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28.01.2009

Le train des souvenirs

le canapé rouge.jpg Anne, un âge indéterminée et une vie pleine de souvenirs, laisse son appartement parisien et sa vieille voisine, Clémence, pour traverser la Russie, à la recherche d'un vieil amant qu'elle a perdu de vue. Ce voyage, long et lent, ravive ses souvenirs...


Voici un roman qui avait beaucoup fait parler de lui lors de sa sortie en 2007 et qui a suscité chez moi un ennui certain, chers happy few. Sur une trame qui sent le cliché à plein nez (le voyage en train qui permet le voyage intérieur, idée banale s'il en est), j'ai trouvé que certaines choses sonnaient faux, comme la volonté de retrouver cet homme absent, Gyl, avec qui elle a rompu depuis vingt ans, figure fantomatique qu'Anne poursuit pour finalement renoncer à le voir. Je n'ai pas très bien compris pourquoi elle lui courait après si ce n'est pour égrener quelques épisodes de sa vie et des lieux communs sur la Russie, sans compter que la fin est totalement et entièrement prévisible (et quel cliché!) (oui, je sais, encore) (mais franchement, j'en ai limite pleuré). Il y a des facilités : la lecture de Dostoïevski, la Russie populaire, ses femmes qui chantent la douleur, l'hospitalité de ces Russes dont Anne dit à un moment très mal parler la langue (les enfants se moquent d'elle dans le train) mais ça ne l'empêche pas de tenir des conversations quand même très soutenues (genre de choses qui m'agace toujours). Le rapport au communisme (pauvre Lénine, qu'elle nous assène à plusieurs reprises) et la façon dont l'engagement est conçu (romantique et exalté, il faut les voir tous les deux dans leur chambre de bonne parisienne, avec le lit au milieu des livres, amour, culture et poing levé bien sûr) m'ont prodigieusement agacée, de même que les citations littéraires, pompeuses à souhait, qui sont soit complètement redondantes avec le récit soit carrément grotesques (la palme, c'est la citation d'Antonioni à un homme qui la quitte, j'en riais toute seule dans le métro). C'est un roman que j'ai donc trouvé lourd, prétentieux et ennuyeux. Tant pis pour moi.


Michèle Lesbre, Le canapé rouge, Sabine Wespieser Editeur, 149 pages, 2007


Les avis, très différents du mien d'Amanda (qui lui a trouvé une grâce et une luminosité sereines et que je remercie pour le prêt!), Bellesahi (pour qui l'écriture est délicate et apaisante), Chimère (qui a aimé les relations entre les deux femmes), Clarabel (emballée par le style et les réminiscences), Dominique (qui lui reconnaît une grande puissance d'évocation), Katell (qui a aimé la nostalgie et les steppes), Lily (qui l'a jugé inoubliable), Papillon (qui loue sa délicatesse)

Mais Cathe n'a pas totalement adhéré, Cathulu a vainement attendu que des émotions se dégagent, Sandrounette l'a trouvé trop rapide et regrette une fin prévisible, Sophie déplore la superficialité du traitement.

Commentaires

Mais enfin, je veux connaître la citation d'Antonioni, maintenant !
Je crois que j'ai déjà lu un roman de M. Lesbre par le passé, je ne sais plus lequel, mais je me souviens en revanche que son style ne m'avait pas séduite... J'ai souvent des envies de Russie, mais lire ce roman-là, moyen...

(et tu as dit dimanche, pour les nonnettes ! ;) )

Ecrit par : erzébeth | 28.01.2009

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Pour tout te dire, ça m'arrange un peu. (Mais quand même, j'en aimais le titre...)

Ecrit par : Fantômette | 28.01.2009

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Oh là là ! Voilà un Canapé qui va finir à la décharge! A te lire, je me demande ce que j'ai pu aimer là-dedans!

Ecrit par : dominique | 28.01.2009

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Ouch! Pauvre canapé...
Je ne sais pas comment c'est utilisé dans le roman, mais je t'assure que l'hospitalité des Russes, c'est vrai de vrai. Et aussi qu'on peut avoir des conversations avec eux avec trois mots et demi - pas d'une grande portée intellectuelle, certes, mais on peut s'amuser.

Ecrit par : Mo | 28.01.2009

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Je l'ai vraiment lu parce que l'auteur venait en parler lors de notre café littéraire bimensuel. Sinon, je crois que je ne l'aurai même pas ouvert! Ton avis renforce le mien!

Ecrit par : sandrounette | 28.01.2009

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Même si le thème "Russie" m'intéresse généralement, ce roman ne m'a bizarrement jamais réellement tentée. On s'entend que ton avis n'aidera pas à sa cause!!

Ecrit par : Karine :) | 28.01.2009

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Le mot "Russie" a éclairé mes yeux, le mot "ennui" les a éteints.
:/

Ecrit par : Leiloona | 28.01.2009

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En lisant le début de ton billet et le mot Russie (je pense que maintenant, tout le monde sait que ce pays me fascine), je m'étais emparée de mon stylo, mais je l'ai reposé aussi sec !!!!

