06.09.2010

Fate goes ever as fate must

Comme vous avez pu le constater depuis le temps que nous nous fréquentons, chers happy few, je suis toujours à la pointe de l'actualité littéraire, la preuve, je viens de passer deux jours en compagnie d'un fier guerrier dont l'histoire a été rédigée entre le milieu du VIIème et la fin du Xème siècles (car oui, j'aime les auteurs morts, ça évite que leur malheureux ego se sente malmené par mes modestes billets et qu'ils ne m'envoient des mails pleurnichards) :

 

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Beowulf.

 

Premier poème épique britannique (parce qu'il est écrit en anglo-saxon), long de plus de trois mille vers, Beowulf raconte comment le héros éponyme, valeureux héros appartenant au peuple des Geats, tribu du sud de la Suède, a pris la mer avec quelques hommes afin d'aider le roi danois Hrothgar à se débarrasser d'un monstre mangeur d'hommes, Grendel, qui semait la terreur depuis quelque temps. Beowulf vainc Grendel assez facilement (on est héros ou on ne l'est pas) pour découvrir que le monstre avait une mère, qui, peu contente du sort réservé à sa progéniture, a décidé de se venger. Comme rien n'arrête un guerrier loyal à sa parole, Beowulf combat la mère, rentre chez lui couvert de gloire et règne sur les Geats pendant cinquante ans, jusqu'à ce qu'un dragon dévaste ses terres et qu'il reprenne du service.

 

J'ai eu envie de lire Beowulf suite aux discussions échevelées que ce poème médiéval a suscité entre Isil et Yueyin, qui l'ont lu pour le Challenge Tolkien (c'est grâce à lui que ce poème est devenu autre chose qu'une base d'étude philologique et on retrouve quelques éléments de l'histoire dans Le seigneur des anneaux), et bien m'en a pris, chers happy few, tant j'ai été conquise non pas tant par l'histoire, très classique, que par l'atmosphère très particulière de ce long poème, à la mélancolie presque élégiaque et par la fabuleuse traduction de Seamus Heaney. Ce dernier a en effet fait le choix de restituer la forme poétique de l'original (présent dans cette version bilingue, mais je ne parle hélas pas un mot d'anglo-saxon, même si je me suis amusée à retrouver quelques mots) : la version en anglais moderne est rédigée en vers d'une incroyable beauté qui ne sont peut-être pas toujours totalement fidèles à l'original (Heaney s'en excuse dans les remerciements) mais qui sont d'une brillante musicalité. J'ai été totalement conquise par l'adaptation de ce long poème à la gloire d'un héros vertueux et loyal, qui voit son monde s'écrouler après cinquante ans de paix, chers happy few.

 

Beowulf, A new verse translation by Seamus Heaney, édition bilingue (anglo-saxon/anglais), Norton, 2000.

 

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22.08.2010

"You still pissed at me ? -No more than usual."

heat wave.jpgUn magnat de l'immobilier, Matthew Starr, est assassiné, précipité du balcon de son appartement au sixième étage d'un immeuble chic de Manhattan. Alors qu'une vague de chaleur sans précédent s'est abattue sur New York, l'inspectrice Nikki Heat et ses deux adjoints, Raley et Ochoa (que tout le monde appelle Roach parce qu'ils sont inséparables) mènent l'enquête, suivis par Jameson Rook, grand reporter, qui prépare un article sur le fonctionnement d'une brigade anti-criminelle. Un deuxième meurtre succède au premier, les suspects se multiplient, les secrets se dévoilent, Heat est agressée et elle éprouve une attraction qui l'inquiète pour Rook. L'été est chaud.

