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07.01.2009
A huis clos
Une femme afghane est contrainte de veiller son mari, dans le coma à la suite d'une blessure par balle. Après 15 jours de veille patiente et de prières, elle se révolte et déverse dans les oreilles de son époux bien contraint de l'écouter tout ce qu'elle lui a caché et tout ce qu'elle lui reproche...
Je lis rarement les romans primés, chers happy few, de temps en temps le Goncourt, mais plus par vague curiosité que par réelle envie. Celui-ci ne me tentait pas vraiment mais il traînait chez ma soeur et son format était idéal pour le métro (en ce moment, je lis un pavé trop lourd pour mes frêles épaules qui se coltinent déjà les cours, les copies et les oeuvres que j'étudie avec mes élèves, oui, je sais, ma vie est tout à fait fascinante). Bref. J'avais lu (et entendu) que c'était un roman d'une beauté incroyable, au style étincelant, et je pense que je n'ai pas lu le bon roman, il y a dû y avoir erreur sur la couverture, je ne vois que ça. Le style, très sec, est d'une banalité affligeante, utilisant à la fois le présent de narration et l'insertion de discours direct dans le récit sans retour à la ligne, ce qui m'horripile (oui, je sais, je suis psychorigide, mais je pense réellement que l'usage du présent devrait être réservé aux seuls auteurs qui savent vraiment le manier et ils sont peu nombreux). Quant à l'histoire, elle se veut la description de la condition féminine dans certains pays en guerre et musulmans, et s'il est louable de vouloir témoigner, on peut se demander quand même si ça suffit pour faire une bonne histoire et a fortiori un bon roman. J'ai trouvé ce qui était raconté (et je ne dirai rien pour ne pas gâcher votre lecture, chers happy few) sans surprise, le fameux secret que finit par dévoiler la femme jamais nommée est très vite compréhensible par le lecteur lambda, j'ai soupiré devant les (nombreux) clichés, et il y a une certaine complaisance dans l'impudeur qui est assez dérangeante. Un roman vite lu, vite oublié.
Atiq Rahimi, Syngué sabour, Pierre de patience, P.O.L, 155 pages
Les avis dithyrambiques de Papillon, Sylvie, Dominique et Chiffonnette.
PS : merci à Falbala pour le prêt!
PSbis : j'ai envie de lire le Goncourt des Lycéens, seul prix que je lis quasiment tous les ans, et que je trouve souvent très bien décerné. Il a été attribué à Catherine Cusset pour Un brillant avenir.
06:30 Écrit par fashion dans Littérature française | Lien permanent | Commentaires (35) | Envoyer cette note | Tags : goncourt, lisons des auteurs morts plutôt, et qui écrivent au passé simple par pitié, le goncourt serait-il devenu politique ?
Commentaires
Écrit par : amanda | 07.01.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : levraoueg | 07.01.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Ys | 07.01.2009
Répondre à ce commentaireJe ne connaissais pas trop l'histoire de ce roman (je n'ai RIEN suivi aux prix littéraires cette année, ça me gonflait d'avance), et malgré tout, ça m'intéresse... on verra bien, plus tard !
Et il y a des années où le prix n'était ni littéraire, ni politique (un exemple ? Laurent Gaudé. Ahahahah, pardon, ça m'a échappée !) alors s'il arrive à remplir une de ces deux "missions", pfff, why not...
(ton pavé, c'est celui qui va t'attirer les foudres d'une certaine demoiselle si tu ne l'aimes pas ? :) )
Écrit par : erzébeth | 07.01.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Isil | 07.01.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Emeraude | 07.01.2009
Répondre à ce commentaireComme toi, je suis une adepte du Goncourt des Lycéens, et je ne me souviens pas avoir été déçue.
( tu remarques, j'ai laissé un commentaire, et on est même pas encore jeudi )
Écrit par : Emmyne | 07.01.2009
Répondre à ce commentaireEt qu'en a pensé Falbala?
Écrit par : Mo | 07.01.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Brize | 07.01.2009
Répondre à ce commentaireJ'attends ton avis sur "un brillant avenir" qui me fait de l'oeil chez mon libraire depuis sa sortie (je tente de lutter vaillamment contre la tentation en attendant la sortie poche, d'autant qu'il ne figure pas dans le stock de ma bibli).
