« The secret history of the Pink Carnation - Lauren Willig | Page d'accueil | Top Ten Tuesday #17 »
16.01.2012
"Ils n'étaient seuls ensemble que depuis quelques heures et brûlaient d'un désir aussi ardent l'un pour l'autre qu'un incendie de forêt en plein mois de juillet."
Au commencement, il y eut un billet de Chiffonnette. (Comme une fois sur quatre, j'ai envie de dire.) Elle était tombée dans les bras de Tommy, le beau pompier de la Caserne C. (Ou A. Ou B. Je ne sais plus, je ne sais pas.) Comme Shea. La preuve en image.

Puis il y eut un billet d'Heclea. Elle n'a pas résisté au charme d'Howard, autre membre de la glorieuse caserne. Et quand on voit la couv', on la comprend. La chair est faible, hélas, et le pompier musclé.

Vous imaginez bien que je ne pouvais pas être en reste. Il me fallait moi aussi un pompier qui a tout du strip teaseur de boîte provinciale sur fond de flammes de synthèse avec un titre puissamment évocateur. Je partis donc en quête, ne reculant devant rien pour accomplir mon destin de lectrice de Passion Intense, et comme d'habitude, je fus sauvée par Monoprix. Qui a décidé que les Harlequin c'était bien beau mais qu'il était largement temps de faire preuve d'un peu d'ouverture d'esprit et de proposer à la lectrice insatiable aussi des J'ai Lu.
J'y ai donc déniché, non loin de la crème prodigeuse de Nuxe et des stylos à paillettes merveilleux que tous les collègues m'envient :

Le tome 2 de cette merveilleuse série qui met en scène les pompiers de la caserne D (ou E, ou F) d'une ville du Tennessee (il me semble, j'étais trop occupée à suivre l'intrigue over complexe pour m'attacher à des détails aussi triviaux que le lieu de l'action, fouettez-moi).
Pitchons.
Zach Knight (mmmmh, quel beau patronyme, je fonds déjà) a 26 ans et il est pompier infirmier (c'est dit comme ça, si, si) dans une caserne. Sa tâche principale est de conduire le camion, et il adore ça, c'était son rêve de gosse (avouez que ça part bien, non ?). Oui, mais voilà, Zach a de gros gros soucis le pauvre : son père doit beaucoup d'argent à un vilain méchant pas beau possesseur de nombreux casinos et comme son père est un légume après avoir fait une crise cardiaque, la dette retombe sur les épaules de Zach. Il vend sa maison, travaille tout le temps, mais il doit encore 500 000 dollars au terrible Delacruz. (Je sens votre angoisse monter, chers happy few, et je vous comprends.) Voilà-t'y pas que Zach, un matin pluvieux, emboutit la voiture d'une créature subtilement exotique et furieusement sexy, Corinne Shannon. Ce qu'il ne sait pas, c'est que la jeune femme est la soeur de Delacruz et qu'elle est en danger de mort. Oui, mais moins que lui finalement.
...
Mon Dieu.
En réalité, les mots me manquent, et ça m'arrive peu souvent, chers happy few.
Flamme fatale (J'ai lu, 348 pages) est une romance érotique de toute beauté qui a provoqué chez la lectrice que je suis de nombreux fous rires. Et comme je vous aime bien, je vais vous en donner les multiples causes, chers happy few. (Vous me remercierez de ma générositude en m'envoyant des shoko bons, vous serez bien urbains, merci.)
1. Zach, le pompier de 26 ans au corps de rêve et au membre puissant porte des lunettes (signe de sa geekitude certainement, il a piraté le site du FBI quand il avait 12 ans) et il est... puceau. Vous avez bien lu. Alors le héros de romance torride qui "se réserve pour la femme qu'il aimera vraiment et qui a peur d'être rejeté parce que papa ne l'a jamais aimé et que maman est partie quand il avait 12 ans" (Zach se savait incapable d'offrir son corps sans offrir en même temps son coeur et son âme : en fait Zach est une femme des années 60), je ne sais pas vous, mais moi ça m'a juste fait hurler de rire. Psychologie 101, failed, le repêchage, c'est en septembre.
