02.10.2009

"Il y a souvent une nette tendance à la nostalgie chez les Nathalie"

la délicatesse.jpgNathalie et François s'aiment depuis sept ans. Sept ans d'un bonheur conjugal sans effort et sans nuage, tant ces deux-là semblent s'être accordés le plus naturellement du monde dès le premier regard. Oui, mais voilà, un dimanche, alors que Nathalie est en train de lire un roman russe, François, parti courir, est renversé par une voiture. Veuve, Nathalie s'enferme dans le travail et refuse d'envisager de refaire sa vie. Jusqu'au jour où, pour une sombre histoire de moquette et de talons aiguilles, elle embrasse, presque par inadvertance, un de ses jeunes subalternes, Markus...

 

La délicatesse est sans conteste le plus abouti des romans de David Foenkinos (chouchoutisé depuis longtemps par sa vestale attitrée) que j'ai lus, chers happy few. Sur un sujet grave et plus profond qu'il n'en a l'air, Foenkinos bâtit une intrigue aérienne pleine de trouvailles. Si son sens de la formule en agace plus d'un, je l'aime pour ma part de plus en plus, parce que je trouve qu'il sait se faire oublier, se diluer dans une narration toute en finesse, servie par une construction ludique qui m'a beaucoup plu. En effet, entre les chapitres se sont glissées de toutes petites notules qui dressent des listes (les trois romans préférés de Nathalie, des résultats de football...), des recettes de cuisine, des informations pratiques (distance entre Paris et Moscou, date de sortie d'Un homme qui me plaît de Claude Lelouch...), des extraits de films, de pièces de théâtre ou de chansons, des notices de médicament, autant d'intermèdes en rapport complet avec l'histoire, qui l'allègent et la densifient à la fois (si, si, c'est possible, la preuve). Il y a beaucoup de fantaisie dans ce roman où on démantèle un trafic de mozzarella, où on lit Cioran dans le RER et des auteurs russes moins connus que Tourgueniev et où, grâce à un Suédois entêté et charmant, une jeune femme réapprend à vivre. Délicieux et léger comme un feuilleté surmonté d'un peu de crème.

 

David Foenkinos, La délicatesse, Gallimard, 2009, 201 pages inventives avec quelques notes en bas et 117 chapitres, comme dans un jeu d'enfant.

Le billet de Caro[line] (merci pour le prêt).

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15.09.2009

Ecrire était une chose merveilleuse...

ravalec.jpgEn 1995, Vincent Ravalec, à l'époque estampillé "jeune auteur très prometteur" avait écrit une espèce d'essai sur la condition d'auteur où il racontait la façon dont le succès lui était tombé dessus (il a reçu le premier Prix de Flore pour Cantique de la Racaille), les paillettes, le showbiz, les filles (ou leur absence) et tout le reste. Il a repris le texte initial, l'a légèrement revu et lui a ajouté 80 pages, intitulées Le Retour de l'auteur, sur son expérience d'écrivain avec plus de 10 ans de recul et 37 romans à son actif.

 

C'est Cuné, monsieur le juge, qui a mis cet ouvrage entre mes blanches mains, je plaide non-coupable donc pour cet ajout PALesque, qui n'a en fait même pas eu vraiment le temps de coexister avec ses petits camarades tant je l'ai lu rapidement (qui a dit que c'était pour ne pas l'ajouter au terrible nombre à trois chiffres qui constitue ma MTPAL ? méchantes langues sans coeur, vous mériteriez de subir mes cours d'héraldique, tiens, vous feriez moins les malins, non mais). Bref. J'ai lu il y a longtemps (l'année de sa sortie pour être tout à fait précise, ça ne nous rajeunit pas ma brave dame) Cantique de la racaille, et le style de ce Retour de l'auteur ne correspond pas du tout au souvenir que j'avais gardé du style de Ravalec. On est ici dans un récit au ton résolument léger, qui tient plus de la galéjade sans conséquence que de la satire corrosive. Si certains passages m'ont fait sourire, comme la description des manifestations provinciales autour du livre ou la visite des boîtes échangistes pour le magazine Couples, j'ai trouvé que l'ensemble manquait d'envergure et de mordant, et que la dernière partie, qui met en scène une société secrète autour du Livre, n'était pas assez fantaisiste. Un ouvrage inabouti sur un sujet qui aurait à mon sens mérité nettement plus de drôlerie.

