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23.07.2009

Un amour

le roman d'oxford.jpgLe narrateur, un Madrilène proche de la quarantaine, raconte les deux années qu'il a passées à Oxford comme professeur de méthodologie et de traduction espagnoles. Désoeuvré (il donne très peu d'heures de cours), désorienté (Oxford est un univers très spécial), il entame une liaison avec une de ses collègues, Clare, mariée, et il se lance dans la recherche des oeuvres de Gawsworth, un écrivain oublié...

 

Ce septième maillon de la Chaîne est arrivé chez moi de sa précédente lectrice orné d'un post-it vert qui proclamait "Bon courage!", mais comme je suis une aventurière (c'est pas moi qui le dis mais le test H. que tout le monde a fait ces derniers jours), je suis passée outre cet avertissement. Et ? vous demandez-vous, en toute simplicité et en français, car vous parlez couramment les deux langues, chers happy few talentueux. Et le bilan est mitigé, chers happy few (oui, je lève tout de suite l'insoutenable suspense, ne me remerciez pas, vous le valez bien). L'aspect le plus réussi de ce roman est sans conteste sa description des moeurs oxoniennes : les high tables, ces repas entre dons de différents colleges sont drôlatiques, tant le cérémonial extrêmement guindé qui est censé les présider (on doit parler exclusivement à ses voisins de droite et de gauche et minuter les conversations) est perverti par l'alcool qui coule à flot (le président de la tablée fait changer les plats en tapant du maillet mais comme il est ivre mort il tape sans discontinuer ce qui perturbe les serveurs et empêche les convives de toucher aux plats), de même que la description d'un cours de version espagnole (le narrateur invente des étymologies fantaisistes pour éviter de ne pas répondre aux questions embarrassantes des élèves). Certains personnages, qui font partie de ce petit monde sont eux aussi parfaitement campés et plutôt émouvants dans leurs travers, comme Will, le gardien dans la guérite qui chaque jour revit une journée de son passé, Cromer-Blake, le professeur frappé par la maladie ou Toby Rylands, la sommité littéraire qui en fait n'a pas écrit une ligne depuis sa retraite même s'il fait croire le contraire à tout le monde. Mais ce qui aurait pu être un roman ironique sur l'université oxonienne est desservi par un style d'une grande lourdeur qui use et abuse des parenthèses répétitives (l'information contenue dans la parenthèse est exactement la même que celle qui nous a été donnée quelques lignes plus haut), lui-même englué dans une narration faussement éclatée qui est censée suivre le fil des souvenirs du narrateur, mais qui le conduit à des répétitions. On a l'impression de lire une espèce d'éducation sentimentale disparate, dans le ton et dans la forme, qui met en scène un jeune homme un peu perdu qui garderait de ces deux années un souvenir des plus flous et qui n'arriverait pas à expliquer en quoi ces deux années l'ont transformé (ou non). C'est dommage parce que certains passages sont très réussis et l'histoire de Gawsworth, l'écrivain oublié et de la mère de Clare, aurait valu à elle seule un roman.

 

 

Javier Marias, Le roman d'Oxford (Todas las almas), Folio, traduit de l'espagnol par Anne-Marie Geninet et Alain Keruzoré, 330 pages, 2006 pour cette traduction, 1989 pour la première parution et pour la première traduction.

 

 

Ce roman est le choix de Lune de Pluie. Bookomaton, Karine, Doriane, Stephie et Bladelor l'ont abandonné. L'avis d'Hathaway

 

 

chainebis.jpg

(7/25)

(Voilà qui fera taire les mauvaises langues, non mais.)

 

Commentaires

Tiens moi aussi je suis une aventurière ! Mais en fait j'ai un peu orienté mes réponses, par crainte de me retrouver avec un bellâtre. A choisir, je préfère encore un mauvais garçon... Sinon je ne fais que survoler ton billet. Je note seulement que tu sembles avoir fini ce roman, ce qui est déjà remarquable !

Ecrit par : levraoueg | 23.07.2009

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Mon aussi je suis une aventurière il parait, doit y avoir un bug...
Tu devrais donner un cours de parenthèses à Javier marias, tu les manies très bien, par contre, les paragraphes pendant les vacances, c'est en option ? (oui, j'ai décidé d'être désagréable ce soir, pour que tu penses tout plein à moi quand je ne serai pas là !). Malgré tous ces billets guère enthousiasmants, j'ai toujours bien envie de le lire celui-ci, pas comme un autre qui se rapproche dangereusement... Et je viens de finir le Ellroy : ça c'est du bon !

