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16.10.2008
What's in a date ?
Un matin, les habitants d'un quartier d'une petite ville de province découvrent qu'une date a été taguée sur un mur : 1979. Tous se demandent pourquoi cette date a été inscrite et chacun pense qu'elle lui est adressée, se remémorant cette année, charnière pour certains, sans intérêt pour d'autres. Leurs destins se croisent jusqu'à la révélation finale.
Deuxième roman de Jean-Philippe Blondel, 1979 est aussi réussi que le premier, chers happy few, mais je l'ai trouvé paradoxalement plus sombre (je dis paradoxalement car certains événements d'Accès direct à la plage étaient pourtant aussi violents, voire plus que ce qui est raconté ici). Contrairement à ce que j'avais pu lire dans certains billets, je n'ai pas trouvé que la narration reprenait le même procédé que dans Accès direct à la plage : certes, les narrateurs sont multiples, ce qui permet de varier les points de vue, mais ils sont toujours les mêmes et le roman est bâti en quatre parties, portant chacune un chiffre extrait de la date, soit 1/9/7/9 (chaque chiffre indique le nombre de narrateurs qui va suivre). La partie 1 et l'épilogue sont pris en charge par le même narrateur, ce qui rend de ce fait la construction cyclique et parfaitement achevée. Chaque narrateur raconte à sa manière ce qu'évoque cette date pour lui dans les parties 9 et 7, puis l'histoire se déplace dans le présent dans la dernière partie, où il y a réunion des différents protagonistes et résolution de l'affaire, dans une structure qui n'est pas sans rappeler celle d'un roman policier. Le tout est au service d'une histoire de famille qui sert de prétexte (mais pas que) à d'autres histoires et j'ai beaucoup apprécié la façon dont la seule inscription de cette date sybilline sert de catalyseur pour décanter des histoires personnelles profondément enfouies, déterrer des secrets ou faire avancer des personnages jusque là englués dans une vie morne et triste. Cette date permet à chacun de tisser de nouveaux liens, que ce soit en renouant avec lui-même, avec sa famille, avec l'amour ou avec ses voisins, le tout dans une ambiance un peu feutrée (ni grandes démonstrations ni grandes manifestations mais plutôt des sentiments en demi-teinte). Comme dans Accès direct à la plage, je trouve que Blondel a un vrai talent pour camper ses personnages en quelques phrases très justes : il est le peintre un peu amer, un peu désenchanté, des petites vies des gens ordinaires.
Jean-Philippe Blondel, 1979, Pocket
Elles l'ont lu aussi : Amanda (interpelée par la tristesse qui sourd du roman), Laure (qui en a aimé les tranches de vie), Laurence (qui y voit un roman sur la solidarité), Solenn (qui trouve que Blondel est le romancier du quotidien et de la nostalgie), Tamara (dont l'exemplaire est joliment dédicacé par l'auteur), Val (qui pour sa part s'est ennuyée)
06:30 Publié dans Littérature française | Lien permanent | Commentaires (25) | Envoyer cette note | Tags : jean-philippe blondel, 1979, roman polyphonique, le tag comme procédé narratif, voisins voisines
Commentaires
Ecrit par : LVE | 16.10.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : Caro[line] | 16.10.2008
Répondre à ce commentaireM'enfin, je ne connais pas du tout cet auteur, donc je peux difficilement donner mon point de vue.
:)
Ecrit par : Leiloona | 16.10.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : maijo | 16.10.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : bladelor | 16.10.2008
Répondre à ce commentaire@caro[line] : merci de plussoyer, m'dame! :))
@leiloona : ce qui est bien fait c'est que les langues ne se délient pas forcément à haute voix. Chacun se met à réexaminer sa vie mais malgré la réunion finale et la résolution, certains secrets resteront enfouis pour la plupart des voisins, découverts seulement pour le lecteur. J'ai trouvé ça très crédible.
@maijo : mes PAL ont toujours une hauteur astronomique, c'est à ça qu'on les reconnaît, non ? :))
@bladelor : je suis ravie qu'Accès direct t'ait plu! Tu vas au salon du Livre de St Etienne ce week-end ? Caro[line] aussi!
Ecrit par : fashion victim | 16.10.2008
Répondre à ce commentaireEt Jean-Philippe Blondel aussi. Mais ça, je crois que je l'ai déjà dit ! ;-)
Ecrit par : Caro[line] | 16.10.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : yueyin | 16.10.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : amanda | 16.10.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : Karine :) | 16.10.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : Karine :) | 16.10.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : hydromielle | 16.10.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : Aifelle | 16.10.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : maijo | 16.10.2008
Répondre à ce commentaireEt hop, dans ma LAL :-)
Un petit mot à propos de ma LAL : j'ai pris l'idée sur un blog ! C'est ma liste cadeau sur Amazon, ce qui fait que, au sortir de ton blog, je vais sur le site, et j'ajoute ce livre à la liste. Le problème, c'est que cette fameuse LAL s'allonge plus vite que son ombre :-)
Ecrit par : Meria | 16.10.2008
Répondre à ce commentaire@yueyin : yep, et ça va continuer un peu... :))
@amanda : tout à fait d'accord avec toi!
@karine :) : oui, il est édité chez pocket, il devrait être assez facile à trouver. Errer dans les librairies, quel calvaire! :)))
@hydromielle : il peut, il est vraiment bien! :))
@aifelle : il est aussi dans ma PAL!
@maijo : tiens, donc ?! Comme je suis étonnée! :)))
@meria : c'est encore mieux si tu la rends publique : tout le monde t'enverra des livres! :)))
Ecrit par : fashion victim | 16.10.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : Co | 16.10.2008
Répondre à ce commentaireC'est marrant, je fonctionne exactement comme Meria, ma LAL est sur amazon :)
(et ce qui est encore plus drôle, c'est quand je regarde les articles que j'y ai mis, et que je me demande : mais saperlotte, où ai-je dégotté pareil livre ?)
(oui, vu comme ça, ce n'est pas très drôle, mais ça m'amuse quand même beaucoup) (je suis bon public quand il s'agit de moi-même)
Ecrit par : erzébeth | 16.10.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : erzébeth | 16.10.2008
Répondre à ce commentaire@erzébeth : bah, ça peut être dans ta salle de bains, tu sais! :)))
Ecrit par : fashion victim | 16.10.2008
Répondre à ce commentaireL'idée de départ de 1979 est bonne, certes, mais je trouve que le procédé s'essouffle un peu et, surtout, que la fin est décevante, très décevante...
Ecrit par : Cécile de Quoide9 | 17.10.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : fashion victim | 17.10.2008
Répondre à ce commentaireJ'ai hâte d'avoir ton avis sur Juke-box, livre très générationnel je trouve.
Ecrit par : Cécile de Quoide9 | 17.10.2008
Répondre à ce commentaireAutant j'ai dévoré "Accès direct" autant "1979"...
J'avais apprécié faire les liens entre les personnages du premier, j'avais été plus touchée.
Mais bon son style reste toujours agréable.
J'en ai encore deux en réserve (juke box et un minuscule inventaire).
Ecrit par : valeriane | 17.10.2008
Répondre à ce commentaire@val : moi aussi j'en ai en réserve et il me tarde! :)))
Ecrit par : fashion victim | 17.10.2008
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