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15.10.2010
Prenez garde à vos rêves, car ils risquent de se réaliser
Derrière la maison de Richard et Helena, dans la campagne britannique, s'étend une pelouse de camomille (personnellement, je ne crois pas en avoir jamais vu mais grâce à mon ami G, je sais à présent à quoi ça ressemble, je sais que vous en êtes ravis, avouez, chers happy few). Chaque été leurs neveux et nièces s'y retrouvent pour un mois de baignades, de jeux et de confidences. Mais les vacances d'août 1939 seront les dernières que ces adolescents et jeunes adultes passeront ensemble. Dans un climat un peu étrange, les promesses s'échangent, les jeux deviennent dangereux... puis la guerre éclate.
La pelouse de camomille est le deuxième roman d'une romancière qui s'est mise tardivement à l'écriture, chers happy few, puisqu'elle avait 71 ans quand son premier roman, Jumping the queue, a été publié en 1983. La pelouse de camomille souffre, et c'est bien dommage, d'une construction un peu hachée, les chapitres suivant un personnage (et ils sont assez nombreux) dans le passé (la guerre essentiellement) et dans leur présent, où ils se retrouvent tous réunis pour l'enterrement de l'un des leurs. Mais cette alternance parfois confuse de points de vue n'a pas entravé mon plaisir de lecture : Mary Wesley peint de manière intéressante la façon dont dans un pays en guerre et livré au désordre, les femmes s'émancipent de la tutelle des hommes et assument leurs envies et leurs désirs. Que ce soit Calypso, qui fait de ses nuits un tourbillon de rencontres et passe de bras en bras de manière pour le moins... cosmopolite ou Helena, qui quitte enfin le très ennuyeux Richard pour un artiste qui pratique depuis des années un ménage à trois fort confortable, tous les personnages acquièrent une grande liberté de pensée et d'actions, en ces temps où l'on se dit que la mort peut se matérialiser à n'importe quel moment et où tout le monde est bien trop occupé pour avoir le temps de surveiller ses voisines. Il y a en outre un ton très particulier dans ce roman, à mi-chemin entre nostalgie et ironie, quelque chose de finalement très british auquel je ne pouvais qu'adhérer, chers happy few.
Mary Wesley, La pelouse de camomille (The camomile lawn), J'ai lu, traduit de l'anglais par Samuel Sfez, 383 pages, 1984 pour la première parution en VO, 2008 pour la traduction française.
Les billets de Karine (merci pour la découverte!), Theoma et Cathulu.
18:28 Écrit par fashion dans Littérature anglo-saxonne | Lien permanent | Commentaires (27) | Envoyer cette note | Tags : ô tag ô désespoir, n'ai-je donc tant écrit que pour trouver un jour, que l'inspiration taguesque m'a désertée ?, pour me remettre je vais faire une ratatouille tiens, j'over aime ça, mais pas autant que le cassoulet
Commentaires
Écrit par : Cuné | 15.10.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Nataka | 15.10.2010
Répondre à ce commentaireQuoi ? mon comm n'a rien à voir avec ton billet ?
Bon.
Je n'ai pas lu la pelouse de camomille, je me dis pourquoi pas (et pourquoi pas écrire un jour, hein ? a priori y'a pas d'âge)(j'écrirais sur la vieillesse, le temps qui passe, les enfants qui grandissent et font petit à petit l'apprentissage de la ratatouille arrachant des larmes à leurs mères désespérées)
Écrit par : amanda | 15.10.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : La Plume et la Page | 15.10.2010
Répondre à ce commentaireEt quel titre de billet.
(Il se passe des choses sur cette pelouse de camomille ?)
Écrit par : May | 15.10.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : George | 16.10.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : yueyin | 16.10.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Karine:) | 16.10.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Sibylline | 16.10.2010
Répondre à ce commentaireRien que pour ça, je préfère snober ce roman et rêver de raclette (mon gros, gros fantasme actuel) (mais une ratatouille, ça m'irait grandement aussi).
Écrit par : erzébeth | 17.10.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Joelle | 17.10.2010
Répondre à ce commentaireIl y a une vie avant et après la retraite, ça dépend de ce que l'on fait...;)
Écrit par : Bon Sens | 17.10.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Slo | 17.10.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Maison | 17.10.2010
Répondre à ce commentaire@nataka : tu tapes pelouse de camomille sur google images et tu verras. :-))
@amanda : un roman sur la ratatouille, je pense que c'est hyper porteur. Ma fille mange aussi des épinards, des courgettes, des flageolets, des brocolis... C'est une extra-terrestre, je sais. :-)
@la plume et la page : je recommande!
@may : le titre du billet est la dernière phrase du roman. :-) Il ne se passe pas grand-chose sur cette pelouse mais elle est le symbole d'un temps perdu.
@george : remonte-le en haut de PAL!
@yueyin : oh tiens, comme c'est étrange. :-))
Écrit par : fashion | 17.10.2010
Répondre à ce commentaire@sibylline : et il allait bien ?
@erzébeth : je n'ai jamais écrit de citations gnangnan sur mes classeurs. Ni décliné le nom de certains acteurs over couinants sur mes cahiers. Et je n'ai jamais au grand jamais possédé de stylo rose. Cela dit, je meurs d'envie d'une raclette maintenant, c'est malin. On s'en fait une ?
@joelle : tu ne peux pas le réserver ?
@bon sens : ça dépend aussi de bien d'autres facteurs, hélas...
@slo : une auteure à (re)découvrir assurément!
Écrit par : fashion | 17.10.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Caroline | 18.10.2010
Répondre à ce commentaire(Caro, dis-nous qu'entre la ratatouille et la raclette, c'est la raclette qui gagne :)) )
Écrit par : erzébeth | 18.10.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Caro[line] | 18.10.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : erzébeth | 18.10.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Armande | 18.10.2010
Répondre à ce commentaire;-)))
Écrit par : Caro[line] | 19.10.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Theoma | 19.10.2010
Répondre à ce commentaireConcernant le livre, il est dans ma bibli bien sûr, et j'ai hâte (quand j'aurais retrouvé un semblant de vie).
Écrit par : Lilly | 19.10.2010
Répondre à ce commentaire@erzébeth : bon, on va se programmer ça alors. :-))
@caroline et erzie : je vous laisse entre vous, je voudrais pas m'immiscer dans tout cet amour... :-)
@armande : absolument.
@theoma : je te trouve effectivement over compréhensive avec ta bibliothécaire... :-))
@lilly : mais moi aussi je faisais tout ça, tu sais. Mon Dieu, que cet aveu me coûte. :-))
Écrit par : fashion | 19.10.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : camille | 25.10.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : fashion | 25.10.2010
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