15.11.2011
"She'll marry a duke... or a Bridgerton."

Mmmh, mais cékoitèce ? Un traité de philosophie moldavo-croate ?
Eh oui, chers happy few, romance is back.
(En même temps, elle n'était pas partie bien loin, il y en a même cinq ou six qui aimeraient bien être chroniquées et qui réclament mais elles ne m'ont pas assez plu, too bad for them.) (N'allez pas croire que je ne lise que de la romance non plus, hein. J'ai descendu ma PAL de bit-lit aussi.)
Après ma lecture si réussie de Romancing Mr Bridgerton, quatrième volume de la série des Bridgerton de Julia Quinn, je me suis dit qu'il fallait que je lise le reste. Comme je suis à la fois organisée et disciplinée, j'ai donc acquis An Offer from a gentleman, qui est le tome 3. Ordre et organisation je vous disais.
An Offer from a gentleman met en scène le deuxième membre de la fratrie, Benedict (je rappelle pour ceux qui ne suivent pas qu'ils sont huit frères et soeurs et qu'ils ont des prénoms qui commencent par les huit premières lettres de l'alphabet), qui tombe amoureux de la fille illégitime d'un comte, Sophie. Leur idylle est compliquée par cet état de fait et par le mystère dont la jeune fille a décidé de s'entourer afin de cacher son statut. Julia Quinn signe avec cette réécriture de Cendrillon (qui court seulement sur la première partie) une romance encore une fois très réussie, grâce à une recette bien éprouvée, mélange de dialogues enlevés, de personnages attachants (Lady Violet est décidément parfaite) et de situations couinesques bien qu'attendues (mais bon, je ne répèterai jamais assez que dans ce genre ultra codifié, ce qui compte c'est ce que l'auteur fait avec les codes et la scène où Benedict est malade est juste parfaite, sans parler de la scène de bal).

Et puis, cerise sur le gâteau, Julia Quinn a écrit pour chacun des tomes de la série un Epilogue 2, disponible uniquement en version numérique pour kindle. Comme la chair est faible, hélas, et que j'ai un Randy, je l'ai lue.
Il s'agit d'une dizaine de pages qui racontent la rencontre de Posy, la belle-soeur de Sophie, et de son futur mari, rencontre orchestrée par Benedict et Sophie, alors mariés depuis trois ans. J'ai été ravie de faire encore un bout de chemin avec ces personnages, j'ai juste trouvé ça trop court. (Oui, ça c'est de l'avis argumenté, avouez que vous êtes admiratifs.)
Moi aussi je voudrais épouser un Bridgerton.
Challenge Lu en VO
43/44
PS : Dans la série, "soyons des midinettes", n'oubliez pas la sortie de Breaking dawn, première partie, demain. On a toujours besoin d'un peu de fourrure et de fous rires dans sa vie.
06:35 Écrit par fashion dans Challenge Lu en VO, Littérature anglo-saxonne, Romance | Lien permanent | Commentaires (24) | Envoyer cette note
11.11.2011
David Tennant is not skinny for Tolkien's sake !
Just a bit thin in a sexy way, that's all.

Ce matin, chers happy few, entre deux cafés (j'ai investi dans le sirop à la vanille du Starbucks by the way, ce qui me procure des petits matins délicieux, oui il m'en faut peu, je suis so low maintenance), j'ai trouvé dans mes mails une pub de celle dont il ne faut pas dire le nom mais qui n'a qu'un sein, me donnant une liste d'ebooks pas chers, voire gratuits. Me voilà donc surfant, légère et aérienne, sur une liste dans laquelle, entre deux Harlequin, trois Wilkie Collins et un Trollope figurait ce Doctor Who, The Episode Guide de Mark Campbell (2011). Suite à un léger moment d'inattention, ce bouquin s'est retrouvé sur mon Randy d'amour pour la modique somme de 99 cts.
Eh bien, pour tout vous dire, il ne vaut pas plus.