Ecrit par : Ys | 23.07.2009

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Comme je suis une "sensible" et que loyauté et dévouement sont mes mots (berk !), vous comprendrez que je passe volontiers.

Ecrit par : Theoma | 23.07.2009

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Cette fois c'est sûr, je passe.

Pour que mon commentaire contienne au moins une info utile (pour toi, les autres risquent d'être déçus), j'ai enfin lu "Le Proscrit". J'ai adoré. Je te le renvoie donc d'ici une semaine, le temps de faire mon billet. Merci de me l'avoir prêté !

Ecrit par : Lilly | 23.07.2009

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Lu il y a longtemps, j'en conserve un bon souvenir de l'atmosphère d'Oxford.

Ecrit par : cathulu | 24.07.2009

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Ben moi ça me donne envie quand même. J'ai fini la semaine dernière un bouquin qui répétait les mêmes infos toutes les deux pages et demi (mais vraiment) et j'ai finalement réussi à apprécier l'ensemble, alors je suis peut-être parée pour ce genre de livre. Le côté Oxford m'attire !
Je te dois aussi mon premier rire de la journée (grâce à : "Et ? vous demandez-vous, en toute simplicité et en français, car vous parlez couramment les deux langues, chers happy few talentueux."), merci !!! ;)

Ecrit par : erzébeth | 24.07.2009

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@levraoueg : oui, je l'ai fini mais il m'a fallu une bonne semaine ce qui vu sa taille est un exploit... :(( Je me suis lancé un petit défi personnel : lire jusqu'au bout TOUS les livres de la Chaîne, et je crois qu'entre les mutants, la captive et celui-ci le plus dur est fait. Ouf. :))
@ys : tsss, oui, tu es vraiment désagréable... mais sache que 1. je ne t'en veux pas parce que tu m'as offert ce badge du Docteur qui ne me quitte pas (il est accroché à mon porte-feuilles orange, quand je sors la CB, je pense à toi) 2. tu es inoubliable, donc ce n'est pas la peine de faire des provisions de méchanceries pour quand tu seras en Italie, veinarde. Non, mais. :)))
@theoma : franchement, comment t'en vouloir, sachant que ce bouquin a été abandonné lâchement par 5 enchaînés sur 7 ?
@lilly : mais de rien! Et à info utile, info utile et demi : "Les maîtres de G". est la prochain sur ma PAL, dès que j'aurais fini une histoire de vampires et de loups-garous qui me passionne depuis hier soir. :))
@cathulu : j'ai trouvé que l'atmosphère d'Oxford n'était pas assez présente justement. J'avais adoré "Meurtre à Porterhouse" de Sharpe qui se déroule à Cambridge et l'atmosphère y était formidable. Le problème de ce roman est à mon avis qu'il tire un peu à hue et à dia. J'ai lu il y a longtemps un autre titre de Marias qui m'avait nettement plus emballée.

Ecrit par : fashion | 24.07.2009

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J'ai fait une tentative avec cet auteur il y a quelques années, avec un autre roman, (mais lequel ???), cela ne m'avait guère emballée... et s'était soldé par un abandon !
Je passe donc sans vergogne...

Ecrit par : kathel | 24.07.2009

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@erzébeth : quel est donc ce roman répétitif mais que tu as aimé ? Ma curiosité est en éveil (et c'est bien la seule, vu comment je me traîne...).

Ecrit par : fashion | 24.07.2009

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@kathel : du même auteur j'avais bien aimé "Demain dans la bataille pense à moi" acheté uniquement pour son titre au départ... :)))

Ecrit par : fashion | 24.07.2009

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En général, j'aime garder le suspense jusqu'à ce que le billet soit en ligne (ce qui peut prendre un certain temps, je le reconnais) mais parce que c'est toi, je veux bien te raconter : il s'agit de "Des roses rouge vif" d'A. Lisboa, dont Cuné avait fait un bel éloge... mais à mes yeux, il y a un sérieux problème de style.

Ecrit par : erzébeth | 24.07.2009

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@erzébeth : je suis retournée lire le billet de Cuné : il ne m'inspirait pas chez elle, feras-tu pencher la LAL en sa faveur ? Quel suspense! :)))

Ecrit par : fashion | 24.07.2009

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Han, audace et passion pour moi eh beh vu mon état neuronal, c'est surprenant..

