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01.06.2009
Qui chevauche si tard dans la nuit et le vent
Un professeur de lettres emmène, lors d'un voyage scolaire à Weimar, ses élèves à Buchenwald. Il découvre dans le musée une photographie sur laquelle figure un détenu qui ressemble trait pour trait à son père, Adrien Fabre. Stupéfait et hanté par l'étrange ressemblance, il entame une enquête...
L'origine de la violence est un très bon roman, chers happy few, qui mêle de manière habile et puissante l'histoire individuelle et l'histoire collective. Le narrateur exhumera, au cours de ses recherches, une partie (pas si cachée que ça) de son histoire familiale et découvrira celle de Buchenwald. Construit en deux parties, la première consacrée à l'enquête proprement dite et à la reconstitution de la vie de David Wagner, le mystérieux inconnu de la photo et la deuxième mettant en scène les conséquences de cette enquête dans la vie personnelle du narrateur, ce roman interroge, de manière j'ai trouvé assez personnelle, le Mal absolu, la responsabilité individuelle et le sens de l'Histoire. La grande force de L'origine de la violence est de présenter la quête du narrateur comme une tentative de réponse à la violence qui l'habite depuis son enfance, faisant finalement de son histoire une enquête de psycho-généalogie tout à fait crédible. A ce titre, les rapports compliqués que le narrateur entretient avec son père et son grand-père, qui prennent place dans une réflexion plus vaste sur cette famille de notables sont très intéressants. Les passages qui se déroulent à Buchenwald sont très durs mais la violence et la barbarie sont mises à distance par un style plutôt neutre tout à fait bienvenu, qui permet d'éviter la surenchère, les faits se suffisant à eux-mêmes. Enfin, j'ai beaucoup apprécié la vision de l'enseignement : le narrateur étant prof de lettres, il se livre à des réflexions sur le métier, la violence que les profs subissent parfois, la façon de gérer les adolescents tout à fait pertinentes (en tout cas, je m'y suis beaucoup retrouvée, deux passages notamment m'ont semblé criants de vérité). Au final, c'est un roman dont je recommande vivement la lecture, chers happy few, et si j'en crois la presse, je ne suis pas la seule!
Fabrice Humbert, L'origine de la violence, Le Passage, 316 pages denses.
Les billets de Papillon, Dominique et Lily.

21:21 Publié dans Littérature française, Prix Landerneau | Lien permanent | Commentaires (34) | Envoyer cette note | Tags : fabrice humbert, l'origine de la violence, camps de concentration, shoah, oui aujourd'hui ça tague sérieux
Commentaires
Ecrit par : Hambre | 01.06.2009
Répondre à ce commentaireEcrit par : Stephie | 01.06.2009
Répondre à ce commentaireEcrit par : Elodie G | 02.06.2009
Répondre à ce commentaireEcrit par : Karine :) | 02.06.2009
Répondre à ce commentaireEcrit par : cathulu | 02.06.2009
Répondre à ce commentaire(j'exagère, parce que je trouve ça justement chiant qu'on nous bassine avec Levy, Musso, la chick-litt, sous prétexte que c'est idéal sur la plage) (en plus, j'aime pas la plage)
Ce n'est pas une lecture qui me conviendrait pour le moment, mais je sais que ça sera le cas un jour, tant le sujet est intéressant... et si c'est bien fait, que demander de plus ?
On saura les résultats officiels du prix demain, c'est ça ?
Ecrit par : erzébeth | 02.06.2009
Répondre à ce commentaireEcrit par : Leiloona | 02.06.2009
Répondre à ce commentaire(Et j'attends avec impatience ton avis sur le Tatiana Arfel...)
Ecrit par : papillon | 02.06.2009
Répondre à ce commentaireEcrit par : Neph | 02.06.2009
Répondre à ce commentaireEcrit par : Dominique | 02.06.2009
Répondre à ce commentaireEcrit par : didouchka | 02.06.2009
Répondre à ce commentaire(Lu récemment "C'est en hiver que les jours rallongent", très bien. Que n'ai-je eu encore le temps de le bloguer...)
