(Ce billet est le résultat d'un harcèlement de tous les instants, subi de la part de certaines LCA que je ne veux pas nommer. Pour toute réclamation, adressez-vous donc à Caroline, Chiffonnette et Delphine, elles transmettront.)
Comme vous le savez déjà, perspicaces happy few, j'ai un net penchant pour les films de la lose, aussi appelés daubes par des esprits forcément chagrins. J'aime voir à l'écran des explosions, de la castagne, des scènes abracadabrantes, des histoires qui tiennent sur un timbre-poste et des répliques à deux balles, à croire que j'ai été un homme dans une vie antérieure. Il était donc évident que je finisse par me retrouver dans une salle obscure devant
(Quelle belle affiche, aux couleurs toutes symboliques et à la composition de maître, pas moins.)
Faut-il vraiment que je pitchasse, chers happy few déjà atterrés par ce qui va suivre ? (Bon en même temps, c'est vrai que l'intrigue est retorse.) (Nan, je déconne, elle est sacrément retorse.) Dans un futur proche, une entreprise d'armement, Mars industries, dirigée par McCullen (Christopher Eccleston qui a provoqué une légère syncope chez la who-addict que je suis) met au point des ogives contenant des nanobots qui attaquent le métal, pouvant provoquer ainsi la destruction de villes entières. Les ogives, sous la protection de l'armée américaine, quittent les usines du Kirghistan, mais le convoi tombe dans un guet-apens (avouez que le suspense est monté d'un cran, chers happy few). Nos deux héros, Duke (Channing Tatum, transparent mais musclé) et Rip (Marlon Wayans pas aussi énervant que d'habitude) se battent avec bravoure (ce sont des hommes, des vrais, des purs, des durs, des tatoués) mais les ennemis sont suréquipés et menés par... Ana (Sienna Miller, jolie et manifestement choisie pour sa capacité à porter la combinaison en latex sous toutes les latitudes), l'ex de Duke (voyez-vous se profiler la partie "émoi et psychologie", chers happy few ?). Notre pauvre militaire ne peut bien sûr pas la tuer (il a un coeur sous sa mâchoire virile), et c'est alors qu'intervient une autre équipe de choc, les Joe, qui mettent les ennemis en fuite. Les gentils se rendent ensuite dans la base secrète des Joe sous le désert et cogitent très très fort pour comprendre qui est le méchant (moi j'avais deviné mais ils ne m'ont pas écouté les bougres). S'engage alors une course-poursuite aux ogives de presque deux heures (oui, mais ça passe très vite, je vous assure, limite ça aurait pu être plus long) (limite).

(Ah, Christopher, tu portes si bien la cravate et l'accent écossais que c'en est un péché.)
Pour dire les choses avec cette honnêteté qui m'honore chers happy few, je suis allée voir ce film uniquement sur le nom de son réalisateur, car Stephen Sommers est peut-être un détail pour vous mais pour moi il veut dire beaucoup : d'Un cri dans l'océan à La Momie, en passant par Van Helsing et Le Roi scorpion (au scénar uniquement), Sommers est un homme qui sait ce que nanar de qualité veut dire et qui le prouve avec talent. Et G.I Joe, côté réalisation, est comme d'habitude avec Sommers au-dessus du tout-venant nanardesque, même si les effets spéciaux, parfois trop ambitieux, peuvent prêter à sourire (mais pas à rire parce que Bienveillance is my middle name). Evidemment le scénario est simplissime et déjà vu et revu, mais attention, on y décèle des références kulturelles de haute volée (le masque de fer y fait une apparition, les duels à l'épée avec des adversaires en blanc et noir ressemblent à Star Wars (mais inversés, quelle réécriture de folaïe), et on y revisite le mythe de l'Atlantide). Jetons un voile pudique sur l'interprétation de certains (Dennis Quaid a manifestement décidé de s'auto-caricaturer en toute lucidité, pauvre de lui, Saïd Taghmaoui est condamné à suivre les autres en tenant un ordi de poche manifestement piqué à Tosh sans jamais avoir une seule scène de combat), sur la vision de Paris (pour aller de la rive gauche à la rive gauche, le GPS les fait passer par la rive droite, j'ai toujours dit que c'était pas fiable ces bêtes-là) et sur le côté comic-book assumé (la fin, avec la naissance de Destro et du Commander est de toute beauté, au moins), et ne voyons dans ce film que ses bons côtés : l'exaltation de la solidarité et des talents internationaux des gentils face à des méchants qui ont oublié l'adage rabelaisien (voilà ce que c'est de sécher les cours de Lettres pour se concentrer uniquement sur ceux de "Bad Boyitude, Manipulation d'ADN et Mégalomanie"). Le spectateur impressionné devant tant de philosophie, bée d'aise devant les apparitions d'Arnold Vosloo et de Brendan Fraser (oui, j'ai mauvais goût, j'assume), prend des leçons de "sexytude on ze banquise", apprend deux mots en gaélique et anticipe tranquillement le peu de révélations distillées dans le cours de l'intrigue. Un film totalement bourrin, complètement décomplexé et donc parfaitement jouissif.
G.I Joe, de Stephen Sommers, à l'affiche partout où on sait ce que nanar veut dire (et croyez-moi, c'est tout un art), 118 mn, 2009.