2. Le pauvre Zach, non content de ne trouver personne pour s'occuper de lui (il en est réduit à se palucher sous la douche mais il n'aime pas ça, non, non, non, parce que c'est sale et que ça rend aveugle, déjà qu'il porte des lunettes, faudrait pas tenter le diable non plus) va, au cours du roman : survivre à la noyade, à une pneumonie avancée, passer trois jours dans le coma, prendre un sale coup sur la tête, une balle dans l'épaule, se faire fracasser le visage par une chaîne de treuil puis par un mec en colère, prendre des coups de tisonnier dans le ventre, et finir poignardé dans l'abdomen avec hémorragie interne. Tout ça parce que quelqu'un en veut à Cori qui elle se contente de couiner en lui disant à chaque fois : "Ne meurs pas ! Ne meurs pas !", ce qui est finalement over efficace, la preuve, il ne meurt pas, mais c'est pas faute d'avoir essayé.
3. Quand Zach se rend chez Cori la première fois, il découvre qu'elle habite... dans son ancienne maison, qu'il a cédée à Delacruz pour éponger en partie la dette de son père. C'est pratique, comme ça il sait où sont rangés le papier alu et les serviettes de toilette. Par contre, il ne se demande pas un instant comme c'est possible. Il a un QI de génie mais manifestement il ne sait pas s'en servir. Quant à elle, elle ne trouve pas un seul instant bizarre qu'il sache où sont les poêles et qu'il dise "mon" atelier. (N'importe femme normalement constituée l'aurait pris pour un psychopathe et aurait fui, elle non, trop occupée qu'elle est à lui faire la danse des sept voiles après l'avoir attaché à une chaise. Nu, évidemment, c'est plus pratique.)
4. Last but not least, la traduction. Et parce que le poids des mots, citationnons.
De la poésie : "La connexion qui s'était établie entre eux grésilla et devint aussi brûlante que de l'huile sur le point de s'enflammer dans une poêle." "Cet ordre retentit comme une douce musique aux oreilles de son âme meurtrie." "Tous les muscles de Cori vibraient de satisfaction post-coïtale."
De la coquinerie sexy : "Houla ! Petit Zack accueillit cette nouvelle d'un joyeux soubresaut sous la serviette." "Il sentit son sexe bondir entre ses jambes."
Des tournures modernes : "S'essuyant à la six-quatre-deux...", "Ne fais pas l'innocent, Super Biroute !"
Une seule conclusion : la traductrice a 86 ans. Et un goût pervers pour l'huile bouillante.
Un chef d'oeuvre, assurément, trop long d'environ 348 pages.
07:47 Écrit par fashion dans Littérature anglo-saxonne, Romance | Lien permanent | Commentaires (33) | Envoyer cette note
Commentaires
Écrit par : Cuné | 16.01.2012
Répondre à ce commentaireMais je croyais que ça rendait sourd. On devrait lire des J'ai Lu Passion plus souvent.
Écrit par : Mo | 16.01.2012
Répondre à ce commentaireNo more comments...
Écrit par : Chi-Chi | 16.01.2012
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Nataka | 16.01.2012
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Caro[line] | 16.01.2012
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Turquoise | 16.01.2012
Répondre à ce commentaireEt puis quel homme ! Survivre à autant de coups "mortels" ? Non vraiment, je crois que ce résumé est assez marrant pour m'éviter de devoir le lire pour rire.
Écrit par : Cynthia | 16.01.2012
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Karine:) | 16.01.2012
Répondre à ce commentaireEn tout cas merci pour cette analyse littéraire qui m'a fait pleurer de rire devant mon PC.
