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14.02.2010
Au coeur des ténèbres
Jim Fenn décide de passer une année sur une île sauvage du sud de l'Alaska avec son fils de 13 ans, Roy. Jim espère renouer le dialogue avec ce fils qu'il connaît peu mais il n'a pas correctement préparé leur séjour, qui s'avère matériellement tout de suite beaucoup plus problématique que prévu, sans compter que Jim n'a pas résolu ses problèmes personnels qui l'ont conduit au divorce et à la dépression. Les relations entre le père et le fils, tendues dès le départ, se dégradent rapidement...
Je n'avais pas vraiment envie de lire ce roman, chers happy few, certainement en raison du battage dont il a été victime lors de sa sortie en janvier, car je dois bien reconnaître que d'une manière tout à fait paradoxale, à force de lire des billets sur les mêmes titres, mon intérêt va décroissant, my bad. Et je l'aurais volontiers laissé de côté ad vitam aeternam s'il n'avait pas fait partie de la sélection de février pour le prix des lecteurs de l'Express, me forçant donc à l'ouvrir. Sukkwan Island est un court roman publié par Gallmeister dans sa collection Nature Writing et il s'y inscrit parfaitement, l'Alaska étant le troisième personnage de ce huis-clos, et certainement le plus intéressant. Terre à la fois sauvage et lumineuse, elle est pour Jim comme une bouée de sauvetage, persuadé qu'il est que grâce à elle ses relations avec son fils et de manière plus générale sa vie dans son ensemble vont s'améliorer. Il y pleut, il y neige, on y pêche le saumon, on y chasse l'ours et on y est surtout extrêmement isolé, contraint de faire face à ses propres démons. Et ce sont bien les démons de Jim qui resurgissent lors des quelques mois qu'il y passe avec Roy : incapacité à s'organiser rendant le quotidien difficile, veulerie, lâcheté, volonté de se faire plaindre en culpabilisant un fils fragile, mauvaise appréciation de la distance à maintenir avec un ado..., Jim est un personnage aux défauts envahissants, incapable de se remettre en question et de se comporter comme un adulte. Face à lui, Roy a enfilé un costume trop grand pour lui, celui de l'enfant qui veut sauver son père de lui-même, avant de se rendre rapidement compte que les dés étaient pipés depuis le début. Le roman décrit donc de manière plutôt fine l'évolution des relations difficiles entre le père et le fils, relations qui tournent rapidement court avant de culminer dans le fameux événement de la page 113 dont je ne dirai rien, événement qui change le point de vue narratif, et pour cause. Si d'un point de vue psychologique le roman est bon, le style assez plat, la deuxième partie pour le moins longuette et répétitive et la fin téléphonée en font un roman que je trouve inabouti, chers happy few.
David Vann, Sukkwan Island, Gallmeister, traduit de l'américain par Laura Derakinski, 192 pages, janvier 2010
Ils sont très convaincus : Brize, Cathulu, Cuné, Cryssilda, Emeraude, In Cold Blog, Keisha, Papillon, Second Flore, Stephie, Virginie, Ys
Elle a un avis mitigé : Leiloona
Elles ont détesté : Caro[line], Delphine
Un compte-rendu très intéressant de la rencontre organisée par l'éditeur entre l'auteur et les blogueurs chez ICB.
23:24 Écrit par fashion dans Littérature anglo-saxonne | Lien permanent | Commentaires (29) | Envoyer cette note | Tags : sukkwan island, david vann, alaska, relations père-fils, saumon et crabes, ours et forêts
Commentaires
Écrit par : Aurore | 15.02.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Stephie | 15.02.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : pimprenelle | 15.02.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : keisha | 15.02.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Emma | 15.02.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Bookomaton | 15.02.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Bookomaton | 15.02.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Pickwick | 15.02.2010
Répondre à ce commentaireJe ne liis presque pas de livres décrivant la vie en pleine nature, même bien écrits, cela m'ennuie... je préfère le milieu urbain. Il faut vraiment que les blogueurs aient insisté sur le suspense psychologique insoutenable !
Je ne suis pas encore prête à pêcher la truite au joli nom "Dolly Varden..."
Écrit par : Dominique | 15.02.2010
Répondre à ce commentaireHabituée à passer ici anonymement, je me décide à intervenir pour une fois.