 

Vincent Ravalec, Le Retour de l'auteur, Le dilettante, 250 pages, septembre 2009

Les billets de Cuné, la tentatrice et de Martine, déçue.   

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11.09.2009

"Oui, l'espace d'un instant, j'ai été vraiment vivant"

loving frank.jpgEtats-Unis, 1907. Frank Lloyd Wright, architecte américain d'avant-garde, a une trentaine d'années quand il fait la connaissance de Mamah Bouton Borthwick, féministe et intellectuelle. Entre eux, c'est le coup de foudre, aussi bien spirituel que physique. Malgré le poids de la société puritaine, ils décident de vivre leur amour au grand jour et d'afficher leur liaison, abandonnant leurs conjoints respectifs et leurs enfants. Livrés à la vindicte populaire, traînés dans la boue par une presse déchaînée, ils vivront leur amour envers et contre tout...

 

Inspiré d'une histoire vraie, la liaison scandaleuse de Frank et Mamah au début du XXè siècle, Loving Frank est un roman émouvant et dense tout entier tendu vers un dénouement terriblement tragique. J'ai été très touchée par le destin de Mamah, une femme qui paie au prix fort sa trop grande avance sur son temps. Féministe, militante pour les droits de la femme (notamment le droit de vote), intellectuelle, cultivée, elle finit par épouser tardivement un homme avec qui elle ne partage rien. Edwin l'idolâtre et lui fournit tout ce qu'il lui faut sur un plan matériel mais la rencontre avec Frank lui fait prendre brutalement conscience de tout ce qui lui manque. C'est avec beaucoup de réticences et après avoir soigneusement pesé le pour et le contre que les deux amants décident de quitter leurs familles respectives et rien ne sera facile pour eux. Nancy Horan ne trace pas un tableau idyllique de cette passion qui leur fait renoncer aux enfants (si Frank peut voir les siens, sa femme ayant décidé de lui refuser le divorce et de faire comme si de rien n'était, Mamah ne peut prétendre à aucun droit sur les siens puisqu'elle est la femme adultère), à leur statut social (ils vivent en parias, reniés par tous), au travail de Frank (plus de commandes pour celui qui défraie la chronique)... Ils connaîtront les doutes, la culpabilité, les remords mais aussi un amour qui ne sera miraculeusement pas rattrapé par la routine du quotidien. Un roman lucide et fort, qui fait mesurer à sa manière à quel point certaines femmes ont souffert et se sont battues pour que nous connaissions la liberté d'agir et de penser.

 

Nancy Horan, Loving Frank, Buchet Chastel, traduit de l'américain par Virginie Buhl, 539 pages, septembre 2009.

Les billets d'Amanda (qui renvoie vers un site consacré à Frank Lloyd Wright) et Cuné, conquises elles aussi.

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EDIT du 12/09 à 20h41 : le mystère de la couverture perdue...

Après enquête approfondie, il apparaît qu'amazon est le seul à proposer la couverture que j'ai trouvée. Pour les autres sites comme pour Buchet Chastel (et comme mon édition) la couverture est celle-ci :

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Encore un mystère aussi épais que la Critique de la Raison pure, chers happy few. Mais qui prouve, si besoin était, que j'étais en pleine possession de mes moyens quand j'ai écrit ce billet, malgré la semaine de folaïe, les réunions à gogo et les élèves. I need a Doctor. Badly.

09.09.2009

A Vatapuna

Parfois, chers happy few, la vie vous joue des tours.

Comme vous vous en souvenez peut-être, j'avais lu, pour le Prix Landerneau 2008, Et mon coeur transparent de Véronique Ovaldé, que j'avais détesté. Comme j'avais manifestement été l'une des rares dans ce cas, j'avais retenté l'expérience Ovaldé avec Déloger l'animal, qui était dans ma PAL grâce au Lotobook et que j'ai abandonné page 56. Je pensais alors que Véronique et moi étions définitivement en froid, ce qui, malheureusement, arrive parfois.