Moi aussi, le côté Oxford ma'ttire, mais un style lourd c'est rédhibitoire, donc... pas d'emPALage

Ecrit par : Soeur Anne | 24.07.2009

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Mince... tu ne parles pas d'Harlequin aujourd'hui... vais aller faire plutôt un tour chez Chiff alors ! ;-)

Ecrit par : Caro[line] | 24.07.2009

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le côté Oxford me tente bien mais bon, si le style t'a vraiment déplu, je pense que je vais passer mon tour.

Ecrit par : zarline | 24.07.2009

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Abandonné à la description du contenu de la poubelle... Juste après les high tables en fait, qui m'avaient parfois fait sourire, mais c'est effectivement tellement lourdaud !

Mais, comme pour tous les livres de la chaîne, je suis bien contente de découvrir de nouveaux auteurs ;-)

Ecrit par : Bookomaton | 24.07.2009

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C'est dommage, le thème d'Oxford m'intéressait bien :-(

Ecrit par : LN | 24.07.2009

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@soeur anne : du coup, on me recommande de lire des Black Rose et des Historiques, du lourd quoi. :))
@caroline : pour une qui ne voulait même pas concourir, je te trouve bien accro tout d'un coup... :D
@zarline : je comprends que le style en ait rebuté plus d'une, il est vraiment très lourd...
@bookomaton : ah oui, la poubelle, l'idée était bonne pourtant, mais quel pensum ce passage!
@LN : il n'y a pas assez d'Oxford à mon goût.

Ecrit par : fashion | 24.07.2009

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En ce qui concerne les black rose, chère fashion,la lourdeur du roman (et le nombre de pages conséquent) s'explique comme ceci: il y a deux romans dans chaque livre (voire même 3 parfois). Donc, on peut facilement les lire en 2 fois ou même n'en lire qu'1 sur les 2.

Ecrit par : will | 24.07.2009

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Tu me connais... Je dis non, puis j'y reviens. Parfois au bout de quelques jours, parfois au bout de quelques années ! ;-)

Ecrit par : Caro[line] | 24.07.2009

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Tu crois vraiment que tu as fait le plus dur ? Moi je connais un gros pavé de 600 pages, tout dégoulinant de sang et de vomi, qui devrait t'arriver à la fin de la chaîne... :)

Ecrit par : levraoueg | 24.07.2009

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@will : ah, 2 ou 3 pour le prix d'un, c'est génial, je cours en acheter! :)))
@caroline : oui, bon, n'en rajoute pas, hein ? :))
@levraoueg : ah mince, je l'avais oublié celui-ci... :((

Ecrit par : fashion | 24.07.2009

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ah, j'adore ton blog it sur le stéthoscope sexy. (et c'est pas moi qui ait tapé ça, juré!)

Ecrit par : didouchka | 24.07.2009

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Je le lirais bien volontiers, rien que pour ces épisodes décrivant les fameuses coutumes et traditions "oxfordiennes"!

Ecrit par : Hermione | 25.07.2009

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"Aventurière" tambien, mais je demande à voir la définition harlequinesque de l'aventure... Mmmm...
J'ai bien failli craquer en faisant mes courses à l'hyper où le rayon loukoum de papier s'était développé comme les pectoraux d'un haltérophile préparant un show. Il semblerait que la venue de l'été encourage l'harlequinade. A moins que ce ne soit ce blog ??! Mais bon, j'ai résisté vaillamment. Pas d'Harlequin pour moi, j'en ai trop mangé naguère. Pas d'Oxford non plus, je suis toujours dans mes japonaiseries.

Ecrit par : Fantômette | 25.07.2009

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:'(
J'ai bien peur, vu la description que tu en fais, de ne pas aimer moi non plus. Et quand je vois le nombre d'abandons, ça m'effraie encore plus.
*petite nature la Leiloona*

Ecrit par : Leiloona | 25.07.2009

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@didouchka : non, mais franchement, comment un stéthoscope peut-il être sexy ? les gens ont de ces requêtes...
@hermione : il n'y a pas assez de traditions oxoniennes à mon goût, c'est dommage.
@fantômette : ah ben moi j'ai craqué chez le bouquiniste : 8 titres. Oups. :))
@leiloona : je crois que c'est le titre le plus abandonné, pauvre de lui...

Ecrit par : fashion | 25.07.2009

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Ah zut... On verra si je l'apprécie plus quand il arrivera chez moi. Mais ce n'est pas rassurant en tout cas !

Ecrit par : Restling | 28.07.2009

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@restling : c'est vrai que les stats ne parlent pas en sa faveur, le pauvre...

Ecrit par : fashion | 28.07.2009

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