Ecrit par : Pimpi | 28.01.2009

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Je ne suis absolument pas tentée par ce livre ! J'avais un très mauvais a priori, et là je suis certaine qu'il ne me plaira pas (c'est cool les gens qui testent pour toi ;o))

Ecrit par : Lilly | 28.01.2009

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@erzébeth : "Je cherche des traces de sentiment chez les hommes". Voilà ce qu'elle dit à un homme qui la quitte. Moi, franchement, ce genre de dialogue si... lettré, me fait hurler de rire. Quand Gyl la quitte, elle pense à une phrase de Pessoa... (bien sûr oui), mais en fait, le pire, je crois, ce sont les citations de Jankélévitch, qui viennent comme des cheveux sur la soupe. Tout cela est je trouve très pompeux et prétentieux. C'est un roman où la littérature ne semble pas être au service de la construction du personnage, mais plutôt artificielle, se donnant à voir comme une construction fausse, qui veut démontrer la culture de l'auteur. J'ai trouvé ça tout sauf crédible. Tu n'oublies rien, toi, tu es terrible! :)) Les nonnettes sont intactes. J'attends vraiment dimanche. Pour patienter, je mange des yaourts et je me satisfais de mon pantalon qui tombe. Un peu. :))
@fantômette : le canapé est la seule chose réussie de ce roman. C'est un peu mince.
@dominique : bah, tu sais, les goûts et les couleurs... :)))

Ecrit par : fashion victim | 28.01.2009

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@mo : je te crois sur parole, sauf que là, ça fait cliché. C'est le style à mon avis. Il est d'une fadeur et d'une platitude sans nom.
@sandrounette : je ne me souvenais que d'avis très positifs, j'ai donc été ravie de trouver le tien! :))
@karine :) : oui, je sais, je suis atroce. :))
@leiloona : peut-être aimerais-tu, qui sait ? (je suis quand même assez exigeante en matière de littérature générale contemporaine, contrairement aux polars par exemple où je me satisfais de peu. Bizarre.)
@pimpi : tu peux toujours le feuilleter en bibliothèque, histoire de te faire une idée. Personnellement, le style m'a immédiatement déplu, j'ai failli abandonner au bout de 3 pages.
@lilly : oui, je suis comme ça, testeuse sympa! :)))

Ecrit par : fashion victim | 28.01.2009

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Quoi, quand un garçon te brisait le cœur, tu ne pensais pas à Pessoa, toi ? Tu me déçois ;))
Ce que tu dis ressemble effectivement à un étalage d'érudition, c'est tout ce que je déteste.
J'admire ton régime, que le Dieu des bonbons me donne la force de suivre ton modèle, enfin, s'il m'entend... ;)

Ecrit par : erzébeth | 29.01.2009

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C'est amusant comme les mêmes détails peuvent être vus différemment : pour toi les références littéraires étaient un étalage de science, moi je les ai perçues comme des parcelles indispensables de ce portrait de femme blasée, solitaire, sans homme, sans idéal et qui n'a plus rien pour remplir sa vie que le contenu de ses livres. Jusqu'au moment où elle commence à partager ce contenu avec une autre femme, dont la vie n'était pas faite de mots, mais d'actes. Quant aux éléments sur le militantisme, sur la Russie, etc, sont-ils des clichés ou des détails bien choisis pour parfaire le portrait ?
Bon, quoi qu'il en soit, nos avis semblent diamétralement opposés : pour ma part, j'ai adoré ce livre. Mais il faut dire que j'ai un a priori très positif quand j'ouvre un roman de Michèle Lesbre ; la subjectivité n'est donc pas loin.

Ecrit par : Seb | 29.01.2009

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Des avis très contrastés donc... Mais je ne sais pas je vais te suivre sur ce coup là, ça ne me tente pas plus que ça :-)) (et puis les voyages en train, j'aime bien mais seulement quand on trouve des cadavres lardés de 12 coups de couteau ;-))

Ecrit par : yueyin | 29.01.2009

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@erzébeth : le dieu des bonbons est un dieu sanglant, il exige des sacrifices réguliers. :)))
@seb : je comprends très bien que ce qui m'a paru pénible plaise à d'autres, mon avis est quand même assez isolé au sein du concert de louanges. Quant aux détails sur la Russie et le militantisme, je dirais "les deux mon colonel" puisque j'ai trouvé que le personnage d'Anne sonnait faux et qu'elle était un cliché sur pattes. Je ne conteste pas le fait qu'elle remplisse sa vie avec les mots des autres, je trouve juste les choix de ces "autres" très discutables. Je n'ai rien lu d'autre de Michèle Lesbre, et pour moi, ça va s'arrêter là. :))
@yueyin : ouiii, des meurtres ferroviaires sanglants! :))

Ecrit par : fashion | 29.01.2009

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J'ai une amie qui l'avait adoré... mais je n'arrivais pas à avoir envie de le lire. Voilà un billet qui ne viendra pas me faire changer d'avis !

Ecrit par : Brize | 30.01.2009

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@brize : j'en suis navrée. Ou pas ? :))

Ecrit par : fashion victim | 31.01.2009

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oh! j'avais beaucoup aimé lire ce livre.. et j'y ai vu beaucoup d'eau...

Ecrit par : sylvie | 01.02.2009

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@sylvie : oui, il y a l'immense étendue du lac Baïkal... et la Seine... :)))

Ecrit par : fashion victim | 01.02.2009

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Bon ben des fois, quand ça veut pas, ça veut pas ! (C'est ma nouvelle devise !!!)

Ecrit par : Caro[line] | 07.02.2009

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