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30.09.2008
Le chagrin et la pitié
Novembre 1918. Charles Marden, juge et cultivateur canadien qui vient de perdre sa femme de la grippe espagnole, apprend que son fils, Billy, est porté disparu près d'Ypres. Il décide de se rendre sur place, pour faire définitivement son deuil. En Angleterre, il apprend que la guerre est finie et que son fils a aimé une jeune fille, Elaine Reed, qui est partie elle aussi sur les traces du jeune homme mort...
Un siècle de novembre de W. D Wetherell, est un roman âpre et douloureux, chers happy few, d'une beauté formelle à couper le souffle. Le lecteur suit les traces de ce père solitaire qui cherche désespérément à marcher dans les pas de son fils disparu, et qui ne se leurre pas un instant sur la réalité qui l'attend sur le champ de bataille récemment déserté : il sait que dans le langage administratif disparu veut dire mort, surtout compte tenu de l'endroit où se trouvait le bataillon de son fils. Il ne veut même pas savoir comment il est mort, il veut juste que la réalité de cette disparition l'imprègne. Il croise sur sa route des familles entières qui font le même pélerinage que lui même si les motivations de chacun sont différentes et il se met à poursuivre cette jeune Elaine, enceinte de Billy, et en cherchant à se prouver la mort de son fils, c'est la vie qu'il trouve au bout du chemin. Narré alternativement à la troisième et à la première personne (Marden tient un journal et il le tient de mieux en mieux, de manière de plus en plus investie), le récit dépeint admirablement la douleur et la souffrance, le chaos du champ de bataille et la vanité de toute guerre. Dans le froid et la boue, sous la pluie battante et les obus qui enterrés, explosent encore, un père retrouve l'esprit de son fils et peut enfin faire son deuil. Magnifique et bouleversant.
W. D Wetherell, Un siècle de novembre (A Century of November), Les Allusifs (traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Lori Saint-Martin et Paul Gagné), 199 pages
Le billet de Joelle, qui aimé aussi.
06:30 Écrit par fashion dans Littérature anglo-saxonne | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : w.d wetherell, littérature américaine, première guerre mondiale, michelin
Commentaires
Écrit par : Françoise | 30.09.2008
Répondre à ce commentaireJe saurai résister à ton "magnifique et bouleversant".
(ou pas ?)
Écrit par : erzébeth | 30.09.2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : LVE | 30.09.2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Isil | 30.09.2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Zag | 30.09.2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Karine :) | 30.09.2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Lou | 30.09.2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : antigone | 30.09.2008
Répondre à ce commentaire@erzébeth : c'est marrant (ou pas) mais j'ai lu dernièrement des livres qui se correspondaient (il y a eu d'abord les lions et les tigres, puis la guerre avec celui-ci et les épluchures de patates et Guernesey avec le Goudge et de nouveau les épluchures de patates). J'aime bien quand nos lectures semblent se chercher, s'attirer et se compléter. C'est sans fin et c'est rassurant.
@LVE : :))
@isil : note, note!
@zag : je peux te le prêter si tu veux!
@karine :) : j'en suis ravie! (oh, la vilaine:)))
@lou : lis-le! (oui c'est un ordre:)))
@antigone : ah, tu as fait un billet ? Je ne l'ai pas trouvé, je vais chercher.
Écrit par : fashion victim | 01.10.2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Marie de Tahiti | 03.10.2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : fashion victim | 03.10.2008
Répondre à ce commentaireJe suis très tentée par le livre sur les épluchures de patates, je vais m'abonner à France Loisirs!
Et Erzebeth...erzébeth, ce n'est pas la toulousaine qui aime les écharpes??? De nouveau un blog, Erzebeth?
Bon, je sens que j'ai un peu dévié, là, excusez moi!
Lisez Un siècle de novembre, vraiment, gens des blogs et de la métropole!
Écrit par : Marie de Tahiti | 05.10.2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : fashion victim | 05.10.2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Caro[line] | 13.10.2008
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