Et puis elle a sorti un nouveau roman. Je ne m'y suis du coup pas intéressée jusqu'à ce que je lise de jolies choses sur lui, ici et là, surtout ici d'ailleurs et surtout . Me voilà donc, presque malgré moi, en train de le feuilleter dans une librairie, et de me rendre compte au bout d'un quart d'heure que non seulement j'allais être en retard à mon rendez-vous, mais qu'en plus j'avais lu 40 pages, comme ça, d'une traite. J'ai alors demandé à Dame C. si elle voulait bien me prêter ce roman et me sauver ainsi de l'incertitude qui s'était abattue sur moi : pouvais-je vraiment aimer Ce que je sais de Vera Candida ?

La réponse est oui. Sans réserve.

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Vera Candida quitte la petite île de Vatapuna à 15 ans, enceinte d'un viol. Elle laisse derrière elle Rose, sa grand-mère, qui l'a élevée à la place d'une mère défaillante et maltraitante et la pauvreté d'une vie sans horizon. Elle se réfugie sur le continent où elle rencontre un journaliste, Itxaga, qui tombe éperdument amoureux d'elle...

 

Ce que je sais de Vera Candida est un roman à la fois tragique et enlevé, qui raconte le destin de trois femmes de la même famille dont l'existence a été bouleversée par un homme, Jeronimo, qui a un jour décidé que la cabane de Rose gênait sa vue. A cause de cette histoire de cabane Rose tombe enceinte et le cercle infernal de la fatalité s'abat sur sa fille, Violette, puis sur sa petite-fille, Vera Candida. Au-delà d'une histoire souvent bouleversante de femmes qui survivent comme elles peuvent dans une société aux mains des hommes qui imposent leur loi et brandissent leur désir comme un étendard, j'ai été conquise par un style enchanteur, d'une fluidité et d'une limpidité totale, dont les ruptures de ton sont d'une drôlerie souvent inattendue. On  croise dans les rues de Lahomeria, la ville imaginaire ou de Vatapuna, l'île où l'on finit toujours pas revenir, un homme qui se travestit et tente de sauver les filles abusées, une femme qui cache de bien vilains secrets, un journaliste idéaliste en vespa qui est le seul de toute la ville à porter un casque, une petite fille qui devient une femme en habits démodés, un fantôme, un trésor, un squelette de pendu et surtout, beaucoup d'amour. Un très beau roman, définitivement.

 

Véronique Ovaldé, Ce que je sais de Vera Candida, L'Olivier, 293 pages, août 2009.

Les billets d'Amanda et Cuné (thanx again!).

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03.09.2009

La fureur du dragon

eon.jpgEon se prépare pour la cérémonie qui, comme chaque année, permettra à un jeune garçon de 12 ans d'accéder au rang d'apprenti d'Oeil du Dragon Ascendant. Cette année est celle du Dragon Rat et le candidat choisi au terme d'un rituel aura 12 ans (un cycle) pour apprendre à maîtriser la puissance du dragon sous les ordres de l'Oeil du dragon, Sire Ido. Mais Eon a un secret : ce n'est pas un garçon de 12 ans mais une fille infirme de 16 ans. Or les femmes ont interdiction de participer au rituel mais son maître, persuadé de ses nombreux talents (elle a un pouvoir extrêmement rare, celui de voir réellement les 11 dragons) l'a entraînée et présentée. Mais les choses ne vont pas se dérouler comme prévu... 

 

Eon le douzième dragon d'Alison Goodman est un roman dans lequel Gallimard a manifestement beaucoup investi puisqu'il est publié simultanément dans une édition jeunesse (Gallimard jeunesse, donc) et une édition adulte (La Table Ronde, dont la couverture, qui figure en tête de ce billet, est très belle). Et autant dire que ce roman de fantasy, premier volet d'un dyptique (le volume 2 est annoncé pour 2010) justifie la confiance que son éditeur-traducteur a placé en lui, tant je l'ai trouvé bon!