 

Non, vous ne rêvez pas, chers happy few, Heat wave est bien le roman que Richard Castle est censé écrire durant la première saison de Castle, la série policière dont j'ai parlé ici avec quelques trémolos dans le clavier (bien involontaires évidemment). Il se présente comme tous les polars américains : un hardcover sous jaquette avec photo de l'auteur, Castle (Nathan Fillion, donc) sur la quatrième de couverture et "praises" de Patterson et Cannell, qui sont les partenaires de poker de Castle dans la série et je dois bien avouer que comme je suis faible, je trouve l'idée parfaitement séduisante, d'autant qu'elle a été exploitée jusqu'au bout, Nathan Fillion ayant assuré des séances de dédicaces dans quelques librairies (même si je ne suis évidemment pas dupe une seule seconde : ce roman est avant tout un produit marketing, au même titre que tous les produits dérivés du monde) (mais j'aime autant avoir un roman dédicacé par Castle dans ma bibliothèque qu'un mug avec sa photo) (oui, je sais, personne ne me croit, et à juste titre, puisque je possède un mug Firefly depuis des années, vous pouvez me fouetter, chers happy few, je le mérite).

 

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Couinons, mes soeurs, couinons.

 

Voilà donc un roman qui se lit à plusieurs niveaux : c'est un polar correctement ficelé pour ceux qui n'auraient jamais vu la série (même si ces lecteurs ne sont à mon avis pas la cible visée) et c'est un excellent divertissement pour les amateurs des aventures de Castle et Beckett. Outre une intrigue qui ressemble fort à un bon scénario (rebondissements crédibles, un bon nombre de suspects, quelques scènes "spectaculaires" comme l'agression de Heat ou une course poursuite) et des dialogues extrêmement jouissifs (qui me donnent l'impression que les auteurs, pour l'instant tenus secrets, sont tout simplement les scénaristes de la série), on retrouve le couple Castle/Beckett de manière déformée dans celui formé par Rook/Heat. Castle se met en scène sous les traits d'un baroudeur séduisant et viril qui n'abandonne jamais sa "coolitude", ce qui en dit long sur son ego, et a transformé Bekett en bombe dangereuse, qui pratique les arts martiaux, les blagues à deux balles et le french kiss avec le même talent. Ce décalage entre les personnages de la série et ceux du roman m'a beaucoup plu, d'abord parce qu'on a l'impression d'avoir assisté au processus de création et de comprendre de quelle manière Beckett a inspiré Castle (dont l'alter ego est beaucoup moins présent dans le roman, le personnage principal étant vraiment Heat, dont nous suivons les faits et gestes et les pensées), et ensuite parce qu'il permet de manière paradoxale de mieux comprendre Castle, qui a mis dans son roman une bonne part de fantasmes (Heat et Rook entament une liaison dès la page 105) mais aussi de faits "réels" (comme les parties de poker, le temps infini que passe Beckett devant le tableau blanc, ses talents d'interrogatrice...). Je me suis régalée, chers happy few : autant dire que j'attends avec impatience la sortie du deuxième, Naked Heat, qui est annoncé pour novembre. L'hiver sera chaud.

 

Richard Castle, Heat wave, Hyperion, 208 pages, 2010.

 

Le billet de Nataka, ma comparse en fillioneries.

 

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18.08.2010

The last man in the world

the last man....jpgSouvenez-vous, chers happy few, dans Orgueil et préjugés, quand Darcy demande Elizabeth en mariage pour la première fois, elle lui répond qu'elle ne l'épouserait pour rien au monde, même s'il était le dernier homme sur la terre. Et si elle n'avait jamais pu refuser cette demande ? Et si, compromise par un baiser volé en public (!), elle avait été contrainte d'épouser cet homme qu'elle n'aime pas et voir sa vie prendre un tout autre tournant ?

 

Comme vous le savez tous, chers happy few, je suis une lectrice profonde qui n'aime rien tant que les challenges intellectuels de haute volée mais comme on ne peut pas toujours passer son temps à lire Kant en moldave et à expliquer l'usage du point virgule dans Le colonel Chabert, il m'arrive parfois d'avoir envie de superficialité et de légèreté, oui, je sais, c'est très mal, il paraîtrait même qu'on peut m'entendre couiner le soir au fond des bois, mais rien n'est sûr. Voilà pourquoi j'avais demandé à Karine, pour la deuxième édition du swap au long cours, de bien vouloir avoir l'obligeance et l'amabilité de me faire découvrir quelques variations autour du roman de Jane Austen, parce qu'on a toujours besoin d'un peu de Darcy dans sa vie.

