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27.10.2008
Love of the sea
Plyn, Cornouailles, 1830. Janet, une jeune fille un peu sauvage qui aurait aimé être un garçon pour être marin, épouse, à l'âge de 19 ans, Thomas Coombe, artisan au chantier naval de la petite ville. Ils auront six enfants, mais c'est avec le troisième, Joseph, que Janet développe une relation totalement fusionnelle. A travers cet enfant bagarreur et indomptable dans lequel elle se reconnaît tant, elle vit son amour pour la mer : en effet, Joseph s'engage dès 18 ans dans la marine marchande et se retrouve capitaine à 29 ans...
J'aime beaucoup les romans de Daphné Du Maurier, chers happy few, écrivain qu'on a un peu vite relégué en France au rang des auteurs mineurs, et que Bladelor a mis à l'honneur il y a peu en lui consacrant une semaine spéciale. C'est ainsi, grâce à Bladelor, que L'Amour dans l'âme est arrivé entre mes mains et j'ai passé un excellent moment en compagnie de la famille Coombe. Ce premier roman de Daphné Du Maurier, publié pour la première fois en 1931 (elle n'avait que 22 ans) est en effet une véritable fresque familiale , puisque nous suivons la famille Coombe sur quatre générations : l'histoire commence avec Janet, qui entretient avec la mer un lien désespéré et sans issue, puisque son statut de femme la condamne à rester indéfiniment à terre et à être en butte à l'incompréhension des autres, notamment de son mari, se poursuit avec Joseph, le fils marin qui n'aimera jamais vraiment aucune femme, puisqu'il cherche à travers ses multiples conquêtes cette mère qui l'a tant aimé et qu'il a vénérée de tout son être, puis Christopher, le fils aîné de Joseph, qui entretient avec son père une relation conflictuelle qui vient de la haine qu'il voue à la mer et enfin Jennifer, la fille de Christopher, vivant portrait de son arrière grand-mère, physiquement et moralement. Ces quatre générations se succèdent, au rythme des saisons et des tempêtes, attirées ou rejetées par ce village qui se développe et se modernise, et surtout par la mer, personnage principal du roman, qui rend au centuple l'amour qu'on lui porte, enveloppant dans ses bras tempétueux ceux qui cherchent l'aventure ou le repos. Il y a un véritable amour pour cette terre un peu sauvage, ces falaises battues par les vents et ces hommes et femmes simples qui vivent paisiblement en communion avec la nature. Les passages qui ont pour décor Plyn (une partie du récit se déroule à Londres) ont d'ailleurs été comparés au moment de la publication aux écrits d'Emily Brontë (dont une phrase sert d'ailleurs d'exergue au roman). Comme dans toute fresque, celle-ci n'est pas exempte de rebondissements et de coups durs, et une figure de "méchant" la traverse de part en part, incarnée par Philip, le frère de Joseph, espèce de Caïn qui cherche à jamais l'amour de cette mère qui lui préféra toujours son frère et qui va jusqu'à faire payer cette préférence aux descendants de Joseph. C'est un roman plein d'amour, qui décrit fort bien l'enracinement à la terre et la permanence des humains dans la nature. Un très bon roman, donc.
Daphné Du Maurier, L'Amour dans l'âme (The loving spirit), Phébus (traduit de l'anglais par François et Alix d'Unienville), 387 pages, édition manifestement épuisée
L'avis de Bladelor, que je remercie d'en avoir fait un livre voyageur!
A noter que ce roman avait été traduit sous le titre La chaîne d'amour, chez Albin Michel en 1950.
06:30 Écrit par fashion dans Les écrivains oubliés, Littérature anglo-saxonne | Lien permanent | Commentaires (21) | Envoyer cette note | Tags : daphné du maurier, que d'eau que d'eau!, ah la cournouaille ses falaises ses landes ses châteaux, mais où est le roi arthur ?
Commentaires
je sais, c'est très futile, mais j'assume :(
Écrit par : Stéphanie | 27.10.2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Aifelle | 27.10.2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : LVE | 27.10.2008
Répondre à ce commentaire@aifelle : j'ai aussi beaucoup aimé L'auberge de la Jamaïque!
@LVE : à ce compte-là, tu ne dois pas lire beaucoup de classiques, non ? :))
Écrit par : fashion victim | 27.10.2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : bladelor | 27.10.2008
Répondre à ce commentaireEt ce titre ! Quel titre !
Écrit par : Leiloona | 27.10.2008
Répondre à ce commentaireJe crois que j'ai deux livres de cette romancière dans ma PAL, je me les garde comme des friandises (quoique, mauvaise comparaison : les friandises, je ne les garde pas, je les mange :)) )
Cette histoire de mer/mère me tente bien, mais ça me rappelle aussi (alors que ça ne se ressemble pas visiblement) "L'arche dans la tempête" de Goudge, et ça me bloque. Tant mieux, tiens, puisqu'il n'est plus édité :)
Écrit par : erzébeth | 27.10.2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Meria | 27.10.2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Mo | 27.10.2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Lilly | 27.10.2008
Répondre à ce commentaireGrr, j'arrive pas à faire un lien correct... désolée
http://pralinerie.blogspot.com/2007/06/la-chane-damour.html
Écrit par : praline | 27.10.2008
Répondre à ce commentairePourtant, j'ai beaucoup lu et beaucoup aimé Daphné du Maurier il y a très (si) longtemps. Et j'aime beaucoup les éditions Phébus, malgré les petits caractères pour la myope et presbyte que je suis.
Écrit par : virginie | 27.10.2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Karine :) | 27.10.2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Lou | 27.10.2008
Répondre à ce commentaireBon, il doit bien être à la bibliothèque celui-là.
(Quand j'en aurais fini avec les vampires, hum)
Écrit par : Soeur Anne | 27.10.2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Pimpi | 27.10.2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Keltia | 27.10.2008
Répondre à ce commentaire@leiloona : c'est vrai que le titre français est pour une fois particulièrement bien trouvé...
@erzébeth : le style de Du Maurier est assez éloigné de celui de Goudge, il est plus dense, plus proche de celui de Brontë. Et je comprends parfaitement qu'on se garde des bouquins comme des friandises... :)))
@meria : franchement, ce roman en vaut la peine!
@mo : c'est un roman pour les amateurs de romans maritimes!
@lilly : chez un bouquiniste il y a de fortes chances...
Écrit par : fashion victim | 27.10.2008
Répondre à ce commentaire@virginie : vous les trouvez si petits que ça les filles, les caractères ?
@karine :) : à mon avis, la VO est facilemeny trouvable... Par hasard dans une librairie... :)))
@lou : "Rebecca" ne ressemble ne rien à ce roman, ni dans la thématique, ni dans le style finalement. J'ai adoré "Rebecca" et celui-ci au moins, on le trouve facilement! :)))
@soeur anne : qu'est-ce que tu lis ? Edward ? :)))
@pimpi : ne te retiens pas! :)))
@keltia : moi aussi j'aime beaucoup les sagas familiales, celle-là est particulièrement réussie!
Écrit par : fashion victim | 27.10.2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : virginie | 28.10.2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Lou | 28.10.2008
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