Le monde dans lequel se déroule ce roman d'aventures initiatique sur fond de révélations personnelles et de luttes de pouvoir est très riche, empruntant à la fois aux mythologies chinoises et japonaises qu'Alison Goodman s'est très intelligemment appropriées. On y suit donc Eona, qui se fait passer depuis des années pour un garçon afin de pouvoir être choisie par le Dragon Rat, ce qui apporterait à son maître richesse et puissance. C'est un personnage intéressant parce qu'elle est obligée de cacher à tous sa véritable nature qui l'embarrasse parfois tellement qu'elle voudrait s'en débarrasser de manière définitive, ce qui conduit à une réflexion assez fine sur les rapports masculin/féminin, réflexion accentuée par la présence de deux personnages au sexe flou : Ryko, Homme Ombre (eunuque dopé pour garder une musculature de soldat) et Dame Dela, qui est un Contraire (elle a une âme de femme et un corps d'homme). Dans une civilisation où les femmes sont tenues pour quantité négligeable (elles ne participent pas au gouvernement, les concubines de l'empereur sont cantonnées dans le harem et l'empereur est jugé irresponsable de vouloir les éduquer), Eona se rend compte assez vite qu'il n'en a pas toujours été ainsi. Son pouvoir, dont elle ignore la source, la place alors au centre d'une bataille politique entre l'Empereur régnant et son frère, Sethon, qui veut usurper le trône. Alliances stratégiques, rebondissements en série, révélations... ce roman haut en couleur est passionnant de bout en bout. Vivement la suite, tiens.

 

Alison Goodman, Eon le douzième dragon (Eon, dragoneye reborn), Gallimard jeunesse et La Table Ronde, traduit de l'anglais par Philippe Giraudon, 519 pages, septembre 2009.

La double publication de ce roman en jeunesse et en "adulte" me permet de placer ce roman dans le Challenge du 1% littéraire officiel. (4/7)

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02.09.2009

En Afrique

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Norah rentre en Afrique à la demande de son père, qui a commis l'irréparable.

Rudy prie toute la journée pour que sa femme, Fanta, à qui il avait promis monts et merveilles si elle acceptait de le suivre en France, ne le quitte pas.

Khady Demba, qui ne possède rien en dehors de son nom auquel elle se raccroche désespérément, est contrainte par sa belle-famille de tenter de passer en Europe, se livrant au pouvoir des passeurs et autres.

Trois femmes, trois destins.

 

Trois femmes puissantes est assurément un bon roman, chers happy few, même si j'ai trouvé sa deuxième partie moins bonne que les deux autres, parce que moins dense. Mais reprenons par le commencement (évidemment qu'il y en a un, méchantes langues). Ce roman est composé de trois parties distinctes qui sont reliées entre elles par le lieu (il est question dans la première et la deuxième partie de Dara Salam, un village de vacances au Sénégal, et je me suis demandé si ce n'était pas à cause de la tragédie enclenchée par le père de Rudy que le père de Norah avait pu acheter ce village pour une bouchée de pain) ou par les personnages (Khady Demba apparaît dans la première histoire comme la jeune domestique qui s'occupe des fillettes du père de Norah, et on lui ordonne dans l'histoire qui lui est consacrée de rejoindre Fanta, une cousine qui vit en France), mais, de manière plus profonde que ces détails narratifs, elles sont liées par l'Afrique, cette terre qui impose aux femmes une place dont elles ne peuvent sortir.

La première partie raconte comment Norah, par amour pour son frère, enlevé par son père alors qu'il n'avait que 5 ans, et emmené en Afrique (ils vivaient tous en France), accepte de retourner voir ce père qu'elle exècre et qui la domine totalement, homme machiavélique et terrible. Le désarroi de cette femme, qui a pourtant fait son chemin (elle est avocate) pour se sortir d'une enfance triste marquée par l'absence du frère et la cruauté psychologique du père, est magnifiquement rendu dans son errance autant psychologique que physique dans une ville africaine qu'elle refuse de reconnaître et le portrait du père, en patriarche absolu est glaçant de justesse. La deuxième partie est celle qui m'a le moins touchée, certainement en raison de la personnalité de son personnage principal. Rudy est un homme veule et lâche, dont la mesquinerie et l'étroitesse de vue contaminent le récit et le rendent terriblement poisseux, à l'image du soleil qui irradie tout au long de cette journée d'errance (lui aussi erre, dans sa toute petite ville de province française). Le style se fait moins dense et plus répétitif, à l'instar des pensées qu'il ressasse comme une mélopée plaintive et sans fin. La troisième histoire, enfin, est elle aussi une histoire d'errance et de quête mais physique cette fois, Khady se laissant balloter par les événements sur lesquels sa condition de femme veuve et sans enfants l'empêche totalement d'avoir prise. C'est sans conteste la plus terrible des trois et la violence qui lui est fait coupe le souffle du lecteur.

