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07.11.2010
Ainsi s'achève le monde, sans éclat mais sur un cri plaintif
Ethan Wade est un lycéen de 16 ans comme les autres : populaire, bon joueur de basket, plutôt bon élève. Mais dans cette petite ville de Caroline du Sud aux mentalités étriquées où il vit depuis toujours, il dissimule soigneusement ses différences : il aime lire, son père est en train de devenir fou suite au décès de sa femme, qui était une mère pour le moins atypique et ne ressemblait en rien à ces belles du Sud qui prônent l'abstinence et surveillent attentivement leurs voisins, et Amma, la femme qui l'a élevé, pratique la magie. Et voilà qu'une nouvelle élève fait son apparition en début d'année scolaire : elle s'appelle Lena, est étrangement habillée, et vit chez son oncle, un vieux fou que personne n'a jamais vu car il vit en reclus dans sa propriété que tout le monde croit hantée. Ethan croit reconnaître en Lena la jeune fille qui hante ses cauchemars depuis quelques semaines...
16 lunes est un roman jeunesse plutôt réussi et qui par bien des aspects s'éloigne du tout venant, chers happy few, certainement parce que le personnage principal et le cadre sont plus originaux que d'habitude. En effet, faire du personnage principal et narrateur un jeune garçon bien dans sa peau qui gère plutôt bien le deuil de sa mère et la bizarrerie de son père est une idée intéressante, qui permet d'éviter l'écueil de la gnangnanterie et de la guimauve qui semblent être la norme de nos jours dans les histoires de fantasy pour la jeunesse. Ethan est un jeune homme sympathique et attachant, bien intégré mais qui regarde le monde qui l'entoure avec recul, ce qui permet, et c'est la deuxième bonne idée de ce roman, de peindre cette étrange société qu'est celle de Gatlin, petite ville qui vit tout entière dans le souvenir de la Guerre de Sécession. Les "Daughters of the American Revolution", société uniquement composée de femmes aux opinions conservatrices, veillent à ce que le souvenir des Confédérés reste bien vivace, toute la ville participe aux reconstitutions des batailles (et la présence des élèves à ces pans "d'Histoire vivante" valide leur année d'Histoire, ce qui pour nous Français semble juste totalement surréaliste) et les touristes viennent faire le circuit des plus belles demeures sudistes. Ethan voudrait bien échapper à cette façon de vivre étouffante et étriquée et la présence de Lena, qui semble totalement déplacée dans cet environnement, va lui fournir une porte de sortie inattendue. Dans ce cadre, les auteurs mettent en place un monde de magie et d'enchanteurs pas vraiment nouveau mais avec une intrigue correctement ficelée même si elle aurait à mon sens gagné à être resserrée un peu ; j'ai vraiment eu l'impression à plusieurs reprises que l'histoire était volontairement délayée pour créer un suspense artificiel. 16 lunes est le premier volume sympathique d'une trilogie ; je lirai le deuxième tome, dont la traduction sort le 17 novembre, avec plaisir.
Kami Garcia et Margaret Stohl, 16 lunes (Beautiful creatures), Hachette Jeunesse, Black Moon, traduit de l'anglais par Luc Rigoureau, 635 pages. Je regrette encore une fois la présence de coquilles relativement nombreuses (il manque carrément des mots dans certaines phrases) dans une édition jeunesse. L'absence de rigueur dans la relecture (quand ce n'est pas l'absence de correcteur pure et simple) est vraiment pénible.
17:21 Écrit par fashion dans Fantasy, Jeunesse, Littérature anglo-saxonne | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note | Tags : je me suis acheté de nouvelles chaussettes, en laine bouclette, parce que je suis une frileuse, mais des pieds uniquement, ne cherchez pas c'est un talent, sinon je pense que je suis amoureuse d'un ours en peluche, et j'ai envie d'une gaufre au chocolat
Commentaires
Écrit par : Ori | 07.11.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Karine:) | 07.11.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : DeL | 07.11.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Stephie | 08.11.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Joelle | 08.11.2010
Répondre à ce commentaireboycottons les éditeurs à coquilles !
quoi ? non ? Ah bon...
Écrit par : May | 08.11.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : anne | 08.11.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : bladelor | 09.11.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : yueyin | 09.11.2010
Répondre à ce commentaireEn passant un petit tag pour toi...
Écrit par : Livvy | 10.11.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : pmu | 11.11.2010
Répondre à ce commentaire@karine : je trouve que l'atmosphère du sud est vraiment ce qui fait tout l'intérêt du roman.
@DeL : je vois que je ne suis pas la seule à traîner pour les billets... :-)
@stephie : j'espère que oui.
@joelle : je trouve qu'il n'y a que très rarement de coquilles dans les bouquins en anglais. Auraient-ils encore des correcteurs, eux ?
@may : hélas, on va arrêter de lire alors...
@anne : je suis d'accord mais je pense quand même que certains événements auraient pu arriver plus vite, de même qu'il y a un peu trop de valse hésitation de la part de Lena.
@bladelor, pmu : la semaine prochaine!
@yueyin : le colis part demain. :-))
@livvy : done! :-)
Écrit par : fashion | 11.11.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Lulu | 13.11.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : fashion | 14.11.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Theoma | 15.11.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : fashion | 15.11.2010
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