Quelle déception, chers happy few. Après une introduction squelettique dans laquelle il explique qu'il est un fan de la première heure (si ça suffit à publier un bouquin, je peux m'y mettre aussi), Mark Campbell dresse la liste de tous les épisodes de DW (224 épisodes à ce jour) pour lesquels il donne le cast, un pitch minimaliste (mais vraiment minimaliste, genre une ligne), quelques "Observations" (aussi intéressantes que "la scène 4 a été filmée en décor naturel, le masque du monstre a été fabriqué par Bidule") (si encore c'était des infos de première importance comme "David Tennant aime les céréales et le café latte") puis son avis, souvent lapidaire. Alors certes, on a les mêmes goûts et on aime d'amour les mêmes épisodes, mais il est souvent très dur quand il n'aime pas, sans aucune justification ni arguments, ce qui est franchement un peu léger. Campbell dresse ensuite la liste de tous les épisodes manquants et des romans DW (ok, wiki en fait autant). Au final un bouquin qui ne présente aucun intérêt pour personne, le fan n'apprenant rien, le néophyte non plus. Je vais plutôt m'offrir ça, tiens :

Ben quoi, c'est bientôt Noël, non ?
Et parce que je ne résiste pas : the Ultimate Proof that David Tennant is sexy (et pas seulement comparé à Yoda, you band of bad mouth)

Challenge Lu en VO
42 (un nombre approprié pour de la SF, non ?)
22:15 Écrit par fashion dans Challenge Lu en VO, Essais | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note
06.11.2011
It is a truth universally acknowledged that a single romance novel heroine seeking a hero must be in want of a good...
... neurosis.
(Qu'alliez-vous imaginer ? Qu'elle était en quête d'un possesseur de Mighty Wand ? Aussi, oui.)

Love this cover. Of course.
Chez certaines, c'est le roman post-apo, chez d'autres une série télé américaine avec des ados qui poussent la chansonnette, chez moi, ce qui me sauve de tout, de la mauvaise humeur aux lavabos bouchés en passant par les accords non maîtrisés dans les copies de mes élèves, c'est la romance. Il faut dire que je suis mal partie dans la vie : lire Angélique, marquise des anges à l'âge de 13 ans, suivi l'année suivante d'Autant en emporte le vent (merci la bibliothèque maternelle), ça marque. Et pas seulement parce que j'ai développé un penchant pervers pour les hommes en cuir, ténébreux et taciturnes (Deeeeeean, viens me sauver !). Et ma (re)découverte du genre il y a quelques années (en 2008 pour être tout à fait précise, après des années d'abstinence) (il faut dire que je me suis enfilé l'intégrale des romans Harlequin de la bibliothèque municipale de ma petite ville de province pendant mes années lycée, ce qui a provoqué une légère overdose de "crinières de feu" et autre "virilité dressée") s'est faite de manière aussi désordonnée qu'enthousiaste*. J'ai découvert que la romance c'était bien plus qu'Harlequin, que bien longtemps on a traduit n'importe quoi n'importe comment (les championnes de la romance sont américaines, ce n'est pas un genre français, peut-être d'ailleurs serait-il temps de s'y mettre) et que certains auteurs avaient une sacrée plume. J'ai écouté les conseils des copines qui connaissent bien le genre, essayé de réfréner mon penchant à lire les séries dans le désordre et fait de belles rencontres (Julia Quinn et Eloisa James, si vous me lisez, je vous aime les filles).
C'est donc tout naturellement que j'ai lu Beyond heaving bosoms, The Smart Bitches' Guide to Romance Novel de Sarah Wendell et Candy Tan (2009, 291 pages), les créatrices du blog Smart Bitches, Trashy Books, qui est devenu un incontournable pour les amatrices de romances, tant pour le fond (elles ont lu un nombre incalculable de titres et leurs commentatrices aussi) que pour la forme, drôle et décalée.
Dès l'introduction, le ton est donné : avec beaucoup d'humour, Sarah et Candy rappellent quelques fondamentaux. La romance est un genre profondément décrié, évidemment par ceux qui n'en ont jamais lu ou qui ont lu un seul mauvais titre (doit-on vraiment redire qu'il en va de ce genre comme des autres, qu'il y a de bons et de mauvais romans, de bons et de mauvais auteurs ?) et la lectrice de romances est victime d'une attaque en règle de clichés : non, les lectrices de romances ne sont pas des vieilles filles ternes de plus de cinquante ans qui n'ont pas fait d'études, qui n'ont jamais vu un homme nu de leur vie et qui ont une tendresse particulière pour le tweed et les chats. Une étude américaine a prouvé que les lectrices de romances sont en majorité des femmes qui ont fait des études en général longues, qui ont des jobs intéressants et une vie sexuelle épanouie. Et la romance est un genre protéiforme, inventif, en perpétuelle évolution et réflexif.
