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30.12.2009
There shall be no evil
1600. Solomon Kane, brute sanguinaire assoiffée d'or, mène ses soldats au coeur d'une citadelle lourdement défendue, dans le désert africain. Mais alors qu'il est parvenu à la salle du trésor, le collecteur d'âmes du Diable vient réclamer son dû : il proclame que l'âme de Kane appartient au Malin. Parce qu'il a beau avoir commis les pires atrocités, il n'en demeure pas moins chrétien (oui, je sais, dit comme ça, c'est étonnant mais ça s'explique finalement plus tard), Solomon refuse de céder : il s'enfuit et tente de se racheter une conduite en donnant sa fortune à l'Eglise et en se retirant dans un monastère anglais. Mais s'il croit s'en tirer à si bon compte, il se trompe le bougre car en ces temps troublés où règnent en maîtres les plus forts et les plus odieux, l'humanité a besoin du bras d'un homme qui n'a peur de rien, et surtout pas du Mal...
C'est en 1928 que Robert E. Howard, surtout connu pour le personnage de Conan, crée Solomon Kane, bras vengeur de Dieu qui décime sans pitié tout ce que le Mal peut envoyer ramper sur la Terre. Ce personnage dont on ne sait rien, nommé d'après le roi Salomon, évolue dans un monde de dark fantasy extrêmement noir : puritain et fanatique, taciturne et solitaire, d'un courage qui frôle parfois la folie suicidaire (il se lance toujours dans la bataille avec le sourire du martyr), il se pose en protecteur des faibles et des opprimés dans une grosse dizaine de nouvelles que Bragelonne a eu la bonne idée de retraduire l'année dernière (j'ai pour ma part lu la version qui était jusque là uniquement disponible chez Fleuve noir et qui souffrait d'une traduction à la fois sèche, approximative et manifestement lacunaire).
Ce sont les origines de ce personnage que se propose de raconter l'adaptation cinématographique Solomon Kane, ce qui constitue à n'en pas douter à la fois la force et la faiblesse du film. Force car le scénario présente un personnage cohérent, manipulé en partie par des forces qui le dépassent, victime de son histoire familiale et bien décidé à utiliser enfin son libre-arbitre, véritable machine de guerre ultra violente finalement bien à sa place dans un monde très noir, et faiblesse car à ne raconter que la création d'un mythe, il vient un moment où l'histoire s'essouffle et où le spectateur finit par se demander si on va lui raconter quelque chose qu'il n'aurait pas vu venir (la réponse est non, autant tuer tout de suite le suspense, chers happy few). La grande réussite du film est sans conteste la mise en place d'un cadre glauque à souhait : il pleut et il neige sans cesse sur cette Angleterre oubliée de Dieu où catholiques et protestants se battent sans arrêt et où les sorciers et les démons marchent à visage découvert. Dans ces conditions, le peuple tente de survivre en se faisant tout petit, à la merci des brigands et des prêtres fous. Certains passages ressemblent à du Howard pur jus comme la rencontre avec le prêtre qui nourrit ses ouailles de bien drôle de manière ou le personnage de la sorcière mais l'histoire reste banalement prévisible (que celui qui ne devine pas tout de suite ce qui se trame dans l'ouest lise les oeuvres complètes de Marc Lévy, tiens, ça lui apprendra à ne pas repérer les indices visibles comme le nez de Cléopâtre). On sent bien que ce n'est là que la première pierre d'un édifice qui pourrait être amené à grandir si le succès est au rendez-vous et franchement, rien que pour voir James Purefoy (choisi pour son nom peut-être, qui n'aurait pu mieux tomber) manier les pistolets et les épées (oui, cet homme a toutes les armes en double ou triple exemplaire histoire d'être prêt à tout) avec une dextérité qui n'a d'égal que son regard profond, ça vaut le coup de se déplacer chers happy few.
Solomon Kane de Michael J. Bassett, à l'affiche actuellement mais à mon avis pas partout, parce que le bon goût n'est hélas pas la chose la mieux répandue au monde.

L'intégrale des nouvelles disponible chez Bragelonne dans une édition non censurée et complète et que j'ai évidemment bien envie de me procurer car la chair est faible hélas, surtout la mienne, chers happy few.
07:31 Écrit par fashion dans De l'écrit à l'écran, Et ce soir, au cinéma de minuit... | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note

Commentaires
Écrit par : Neph | 30.12.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Karine:) | 30.12.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : chiffonnette | 30.12.2009
Répondre à ce commentaireOui, je l'ai vu et... on était quatre dans la salle. La faute à Avatar qui passait en même temps. Décidemment, ce film écrase tout.
Je trouve que Solomon a vraiment le même style de vêtements que Hellsing (dans Van Hellsing) et ressemble un peu à Hugh Jackman à certains moments. Mais dans l'ensemble, j'ai aimé le film !^^
En même temps, j'adore les combats et effets spéciaux !^^
Écrit par : Moonrise | 30.12.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : yueyin | 30.12.2009
Répondre à ce commentaire@karine :) : hé, hé, tu es bien facilement corruptible, je trouve. :))
@chiffonnette : noooon ??? Mais que fais-tu ??? :D
@moonrise : je suis d'accord, Purefoy ressemble beaucoup à Hugh. J'ai malheureusement l'impression que ce film ne fera pas recette, et il ne le mérite pas moins qu'Avatar, qui est à mon avis un film banal : si les effets spéciaux n'étaient pas si bluffants, on n'en ferait pas toute cette montagne car l'histoire a franchement été vue et revue.
@yueyin : tu imagines bien que j'ai pensé à toi avant, pendant et après le film. :)))
Écrit par : fashion | 30.12.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Ankya | 31.12.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : fashion | 31.12.2009
Répondre à ce commentaireC'était risible et même un bel homme ne sauve pas un film :( De plus, j'ai trouvé que c'était hyper mal joué, que ce soit Salomon Kane, Mérédith ou son père !
Écrit par : anjelica | 01.01.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : fashion | 02.01.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Theoma | 02.01.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : fashion | 05.01.2010
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