J'ai justement publié une note sur ce livre hier et comme toi, j'ai aussi trouvé cette seconde partie du livre longue et répétitive, mais je pense que justement cela servait la nouvelle situation du père. Et que cette narration reflétait son parcours. Difficile de dire les choses exactement sans faire allusion à l'histoire en elle-même.
Bon la fin, effectivement...
Écrit par : tulisquoi | 15.02.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Caro[line] | 15.02.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : will | 15.02.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : bladelor | 15.02.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Karine:) | 15.02.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Ankya | 15.02.2010
Répondre à ce commentaireThe same for me... ce qui signifie que je ne suis guère attiré par ce titre, en dépit de nombreux billets louangeurs.
En ce moment, je nage dans un livre de Georges Flipo... mais pas dans celui qui fait actuellement l'actu!
Écrit par : DF | 15.02.2010
Répondre à ce commentairePeut-être que son prochain titre te semblera plus abouti !
Écrit par : Choco | 15.02.2010
Répondre à ce commentaire@stephie : je me lasse vraiment de ce matraquage subi par certains titres, surtout quand les avis vont tous dans le même sens. Quand les avis divergent au moins on a envie de se faire sa propre opinion, quand tout le monde crie au génie, moi je n'ai pas envie de lire... Et je dois bien reconnaître que les lectures communes me font le même effet, parce que ce que j'aime dans les blogs, c'est la diversité des goûts et des marottes de chacun.
@pimprenelle : moi c'est la deuxième partie qui m'a ennuyée. Je trouve cet auto-apitoiement de Jim insupportable.
@keisha : la nature et moi ne faisons pas bon ménage du tout (sauf avec Barbara Kingsolver que j'aime d'amour fou) mais là, j'ai limite eu envie de faire un tour en Alaska. Limite. :-))
Écrit par : fashion | 16.02.2010
Répondre à ce commentaire@bookomaton : oui, la relation entre le père et le fils est très finement décrite. Heureusement. :-)
@pickwick : les avis sont globalement très positifs, nous sommes peu à avoir un autre avis.
@dominique : je n'aime pas la pêche, Dolly ou pas Dolly. :-))
@tulisquoi : le discours en boucle est effectivement le reflet de l'état perturbé du père mais il aurait quand même mérité d'être resserré, il n'en aurait eu que plus de force.
@caro[line] : mais nous savons tous ce que tu en penses. :-))
@will : il sortira peut-être en poche, il a l'air de bien marcher...
@bladelor : je n'ai pas encore fait de liste pour le read-a-thon, je crois que je ne vais choisir que le premier titre, on verra pour la suite!
@karine :) : tu sais, je suis une fille de la ville et j'aime bien la nature en littérature alors...
@ankya : :-))
@DF : ah eh bien nous sommes plusieurs à en avoir assez de lire toujours des critiques sur les mêmes titres.
@choco : ce roman est en fait une nouvelle publiée dans un recueil. Je pense que ceci explique en partie cela. Et sachant que l'auteur a puisé dans sa propre histoire, j'attends maintenant de voir ce qu'il a à raconter...
Écrit par : fashion | 16.02.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Pickwick | 16.02.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : fashion | 17.02.2010
Répondre à ce commentaireEt cette sélection pour ce prix ? Est-elle bonne ? (Tu as le droit d'en parler avant la fin du prix ?) N'est-ce pas trop difficile de suivre le rythme imposé ?
Écrit par : Leiloona | 17.02.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Joelle | 17.02.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Emeraude | 17.02.2010
Répondre à ce commentaire@joelle : ce n'est pas plus mal d'attendre parfois, ça permet de prendre du recul parce que j'ai l'impression que les avis positifs ont tendance à s'attirer les uns les autres, il y a une espèce d'effet boule de neige et les voix dissonantes apparaissent souvent quand le soufflé retombe un peu justement...
@emeraude : ben voilà, pareil pour moi. Un bon roman mais qui n'est ni génial ni si surprenant que ça. Et la deuxième partie est trop longue, je persiste et je signe. :-))
Écrit par : fashion | 18.02.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : le Merydien | 18.02.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : fashion | 20.02.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : yueyin | 21.02.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : fashion | 21.02.2010
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