Vous l'aurez compris, happy few de mon coeur angora, dès la page 9 j'étais conquise : non seulement Sarah et Candy disent ce que je pense depuis toujours mais en plus elles ont un penchant coupable pour la théorisation, ce à quoi j'aime me livrer dès qu'on me met une pinte en main ou qu'on me donne un public, autant dire effroyablement souvent donc. Leur Guide commence donc par une brève histoire de la romance (genre véritablement né dans les années 70) et démonte les codes de la romance Old Skool (par opposition à la romance New Skool, apparue dans les années 90) : des héros brutaux, des héroïnes ingénues pour qui l'histoire va se révéler douloureusement initiatique, une construction toujours identique... Autant de repères qui vont se perdre petit à petit pour faire place à plus de subtilité dans la psychologie des personnages et la construction des intrigues. Avec un humour ravageur (certains passages sont hilarants), Sarah et Candy catégorisent les héroïnes, des insupportables Too Stupid to Live (que l'on retrouve aussi fréquemment au cinéma, celles qui se jettent dans une allée sombre au lieu de se rendre dans la rue éclairée et pleine de monde) et Spoiled Hoyden of Historical Inaccuracy (ce sont celles qui m'énervent le plus, les suffragettes au pays des Vikings, les chefs d'entreprise du XVIIème siècle, mais ouvre un livre d'Histoire bordel ai-je envie de crier à l'auteur) aux Ingénue, Plain and strong et autres Smart-Mouthed Cynic (mes préférées, parce qu'elles ont la langue bien pendue). Elles livrent leur Top Ten de leurs héros préférés et analysent l'évolution du fantasme masculin en donnant les 10 règles d'or de la construction d'un bon héros de romance (un Alpha, intelligent, solitaire, dur de partout, chevelu, expert en quelque chose quel que soit le domaine, amant infatigable et éblouissant, hétéro jusqu'au bout de ses bottes and beyond, animé par une colère venue d'un trauma de jeunesse et résolument moderne dans son comportement, même s'il vit dans un château écossais en 1235). Une large part est faite à la place du sexe dans les romances (qui occupe deux bons chapitres et demi) et la partie théorique s'achève avec une analyse des couvertures, qui ont longtemps participé à la très mauvaise réputation du genre (cette tendance semble tirer à sa fin, thank Goodness for sensible editors). Sarah et Candy mêlent habilement à leur réflexion des extraits d'interviews et des passages d'autres études sur le genre, le tout avec une plume très alerte et n'oublient jamais, au-delà du relevé des clichés de rappeler que c'est un genre qui mérite d'être défendu, pour ce qu'il met en scène comme sous-texte (place de la femme dans la société, réflexions politiques, subversion) ou pour la qualité de la plume de certains auteurs (je rappelle pour ceux qui me lisent mal que certains romans publiés dans cette catégorie sont de sacrément bons romans).
Seuls bémols : même s'ils sont bien fichus, les chapitres Choose your own man titty (une romance dont vous êtes le héros) et Write your own romance m'ont paru dispensables et j'aurais bien aimé que les auteurs donnent plus de titres (je n'en ai noté que 17, ce qui est une petite moisson je trouve) (non, ça ne veut pas dire que j'ai déjà lu tout le reste bande de mauvaises langues) et proposent plus de Top (je suis une obsédée des listes, shame on me). Mais c'est bien tout ce que j'ai à reprocher à ce Guide drôlatique, bien construit et extrêmement documenté. Romance powaaaaa.
Merci Chi-Chi pour le prêt ! (J'ai bien mis des notes partout, je suis une élève disciplinée. Mes post-it sont jaunes. Et nombreux.) (Son billet ici.)
* en même temps, je n'ai jamais arrêté vraiment d'en lire puisque je lis de la bit-lit, qui rentre dans la catégorie romance fantastique.
Challenge Lu en VO
41
12:16 Écrit par fashion dans Challenge Lu en VO, Essais, Romance | Lien permanent | Commentaires (22) | Envoyer cette note
31.10.2011
"Sleeping with my therapist was a bad idea."
(Mais n'est-ce pas toujours le cas ?) (Je vous rassure, je n'ai pas couché avec le mien.) (En même temps, c'était le sosie de Charles Aznavour, j'ai peu de mérite.)
