser que le nom de David T. qui figurait au générique m'a peut-être (très) légèrement incitée à l'achat mais c'est un détail, chers happy few, limite un détaillounet, sur lequel nous allons jeter un voile pudique.)

Et j'ai découvert une série fabuleuse, chers happy few, il n'y a pas d'autre mot.
Je pitche parce que vous le valez bien : Eddie MacKenna (Ken Stott) a presque 38 ans et il mène une vie pas très folichonne à Glasgow. Il est représentant de commerce en double vitrage depuis trois semaines après une vie de petits boulots, il vit avec sa grand-mère envahissante et lituanienne dans un appartement pour le moins miteux et il n'a pour toute compagnie que le whiskey auquel il carbure toute la journée et... la musique. Il est DJ bénévole depuis 8 ans dans un hôpital de la ville et c'est ce qui le fait tenir. Hélas pour lui, son patron décide de donner sa place à une fille plus jeune. Eddie accepte alors de recréer une radio à St Jude's, l'hôpital psychiatrique. Il va y faire des rencontres qui vont modifier sa vie et celles des autres.
Cette mini-série (6 épisodes de 50 mn chacun) est bourrée de qualités, dont la première et non la moindre est l'écriture : le scénario est parfait, il n'y a pas d'autres mots. La façon dont la vie d'Eddie se déploie, dans son travail comme à l'hôpital, est extrêmement fluide et incroyablement juste. On le suit dans les deux univers, celui à la fois impitoyable et ridicule de Twinview, l'entreprise de double vitrage qui l'emploie, dont le patron est un parfait exemple de crétin capitaliste, qui en ces temps de crise motive ses employés à coup de comparaisons idiotes et d'intimidation et celui de l'hôpital et des patients de l'unité dans laquelle se trouve la petite station de radio. Et non seulement les deux mondes se côtoient parfaitement (enfin façon de parler parce que l'un va avoir des répercussions sur l'autre), mais en plus le scénario se paie le luxe de développer l'histoire de quatre patients dont la vie va être modifiée par l'arrivée d'Eddie : Campbell Baine (David Tennant), un jeune homme bi-polaire dont les parents vivent la maladie comme une honte et une malédiction incompréhensible, Fergus (Angus Macfadyen), un schizophrène au QI vertigineux qui passe son temps à s'évader pour mieux revenir, Francine (Katy Murphy), profondément dépressive et Rosalie (Ruth MacCabe), qui souffre d'un sérieux trouble obsessionnel compulsif. Ces patients, qui évoluent au milieu d'autres qui ne font que passer, sont profondément attachants, chacun à leur manière et il y a une incroyable humanité dans ces histoires ; j'ai été totalement prise au jeu et bouleversée par ces destins (j'en ai pleuré à plusieurs reprises, je l'avoue sans honte). Le tour de force de cette mini-série est que la profonde empathie que l'on ressent pour ces êtres humains malmenés par la vie se double sans avoir l'air d'y toucher d'une réflexion sur l'humanité et la folie : qu'est-ce qui fait qu'à un moment de sa vie, on se retrouve de l'autre côté de la barrière ? Pourquoi certains réagissent-ils en développant un trouble psychiatrique alors que d'autres se mettent à boire ou à écrire ? Peut-être parce que comme le dit Campbell, "the only difference between madness and genius is timing", ce qu'il finira par prouver grâce à Eddie, qui lui fournira une porte de sortie inattendue.
Magnifiquement interprétée (je comprends que ce soit le rôle qui ait permis à Tennant de percer, il y est hallucinant de justesse et d'énergie et les autres sont parfaits, Ken Stott en tête), tenue de bout en bout, drôle (car contre toute attente on rit beaucoup), poignante, réaliste (on n'est pas dans un conte de fées et les problèmes ne se résolvent hélas pas d'un coup de baguette magique), dotée d'une bande-son formidable (notamment les Beatles dont les titres de chansons fournissent d'ailleurs les titres des épisodes) et de fantastiques personnages secondaires (la grand-mère d'Eddie est un monument), Takin' over the asylum est une série qui ne mérite que des louanges, chers happy few. Voilà qui est dit.
Takin' over the asylum, réalisé par David Blair, 2 DVD (6x50 mn), 1994, Zone 2 en import anglais uniquement, VO et VOST VO (la série se déroulant à Glasgow, les personnages ont l'accent écossais ; j'ai d'ailleurs appris quelques mots, c'est une série pédogogique en plus du reste, ce qui en fait une raison supplémentaire pour la regarder, chers happy few, évidemment).