Écrit par : Fantômette | 07.01.2009
Répondre à ce commentaireJ'étais presque sur le point de me laisser tenter, et puis finalement non. Je ne suis pas folle de ce que publie POL, et ce que tu en dis vas droit dans ce que je n'aime pas.
Vas-tu mieux apprécier le Cusset ? (roulement de tambour - la suite au prochain épisode) L'écriture n'est pas transcendante, mais son histoire m'est allée droit au coeur. Certains lui reprochent un peu trop de simplisme, notamment chez les personnages... moi j'ai trouvé plusieurs situations assez justes, pour les avoir observées pour de la vraie dans mon entourage (la suite au prochain épisode).
Bàt
Écrit par : Bookomaton | 07.01.2009
Répondre à ce commentaireTu veux que je t'encourage?? Ici, il fait -27 celcius. AVEC vents en plus. Et ma fournaise a l'huile a décidé d'exploser en plein milieu de la nuit (avec un BANG épouvantable... j'étais certaine d'être devenue Stephanie Plum et qu'un cinglé avait fait exploser un truc dans ma maison... mais il n'y avait ni Ranger ni Morelli à côté de moi alors non, ce n'était pas ça) et il fait 8 celcius.. DANS la maison!!!
Écrit par : Karine :) | 07.01.2009
Répondre à ce commentaireJ'ai lu un extrait d'"Un brillant avenir" et ça avait l'air assez intéressant.
Écrit par : Keltia | 07.01.2009
Répondre à ce commentaire@levraoueg : si mon billet te déculpabilise, j'en suis ravie! :))
@ys : Prous est l'un des rares prix Goncourt que j'ai aimés (avec Gary et celui de l'année dernière). C'est vrai que ça ne nous rajeunit pas! :))
@erzébeth : tu es méchante avec Gaudé. :))) Mais je trouve effectivement que Le soleil des Scorta est très académique. J'ai par contre adoré La mort du Roi Tsongor qui a reçu le Goncourt des Lycéens (décidément, ils sont forts ces élèves:))). Pour le pavé, tu as bien deviné bien sûr et vu mon rythme de lecture, les foudres ne sont pas loin. J'en tremble d'avance. :))
@isil : je n'ai jamais lu Rufin, tiens. Je me rends compte que je ne lis jamais aucun prix, tiens, ni le Médicis, ni le Femina, ni rien...
@emeraude : non, je ne l'ai pas lu, mais je crois que Brize en a fait une critique, non ?
Écrit par : fashion victim | 07.01.2009
Répondre à ce commentaire@mo : je trouve bien dommage que le politiquement correct se niche aussi dans les prix littéraires. Dans ma grande naïveté, je pensais qu'on récompensait, malgré les tractations entre éditeurs, une oeuvre littéraire. Bah, tout ça n'a finalement guère d'importance, sauf que ce prix fait vendre, indéniablement, et que le donner à ce roman, c'est ne pas le donner à un autre, qui le méritait. Quant à Falbala, elle ne l'a pas fini...
@brize : le style m'a vraiment agacée, mais bon, c'est ma psychorigidité qui s'est enclenchée... :))
@fantômette : on en revient au débat de fond : les bons sentiments font-ils les bons romans ? en tout cas, là, pour moi, c'est raté.
@bookomaton : bienvenue par ici! J'ai vu chez Leiloona que tu avais aimé le Cusset. C'est un roman qui a l'air de beaucoup émouvoir ses lecteurs!
@karine :) : hein ????? ça a pris feu après l'explosion ? Oh my, tu as dû avoir la peur de ta vie! 8° ??? Je te souhaite de pouvoir la réparer tout de suite!
