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27.08.2010
La malédiction des colombes
A Pluto, petite ville perdu du Dakota du Nord, construite au bord d'une réserve indienne, un drame s'est joué au tout début du XXème siècle : une famille entière, à l'exception d'un bébé de quelques mois, sauvé parce que le berceau était dissimulé entre le lit et le mur, a été massacrée et le meurtrier n'a jamais été retrouvé. Mais quelques semaines après le drame, quatre Indiens ont été lynchés par un groupe d'hommes enragés qui cherchaient des responsables. Cette tragédie pèse sur tous les habitants de Pluto, liés par le sang, les mensonges et les secrets.
Dans les années 60, plusieurs personnages prennent la parole et remontent, chacun à leur manière, le fil du passé collectif et individuel, démêlant enfin l'écheveau inextricable de la culpabilité collective. Descendants de ceux qui participèrent d'une manière ou d'une autre au lynchage et à l'histoire de la ville, Erdrich fait alterner avec habileté leur point de vue dans ce riche roman polyphonique : le lecteur, captif d'une narration-puzzle lumineuse et fluide, suit ainsi Evelina, l'adolescente qui finit par découvrir ce qui s'est réellement passé ce jour-là par le biais des histoires de Mooshum, son grand-père, vieil homme plein de vie qui enjolive la réalité et qui a été le seul à réchapper à la corde ; Antone Bazil Coutts, le juge dont le premier amour n'est autre que l'enfant qui a survécu ; Marn, femme de Billy, le prédicateur surnaturel et nièce de Warren, le fou marmonnant ou encore Cordelia, le médecin qui n'aime pas les Indiens. Il faut accepter de se laisser porter et de remettre en place les pièces du puzzle au fur et à mesure (un tableau généalogique peut être consulté en fin de roman, mais je n'ai pas trouvé nécessaire de le consulter) et découvrir ainsi des personnages complexes, liés par des relations familiales parfois tortueuses, prisonniers d'une ville bâtie sur des plaines désertées depuis longtemps par les bisons, ville bien nommée d'où personne ne part jamais et héritiers d'une histoire difficile qui les a modelés. La malédiction des colombes est un roman qui explore finalement les répercussions de la perte de la terre sur un peuple et la façon dont les jeunes générations en viennent à expier les erreurs de leurs pères. Dense, foisonnant, profond, fort bien écrit, le dernier roman de Louise Erdrich est à lire absolument, chers happy few.
Louise Erdrich, La malédiction des colombes (The plague of the doves), Albin Michel, traduit de l'améraicain par Isabelle Reinharez, 482 pages, août 2010 pour la traduction française, 2008 pour la parution en VO.
Ce billet peut être lu aussi sur Chroniques de la rentrée littéraire.
06:33 Écrit par fashion dans Littérature anglo-saxonne | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note
Commentaires
Écrit par : Cuné | 27.08.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : LVE | 27.08.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Bookomaton | 27.08.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : amanda | 27.08.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Cuné | 27.08.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : kathel | 27.08.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Papillon | 27.08.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : choco | 27.08.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Pickwick | 27.08.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Anne | 27.08.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Stephie | 28.08.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Joelle | 29.08.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Karine:) | 30.08.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Melanie B | 30.08.2010
Répondre à ce commentaire@lve : bah, quelle importance ?
@bookomaton : Cruella is my middle name. :-)
@amanda : il est chez Delphine, il va tourner. :-) (mouhahahaha)
@kathel : bonne lecture!
@papillon : c'est la journée des copiteuses. :-))
Écrit par : fashion | 30.08.2010
Répondre à ce commentaire@pickwick : je plaide non coupable, je suis innocente comme l'enfant qui vient de naître. :-)
@anne : je vois que tu es une vraie fan. :-)
@stephie : juste une quinzaine ? :-))
@joelle : bonne lecture!
@karine :) : not guilty, votre honneur. :-)
@mélanie b : mais oui. :-))
Écrit par : fashion | 30.08.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : thomas sabo charms | 15.09.2010
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