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23.10.2011
"Comme Hélène de Sparte, j'ai causé une guerre..."

Sola domum et tantas servabat filia sedes, iam matura viro, iam plenis nubilis annis. Multi illam magno e Latio totaque petebant Ausonia...
Au commencement était L'Enéide. (Et le Nutella, oui, aussi.)
Puis vint le sublime billet de Chif'.
Yueyin, ma twinette d'amour, m'a alors offert ce bouquin avec ce panache qui la caractérise.
Il a ensuite traîné 6 mois dans la PAL (ce qui est l'épreuve que subissent tous les nouveaux arrivants : s'ils survivent, ils sont lus, c'est d'une violence inouïe, je vous l'accorde).
Et au final, il y a un coup de coeur. Un vrai. (Et chez moi ils sont rares, comme vous le savez bien chers happy few.)
Dans L'Enéide, Virgile ne cite Lavinia qu'une fois et il ne lui donne jamais la parole. La fille de Latinus, roi du Latium, décide donc de la prendre et de raconter sa vie : son enfance marquée à jamais par la folie de sa mère qui pleure ses deux fils morts, sa piété, les présages qui disent qu'elle épousera un étranger venu d'au-delà des mers et qu'ils poseront les fondations d'un grand empire à venir, l'arrivée d'Enée, la guerre qui s'ensuit, leurs trois années de bonheur, sa mort, l'éducation de leur fils, Silvius, par cette mère louve qui se cache dans les bois...
Ursula Le Guin, auteur que l'on ne présente plus, réinvestit à sa manière les six derniers chants de ce long poème que Virgile lui-même jugeait inachevé et nous apporte son éclairage, forcément original, sur l'établissement d'Enée en Italie. Tout dans ce roman m'a touchée, son atmosphère extrêmement particulière, l'amour de la terre, la simplicité de la vie quotidienne, l'acceptation du destin, et, plus que tout, la réflexion sur les pouvoirs de la poésie et du poète (les passages à Albunea avec le fantôme de Virgile sont sublimes) et le destin des héros. Magnifique.
(Ce roman a été récompensé en 2009 par le prestigieux Locus Award.)
Ursula Le Guin, Lavinia, L'Atalante, 311 pages, 2008 pour la première parution en VO, 2011 pour la traduction française.
10:38 Écrit par fashion dans Littérature anglo-saxonne | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note
Commentaires
Écrit par : Neph | 23.10.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Chimère | 23.10.2011
Répondre à ce commentairehttp://www.lecture-ecriture.com/6690-L’instant-Magda-Szabó
Magda a la primeur de l'idée ;-) Na!
Écrit par : Sibylline | 23.10.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Karine:) | 23.10.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Axl | 23.10.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Yueyin | 23.10.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Pimpi | 23.10.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : recherche rencontres | 24.10.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : La Plume et la Page | 24.10.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Edelwe | 25.10.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Stephie | 27.10.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Céline | 28.10.2011
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