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05.09.2008
Toutes les histoires de famille sont des labyrinthes
La narratrice, Hollandaise, raconte sa chronique familiale, en remontant à son arrière-grand-mère allemande, Maria, modiste autoritaire et à ses quatre filles. Sa famille a vécu entre l'Allemagne et les Pays-bas et cette géographie, imposée par les guerres, l'a modelée...
Comme certains aiment les oeufs mayonnaise ou les écharpes rouges, chers happy few, moi j'aime les chroniques familiales : les histoires étalées sur plusieurs générations, les secrets et les bavardages, les fâcheries et les retrouvailles, tout cela me touche beaucoup. Et j'ai pris beaucoup de plaisir à lire ce 100% chimique (titre étrange qui prend tout son sens à la fin du roman), que je trouve réussi à bien des égards. La construction en six parties portant des titres importants dans l'histoire de cette famille (comme Voitures, Chaussures ou Laine) permet une narration non linéaire mais très maîtrisée (elle n'est pas fragmentée comme on pourrait le craindre mais très fluide au contraire). On suit les méandres de la reconstruction du souvenir par la narratrice, qui se heurte au silence de sa mère et se trouve donc contrainte de réinventer l'histoire familiale en mettant bout à bout des histoires, des secrets à moitié dévoilés, des sous-entendus et des souvenirs. Le travail de la mémoire se donne à voir de manière très intéressante : se souvenir c'est reconstruire et parfois inventer pour se retrouver au plus proche de la vérité. Il y a beaucoup d'amour et d'humanité dans cette histoire, de la drôlerie aussi (les culottes en cuir sont un grand moment, de même que les déboires d'Ilna avec la machine à coudre) et une réflexion sur la place de l'individu dans la société (il est difficile d'être toujours l'immigrant ou le fils de l'immigrant).
Une belle découverte, chers happy few! Je ne peux que vous inviter à partager vous aussi l'univers de Maria, Rosa, Bettina et les autres!
Doeschka Meijsing, 100% chimique (100% chemie), Le Castor Astral, "Escales des lettres" (traduit du néerlandais (Pays-Bas) par Charles Franken), 201 pages
PS : ce roman a été élu meilleur livre de l'année 2002 par le journal Vrij Nederland. Son auteur a reçu le prix Multatuli, principal prix littéraire hollandais.
06:30 Publié dans Littérature néerlandaise | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note
Commentaires
Ecrit par : cathulu | 05.09.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : Meria | 05.09.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : Soeur Anne | 05.09.2008
Répondre à ce commentaireCette phrase est juste parfaite ! :)
Mais 200 pages, pour une chronique familiale, c'est pas un peu court ? Je me sentirais frustrée de rester aussi peu de temps avec les personnages.
Ecrit par : erzébeth | 05.09.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : Karine | 05.09.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : Caro[line] | 05.09.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : Elou | 05.09.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : Thaïs | 07.09.2008
Répondre à ce commentaire@meria : bienvenue au club alors! :))
@soeur anne : eh bien, je vois que nous sommes nombreuses à aimer les histoires de famille... :)))
@erzébeth : non, ce n'est pas court parce que le ton de la narratrice est assez particulier, elle synthétise beaucoup pour suivre un seul fil directeur. Je crois que j'aurais dû plus développer cet aspect dans ma critique mais je suis faaaaaatiguée... :))))
@karine : le titre est une allusion à la composition de l'humain : est-il 100% chimique ou a-t-il une âme ?
@caro[line] : ben, même réponse alors... :)))
@elou : merci! :))
@thaïs : merci aussi! :))
Ecrit par : fashion victim | 07.09.2008
Répondre à ce commentaireEt j'adore ton histoire de short de gymnaste suédoise. Ils sont fous ces scandinaves (mais si beaux).
Ecrit par : Magda | 07.09.2008
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