 

Et le moins que l'on puisse dire, c'est que je n'ai pas aimé ce roman, chers happy few. Le postulat de départ n'est absolument pas convaincant, pour la bonne et simple raison que Lizzie ne peut pas accepter cette demande. Abigail Reynolds trouve donc un subterfuge et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il n'est pas très malin : comment imaginer un seul instant que Darcy embrasse Elizabeth ? Et devant témoins en plus. Je n'avais pas lu six pages que j'étais déjà plus qu'agacée et cet agacement est allé croissant : Elizabeth ne dit rien à personne pour protéger la réputation de ses soeurs (hum), devient d'une passivité confondante (on y croit) et semble perdre en route une partie de son cerveau (exit la jeune fille intelligente et mordante, welcome une espèce d'oie qui dit "oui, mon époux" à tout ce que dit Darcy). Du côté de l'histoire, Reynolds a replacé des morceaux du roman d'Austen de manière maladroite (l'enlèvement de Lydia, par exemple) et a inventé des péripéties dignes d'un harlequin : Darcy est blessé, ce qui permet à Elizabeth de cristalliser, mais sous l'effet de la morphine il se révèle odieux et elle se mure dans son chagrin intérieur la pauvrette, ce qui retarde l'aveu de leur amour mutuel, que c'est terrible. Le plus risible est certainement la partie concernant les scènes au lit, les réactions d'Elizabeth étant tout droit sorties d'un roman sentimental historique (mais pas un J'ai lu passion intense, hein, faut pas exagérer). Des personnages qui n'ont plus rien à voir avec les originaux, un style ampoulé (qui se veut je suppose une tentative pour imiter celui d'Austen, pauvre d'elle), une histoire qui m'a fait bailler à plusieurs reprises... Vous l'aurez compris, chers happy few, je ne recommande pas.

 

Abigail Reynolds, Mr Fitzwilliam Darcy, The last man in the world, Sourcebooks landmark, 248 pages, 2010 pour la réédition, 2006 pour la première parution.

 

Le billet de Pimpi, très enthousiaste.

 

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09.08.2010

The devil take it

Attention : ce billet
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Et écossais.
Of course.
 

 

be still bla bla bla.jpgAngus MacKay, écossais (avec un nom pareil, il aurait été étonnant qu'il soit chinois, hein) et directeur de l'agence de sécurité MacKay, est un vampire depuis plus de 500 ans. Et comme les habitudes ont la vie dure, il ne sort jamais sans son kilt, son sporran (ne pas confondre avec un sac à main, ça le fâche tout rouge) et sa claymore (vous savez, la grande épée que portaient les guerriers écossais dans le dos du temps où il était normal de voir de braves guerriers roux et très musclés se balader dans les Highlands en murmurant "Il ne doit en rester qu'un" ou un truc approchant, genre "Il me faut un whiskey tout de suite"), ce qui le rend pour le moins discret quand il se balade dans les rues de Manhattan. C'est là qu'il fait la connaissance d'Emma Wallace, une sublime brunette qui fait immédiatement chavirer son coeur de vampire (car les vampires ont un coeur qui bat chez Kerrelyn Sparks, il est même tout mou, contrairement à d'autres parties de leur anatomie mais j'anticipe, chers happy few, c'est toute cette testostérone qui me monte à la tête, my bad) mais hélas Ménélas, Emma est une tueuse, ce qui, vous l'avouerez aisément, chers happy few, est totalement inattendu et complètement nouveau. Et comme c'est une tueuse avec un lourd passé et une imagination limitée, elle croit, bêtement, que tous les vampires sont des bêtes féroces et sanguinaires qui n'en ont qu'après les pauvres femmes qui font leur jogging à Central Park (en même temps, faire volontairement du sport ne peut qu'attirer ce genre de châtiment, je dis ça, je dis rien). Or il n'en est rien ; les vampires ne sont pas tous méchamment surdotés des canines et certains ont voué leur vie à la protection des faibles humains qui ignorent tout du terrible drame qui se joue dans les limbes de la nuit (oui, j'écris n'importe quoi, c'est la fameuse influence harlequine bien connue de certains).