@keltia : oui, en effet, il a l'air intéressant. Wait and see. :))
Écrit par : fashion victim | 07.01.2009
Répondre à ce commentaireFais plutôt confiance aux lycéens : leur Goncourt vaut plus le coup. ;)
Écrit par : Leiloona | 07.01.2009
Répondre à ce commentairebon, pour te remonter le moral, viens donc lire quelques belles histoires chez moi et t'évader un peu : www.unepageparjour.com
Écrit par : Une page par jour | 07.01.2009
Répondre à ce commentaire@une page par jour : étant donné que je suis la seule à en penser du mal (voir les autres billets que j'ai mis en ligne), il y a de fortes chances que ça te plaise! :))
Écrit par : fashion victim | 07.01.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Mirontaine | 07.01.2009
Répondre à ce commentaireMais en fait, non, le roman engagé (qui cumule les problèmes de la guerre, de la religion et de la condition féminine), ça me saoule rien que d'y penser.
(et pourquoi pas, d'ailleurs, un roman sur une femme palestinienne, handicapée, analphabète, violée par son père et mariée de force, hein ???)
Écrit par : Zag | 07.01.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Isil | 07.01.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Florinette | 07.01.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Ankya | 07.01.2009
Répondre à ce commentaireEt je ne te parle pas du séchage qui est long et doit se faire à plat sur des serviettes...
Écrit par : Sibylline | 07.01.2009
Répondre à ce commentaire@zag : tu rigoles mais on n'en est pas loin dans ce roman, pas loin du tout même!
@isil : tu sais comment me parler et me faire sortir le carnet : "très bons romans d'aventure et historiques", vendu!!!
@florinette : comme disait Leiloona l'autre jour, c'est qu'ils sont bien formés ces jeunes! :D
@ankya : ah, mais je n'empêche personne de le lire, hein, entendons-nous bien!
@sibylline : comme c'est mélangé, l'étiquette dit "lavage à 30°" et comme je suis wild mais pas folle, je les ai lavés à froid et ils sont impec'. Rien ne m'empêchera de lire, tu sais, surtout pas une tâche ménagère. :)))
Écrit par : fashion victim | 07.01.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : cathulu | 07.01.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : fashion victim | 07.01.2009
Répondre à ce commentaireJe crois que ce qui me gêne dans les romans "à prix littéraire", c'est qu'on sent à 10 km qu'ils sont "formatés" pour avoir un prix. Moi je préfère qu'on me raconte une histoire, j'ai des attentes très basiques :)
Écrit par : Fyfe | 08.01.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : fashion victim | 08.01.2009
Répondre à ce commentaireBah je ne suis pas vraiment dithyrambique ce n'est pas le mot. Je pense que l'écrivain copie Marguerite Duras un peu trop à la lettre.
Mais il a une conception de la littérature ( française) qui se rapproche de la mienne, et je n'ai pas été dépaysée. Pour un auteur étranger qui écrit en français, il se ne débrouille pas mal tout de même.
Un prix politique, c'est vrai. D'ailleurs, c'est pour cela que je l'ai lu et ça ne me gêne pas. Dans mes choix de livres, la politique compte un peu, parfois un peu plus. Mais ce n'est pas un roman qui "milite" pour quelque chose.
Écrit par : dominique | 08.01.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : fashion victim | 08.01.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Karine | 08.01.2009
Répondre à ce commentairePrésent / passé simple : je trouve que l'utilisation de l'un ou l'autre ne donne pas le même sentiment de proximité / distance par rapport au texte. Je sais que je ne suis pas très claire. J'ai repris des passages du roman et j'ai modifié la conjugaison : je trouve que cela rend l'histoire plus lointaine.
Écrit par : Naina | 08.01.2009
Répondre à ce commentaire@ karine : tu as quand même des tas de points communs avec stephanie P toi, une explosion en pleine nuit non mais franchement !!!! remarque peut être qu'un Ranger va surgir hors de la nuit :-D
Écrit par : yueyin | 08.01.2009
Répondre à ce commentaire@naina : je n'aime pas le présent de narration parce qu'il suppose une immédiateté que l'on a finalement très rarement dans une histoire. Et ici, j'ai trouvé que ça alourdissait le style, au lieu de l'alléger. Mais encore une fois, c'est tout personnel. :))
@yueyin : oué, reviens au lycée, on se marrera! :)))
Écrit par : fashion victim | 08.01.2009
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