Comme j'étais engluée dans ma panne de lecture comme une blogueuse dans un bar à cocktails un vendredi soir, j'ai pris le taureau par les cornes et la PAL par la droite et j'ai sorti
ce traité de philosophie orientale, qui mêle habilement bouddhisme et taoïsme. En effet, Georgina Kincaid, ma succube préférée (d'un autre côté, j'en connais peu, c'est vrai), affronte avec beaucoup de sérénité son destin, qui n'est pourtant pas évident, jugez plutôt. Jerome, son démon de boss, la punit pour ses errements depuis que Seth l'a larguée (quatre mois de cuite ininterrompue, de mauvaise humeur et de plaintes) en l'envoyant en mission... au Canada. Georgina est prête à ramper nue pour éviter de franchir la frontière (je rappelle pour ceux qui ne suivent pas (oui, toi là-bas, et toi aussi, oui), que cette série se déroule à Seattle) mais Jerome est intraitable. Voilà Georgie obligée d'enquêter sur un culte sataniste complètement crétin au pays des doughnuts Tim whatsisname quand les choses se compliquent : Jerome disparaît et avec lui tous les liens qui unissent la jeune (enfin, on se comprend) femme à l'enfer. Elle se retrouve alors plongée dans une espèce de stase : elle n'est pas mortelle mais elle n'a plus aucun pouvoir...
Quatrième volet des aventures de Georgina Kincaid, Succubus Heat (2009, 492 pages) (disponible aussi en français aux éditions Bragelonne) est à la hauteur des précédents : drôle, rythmé et bien fichu. Richelle Mead semble savoir où elle va, des éléments disséminés dans les tomes précédents sont réutilisés, des personnages réapparaissent et la relation avec Seth se complique. Une série décidément idéale en cas de panne, de vacances, de lendemains de soirées arrosées, de pieds plats, de dents de travers, d'humeur chagrine, de téléphone qui ne sonne pas, de téléphone qui sonne trop, de mal aux cils, d'absence de Gerard Butler, d'élections présidentielles, de frigo vide, d'attaque de crevettes géantes, bref, une série parfaite.
Challenge Lu en VO
40
19:06 Écrit par fashion dans Challenge Lu en VO, Fantasy, Littérature anglo-saxonne | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
10.10.2011
"Ah well, the more people I meet, the more I like my fridge."
'How do I look ?'
'With your eyes.'
'Gee thanks. Don't ever become a Samaritan.'
Jazz turned to Mo and gave her a thorough inspection. She smiled. 'You look really gorgeous, Mo.'
Mo brightened. 'Thanks. If I don't get a shag, I'll kill myself.'
Jazz gave a short laugh. 'How post-feminist of you,' she said. 'Emily Pankhurst would be proud.'
Parce qu'en ce moment je suis atteinte d'une véritable boulimie orgueil et préjugesques (oui, enfin, plus que d'habitude quoi), j'ai sorti de la PAL avec élégance et détermination

(2000, 280 pages)
offert par Karine l'année dernière lors d'une édition du Swap au Long Cours.
Pitchons, chers happy few, car vous le valez bien. Jasmin Field (Jazz pour tout le monde) est trentenaire, londonienne et journaliste dans un magazine féminin où elle tient une colonne qui a pour unique sujet sa soeur cadette, Josie, mariée et mère d'un bambin de dix-huit mois. Jazz, qui a la langue bien pendue, des jugements fort arrêtés et une idée assez précise de ce qu'elle vaut et de qui elle est, accepte d'auditionner pour l'adaptation théâtrale d'Orgueil et préjugés mise en scène par un acteur célébrissime, Harry Noble, pour un gala de charité en faveur de la recherche contre le cancer du sein. Jazz y va pour rire et parce que pas grand-chose ne l'arrête, et, contre toute attente, elle est sélectionnée pour tenir le rôle très convoité de Lizzy. Mais les choses tournent rapidement assez mal : Lizzy s'entend très mal avec Harry, sa soeur aînée, Georgia, qui a obtenu le rôle de Jane, a des peines de coeur, sa meilleure amie et colocataire, Mo, tombe amoureuse d'un homme insupportable et le mariage si parfait de Josie vole en éclat. Il ne manque plus que les tabloids et le désastre serait total. Ah, mais les voilà qui pointent le bout de leur appareil photo...