 

Bref. Je me rends bien compte que je me suis égarée en tentant de résumer ce chef d'oeuvre harlequinesque, chers happy few, je vais tenter de me ressaisir, je vous le promets, mais il faut dire que voir Angus lever son kilt systématiquement après chaque téléportation (un des dons vampiresques sparkiens, c'est très pratique) pour vérifier que rien ne s'est perdu en cours de route peut provoquer même chez la plus convaincue des lectrices des crises de fous rires inextinguibles qui nuisent à sa concentration, la preuve. Où en étais-je ? Ah oui, la tueuse veut donc tuer le vampire (ben oui, elle a une fiche de poste, elle s'y tient) qui n'a de cesse de lui prouver qu'il est bon comme du whiskey single malt et qu'il ne veut que son plaisir, car le guerrier écossais de 500 ans est comme ça, toujours prêt à faire grimper sa dulcinée aux rideaux en employant tous les moyens possibles (dans la limite de l'imagination harlequine, qui, comme nous l'avons prouvé l'année dernière, chers hapy few, est pour le moins répétitive et peu imaginative, mais ce n'est pas grave, la tueuse n'est pas difficile, c'est là son moindre défaut). Et comme elle est têtue comme une mule et un peu idiote, Emma met quasiment 400 pages à comprendre que ce fier guerrier chevaleresque est l'homme idéal malgré son état de non-vivant (mais bon, personne n'est parfait et il compense par un accent écossais "verra" sexy et un talent certain pour le vampire sex, une variante peu connue mais beaucoup plus efficace du sexe par téléphone, moi je dis qu'il faut savoir faire des concessions dans la vie).

 

J'ai l'air de faire du mauvais esprit (ce qui est si peu dans ma manière) mais Be still my vampire heart est un roman que j'ai malgré tout lu avec plaisir : l'intrigue (il y en a une, si, si) est sans intérêt, les personnages sont des clichés ambulants mais l'humour omniprésent sauve le tout et permet à cette lecture de remplir haut la main son contrat ; les Harlequinades ont enfin commencé pour moi, chers happy few, et, non, contrairement à ce que certaines mauvaises langues ont pu laisser entendre, je ne suis pas en grève de blog. Je suis juste en vacances. (Qui a dit "Encore ?" Il y a des Harlequins qui se perdent, méfiez-vous.)

 

Kerrelyn Sparks, Be still my vampire heart, Avon romance, 372 pages, 2007

 

Les billets de The Bursar, par qui tout est arrivé, et de Pimpi, qui a lu les autres volumes de la série (car c'en est une, Love at stake).

Et merci Stéphanie qui avait tellement envie de lire ce roman, qu'elle en a par mégarde acheté deux. C'est beau l'enthousiasme.

 

PS : le logo de très bon goût est évidemment d'Isil, who else ?

 

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24.07.2010

Have you lost any weight on this diet ? - No. I gained a couple but I think it's water retention.

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Vinnie Plum, directeur de l'agence de recouvrement de caution pour laquelle travaille Stephanie Plum, et accessoirement son cousin aux moeurs peu délicates, est enlevé par son bookmaker à qui il doit une fort jolie somme. Même si elle ne l'aime pas plus que ça, Stephanie décide d'aller à sa rescousse (la famille c'est sacré), aidée par Connie et Lula. Mais il s'avère rapidement que d'autres intérêts qu'une simple dette de jeu sont à l'oeuvre et nos trois drôles de dames sont entraînées dans une histoire pleine de rebondissements et de coups tordus.