Commentaires
(Bon et parce que je suis bavarde) : Ce billet aurait manqué à notre culture lol
Écrit par : uncoindeblog | 12.08.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : uncoindeblog | 12.08.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : fashion | 12.08.2009
Répondre à ce commentaireJe crois me souvenir aussi que tu ne manges jamais de pop-corn au ciné, mais n'est-ce pas un élément essentiel pour survivre à ce genre de film ?
Ta bravoure m'émeut presque, tu sais. :)
Écrit par : erzébeth | 12.08.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Ori | 12.08.2009
Répondre à ce commentaire(quelle tristesse qu'il ne passe pas dans MON ciné quand même...)
Écrit par : papillon | 12.08.2009
Répondre à ce commentaireSi au moins c'était canicule dehors on aurait l'excuse de se planquer dans les salles obscures pour la clim, mais là, franchement...
(Non, en fait, j'adore ces films-là et il y a même de fortes chances que j'aille voir Gi Joe. Peut-être.)
Écrit par : Nataka | 12.08.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : LVE | 12.08.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Karine :) | 12.08.2009
Répondre à ce commentaire@ori : ah il me disait bien celui-ci aussi : bien nanardesque ou pas assez ?
@papillon : tu as tout compris. :)))
@nataka : ah, Sexy dance et Sexy Dance 2, deux chefs-d'oeuvre du 7ème art. Personnellement, je ne m'en suis pas encore remise. :)))
@lve : tsss, tu ne sais pas ce qui est bon... :)))
@karine :) : je suis morte de rire en lisant ton commentaire : il n'y a que 2 mots, tu sais (Teine et Cugh Mag)(orthographe approximative), je crois que c'est un peu juste pour décrocher une UV. :))))
Écrit par : fashion | 12.08.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : chiff' | 12.08.2009
Répondre à ce commentaire(Et Erzébeth n'a pas une bonne mémoire, elle est jeune, c'est tout... :-)))
Écrit par : Caro[line] | 12.08.2009
Répondre à ce commentaireEt pourquoi, oh pourquoi ils ont mis les deux têtes d'affiche de "La Momie" s'ils ne se rencontrent même pas ? Et puis Dennis Quaid, qui est si séduisant d'habitude, m'a profondément horripilée avec son béret, et il est vraiment trop fort : il se fait éventrer lundi, est en fauteuil roulant mardi, marche à la canne le mercredi matin, et part à l'assaut des méchants l'après-midi. Il est vraiment trop fort.
Écrit par : Emma | 12.08.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Ys | 12.08.2009
Répondre à ce commentaireMa moitié a aimé... c'est un homme, je lui ai pardonné. Nobody's perfect! :D
Écrit par : Pimpi | 12.08.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Moonrise | 12.08.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : maijo | 12.08.2009
Répondre à ce commentaire;-)))
Écrit par : Sibylline | 12.08.2009
Répondre à ce commentairemais bon, le chemin était trop court pour tenir le spectateur en haleine :)))
AAAaaaahhhhhh failli défaillir en aprecevant Brendan
Écrit par : Stéphanie (blog en pause) | 12.08.2009
Répondre à ce commentaireje crois qu'il y a un film qui sort sur des Titans bientôt (enfin, bientot je sais pas) et même si c'est de la daube, j'irai le voir, juste pour Sam Worthington.. na! quant à Joe et ses cobras, j'attendrai le passage télé!
Écrit par : choupynette | 13.08.2009
Répondre à ce commentaire@caroline : c'est vrai qu'elle est sacrément jeune la bougresse... ;)
@emma : je n'ai pas vu le mime, tiens, je devais être trop occupée à tenter de suivre l'action si compliquée. :)))
@ys : des nanobots, ce sont des robots tout petits petits, tu sais, la nanotechnologie (quand même, ton double lit bien de la SF, non ?:))). "Victoria" ne joue plus dans les grandes salles où je vais, et non, je ne l'ai pas vu, je ne suis pas très film en costume, j'avoue tout, le dernier que j'ai vu doit être "The duchess" et je me suis ennuyée...
@pimpi : ah, mais quelle idée aussi de le voir en VF! Je l'ai vu en VO, of course et il a pris un accent écossais très (trop ?:)) prononcé : j'adore!!! :)))
@moonrise : cette Ys, alors... quel tyran! :D
@maijo : que passent-ils d'ailleurs, tiens, en Chine ? Doublent-ils les films ?
@sibylline : c'était un peu le but de faire rigoler les copines. But atteint, donc. :)))
@stéphanie : oui, Brendan était parfait. En toute simplicité et comme d'habitude. :)))
@choupynette : il s'agit de "Clash of the Titans", avec aussi Ralph "aaaah" Fiennes, entre autres. Il sortira en 2010. Tu as le temps d'aller voir "G.I Joe" en attendant... :D
Écrit par : fashion | 13.08.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Ys | 13.08.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : fashion | 13.08.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Pimpi | 13.08.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : hydromiel | 13.08.2009
Répondre à ce commentaire@hydromiel : bienvenue au club. :)))
Écrit par : fashion | 14.08.2009
Répondre à ce commentaireMais bon j'ai plus ma carte UGC alors pas de danger que j'aille voir ça! :)
Écrit par : Cryssilda | 14.08.2009
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