Disons les choses sans détour, chers happy few, j'ai adoré ce roman dont j'ai corné une page sur deux. L'utilisation du roman de Jane Austen est très maline même si le décalque est transparent (les personnages tenant le même rôle dans la pièce que dans leur vie) mais le va-et-vient constant entre la pièce (qui est donc déjà une rééciture du roman) et l'intrigue à proprement parler est fort bien pensé. J'ai notamment beaucoup aimé la transposition de l'épisode de Pemberton, reconverti ici en théâtre dans lequel Jazz va voir Harry jouer une pièce seul en scène et où elle se dit en le regardant enlever sa chemise : "I could have been mistress of that" ou encore l'épisode final avec Wickham. Le personnage de Jazz est hilarant et son humour à tout épreuve et sa répartie ne sont jamais ternis par son évolution psychologique. D'une manière générale, on a beau savoir où tout cela s'en va, puisque les personnages vont connaître les mêmes tourments que ceux de Jane Austen, on n'en est pas moins happé dans ce récit, certainement grâce à des dialogues bloody brillant, une excellente utilisation de faits extrêmement modernes comme la presse et le show biz et une grande justesse dans les rapports entre les personnages, notamment les personnages féminins (l'évolution de la relation entre Jazz et Mo, dont le rapport change à cause de l'arrivée d'un homme complètement crétin et terriblement fat est juste parfaite). Highly enjoyable and witty. Loved it.
(Inutile de dire que je veux lire Persuading Annie maintenant.) (La chair est faible, hélas, et j'aime Jane Austen.)
Le billet de Karine
Challenge Lu en VO
39
18:20 Écrit par fashion dans Challenge Lu en VO, Littérature anglo-saxonne, Romance | Lien permanent | Commentaires (18) | Envoyer cette note | Tags : j'aurais pu écrire le passage au théâtre, c'est exactement ce que j'ai ressenti en voyant, david tennant sur scène, "he was intoxicating", (oui, un tag, miracle !)
02.10.2011
"Even if we don't have the power to choose where we come from, we can still choose where we go from there."
Mardi dernier, chers happy few, alors que je lisais les Top Ten Tuesday des blogueurs américains consacré à ces livres qu'on a envie de relire, j'ai découvert qu'un titre revenait fréquemment sous la plume de blogueuses aux goûts aussi divers que variés. Intriguée (je n'avais jamais entendu parler de ce roman), j'ai fait une vague recherche afin de voir de quoi il était question et je l'ai commandé, parce que je suis comme ça, toute de wilditude (et qu'on ne dise pas que le net nuit à l'achat compulsif et à la découverte inattendue, la preuve). Le roman en question est

The perks of being a wallflower de Stephen Chbosky (1999, 232 pages), que l'on pourrait traduire approximativement par "Des avantages à faire tapisserie", sorti en français en 2008 sous le titre moins poétique et plus direct de Pas raccord (Sarbacane, collection Exprim', traduction de Blandine Longre).
Ce roman est un véritable best-seller aux Etats-Unis, où il a été réédité une vingtaine de fois et vendu à plus d'un million d'exemplaires. Stephen Chbosky, dont c'est le premier roman, en a aussi signé une adaptation ciné (avec Logan Lerman, que l'on voit partout depuis Percy Jackson et Emma Watson, qu'on ne présente plus) qui sortira en 2012.
Sur le fond, The perks of being a wallflower n'a rien de bien original : Charlie est en première année de lycée, il a 15 ans et c'est un garçon étrange qui a beaucoup de difficultés à relationner avec les autres. Il aime lire, observer le monde qui l'entoure et il est très passif, cette passivité se transformant parfois en agressivité incontrôlable. En début d'année, son professeur de littérature, sentant son potentiel, lui donne des devoirs supplémentaires et lui fait lire des ouvrages "initiatiques" (en commençant par Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur et en terminant par Hamlet) et Charlie se lie d'amitié pour la première fois avec un élève de dernière année, Patrick, et sa soeur, Sam, dont il tombe amoureux.
C'est dans sa forme qu'il faut certainement chercher ce qui a assuré à ce roman un engouement aussi durable. Charlie écrit à un destinataire inconnu, un garçon qu'il ne connaît pas mais dont il a entendu parler en bien et la forme épistolaire univoque ajoute une tension certaine au récit (Charlie explique à la fin qu'il ne voulait pas tenir un journal de peur que ses parents ne tombent dessus) et ajoute une formalité qui permet à Charlie d'adopter un style à la fois naïf et travaillé, car il écrit plus pour quelqu'un que pour lui-même. Le roman est du coup extrêmement bien construit et n'a de spontané que l'apparence, chaque événement raconté par Charlie faisant finalement sens à la manière d'un puzzle. Il y a des reprises mais jamais de redites, ce qui contribue à la tension dramatique (car Charlie a évidemment un secret, que le lecteur adulte comprend très rapidement), et le style, faussement simple, m'a enchantée. C'est un roman mélancolique et émouvant, pourtant étrangement optimiste, sur un adolescent qui ne savait pas qu'il cherchait sa place dans le monde qui l'entoure et qui finit par la trouver. Et si aucun des thèmes inhérents au roman de fin d'adolescence (les questionnements existentiels, la découverte de la sexualité, la drogue, le rapport au groupe, la musique et la littérature comme ouvertures et réponses à des questions que l'on verbalise mal, la place dans la famille...) ne manque à l'appel, leur traitement et le ton employé font de ce roman un des meilleurs dans son genre. We were infinite, chers happy few.
