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12.01.2011
Vous reprendrez bien un peu de Darcy en chemise dans la bibliothèque ?
Oh oui.
Mais pas que.
L'autre jour, chers happy few, j'étais en train de partager généreusement un bout de ma thèse sur l'influence de Kant dans l'oeuvre de Laura Levine avec quelques copines, quand, pour une raison que j'ignore mais qui ne peut pas avoir de lien avec la bouteille de Pinot dont le niveau descendait dangereusement, je me suis vu proposer à Karine de faire une lecture commune
d'Impulse & Initiative d'Abigail Reynolds.
Oui, je sais que vous savez, happy few que je chéris comme mon stylo Tardis, que je suis to-ta-le-ment et irrémédiablement allergique aux lectures communes, mais là il était tard, il pleuvait, la chair est faible hélas et j'avais envie de Darcy. Bref. Nous voilà donc engagées dans ce qui restera comme la preuve que la lecture et la poilade font décidément bon ménage, n'en déplaise aux mauvais coucheurs de tout poil, car Karine et moi avons passé 48 heures délicieuses à échanger publiquement (la technologie n'a pas de limite) nos impressions au fur et à mesure que nous avancions dans la lecture de ce petit chef d'oeuvre, pour la plus grande joie des copines qui avaient parfois du mal à comprendre de quoi nous parlions (surtout à propos d'une certaine bougie dont Karine et moi avions généreusement extrapolé l'utilisation, mais c'est parce que nous ne sommes pas des filles sages, ni des lectrices sérieuses, Monsieur le Juge).
Mais peut-être faudrait-il que je pitchasse, happy few désolés de voir que j'ai encore osé lire en public un roman avec une aussi improbable couverture : Impulse & Initiative est une variation en forme de What if ? autour d'Orgueil et préjugés. L'idée de départ est la suivante : après le refus d'Elizabeth, Darcy revient à Netherfield et décide de faire une cour assidue et pressante à la jeune fille. Et comme il est déterminé et chaud bouillant, les choses dérapent vite. Très vite.
Alors, oui, je sais, ce roman n'est absolument pas crédible pour deux sous (ou alors on m'aurait menti sur la société anglaise du début du XIXè), et il faut accepter de voir Darcy transformé en héros de romance novel (ouh la, j'en entends déjà grincer des dents au fond de la salle), en même temps, quand on ouvre ce genre de bouquin c'est qu'on n'est pas vraiment une puriste (mais ça il y a longtemps que tout le monde le savait) et qu'on a avoué une bonne fois pour toute que le bovarysme est un art de vivre totalement assumé. J'ai donc pris beaucoup de plaisir à lire cette variation parce que les personnages sont bien repris : Darcy est Darcy, autoritaire, arrogant, sûr de lui et secret et Elizabeth est Elizabeth, indépendante, drôle et cultivée. A partir de là, Abigail Reynolds s'est fait plaisir et elle raconte donc comment Darcy séduit Elizabeth par les sens avant qu'elle ne finisse par s'avouer qu'elle est amoureuse de lui. La première partie, qui raconte les étapes de cette cour, est la plus réussie et la lectrice frissonne avec Elizabeth, de plus en plus émoustillée au fur et à mesure que les privautés s'accentuent (la scène au bord de la rivière nous a laissées comment dire... émues) : Karine et moi avons soupiré, nous aussi nous aurions bien aimé qu'on nous fasse la cour de cette manière-là, pas à pas (ah, le coup de la main, et le baiser, et les cheveux, et... mais je m'égare). Cette première partie culmine avec la scène de la bibliothèque qui a donné envie à Karine d'acheter un loveseat (ça nous change des jaccuzzi) et qui nous a jetées, pantelantes, sur le clavier, pour partager nos impressions hautement intellectuelles (aaaaaaah, hiiiiiiiiiiiiii et oooooooooh peuvent aussi introduire des réflexions de haute volée, qui en doutait ?). Après cette apothéose, voyant qu'il restait encore plus de 150 pages, nous avons eu peur que Reynolds ne s'enlise et nous avions raison : elle a voulu réutiliser quelques éléments de l'intrigue et sa réécriture de l'enlèvement de Lydia, fort longue, ne m'a pas plu du tout. Ne nous leurrons pas, happy few exigeants, Impulse & Initiative n'est qu'un romance novel en corset, mais la réutilisation de l'intrigue et des personnages d'Orgueil et Préjugés a suffi à mon bonheur, sans compter que nombre de situations et de dialogues sont vraiment drôles. C'est la meilleure variation des trois que j'ai lues et la perspective d'en lire d'autres me remplit de plaisir anticipé : je suis incorrigible. Et atteinte d'une maladie textuellement transmissible pour laquelle il n'existe, Dieu merci, pas de vaccin.
Abigail Reynolds, Impulse & Initiative, Sourcebooks Landmarks, 2008, 411 pages
Les billets de Yueyin (qui m'a offert ce roman l'année dernière, merci de répandre le bonheur autour de toi) et Pimpi.

Challenge Lu en VO
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Commentaires
Tu sais que je t'adore positivement ?
Mais je dois vivement arrêter de te fréquenter, car quand vous aviez parlé de bougie, j'ai moi aussi été visitée par des images peu chrétiennes.
Et ma tournure de phrase est douteuse; et j'assume.
Et voilà :)
Écrit par : erzébeth | 12.01.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Cécile | 12.01.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Mo | 12.01.2011
Répondre à ce commentaire:-))
Écrit par : chiffonnette | 12.01.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Karine:) | 12.01.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : choupynette | 12.01.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Pimpi | 12.01.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : yueyin | 12.01.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Petite Fleur | 13.01.2011
Répondre à ce commentaire@cécile : pas encore!
@mo : certainement, je ne vois que ça.
@chiffonnette : dans la bibliothèque avec Darcy en chemise (ah, la première fois qu'elle le le voit sans veste et sans gilet... quelle émotion...).
@karine : moi aussi, je pense que nous avons trouvé le vrai sens de lecture commune. :-))
@choupynette : ah oui, ça c'est simple, mais c'est efficace. Très. Limite over. :-))
@pimpi : moi aussi j'ai eu chaud, c'est un roman qui manifestement remplit parfaitement son office auprès de toutes les lectrices. :-))
@yueyin : je ne suis pas une fille, moi madâme, je suis une lectrice exigeante et sérieuse. Toutafé.
@petite fleur : il y a un début à tout, ma chère. Tu ne regretteras pas, va. :-))
Écrit par : fashion | 13.01.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Joelle | 13.01.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : fashion | 13.01.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Céline | 13.01.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : fashion | 13.01.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : hydromiel | 16.01.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Alice | 16.01.2011
Répondre à ce commentaire@alice : à réserver aux janéites qui ont un coeur de guimauve. Nous quoi. :-))
Écrit par : fashion | 16.01.2011
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