Ces trois histoires font toutes l'objet d'un contrepoint très court, qui donne le point de vue de l'autre personnage de l'histoire, de manière parfois inattendue et saisissante. Trois femmes puissantes est donc un bon roman, au style beaucoup moins hermétique que ce que j'avais pu lire jusque là de Marie NDiaye, traversé de fulgurances incantatoires, de figures féminines bouleversantes et d'oiseaux magiques. Je recommande.

 

Marie NDiaye, Trois femmes puissantes, Gallimard, 317 pages, août 2009

Le billet de Cathulu, conquise.

Challenge du 1% littéraire officiel (3/7)

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26.08.2009

Fish & Snow

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 Uppsala, 2001. A quelques jours de Noël, un jogger découvre un cadavre enseveli sous la neige, poignardé à de nombreuses reprises et une main mutilée. La police identifie rapidement le corps : il s'agit de John Jonsson, jadis connu de leurs services sous le nom de Petit-John quand il se livrait à de menus larcins sous la coupe de son frère, Lennart. Mais Petit-John s'était rangé et menait une vie tranquille, aux côtés de sa femme, Berit et de son fils, Justus. Qui a bien pu en vouloir à cet ouvrier soudeur au chômage passionné par les poissons au point de l'assassiner ? La brigade criminelle, dirigée par Ottosson, mène l'enquête, mais Lennart est bien décidé à devancer la police et à se venger...

 

 

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(Une princesse du Burundi. Tout s'éclaire, chers happy few.)

 

La princesse du Burundi est le troisième roman policier de Kjell Eriksson publié par Gaïa, après La terre peut bien se fissurer et Cercueil de pierre. On y retrouve les membres de la brigade d'Uppsala, qui ne sont plus menés ici par Ann Lindell, en congé parental, mais par Ola Haver, son collègue. L'un des grands intérêts de ce polar du nord est de mettre en scène une brigade complète et d'accorder presque autant d'importance à tous ses membres, un peu à la façon d'Ed McBain et de son 87ème district (l'un des personnages fait d'ailleurs allusion à l'inspecteur Carella, figure emblématique et charismatique du commissariat d'Isola). On suit donc Haver, Beatrice, Berglund, Fredriksson et les autres, chacun abordant cette enquête à sa manière ce qui permet une fine caractérisation psychologique de ces enquêteurs (Berglund et ses considérations politico-sociales, Ola et ses problèmes de couple, Beatrice et sa douceur...). Ann, de son côté, se sent à l'étroit dans son rôle de mère au foyer célibataire, entre Erik, son bébé né d'une nuit d'ivresse avec un inconnu, et sa mère qui l'insupporte. Elle rêve de renouer avec Edvard, dont elle est toujours amoureuses et de reprendre du service, ce qu'elle fera, à sa manière. Outre des personnages complexes et attachants, Kjell Eriksson tricote une intrigue solide, où des gens a priori ordinaires se révèlent bien plus complexes et secrets qu'ils n'en ont l'air, pour permettre à leurs rêves de prendre corps dans un quotidien sordide. Un très bon polar, couronné par le Prix du roman policier suédois.

Kjell Eriksson, La princesse du Burundi (Prinsessan av Burundi), Gaia, traduit du suédois par Philippe Bouquet, 350 pages, 2002 pour la première parution en Suède, octobre 2009 pour la traduction française.

PS : vous excuserez le visuel un peu flou, limite arty, chers happy few, qui s'explique par l'absence de visuel disponible. Ce roman sort en effet en octobre. Le 7 pour être précise. Oui, parfois, je me sens une âme de coucou suisse, c'est comme ça.

Ce billet est lisible aussi sur le site Chroniques de la rentrée littéraire, auquel j'ai été associée via Guillaume de Babelio. Leur projet, ambitieux et intéressant : réunir des chroniques de blogueurs sur tous les romans de la rentrée littéraire. Pour en savoir plus, c'est ici.

(Voilà pourquoi ce billet paraît si tôt, chers happy few, j'espère juste que vous n'aurez pas oublié ce titre au fond de la LAL quand il sortira enfin.)

 

Challenge du 1% littéraire officiel (2/7)

 

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