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30.05.2010
"The lunatic, the lover, and the poet are of imagination all compact"
Londres, XIXème siècle. Les Lamb sont une famille totalement dysfonctionnelle : le père est atteint de sénilité, la mère est castratrice et rigide, Mary, la fille, ne supporte plus le carcan dans lequel elle vit, prisonnière de son sexe (elle n'a pas fait d'études, est confinée à la maison, n'a pour seule occupation que la tenue du ménage et nul ne la demande en mariage, ce qui serait la seule échappatoire possible) et Charles, le fils, vivote dans un petit emploi de secrétaire tout en rêvant de devenir écrivain. La route de Charles et Mary croise un jour celle de William Ireland, fils d'un antiquaire spécialisé dans les livres, qui a découvert un document de la main de Shakespeare...
J'ai découvert l'existence de ce roman la semaine dernière chez Papillon, chers happy few, et quelle ne fut pas ma surprise de le trouver dans ma boîte aux lettres deux jours plus tard, par la grâce de la fabuleuse Caro[line], qui s'est dit en lisant ce même billet qu'un roman bâti autour d'une pièce prétendument manquante de Shakespeare ne pouvait que me plaire, puisque comme chacun le sait, j'ai développé à l'égard de cet auteur une obsession que je soigne à coups de lectures diverses et variées (j'ai acquis le Rough Guide qui lui est consacré, ce qui m'a permis d'entrer dans son oeuvre par la petite porte, j'ai lu ses sonnets en traduction anglaise contemporaine (les britons ont traduit ainsi toute son oeuvre pour la plus grande joie de ceux qui ne maîtrisent pas parfaitement le vocabulaire et la syntaxe élisabéthains), je les ai écoutés lus par des acteurs britanniques (au premier rang desquels David Tennant, on ne ricane pas, merci), je vais voir Macbeth vendredi soir au Globe (j'en couine d'avance, et j'ai pour l'occasion relu la pièce cette fois-ci en anglais (elle m'a paru plus facile d'accès qu'Hamlet, ferais-je de fulgurants progrès, chers happy few ?)) et ma prochaine lecture est la biographie de Shakespeare par Bill Bryson, oui, je suis monomaniaque, la vérité éclate enfin au grand jour la bougresse).
Et je dois dire que j'ai trouvé ce roman excellent, chers happy few. Peter Ackroyd, surtout connu pour ses biographies (il est l'auteur notamment d'un ouvrage sur Dickens), signe ici un roman parfaitement construit qui met en scène des personnages réels, au premier rang desquels Charles Lamb, le célèbre écrivain et essayiste, sa soeur, Mary et William Ireland, qui fabriqua de faux documents shakespeariens avant de devenir un prolifique auteur de romans gothiques. Ackroyd a repris de nombreux éléments réels et avérés, comme la maladie mentale de Mary et sa tragique conséquence ou encore les premiers pas de Charles dans la vie journalistique, mais il a aussi pris des libertés avec l'Histoire, créant entre les Lamb et Ireland une relation qu'ils n'ont a priori jamais eue, pour bâtir une intrigue solide et fluide que l'on lit comme un roman policier (même si le lecteur sait bien que les documents produits par Ireland ne peuvent pas être des vrais, on ne peut s'empêcher de se demander comment tout cela va finir). Ce roman est aussi, au-delà de la passionnante intrigue autour de Shakespeare, qui fascine les foules (la découverte de documents autographes et d'une pièce inconnue, Vortigern, suscite un enthousiasme impressionnant), la description d'un Londres tentaculaire, sale et souvent sordide, qui dévore ses habitants passifs et la triste histoire de jeunes gens entièrement soumis au bon vouloir de leurs parents dans une société qui les bride et leur dénie toute liberté, leur laissant pour seules portes de sortie l'art ou la folie. Je recommande chaudement.
Peter Ackroyd, The Lambs of London, Vintage, 216 pages, 2004
Merci encore Caro[line] !
Challenge Lire en VO
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11:36 Écrit par fashion dans Challenge Lire en VO, Littérature anglo-saxonne | Lien permanent | Commentaires (23) | Envoyer cette note | Tags : the lambs of london, peter ackroyd, charles lamb, thomas de quincey, william ireland, londres au xixème, taguons sérieux, ça nous change
Commentaires
Écrit par : Isil | 30.05.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Stéphanie | 30.05.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Mo | 30.05.2010
Répondre à ce commentaireCaroooooo !