06:01 Écrit par fashion dans Challenge Tennant 2010, Séries télé | Lien permanent | Commentaires (24) | Envoyer cette note | Tags : david tennant, ken stott, hôpital psychiatrique, glasgow, aye it's a verry good show indeed
28.04.2010
"Space is shaped. And there is a way to prove it."

En 1914, au commencement de la guerre, Arthur Eddington, astrophysicien de renom (il dirige l'Observatoire de Cambridge), s'intéresse, à la demande de son doyen, Lord Oliver, aux travaux d'un scientifique alors inconnu, que les Allemands essaient d'attirer de nouveau à Berlin : Albert Einstein. Eddington étudie le seul opuscule alors écrit par Einstein et se montre très intéressé par ce qu'il entrevoit : Einstein est en passe de bouleverser la science en mettant à mal la théorie de la gravité de Newton. Malgré l'interdiction formelle d'entretenir des liens avec les scientifiques allemands, qui ont mis leurs connaissances au service de la guerre, Eddington écrit à Einstein...
Einstein and Eddington est un téléfilm historique mâtiné de biopic comme les britanniques en ont le secret, chers happy few, et qui, par bien des aspects est plutôt réussi. Le scénario s'attache à mettre en lumière la relation qui a uni les deux hommes de science et à redonner à Eddington la place qu'il mérite dans la mise en oeuvre de la théorie de la relativité d'Einstein puisque c'est lui qui, par son questionnement puis par son expédition pour photographier l'éclipse solaire de 1919, a fait découvrir les travaux d'Einstein. Le plus grand mérite de ce téléfilm, outre la volonté de vulgarisation et de clarté scientifique, est sa volonté de peindre finement les personnalités de ces deux scientifiques : d'un côté l'allemand (bien malgré lui, la nationalité lui ayant été redonnée contre son gré alors qu'il était citoyen suisse depuis des années) amateur de femmes et de musique, à la pensée profondément originale (il a même mis en place des notations mathématiques qui lui sont propres et qu'Eddington doit comprendre avant de pouvoir envisager saisir le fond de sa démonstration) et obsessionnel dans ses travaux de recherche et de l'autre le britannique, homme silencieux et renfermé, Quaker, homosexuel qui ne peut avouer son amour à l'homme qu'il aime et pacifiste à une époque où il ne faisait pas bon l'être. Si tout semble opposer les deux hommes jusque dans le cadre dans lequel ils vivent (Eddington habite une gigantesque maison à Cambridge au milieu de la campagne, Einstein vit pauvrement à Berlin), ils se rejoignent dans leur honnêteté intellectuelle : Einstein s'élève violemment contre l'asservissement de la science à l'armée, ce qu'il paye assez chèrement, et Eddington refuse de se laisser contaminer par la haine environnante contre les allemands (il sauve une famille allemande du lynchage) et prône une science sans frontières, débarrassée des haines humaines. Le téléfilm s'attache donc à montrer le parcours de ces deux hommes en parallèle et j'ai trouvé que c'était finalement là les limites de ce biopic, l'alternance entre l'un et l'autre ne faisant pas vraiment monter la tension dramatique puisque le spectateur sait depuis la scène d'ouverture qu'Eddington a obtenu les fonds pour son expédition. On est donc en présence d'un téléfilm de bonne facture, fort bien interprété (David Tennant est évidemment parfait ; cet homme peut tout jouer de toute façon, il a une présence et une expressivité incroyables) (fin de la parenthèse couinement) mais un peu trop lisse à mon goût.
Einstein and Eddington, réalisé par Philip Martin, écrit par Peter Moffat, avec David Tennant, Andy Serkis, Rebecca Hall, Jim Broadbent..., 90 mn, 2008, une coproduction BBC/HBO, Zone 2 en import anglais uniquement, VO et VOST VO.
Merci Caro[line] !
10:45 Écrit par fashion dans Challenge Tennant 2010, Séries télé | Lien permanent | Commentaires (22) | Envoyer cette note | Tags : einstein et eddington, daviiiiiiiiid, daviiiiiiiiiiid, daviiiiiiiiiiiiiiiiiid, et puis c'est tout






