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26.09.2008
Autobiographie d'un Indien à demi cuit
Balram Halwai est Indien. Terriblement et inexorablement pauvre, soumis à sa grand-mère, qui prend toutes les décisions pour tout le monde, il est retiré très tôt de l'école et placé comme serviteur dans un tea-shop. Il ne rêve que d'une chose : quitter son patelin misérable où le Gange semble charrier toute la misère et le désespoir des habitants, ce qu'il parvient enfin à faire. Il part pour Delhi, devient chauffeur de maître et se rend vite compte qu'il a troqué une servitude pour une autre...
Parfois les titres se suivent et résonnent entre eux, chers happy few, par un jeu curieux mais fortuit, comme si une lecture en appelait une autre : aussi après Montecore, un tigre unique, j'ai lu ce Tigre blanc, du romancier indien Aravind Adiga. Le tigre blanc, c'est Balram, surnommé ainsi par son instituteur, impressionné par l'intelligence rare du jeune garçon (le seul à avoir appris à lire durant ses années d'école). Dans une Inde corrompue de manière effrayante et à tous les degrés (l'instituteur détourne même les uniformes, qu'il revend, et l'argent de la cantine, sans parler de la police et des hommes politiques, évidemment), où tout se négocie et où tout se paye (le chantage est la façon la plus normale de communiquer, y compris entre membres de la même famille), où règne une misère noire et où l'être humain est quantité négligeable, Balram décide un jour qu'il passera de l'autre côté du miroir : du côté des riches, de ceux qui ont véritablement le pouvoir. Et c'est ce qu'il parviendra à faire, par des moyens que je vous laisse découvrir vous-mêmes, chers happy few (ne lisez pas la quatrième de couverture, qui, comme d'habitude en raconte deux fois trop), grâce à sa façon bien particulière d'envisager son avenir et d'analyser la situation économique et politique de l'Inde. Balram raconte lui-même sa propre histoire dans des mails qu'il adresse au Premier Ministre Chinois qui doit venir faire une visite en Inde, dans un style savoureux, à la fois incisif et drôle (les comparaisons entre la Chine et l'Inde et les théories sur la démocratie sont d'ailleurs extras). C'est le constat glaçant d'une réalité terrible mâtiné d'un humour grinçant à toute épreuve. Excellent.
Aravind Adiga, Le tigre blanc (The white tiger), (traduit de l'anglais (Inde) par Annick Le Goyat), 318 pages
Les billets d'Amanda (qui l'a trouvé envoûtant mais attention, elle spoile la vilaine!), Lily (tout aussi enthousiaste) et Tamara (qui a eu un coup de coeur).
La video animée bande-annonce du roman L'initiative est sympathique, mais le résultat est raté : je mets quiconque au défi de savoir de quoi parle le roman après avoir vu la BA. Dommage.
Rentrée littéraire 2008, romans étrangers
06:30 Publié dans Littérature indienne | Lien permanent | Commentaires (23) | Envoyer cette note | Tags : aravind adiga, rentrée littéraire 2008, mais pourquoi ne l'ai-je pas mis dans le challenge abc 2008
Commentaires
Ecrit par : Brize | 26.09.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : amanda | 26.09.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : Soeur Anne | 26.09.2008
Répondre à ce commentaireJe ne suis pas vraiment convaincue par cette mode des bandes-annonces de livres, ne serait-ce que parce qu'on les trouve sur le net et qu'il faut donc les chercher pour les voir,alors que le principe de la BA c'est justement de venir à toi sans effort...Et puis, forcément, ça impose un imaginaire visuel qui ne sera pas forcément celui du lecteur... (désolée pour ces "forcément" en cascade, c'estmoche,non?)
Ecrit par : Mo | 26.09.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : Mo | 26.09.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : dyns | 26.09.2008
Répondre à ce commentaireAlors certes, du coup, le commentaire est court, mais celui de Mo compense mon manque d'inspiration, non ?
Ecrit par : erzébeth | 26.09.2008
Répondre à ce commentairePour le livre, OK, Zou ! sur la LAL.
A chacun son trip. Y en a, c'est l'Inde. En ce moment, moi je kiffe les japonaiseries. Un p'tit billet japonisant ? Non ?
Ecrit par : Fantômette | 26.09.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : alain | 26.09.2008
Répondre à ce commentaire@amanda : oui, c'est vrai qu'il y fait une allusion rapidement, mais bon... A mon avis, les tigres c'est le hasard, mais c'est marrant.
@soeur anne : note, note, c'est un regard sans concession sur l'Inde et le style est très bon.
@mo : "l'histoire de pi" est dans ma LAL depuis des années : en sortira-t-il pour être converti en élément de PAL ? Sinon, je trouve que les BA de livres sont de bonnes idées, encore faut-il qu'elles soient représentatives du roman, ce qui n'est pas du tout le cas ici. Dommage.
@mo again : le titre du billet vient du roman. Balram explique qu'il y a deux Indes, celle des Lumières et celle des Ténèbres, et que la moitié des Indiens sont donc à demi-cuits.
@dyns : bonne lecture!
@erzébeth : j'en avais marre de ce vert épinard... :))) Mais les couleurs du blog-it sont quand même limitées.
@fantômette : j'ai plein de japonaiseries dans la PAL... Je vais en sortir un pour te faire plaisir, tiens! :))
@alain : j'ai vu ça! :))
Ecrit par : fashion victim | 26.09.2008
Répondre à ce commentaireJe devais vivre totalement sur une autre planète... ou bien être trooop subjuguée par tes écrits pour m'en apercevoir!!
Bon, pas certaine que ce livre me tente (même si la plupart des avis sont positifs)... pour une fois que je ne me garroche pas sur un livre, faut marquer la date!!!
Ecrit par : Karine :) | 27.09.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : fashion victim | 27.09.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : choupynette | 27.09.2008
Répondre à ce commentairePour le livre, je ne suis pas très littérature indienne, bien qu'ayant eu de bonnes expériences (quoi, je suis une femme, donc pleine de contradictions, CQFD).
Ecrit par : maijo | 27.09.2008
Répondre à ce commentaireA bientôt.
Ecrit par : Xavier Laroche | 27.09.2008
Répondre à ce commentaire@maijo : tu as raison d'être pleine de contradictions. On devrait faire un club, tiens! :))
@xavier laroche : dois-je en déduire que ce salon manque de profondeur ?
Ecrit par : fashion victim | 28.09.2008
Répondre à ce commentaire(Ce salon est à la juste profondeur. Sinon, c'est comme en plongée, si on descend trop, on manque de lumière.)
Ecrit par : Fantômette | 28.09.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : Magda | 29.09.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : Tamara | 29.09.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : yueyin | 29.09.2008
Répondre à ce commentaire@magda : sois bottée, ma chère et bonne lecture! :))
@tamara : mais non, tu imites très bien le tigre, va! :))
@yueyin : le jour où on tombe en panne de lecture c'est que quelque chose de très grave est arrivé qui nous a contraintes à rester cloîtrées chez nous, genre une guerre avec des aliens. Va chercher le Goudge, va, il t'attend, je suis sûre... :)))
Ecrit par : fashion victim | 01.10.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : Yves Bouvier | 18.10.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : fashion victim | 19.10.2008
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