Quant au titre... il me plaît.
Je le note et puis c'est tout, voilà c'est dit !
Ecrit par : May | 02.06.2009
Répondre à ce commentaireEcrit par : May | 02.06.2009
Répondre à ce commentaire@stephie : je te le prête si tu veux!
@elodie g : tiens, tu me diras si c'est aussi bien!
@karine :) : une PAL au régime ? Toi ? J'ai un peu de mal à y croire. :))
@cathulu : des 4 que j'ai lus aussi mais il m'en reste 2. Vite, vite, j'essaie de finir avant demain mais je crois que ça va être short...
@erzébeth : moi non plus je n'aime pas la plage. :)) Résultats demain soir. On y sera, on compte-rendutera. :))
Ecrit par : fashion | 02.06.2009
Répondre à ce commentaire@papillon : c'est le prochain, je l'ouvre tout à l'heure! :))
@neph : à lire, vraiment!
@dominique : c'est vrai qu'un prix le ferait connaître!
@didouchka : Le passage est une maison d'édition pas très connue, qui avait un titre déjà sélectionné l'année dernière : "Fume et tue" d'Antoine Laurain, une très bonne surprise.
@may : le titre de mon billet est un extrait traduit du Roi des Aulnes de Goethe, une ballade "relatant la chevauchée lunaire durant laquelle meurt un jeune enfant arraché des bras de son père par le roi des Aulnes", ballade apparemment très connue en Allemagne, et que le narrateur cite. "Wer reitet so spät durch Nacht und Wind/ Es ist der Vater mit seinem Kid." "Qui chevauche si tard dans la nuit et le vent/C'est le père et son enfant." J'ai bien envie de lire cette ballade... (même si pour l'instant Goethe et moi ne faisons pas très bon ménage mais je suis une aventurière:))
Ecrit par : fashion | 02.06.2009
Répondre à ce commentaireEcrit par : yueyin | 02.06.2009
Répondre à ce commentaireEcrit par : fashion | 02.06.2009
Répondre à ce commentaireEcrit par : yueyin | 02.06.2009
Répondre à ce commentaireEcrit par : fashion | 02.06.2009
Répondre à ce commentaireAllez zouh, tu vas là :
http://www.musicologie.org/theses/erlkonig.html
tu as le texte original et la traduction, et surtout, tu as l'adaptation musicale... qu'il FAUT écouter, ça donne plein de frissons et c'est très beau (et très triste, oui, je me répète).
Dès que tu as dix minutes...
Ecrit par : erzébeth | 02.06.2009
Répondre à ce commentaireEcrit par : Nanne | 02.06.2009
Répondre à ce commentaire@nanne : moi aussi j'espère, je lui décerne mon prix virtuel pour l'instant mais il m'en reste un à lire...
Ecrit par : fashion | 02.06.2009
Répondre à ce commentaireEcrit par : Stephie | 03.06.2009
Répondre à ce commentaireEcrit par : fashion | 03.06.2009
Répondre à ce commentaireEcrit par : erzébeth | 03.06.2009
Répondre à ce commentairehttp://meria.canalblog.com/archives/2009/04/11/13346620.html
Ecrit par : Meria | 03.06.2009
Répondre à ce commentaireEcrit par : Lucile | 03.06.2009
Répondre à ce commentaireEcrit par : celsmoon | 04.06.2009
Répondre à ce commentaire@meria : ah, ton lien m'avait échappé! Thanx!
@lucile : bah, tant que c'est la LAL qui grossit et pas nous! :))
@celsmoon : un très bon roman, à lire absolument!
Ecrit par : fashion | 04.06.2009
Répondre à ce commentaireEcrit par : Theoma | 05.06.2009
Répondre à ce commentaireEcrit par : Cécile de Quoide9 | 07.06.2009
Répondre à ce commentaire@cécile de quoi de 9 : eh bien bonne lecture alors!
Ecrit par : fashion | 07.06.2009
Répondre à ce commentaireEcrit par : Emmanuelle Caminade | 06.07.2009
Répondre à ce commentaireEcrit par : fashion | 08.07.2009
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