 

Le mois de juin a apporté avec lui comme chaque année l'Evanovich nouveau, chers happy few, et comme chaque année, je n'ai pas résisté à l'appel de Ranger et Morelli, demandant pour l'occasion à Karine de me le rapporter de Montréal, WH Smith ayant décidé cette année, pour des raisons qui gagnent à mon avis à rester obscures, de ne pas commander la version hardcover. Je me suis plongée dans cette lecture avec délectation (j'avais trouvé le quinzième drôlatique) mais hélas, trois fois hélas, pour la première fois depuis que j'ai découvert cette série il y a plus de dix ans, la sauce n'a pas pris. Je n'aurais jamais cru écrire ça un jour, chers happy few, mais j'ai été déçue par ce seizième opus (et ça me coûte d'écrire ça, vous pouvez me croire). Enonçons rapidement ce qui m'a chagrinée : une histoire encore moins dense que d'habitude dont la loufoquerie sonne faux (la lucky bottle est mal exploitée notamment), des situations répétitives (Vinnie disparaît deux fois de suite, Connie fabrique un peu trop de bombes puantes) et surtout une construction narrative qui finit par virer au système (les histoires de FTA s'entrelacent très mal cette fois-ci). Si on ajoute à cela des personnages définitivement englués dans une histoire dont ils ne sortent pas (le faux triangle amoureux Ranger/Stephanie/Morelli) et donc privés de toute évolution psychologique, on obtient un roman raté, chers happy few, qui malgré quelques bons moments (Lula est vraiment un excellent personnage et la réapparition de Mooner en organisateur de réunion de hobbits est assez drôle) peine à faire sourire la lectrice pourtant conquise d'avance. Laissons le bénéfice du doute à Janet, chers happy few (je ne peux pas brûler ce que j'ai tant aimé) et espérons juste que le prochain opus sera meilleur.

 

Janet Evanovich, Sizzling sixteen, Headline review, 320 pages, 2010.

 

PS : après des années d'atermoiement (les droits ont été vendus il y a plus de 10 ans), le tournage de l'adaptation cinématographique a commencé il y a quelques jours, avec Katherine Heigl dans le rôle de Stephanie Plum. Couinerons-nous, chers happy few ? Wait and see, comme disait le poète moldave, qui décidément avait réponse à tout.

 

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23.06.2010

Love from one side hurts, but love from two sides heals

silver borne.jpgMercy a (encore) des ennuis : Phin, le propriétaire d'une petite librairie lui a prêté un livre qui suscite la convoitise d'une reine des fées, qui, prête à tout pour le récupérer, enlève le jeune Gabriel. Mercy, confrontée à la trahison d'un des loups d'Adam qui tente de saper sa position dans la meute et au changement de Samuel dont le loup semble avoir pris le pas sur l'homme, doit retrouver le jeune homme avant qu'il ne soit trop tard. Etre une changeuse mécanicienne n'est décidément pas de tout repos...

 

Cinquième volet des aventures de Mercy Thompson (pour ceux qui auraient loupé un épisode, mes billets sur les tomes précédents sont ici, ici et ici), Silver Borne confirme à la fois tout le bien que je pense de cette série, certainement l'une des meilleures de fantasy urbaine en ce moment, et la capacité qu'a Patricia Briggs à alimenter de manière fine et passionnante le monde qu'elle a créé et à faire évoluer ses personnages. En effet, si ce volume est moins riche en aventures et en rebondissements que les précédents, il est capital dans la relation qui unit Mercy à Adam, l'Alpha de la meute des Tri-Cities. Depuis qu'elle a pleinement accepté d'être sa compagne, Mercy, qui est une femme très indépendante, a du mal à accepter l'omniprésence de la meute dans laquelle elle se retrouve partie prenante, et il faudra des circonstances difficiles et la rupture du lien mental qui l'unit à Adam pour qu'elle comprenne et accepte cette famille, elle que le statut de changeuse a toujours tenu à l'écart du reste du monde, humains ou loups-garous. Cette histoire, qui donne toute sa place à Mercy au sein d'une meute divisée, est donc fondamentale pour la suite des événements et on en apprend plus sur le monde des fae, que décidément je trouve excellemment investi dans cette série, et sur Samuel, qui trouve un remède à la fois évident et inattendu à sa profonde dépression. Un très bon volume de transition, chers happy few. Vivement la suite.

