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13.11.2008
La fuite augmentait encore sa beauté
Juan Cabo, un écrivain espagnol célèbre, se réveille après un accident de voiture : il est totalement amnésique. Juste avant l'accident, il a écrit sur son carnet : "Je suis tombé amoureux d'une femme inconnue." Il décide de partir à sa recherche et pour cela, tente de reconstituer ses faits et gestes le soir de l'accident...
Je ne sais pas à quoi je m'attendais en ouvrant ce roman, chers happy few, alléchée par des billets ça et là, mais en tout cas pas à ça. Daphné disparue, qui se présente comme un (faux) roman policier loufoque est une réflexion sur la littérature et ses pouvoirs et sur la création littéraire. Juan Cabo, qui se démène comme un beau diable pour retrouver cette Daphné, rencontre un détective privé-critique littéraire flanqué d'un nain, une muse professionnelle qui lui apprend l'existence de modèles pour écrivains en mal d'inspiration, un restaurant qui garde les écrits de ses clients-gribouilleurs, une auteure de romans policiers prisonnière de son héros et un projet littéraire moderne et de grande envergure baptisé Madrid en temps réel. Il y a des idées intéressantes dans cette histoire, même si elles ne sont pas bien neuves, notamment sur le rapport entre la fiction et la réalité (l'écrivain l'imite-t-il, la déforme-t-il ou la crée-t-il ?) et sur le rôle de l'éditeur, et pas mal d'humour et de loufoquerie dans le traitement de cette histoire. Mais je ne suis pas totalement convaincue, je dois l'avouer : j'ai trouvé que certains passages traînaient en longueur et il y a un petit côté foutraque pas toujours bienvenu, mais le tout est rattrapé par une fin excellente. Intéressant.
José Carlos Somoza, Daphné disparue (Dafne desvanecida), Actes Sud (traduit de l'espagnol par Marianne Millon), 218 pages (première publication en Espagne, 2000)
Les avis de Caro[line], Jean-Marc Laherrère, Kathel (qui m'a donné envie de le lire) et Praline (que je remercie pour le prêt!)
PS : ce roman est en réalité l'un des premiers de Somoza, traduit aujourd'hui seulement. Je vais en lire d'autres, histoire de voir si ce que je lui reproche est un défaut de jeunesse. Ou pas.
PSbis : le titre de ce billet est un vers d'Ovide, dont je recommande au monde entier la lecture des Métamorphoses, indispensable (je l'inflige même aux élèves, c'est dire). Et comme je vous aime bien, chers happy few, je vous conseille aussi de lire, du même auteur, Les Héroïdes, de sublimes lettres d'amour fictives entre personnages de légende (Pénélope à Ulysse, Hélène à Pâris, Phèdre à Hippolyte...). Certaines sont à pleurer. Y a pas à dire, l'amour ça inspire.
06:30 Écrit par fashion dans Littérature espagnole | Lien permanent | Commentaires (27) | Envoyer cette note | Tags : josé carlos somoza, cet apollon quel coquin quand même, la littérature a-t-elle tous les pouvoirs ?, guérit-elle de la mauvaise haleine et des pieds plats ?, en tout cas elle soigne les insomnies, (surtout julien gracq), (et joyce)
Commentaires
Quant à Ovide, je ne peux qu'être d'accord avec toi ! :P Le mieux est de le lire en latin. Le top du top ! ^^
Écrit par : Leiloona | 13.11.2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : maijo | 13.11.2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Clarabel | 13.11.2008
Répondre à ce commentaireMoi qui te lis quoitidiennement et profite savoureusement de tes conseils et avis, je me mermets d'intervenir ici pour la 1ère fois. Siiiii ! Et pourtant, j'en ai déjà eu souvent l'envie. Mais là, un conseil d'urgence m'amène à me dévoiler... Mes quelques professionnelles compétences en physique aimeraient te détourner de la lecture, du sus nommé auteur dont tu envisages de parfaire la découverte, de "la théorie des cordes". José Carlos Somoza, que j'ai tant apprécié dans "La caverne des idées", se targue d'utiliser les dernières hypothèses de physique fondamentale. Mais, l'auteur n'étant pas très à l'aise avec le sujet, on nage très vite en pleine confusion, on en sort dépité. Ce serait dommage de commencer ton approfondissement avec ce titre. Bien à toi, et chimiquement amusante, Valérie
Écrit par : valérie | 13.11.2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Ys | 13.11.2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Romanza | 13.11.2008
Répondre à ce commentaireEt NON, Julien Gracq n'est pas chiant, je m'insurge!!!!!!
Écrit par : Mo | 13.11.2008
Répondre à ce commentaire@maijo : ah j'ai très envie de me mettre à lire en espagnol mais je suis rouillée de chez rouillée... Par quoi me conseillerais-tu de commencer ? (j'ai pensé à de la littérature jeunesse)
@clarabel : même pas! ça fait peur, hein ? :D
@valérie : bienvenue à toi! et merci infiniment pour le conseil, je note donc de lire plutôt "la caverne des idées" alors...
@ys : bon, je note aussi. :))
@romanza : oui, moi aussi j'adore!
