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02.08.2011
Julianna et le fou du roi - Anne Stuart
Le mardi tout est permis, chers happy few (enfin, quand je n'oublie pas ce rendez-vous initié par ma coupine Stéphie), ce qui me donne une excellente excuse pour vous parler d'une romance (excuse dont j'ai évidemment besoin, moi qui ne suis que kulture et brocolis) (non, Marco, il n'y aura pas de billets sur le Nouveau Roman aujourd'hui non plus, life is a bitch with red hair).

Cette couverture n'est absolument pas contractuelle, ou alors les Britons des époques reculées étaient très tolérants vestimentairement parlant.
Julianna de Moncrieff est enfin veuve, d'un mari auquel elle a été vendue à l'âge de onze ans, de cinquante ans son aîné et qu'elle n'a jamais aimé (doux euphémisme). Comme elle ne lui a jamais donné d'héritier, ses biens reviennent à son fils d'un premier lit et la jeune femme est chassée du domaine pour aller vivre, sur ordre du roi, avec sa mère, Isabeau, à qui elle refuse de parler depuis dix ans, et qui est sur le point de se remarier avec Hugh de Fortham. Le roi, qui veut à tout prix mettre la main sur une relique sacrée conservée chez Hugh, envoie en mission secrète son bouffon, Nicolas Strangefellow, un beau ténébreux qui provoque dans l'esprit et le corps de Julianna de bien étranges réactions...
« Vous êtes ici à l'abbaye de Sainte Hugeline, martyre au dragon.
- Sainte Hugeline ? Je ne me souviens pas d'elle. Quelle est son histoire ?
- Après avoir été dévorée par un dragon, elle en est elle-même devenue un. Il s'agit d'un mystère sacré. »
Autant dire que ce dialogue hilarant a conquis la lectrice faible que je suis dès la page 32, chers happy few et que ce Julianna et le fou du roi (traduction ô combien fidèle de Lady Fortune) m'a réjouie au plus haut point : les personnages se livrent à une course au calice dans la plus pure tradition vaudevillesque (calice qui était over bien caché... sous une couche de poussière dans la chapelle, je sais bien que depuis Poe, on sait que les meilleures cachettes sont les plus en vue, mais quand même), les femmes sont éperdument amoureuses dès le premier regard d'hommes virils et mystérieux et cela les rend complètement idiotes (Julianna va chercher un chaton dans la nuit noire sous la pluie, mais c'est parce qu'elle a bon coeur, ça fait manifestement perdre des neurones), et l'auteure multiplie les errements (Julianna, 21 ans, est... presbyte, Isabeau a mis au monde cinq ou six garçons morts-nés afin d'expliquer pourquoi, de guerre lasse, son mari a marié leur fille parce qu'il pensait qu'elle portait une malédiction (je ne sais pas si vous suivez, parce que c'est quand même extrêmement compliqué tout ça), on se trouve à une époque totalement indéterminée (c'est pus facile, pas besoin de recherches historiques) mais en Angleterre parce que c'est exotique ces châteaux, ces collines, ces rois sanguinaires qui convoitent le bien d'autrui en ricanant, le calice a des pouvoirs magiques (c'est pas une relique de rien du tout attention, ça déconne pas), et tout s'arrange grâce à un tour de passe-passe de la plus belle eau). Une lecture pleine de fous rires, en ces temps troublés, ça n'a pas de prix, chers happy few.
Anne Stuart, Julianna et le fou du roi (Lady Fortune), J'ai lu Aventures et Passions, traduction Florence Szarvas, 283 pages, 2003 pour la traduction française, 2000 pour la première parution en VO.
PS : j'oubliais l'essentiel en ce mardi coquin : la scène de cul (oui, il y en a une seule) (enfin, une complète). Elle n'arrive que page 236, dure 6 pages et est exactement celle que l'on peut attendre dans ce genre de roman. Pas de quoi fouetter quiconque, donc.

07:42 Écrit par fashion dans Littérature anglo-saxonne | Lien permanent | Commentaires (22) | Envoyer cette note
Commentaires
Écrit par : erzie | 02.08.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : chiffonnette | 02.08.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : vilvirt | 02.08.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Nataka | 02.08.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Paloma | 02.08.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Karine:) | 02.08.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Noukette | 02.08.2011
Répondre à ce commentaire@chiffonnette : ça se trafique, même. :-)))
@vilvirt : je note ce titre alors, mais par pure curiosité scientifique, évidemment. :-))
@nataka : ah mais je n'ai pas expliqué parce que je ne voulais pas déflorer l'intrigue, mais en fait Nicolas est un noble du Northumberland (à mes souhaits) dont les parents sont tombés en disgrâce et ont été exécutés, leurs biens confisqués par Henry II ou III (c'est peu clair) qui a fait du jeune homme son fou pour le punir. Mais il lui rend ses terres et sa liberté à la fin du roman et il l'oblige à épouser Julianna. Une intrigue de haute volée, donc. Et puis, les grelots et les roulades, c'est sexy apparemment.
Écrit par : fashion | 02.08.2011
Répondre à ce commentaire@karine : over sérieux. On pourrait appliquer tes critères de recherche bit-lit à la romance, tu sais et faire une case "profession" et décerner un prix à la lpus improbable. :-))
@noukette : un peu, si. :-)) Cela étant, dans cette collection, il y a moins de scènes de cul que dans les J'ai lu passion intense. Mais c'est variable d'un titre à l'autre. Encore un sujet d'étude, tiens. :-))
Écrit par : fashion | 02.08.2011
Répondre à ce commentaireIl m'a l'air bien arbitraire, ce roi, à obliger les gens à faire des trucs, comme ça, tout le temps. Pour ce que je sais de l'histoire anglaise, ça doit être plutôt Henri II. Henri III, c'est après la Magna Carta, et le roi ne pouvait plus faire faire ce qu'il voulait à ses nobles comme avant.
Écrit par : Nataka | 02.08.2011
Répondre à ce commentaireJ'espère que tout finira bien pour elle au moins. Mais bon 6 pages pour la scène de cul, ça a du lui remonter le moral. Non ?
Écrit par : Cécile | 02.08.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Marco | 02.08.2011
Répondre à ce commentaireBonjour la sirène! Quelqu'un est arrivé chez moi dernièrement en tapant "une chute légère de la morale". C'est mignon non?
Je ne suis pas toujours bien le raisonnement googlelien.
Écrit par : Sibylline | 03.08.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Caro[line] | 03.08.2011
Répondre à ce commentaire@cécile : pas que le moral. :-))
@marco : écoute, je te propose de rédiger un article sur l'influence de l'armagnac et du nouveau roman sur les romances américaines écrites entre 1998 et 2010 et dont le titre comporte au moins deux voyelles. Deal ?
@sibylline : pauvre morale... :-)
@caroline : on ne parle pas d'alcool dans ce salon, combien de fois dois-je le rappeler, mmmh ?
Écrit par : fashion | 03.08.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Theoma | 03.08.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Marco | 03.08.2011
Répondre à ce commentaire@marco : en moldave médiéval, évidemment. C'te question, tsss.
Écrit par : fashion | 03.08.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : chiffonnette | 04.08.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : fashion | 04.08.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Stephie | 06.08.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : fashion | 07.08.2011
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