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03.12.2008
A bas la dictature
Dans un pays jamais nommé mais qui emprunte beaucoup à la fois à l'Angleterre et aux pays de l'est, à une époque indéterminée, deux jeunes filles, Hélène Dormann et Milena Bach, sont pensionnaires dans un internat extrêmement sévère, réservées aux enfants orphelins de ceux qui, 15 ans plus tôt, osèrent résister à la mise en place d'un état fasciste, la Phalange. Alors qu'elles se rendent chez la consoleuse d'Hélène, par une froide nuit de novembre, elles croisent deux jeunes garçons, Milos Ferenczy et Bartolomeo Casal, internes au pensionnat de garçons. Suite à cette rencontre, Milena s'enfuit du pensionnat. Les vies de ces quatre jeunes gens vont être bouleversées à jamais.
Le combat d'hiver est un roman qui emprunte à plusieurs genres, chers happy few, pour constituer une oeuvre assez unique en son genre. Il s'ouvre comme un roman de pensionnat dont les éléments traditionnels (absence de mixité, professeurs antipathiques et revêches, privations) sont habilement mêlés à des éléments uchroniques comme notamment les consoleuses, ces femmes chez qui, trois fois par an, les pensionnaires peuvent aller puiser trois heures de réconfort. Il s'oriente ensuite rapidement vers le roman d'apprentissage (avec ses codes : la découverte de l'amour, l'amitié, les épreuves, les souffrances physiques et psychologiques...) pour raconter finalement l'histoire d'une résistance contre le pouvoir en place. Tous ces aspects se mêlent avec bonheur, Mourlevat proposant un roman riche et intéressant qui soulève des points importants : comment résister à la dictature ? comment mener des hommes à leur perte en sachant que c'est pour le bien commun ? Les éléments de fantasy comme les hommes-chiens ou les hommes-chevaux, ou encore la réactualisation des combats de gladiateurs (qui donne d'ailleurs son titre à l'ouvrage), fort bien amenés, permettent au roman de devenir une fable dénuée d'ancrage contemporain et la rendent d'autant plus forte. Ce roman a donc de nombreuses qualités, qui rendent d'autant plus manifeste un aspect éclaté dans la narration (on suit les différents protagonistes) qui, au lieu d'entretenir le suspense, dilue un peu l'intérêt et surtout l'émotion. Je crois que ce Combat d'hiver aurait gagné à être raconté sans multiplier autant les points de vue, ce qui nuit parfois complètement au rythme du récit (notamment quand Milos et Hélène croient suivre les traces de Bart et Milena, qu'ils ont en réalité croisés, pour permettre un rebondissement de l'histoire amené de manière artificielle). Il y a aussi quelques facilités narratives, notamment l'apparition de certains personnages et je n'ai pas trouvé la fin (je n'en dirai pas plus pour ne pas spoiler) totalement convaincante. Cela reste quand même un bon roman, à faire lire aux ados pour enclencher une éventuelle réflexion sur le totalitarisme.
Jean-Claude Mourlevat, Le combat d'hiver, Gallimard Jeunesse, 331 pages
Les billets de Laurence (qui l'a trouvé plaisant mais pas révolutionnaire) et Laure (très enthousiaste)
Une chronique sur Ricochet
PS : du même auteur, je recommande vivement La rivière à l'envers (dès 9 ans) et L'enfant Océan (dès 11 ans).
PSbis : merci Flo pour le prêt!
06:30 Publié dans Fantasy, Jeunesse, Littérature française | Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note | Tags : jean-claude mourlevat, totalitarisme, gladiateurs, c'est beau une ville avec des ponts
Commentaires
Ecrit par : Emmyne | 03.12.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : Brize | 03.12.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : fashion victim | 03.12.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : fashion victim | 03.12.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : goelen | 03.12.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : Leiloona | 03.12.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : yueyin | 03.12.2008
Répondre à ce commentaire@leiloona : oui, oui, ils aiment beaucoup en général!
@yueyin : disons que je suis déçue parce que j'en avais entendu des critiques dithyrambiques. C'est quand même bien, hein, entendons-nous bien mais je n'ai pas trouvé ça génial.
Ecrit par : fashion victim | 03.12.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : Ori | 03.12.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : fashion victim | 04.12.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : Karine :) | 04.12.2008
Répondre à ce commentaireMais bien évidemment, il est toujours dans ma PAL. Pauvre PAL, sera-t-elle jamais délivrée des titres qui pèsent sur son estomac ?
Ecrit par : May | 04.12.2008
Répondre à ce commentaire@may : tu rigoles mais l'hiver est omniprésent et j'ai eu froid tout au long de ma lecture... Comme quoi... :)))) Quant à la délivrance des PAL, à mon avis c'est pas pour demain. :))
Ecrit par : fashion victim | 04.12.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : Florinette | 04.12.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : Mélanie | 04.12.2008
Répondre à ce commentaire@mélanie : ah toi aussi ? Je n'ai pas trop aimé la fin, j'ai eu l'impression qu'elle était artificielle.
Ecrit par : fashion victim | 04.12.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : chiffonnette | 05.12.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : Joelle | 08.12.2008
Répondre à ce commentaire@joelle : à mon avis, tu l'avais noté chez Flo qui en avait fait une critique enthousiaste qui a disparu en même temps que ses blogs... :((
Ecrit par : fashion victim | 08.12.2008
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