Écrit par : Laurie | 16.01.2012
Répondre à ce commentaireÉcrit par : La Plume et la Page | 16.01.2012
Répondre à ce commentaireMerci pour ce billet! :)
Écrit par : Mascha | 16.01.2012
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Chimère | 16.01.2012
Répondre à ce commentaireÉcrit par : chiffonnette | 16.01.2012
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Scarlatiine | 16.01.2012
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Stephie | 16.01.2012
Répondre à ce commentaireÉcrit par : laurence | 16.01.2012
Répondre à ce commentaireconfortablement installée dans mon lit douillet, Zach, c'est le chocolat que je ne mangerai pas (non, parce que ca rend aveugle...ah non, j'ai pas tout suivi c'est ça!?)
Écrit par : Tam-Tam | 16.01.2012
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Marco | 17.01.2012
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Kikine | 17.01.2012
Répondre à ce commentaireIl lui fait un strip-tease dans sa tenue de pompier ou même pas ?!
En tous cas le "petit Zach" a eu raison de moi. Merci pour ce billet !
Ah ! Et, tu as en ta possession le bic 4 couleurs rose/vert/violet/bleu ? Il fait tout son effet aussi :)
Et pour les shoko bons, je vois que tu as bon goût. Ce dont je ne doutais point, cela va s'en dire... :)
Écrit par : Cess | 17.01.2012
Répondre à ce commentaireL'humble Papou qui te remercie par avance.
Écrit par : Le Papou | 17.01.2012
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Véga | 17.01.2012
Répondre à ce commentaireÉcrit par : L'Irrégulière | 19.01.2012
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Katia | 20.01.2012
Répondre à ce commentaireÉcrit par : lucie | 22.01.2012
Répondre à ce commentaire@mo : sourd, aveugle, mauvaise haleine, pieds plats, you name it. :-))
@chi-chi : un début de semaine morne et triste ? mais non, il y a toujours un Colin dans le coin. :-))
@nataka : la lecture fut trop courte pour être une souffrance et je me suis marrée, y a qu'à voir le nombre de pages cornées. :-))
@caroline : sourd, chauve, poilu du gros orteil, you name it. :-))
@turquoise : n'est-ce pas ? Je suis certaine que là où il est Baudelaire est jaloux. :-))
@cynthia : il paraît que dans les autres volumes, c'est pareil, les héros en prennent plein la tronche : un fétichisme du coup de tatane ? :-))
Écrit par : fashion | 23.01.2012
Répondre à ce commentaire@laurie : mais de rien, je pense que le rire nous sauvera de tout, surtout de la mauvaise littérature. :-)
@la plume et la page : il paraît que quand on aime on compte pas, dommage que je n'aie pas aimé. :-))
@mascha : je crois surtout que plus c'est mauvais, plus c'est drôle. Quelques genres littéraires se prêtent bien au nanar, hélas pas tous. :-))
@chimère : je n'y suis pour rien, c'est génétique. :-))
Écrit par : fashion | 23.01.2012
Répondre à ce commentaire@scarlatiine : le fou rire de la lecture, quand même ce Super Biroute. :-))
@stephie : j'ai prévu autre chose pour le premier mardi du mois. J'en rougis déjà.
@laurence : c'est l'idée. :-)
@tam-tam : non, pas le chocolat ??? Je m'en fiche, je vis dangereusement. :-))
@marco : oui, je sais, c'est terrible. Et y a même pas de Marguerite Duras à côté pour contrebalancer. Tout se perd. :-)
@kikine : pfff, t'es pas une fille facile, toi. :-)))
Écrit par : fashion | 23.01.2012
Répondre à ce commentaire@le papou : oh merci, je suis toute rouge d'émotion. :-)
@véga : hu hu hu, je suis rouge de confusion. :-)) (ça fait beaucoup de rouge, heureusement que personne ne me voit :-))
@l'irrégulière : tu as vécu une liaison torride avec un pompier puceau ? :-)))
@katia : in bed, definitely. :-)))
@lucie : bonne année à toi ! :-)
Écrit par : fashion | 23.01.2012
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Lystig | 23.01.2012
Répondre à ce commentaireÉcrit par : fashion | 24.01.2012
Répondre à ce commentaireÉcrit par : yueyin | 28.01.2012
Répondre à ce commentaireÉcrit par : fashion | 30.01.2012
Répondre à ce commentaireÉcrire un commentaire