@mo : je suis désolée de faire de la peine à ton petit coeur tout mou mais "Le rivage des Syrtes" reste pour moi la pire lecture au monde, d'ailleurs je ne l'ai jamais fini malgré 3 tentatives. Je m'endors systématiquement dessus, je bâille, je râle, je peste, je reviens en arrière parce que je ne me souviens pas de la teneur de la phrase précédente et pour finir je l'arrête à la page 122. Toujours. C'est une malédiction.
Écrit par : fashion victim | 13.11.2008
Répondre à ce commentairevoilà un beau titre de polar LCA...
(s'en va et pleure dans son coin en maudissant les mécréants)
Écrit par : Mo | 13.11.2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : maijo | 13.11.2008
Répondre à ce commentaireDernière chose, tes tags sont vraiment trop... trop, quoi... les mots me manquent ce soir !
Écrit par : kathel | 13.11.2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Emjy | 13.11.2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Karine :) | 14.11.2008
Répondre à ce commentaireMerci!!! Ils ne m'auront pas! J'ai déjà cru mourir avec cette dame n° 13, La caverne des idées, j'ai arrêté au milieu, mais bon,les grecs..enfin je passe, et là je me demandais si je n'allais pas replonger pour chercher Daphné. Et bien, non, je crains que non.Ils l'ont retrouvée je suppose, rassure-moi?
Les couvertures sont très jolies!
Écrit par : Marie de Tahiti | 14.11.2008
Répondre à ce commentaireAh et au fait, j'adoooooooooooooore le livre acheté mercredi soir !!!! :-)
Écrit par : Caro[line] | 14.11.2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Appollonia | 14.11.2008
Répondre à ce commentaireJe crois que ce serait dommage, pour celles qui ne l'ont pas encore lue, de se détourner de cette littéraire Daphné sans même y aller voir. Elle mérite mieux.
Écrit par : Sibylline | 14.11.2008
Répondre à ce commentaireBon, finalement je crois que je vais poursuivre avec ma série I. YALOM.
Écrit par : Fantômette | 14.11.2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Florinette | 15.11.2008
Répondre à ce commentaire"Daphné disparue" est à portée de main dans ma bibliothèque, mais j'hésite à commencer sa lecture... Je vais peut-être attendre un peu avant de le lire...
Écrit par : Julien | 15.11.2008
Répondre à ce commentaire@maijo : ah, mais Perez-Reverte, il y a du vocabulaire spécifique, non ?
@kathel : non, non, rassure-toi, ma déception n'est pas grande! J'en lirai d'autres de cet auteur!
@emjy : ah la chair de poule, carrément ? intéressant! :))
@karine :) : le thème est intéressant, oui!
@marie de tahiti : eh bien figure-toi que je ne peux pas répondre à ta question sinon, je révèle la fin! Too bad... :)))
Écrit par : fashion victim | 16.11.2008
Répondre à ce commentaire@appollonia : ah, Ovide... J'ai vu qu'ils venaient de rééditer "Tristes portiques". Je crois que je vais craquer. :))
@sibylline : surtout que je ne décourage personne d'aller y voirde plus près! :))
@fantômette : c'est quoi cette série ?
@florinette : noté alors! :))
@julien : ah, si c'est un reproche qu'on peut faire à tous ses bouquins, je le garde de côté pour plus tard, alors!
Écrit par : fashion victim | 16.11.2008
Répondre à ce commentaireLa caverne aux idées où, peu à peu, il lance un défi au lecteur, et semble s'enfoncer dans un chemin absolument sans issue. on se dit qu'il ne pourra s'en sortir que par une pirouette indigne, et vlan, plein la figure, avec une fin d'une intelligence ... éblouissante.
Clara ou la pénombre, thriller/SF où, comme toujours, il pousse jusque dans ses ultimes retranchements une idée originale. Ici celle de penser que les œuvres d'art ne sont plus des objets mais des personnes que les artistes façonnent à leur guise.
Et l'effrayant Dame n°13, roman fantastique où il met en scène des dames qui font passer le plus effroyable serial killer pour un gentil bambin. Le tout, avec une grande élégance.
Écrit par : Jean-Marc Laherrère | 17.11.2008
Répondre à ce commentaireLa caverne aux idées où, peu à peu, il lance un défi au lecteur, et semble s'enfoncer dans un chemin absolument sans issue. on se dit qu'il ne pourra s'en sortir que par une pirouette indigne, et vlan, plein la figure, avec une fin d'une intelligence ... éblouissante.
Clara ou la pénombre, thriller/SF où, comme toujours, il pousse jusque dans ses ultimes retranchements une idée originale. Ici celle de penser que les œuvres d'art ne sont plus des objets mais des personnes que les artistes façonnent à leur guise.
Et l'effrayant Dame n°13, roman fantastique où il met en scène des dames qui font passer le plus effroyable serial killer pour un gentil bambin. Le tout, avec une grande élégance.
Écrit par : Jean-Marc Laherrère | 17.11.2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : maijo | 17.11.2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Joelle | 17.11.2008
Répondre à ce commentaire@maijo : c'est vrai! :))
@joelle : je conseille pour ma part l'emprunt : si je l'avais acheté, je serais encore plus déçue, je crois... :)))
Écrit par : fashion victim | 18.11.2008
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