 

Patricia Briggs, Silver Borne, orbit, 342 pages, 2010

 

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PS : le titre de ce billet est emprunté au grand William (who else ?) dont je redécouvre Romeo et Juliette. Et je couine, vous pouvez me croire sur parole.

 

 

17.06.2010

Make a wish

617DZHDDAHL__SL500_AA300_.jpgLors d'une visite au British Museum avec Mickey et Jackie, Rose et le Docteur découvrent, médusés, une sculpture de la déesse Fortune, vieille de plus de 2000 ans, et représentant... Rose. Intrigués et plutôt excités par la découverte, ils décident de se rendre dans la Rome antique afin de comprendre comment cette statue a atterri au département des antiquités romaines. Ils se retrouvent entraînés dans une aventure qui leur fera rencontrer un sculpteur fou, Vanessa, une jeune fille qui vient elle aussi du futur et... un génie.

 

Il y a quinze jours, chers happy few, lors de ma dernière escapade londonienne, j'ai trouvé le temps de faire un saut de puce chez Forbidden Planet, antre de toutes les tentations, et je suis tombée sur un coffret d'audiobooks Doctor Who auquel je n'ai décemment pas pu résister (pensez donc, trois romans lus par David Tennant et un par Anthony Head, c'était trop pour mon petit coeur tout mou). J'ai profité de cet achat pour enfin acquérir un lecteur mp3 (oui, j'étais la seule à l'ouest du Pecos à ne pas en posséder un, my bad), et après bien des déboires (ne dites rien, je sais), j'ai réussi à y transférer The Stone Rose, ce qui a agréablement occupé mes trajets de métro pendant presque deux jours. Je dois dire que quand la sublime et douce voix de David me raconte une histoire, le trajet passe étrangement beaucoup plus vite, j'ai même failli louper ma station d'arrivée, oups.

 

The Stone Rose est ma deuxième expérience d'audiobook, chers happy few, et je ne saurai que recommander chaleureusement cet épisode. Non seulement la lecture de David Tennant est comme d'habitude excellente (il arrive à reproduire l'accent et le phrasé de Mickey et de Jackie ce qui est une gageure et le résultat est assez hallucinant et sa lecture des dialogues attribués au génie est proprement géniale) mais l'histoire est formidable, une des meilleures des romans DW que j'ai lus jusqu'à présent. Voir le Docteur en tenue romaine et caligae, le tournevis sonique à la ceinture chercher désespérément une Rose transformée en statue et se retrouver dans le Colisée à se battre contre des fauves, s'est avéré particulièrement jouissif (non, je ne suis pas perverse, chers happy few, je suis juste un peu... bizarre). L'intrigue se tient parfaitement et utilise excellement le paradoxe temporel et ses conséquences, la relation entre le Docteur et Rose est très émouvante (je suis en train de penser que si ces romans peuvent être lus totalement indépendamment de la série, ils ajoutent quand même pas mal à la psychologie des personnages) et de nombreux passages sont plutôt drôles. Un très bon opus, disponible aussi en version papier (la version audio est abrégée mais je ne sais pas de combien de pages).

 

Jacqueline Rayner, The Stone Rose, BBC audio, 2006, lu par David Tennant, 2 CD, 2 h 30, avec en bonus une interview de l'auteur qui explique sa méthode de travail et les différences d'écriture induites par le changement d'acteur (elle a écrit aussi un roman mettant en scène le neuvième Docteur).

 

Jacqueline Rayner, The Stone Rose, BBC books, 2006, 256 pages

 

 

Ce billet est garanti 100%

 

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Mais ça, vous vous en étiez déjà rendu compte, perspicaces happy few.
(Le logo est toujours d'Isil, qui est très talentueuse.
Et très inspirée.
Comme vous pourrez le voir dans les jours à venir.)
 
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