Challenge Lu en VO
38
17:05 Écrit par fashion dans Challenge Lu en VO, Jeunesse, Littérature anglo-saxonne | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note
29.09.2011
"Hearts aren't eggs. More like rubber balls. The harder you chuck 'em the higher they bounce back."
Life is full of surprises. (Oui, c'est le retour du billet bilingue, inutile de me remercier, c'est une conséquence de mon infinie générosité.) (I've read so much novels in english these past few days, I've started to dream in english, what the fuck is that, really ?)
L'autre jour, sur un blog américain (je ne sais plus lequel, atteinte que je suis parfois d'un Alzheimer précoce), j'ai lu dans les commentaires (oui, je suis comme ça, a thorough girl, je lis tout) que
Lions and liquorice (1995, 277 pages, réédité en 2005 sous le titre Vanity and Vexation, que je préfère) était une variation autour d'Orgueil et Préjugés. (Un jour, j'arrêterai d'être obsédée par ce roman, promis. Et de boire du café. Et de fantasmer sur David Tennant. Et d'acheter des robes.)
Je partage alors cette information ca-pi-ta-le avec mes copines blogueuses austeniennes (nous sommes une secte, parfaitement) et quelques secondes plus tard, Cuné me dit : "Trouvé et acheté" (bientôt suivie par Yueyin, Karine et Pimpi, am I a blogueuse influentateuse or what, je fais acheter des bouquins que je n'ai même pas lus, how incredible is that ?). Et Cuné, cette déesse, me l'a ensuite prêté car décidément les blogueuses sont merveilleuses.
(Oui, le pitch arrive.)
(Le voilà.)
(Au fond du couloir.)
(Tant que ce n'est pas au fond de la bouteille.)
La tranquillité d'un petit village du Yorkshire est perturbée par l'arrivée d'une équipe de télévision qui vient filmer les scènes d'extérieur d'une série en quatre épisodes, l'adaptation d'Orgueil et préjugés. Les membres de l'équipe et les autochtones vont se mêler et rejouer à leur manière le roman de Jane Austen : Nicholas Llewellyn Bevan, un auteur de thrillers en mal d'inspiration, divorcé et gallois et son pote John, menuisier et veuf étant respectivement Lizzy et Jane ; Mary Hamilton, la réalisatrice arrogante et brillante et Candia Mayhem, son actrice principale endossant les rôles de Darcy et Bingley. Nick décide alors d'écrire une variation du roman en s'inspirant de la réalité, jusqu'à ce que cette dernière le rattrape.
Oh le roman ultra malin que voilà, chers happy few ! Bourré de références (et pas seulement à Orgueil et préjugés, j'ai relevé des phrases empruntées à Lewis Carroll, Shakespeare et d'autres), il joue avec habileté sur la trame du roman de Jane Austen dont il reprend les grandes lignes (inutile de dire qu'il vaut mieux avoir lu le roman originel pour apprécier cette variation) et sur les caractères des personnages. Mais ce jeu permanent n'est pas un simple exercice de style (même si un élément de la fin m'a paru un peu plaqué pour coller à une rebondissement important d'Orgueil et préjugés) : Kate Fenton n'oublie pas de raconter une histoire pleine de rebondissements et surtout d'humour. Elle a su tirer parti de la modernité du cadre (les couples se font très vite et ont des précoccupations bien contemporaines) et camper des personnages très attachants (je suis in love de Nick, que j'ai imaginé tout du long sous les traits d'un acteur écossais au nez pointu) (don't say anything, I know). Un roman pétillant, fin et drôle, qui mériterait d'être traduit.
Le billet de Cuné

Challenge Lu en VO
37
06:00 Écrit par fashion dans Challenge Lu en VO, Littérature anglo-saxonne, Romance | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note