Écrit par : Pimpi | 30.05.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Karine:) | 30.05.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : mrs pepys | 30.05.2010
Répondre à ce commentaireSTP peux -tu me renseigner: je viens de regarder l'épisode Doctor Who , celui sur et avec shakespeare (je sais, je n'avance guère, mais je fais durer le plaisir), et je ne comprends pas pourquoi Elisabeth 1ère connait le Docteur et lui en veut. J'ai dû rater quelque chose : un épisode de Noël? (mais ça m'étonnerait) ou bien c'est Torchwood? (pas encore commencé à visionner).
Écrit par : keisha | 30.05.2010
Répondre à ce commentaireEt merci Pimpi et Karine !!!! ;)
Écrit par : Caroline | 30.05.2010
Répondre à ce commentaire(allez, faut pas m'en vouloir, c'est lundi matin pour tout le monde, après tout)
Écrit par : erzébeth | 31.05.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Joelle | 31.05.2010
Répondre à ce commentaire@stéphanie : la mienne fond comme neige au soleil, va falloir que je l'alimente. :-))
@mo : parce que tu crois vraiment qu'un jour nous aurons épuisé nos PAL ? Mouhahahahaha. J'ai fini par accepter le fait que la mienne fasse partie intégrante de ma chambre, limite de ma personnalité, vu que je me la trimballe depuis des lustres, voire même des décades. :-))
@pimpi : je plussoie. :-))
Écrit par : fashion | 31.05.2010
Répondre à ce commentaire@mrs pepys : merci!
@keisha : cette histoire avec Elisabeth n'est jamais expliqué mais il y a de nouveau une allusion dans le premier épisode de la saison 5 et j'en ai déduit que ce coquinou de Docteur avait peut-être séduit Sa Majesté... :-))
@caroline : ma passion dévorante et moi-même te remercions encore. :-))
@erzébeth : je cache hyper bien mon jeu, call me Mata-Hari. :-)
@joelle : c'est ce que j'aime dans la blogo, nous parlons de romans dont personne d'autre ne parle et ça c'est bon. :-)
Écrit par : fashion | 31.05.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Mo | 31.05.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : fashion | 01.06.2010
Répondre à ce commentaire(Caro)line, tu ne veux pas devenir mon amie?
Je suis super tentée par ce livre moi aussi! En plus je n'ai jamais lu Ackroyd.
Tu sais que grâce à toi je me remets à Shakespeare? Et je ne sais pas si c'est lié, mais je découvre aussi Racine (et je kiffe!).
Écrit par : casanova | 01.06.2010
Répondre à ce commentaireAlors, pour les crochets :
1/ le crochet du début, c'est la touche ALT GR + la touche 5 en haut (qui fait aussi la parenthèse du début)
2/ le crochet de la fin, c'est la touche ALT GR + la touche ° en haut (qui fait aussi la parenthèse de la fin)
Maintenant, tu peux me copier 10 fois Caro[line].
Ensuite seulement j'envisagerai ta candidature en tant qu'amie. :D
Écrit par : Caro[line] | 01.06.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : yueyin | 01.06.2010
Répondre à ce commentaire@caro[line] : quand je pense que tu es devenue mon amie alors que j'oubliais systématiquement les crochets, quelle abnégation! :-)))
@yueyin : je n'oserais pas t'achever, je t'aime trop pour ça. :-)))
Écrit par : fashion | 01.06.2010
Répondre à ce commentaireCaro{line}, Caro{line}, Caro{line}, Caro{line}, Caro{line}, Caro{line}, Caro{line}, Caro{line}, Caro{line}, Caro{line},
c'est vraiment tout pourri, j'en suis fort marrie. Je n'ai vraiment aucune chance alors?
en revanche, j'ai découvert comment faire plein de trucs cools: • ø æ ® † œ € @ µ ¬ ƒ ∂ ‹ ≈ © ◊ ß ~ ∞ … ÷ ≠
Écrit par : casanova | 02.06.2010
Répondre à ce commentaireBon, si tu veux, tu seras celle qui m'appelle Caro{line}, ce sera ton truc à toi ! ;-) (Tu as un clavier azerty ou qwerty ?)
Ou appelle-moi Caroline tout simplement. ;-)
Écrit par : Caro[line] | 02.06.2010
Répondre à ce commentaire@caroline : tu ne crois pas que casanova a un Mac ? :-)))
Écrit par : fashion | 02.06.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Caro[line] | 02.06.2010
Répondre à ce commentaire@ Fashion: c'est la pomme qui t'as mise sur la voie? ;)
Écrit par : casanova | 03.06.2010
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