« Où est mon marque-page ? | Page d'accueil | Bite me, Brody »
03.04.2010
Save thou, my rose...
Un jeune homme, qui menait une vie dissipée à Berlin, est envoyé par son père finir ses études dans une université de province, où il fait la connaissance d'un vieux professeur de littérature anglaise charismatique et apparemment lunatique. Entre les deux hommes se développe une relation complexe dans laquelle s'immisce la jeune femme du professeur.
La confusion des sentiments, court roman de Stefan Zweig qui raconte rétrospectivement la courte et intense relation pour le moins ambigüe qui a uni le narrateur alors jeune homme à son professeur de littérature, est ici adapté pour le théâtre par Thierry Debroux qui a pris le parti à la fois de recentrer le récit en se débarrassant du récit cadre, procédé très littéraire mais bien peu théâtral et de le densifier par le recours à l'oeuvre de Shakespeare, qui est le sujet d'étude du vieux professeur. Le résultat, pour le moins étonnant, est un huis-clos saisissant, entre trois personnages qui ne peuvent se comprendre et encore moins se rejoindre. Le professeur, brillamment incarné par Pierre Santini, cache son homosexualité sous un comportement qui peut paraître étrange, déchiré qu'il est entre son attirance pour son élève et la vie à la calme façade qu'il s'est créée, en butte aux reproches de sa femme (Muriel Jacobs), dont la souffrance (elle est en mal d'amour et en mal d'enfant) est presque palpable. En face de lui, un jeune homme (Nicolas d'Oultremont) s'ouvre grâce à la passion et à l'enthousiasme des cours auxquels il assiste à la littérature en découvrant les oeuvres du grand William, qui se mêlent à la pièce qui s'ouvre d'ailleurs sur la récitation du sonnet CIX. Certains passages de Hamlet ou encore d'Othello sont joués par les personnages, passages soigneusement choisis qui retentissent sur la pièce en éclairant la personnalité de ces trois personnages qui s'affrontent et s'aiment finalement, même si c'est peu, mal et à contre-temps. La mise en scène, qui tire un excellent parti d'un espace scénique réduit grâce à un jeu d'élastiques qui servent de cloisons et de miroirs sans tain derrière lesquels les personnages se dissimulent pour mieux se mettre à nu, participe de la réussite de cette adaptation, qui m'a, vous l'avez compris chers happy few, profondément séduite. Une réussite, à voir au Théâtre Mouffetard jusqu'au 30 avril.
La confusion des sentiments, adaptation et traduction de Thierry Debroux, mise en scène Michel Kacenelenbogen, avec Pierre Santini, Muriel Jacobs et Nicolas d'Oultremont.
Théâtre Mouffetard, 73 rue Mouffetard, 75005 Paris.
Représentations jusqu'au 30 avril, du mercredi au vendredi à 20h30, samedi à 17h et 21h, dimanche à 15h, matinée supplémentaire le mardi 27 avril à 18h. Prix des places : 22€, 15€ (tarif réduit), 10€ (tarif abonné).
13:40 Écrit par fashion dans Au théâtre ce soir | Lien permanent | Commentaires (29) | Envoyer cette note
Commentaires
Écrit par : amanda | 03.04.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Kikine | 03.04.2010
Répondre à ce commentaireJe découvre votre blog, drôle de coïncidence, le jour où vous présentez un spectacle qui vient de par chez moi (Bruxelles).
Je pense, si j'ai bien compris, que vous êtes également prof?
Très chouette blog sur lequel je reviendrai sans aucun doute!
Écrit par : Voyelle et Consonne | 03.04.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : keisha | 03.04.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Nanne | 03.04.2010
Répondre à ce commentaire@kikine : c'est un exercice difficile, c'est tout à fait vrai. Et parmi les copines présentes, les avis sont allés de "excellent" (Stephie, Mo, moi-même) à "non, non, où est Stefan ?" (Caro[line], who else ?) en passant par "pas mal". J'ai vraiment été emballée, et William a été la cerise sur le gâteau, évidemment. :-))
@voyelle et consonne : bienvenue! Je suis effectivement prof, nul n'est parfait. :-))
@keisha : non, il y a un Moldave, un vrai de vrai ??? Il faut que j'y aille (en plus j'entretiens une passion coupable pour Lucchini, voilà c'est avoué, je me sens beaucoup mieux :-))!
@nanne : j'avoue que La confusion des sentiments n'est pas mon roman préféré de Zweig...
Écrit par : fashion | 03.04.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Fantômette | 03.04.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Karine:) | 04.04.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Voyelle et Consonne | 04.04.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Bénédicte | 04.04.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Stephie | 04.04.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Mo | 04.04.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : anjelica | 04.04.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : yueyin | 04.04.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : yueyin | 04.04.2010
Répondre à ce commentaire@karine :) : tu vas être encore plus jalouse fin avril alors, pauvre de toi... (mais c'est pas grave parce qu'on aura fait les folles ensemble à Berlin :-))
@voyelle et consonne : farpaitement. :-)
@bénédicte : absolument!
@stephie : ah ça va hein ? :-))
@mo : Santini m'a bluffée, je confirme!
@anjelica : c'est vrai qu'à Paris, on n'a que l'embarras du choix...
@yueyin : sorry, miss...
Écrit par : fashion | 04.04.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Lou | 05.04.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : fashion | 05.04.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Melanie B | 08.04.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Celsmoon | 08.04.2010
Répondre à ce commentaire@celsmoon : heureusement que je suis là pour te rappeler à tes devoirs, vilaine. Tu vas être flagellée. :-D
Écrit par : fashion | 08.04.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Celsmoon | 10.04.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : fashion | 13.04.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Melanie B | 15.04.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : fashion | 15.04.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Caro[line] | 26.04.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : fashion | 26.04.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : casanova | 18.05.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : fashion | 18.05.2010
Répondre à ce commentaireÉcrire un commentaire