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12.08.2008
Every angel is terrifying
Henry DeTamble, un bibliothécaire séduisant, est follement amoureux de Clare Abshire, une belle artiste. Mais Henry souffre d'une maladie génétique rare : il voyage dans le temps, de manière aléatoire et incontrôlable, ce qui rend leur histoire d'amour à la fois inéluctable et tragique.
Voilà un roman qui avait déchaîné les commentaires quand Karine en avait parlé, chers happy few, et cette dernière l'avait classé dans les 5 romans qui la font pleurer : ma curiosité était donc fortement éveillée (car moi aussi j'aime pleurer, je sais, c'est étrange) et Manu l'a satisfaite en m'offrant ce roman lors du swap Eternel Féminin organisé par Anjelica. Et comme chez Karine le débat était allé bon train sur la traduction (ceux qui l'avaient lu en anglais étaient manifestement beaucoup plus emballés que ceux qui l'avaient lu en français), Manu me l'a offert en VO, histoire de mettre toutes les chances de mon côté lors de la lecture.
Et ? vous demandez-vous, mis en émoi par cette longue introduction si peu dans ma manière. Eh bien, chers happy few, je suis loin d'être emballée par ma lecture. Il y a deux choses qui m'ont gênée dès le début . La première est la construction du roman, très répétitive, qui voit les deux points de vue des personnages principaux alterner dans pratiquement chaque chapitre, et cette alternance de point de vue est clairement matérialisée par le nom des personnages mis en exergue devant leur narration (HENRY : "..."/CLARE : "...") et je trouve ce procédé très maladroit. La deuxième est que pendant un bon tiers du roman Henry rend visite à Clare sous sa forme très adulte (il a entre 30 et 40 ans) alors qu'elle n'est qu'une petite fille (l'histoire débute quand Clare a 6 ans) et outre le côté un peu malsain qui a mis du temps à s'effacer (bon, effectivement, il est irréprochable, même quand elle est adolescente), je trouve que ses fréquentes visites façonnent la jeune fille et comme il ne lui cache pas qu'elle deviendra sa femme, c'est comme si cette histoire d'amour lui était imposée par le destin incarné en Henry et cette prédétermination me gêne beaucoup, a fortiori dans une histoire d'amour : en est-ce vraiment dans ces cas-là ? Serait-elle tombée amoureuse de lui s'il n'avait pas hanté son enfance et son adolescence ?
Mon enthousiasme étant douché dès le début, j'ai eu du mal à accrocher à l'histoire : il y a beaucoup de longueurs (la conception de l'enfant, les oeuvres d'art (ah, la, la, la création des ailes, quel pensum!), la mort de la mère de Henry racontée encore et encore, le Noël dans la famille de Clare...) ; Henry et Clare ne vivent que l'un pour l'autre et ne sont envisagés que dans leur relation ce qui réduit passablement le champ de déploiement de leur personnage et de leurs caractères (surtout que le roman est long, presque 550 pages en broché) et l'aspect fantastique du roman (je refuse de parler de SF même s'il s'agit de voyage dans le temps puisqu'il n'y a pas de machine) est mal exploité et même si je suppose qu'il faut y voir une métaphore de l'amour plus fort que la mort, il y a trop d'incohérences : pourquoi ne maîtrise-t-il pas son pouvoir pour revivre auprès d'elle encore et encore puisqu'après tout, lors des deux événements cruciaux que sont le mariage et la conception de l'enfant, un autre lui est arrivé à point nommé, ce qui n'est d'ailleurs pas du tout expliqué ? S'il revit des pans de sa vie encore et encore, quand cela s'arrêtera-t-il (puisque ce n'est pas à sa mort à lui) : à la mort de Clare ? Mais pourquoi ? Bref, vous l'aurez compris, chers happy few, il y a trop d'approximations et trop de choses restent inexpliquées. Ajoutons à cela un style assez plat et un peu répétitif et nous obtenons...
...une déception, chers happy few! Mais peut-être ne suis-je pas une romantique ? (c'est l'argument de la quatrième de couverture)
Audrey Niffeneger, The time traveler's wife, Harcourt, publié en France sous le titre Le temps n'est rien chez J'ai lu
Les billets de Karine (en larmes donc), Clarabel (emballée), Lilly (très déçue), Chimère (enthousiaste), Lily (qui n'a pas tout suivi)
PS : le titre de ce billet est extrait d'un poème de Rilke, cité plusieurs fois dans le roman, en allemand et dans sa traduction anglaise.
PSbis : encore merci Manu!
07:10 Publié dans Fantastique, Littérature anglo-saxonne | Lien permanent | Commentaires (23) | Envoyer cette note
Commentaires
Ecrit par : SBM | 12.08.2008
Répondre à ce commentaireTout comme tu te demandes si Clare serait tombée amoureuse de Henry si celui-ci ne l'avait pas hantée durant toute son enfance, je me demande si tu n'aurais pas appréhendée différemment ta lecture si tu n'avais pas eu connaissance de l'enthousiasme de Karine?
Car finalement, c'est un peu le danger des avis trop positifs: on finit pas avoir des attentes un peu trop importantes et il est facile dans ce cas d'être déçue...
Pour ma part, je n'ai pas lu ce roman mais aprés avoir lu ton billet, je ne l'inscris pas non plus dans mes priorités.
Ecrit par : Isabelle | 12.08.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : virginie | 12.08.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : Agnès | 12.08.2008
Répondre à ce commentaireSBM: Ce qui m'a plu? Je ne saurais dire, j'ai été touchée, tout simplement, pour des raisons qui me sont probablement personnelles! Ça arrive, faut croire! J'ai des goûts bizarres, des fois... et je les assume!
Ecrit par : Karine | 12.08.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : Pimpi | 12.08.2008
Répondre à ce commentaire@isabelle : je suis d'accord sur les attentes qui se multiplient à la lecture de certains billets, surtout quand on sait qu'on partage pas mal de goûts avec l'autre blogueuse, ce qui est mon cas avec Karine, nous avons pas mal de "must" en commun, c'est pour ça que j'avais tant envie de lire ce roman... En même temps, aborder un roman sans attente aucune est difficile pour ne pas dire impossible : je n'achète jamais un roman sans rien en savoir à l'avance... (enfin, si mais c'est rarissime)
@virginie : en fait, en lisant les billets des autres après avoir rédigé le mien, je me suis dit que finalement, si j'avais lu le billet de Lilly avant de lire le roman, j'aurais eu moins d'attentes (voilà une autre blogueuse avec qui j'ai aussi des "must" en commun, et son ressenti de cette lecture est très proche de la mienne). Je ne suis certes pas insensible mais je n'ai pas été sensible à cette histoire-là et je dois dire que ce que je dis dans ce billet à propos de la façon dont Henry façonne Clare, m'a vraiment beaucoup gênée : pour moi, l'amour ne naît pas comme ça, même si je suis tout prête à y voir la métaphore du "j'ai l'impression de le connaître depuis toujours" qui a lieu lors du coup de foudre. Pour moi, cette histoire d'amour ne fait pas rêver, elle ne m'a pas remuée ni émue. Elle est trop éloignée certainement de mon vécu et de la façon dont j'envisage l'amour.
Ecrit par : fashion victim | 12.08.2008
Répondre à ce commentaire@karine : je ne crois pas que tu aies des goûts bizarres! :)) Je crois qu'on projette tous des choses très intimes dans nos lectures (le film que j'ai chroniqué hier le prouve très bien je trouve) et que mon vécu m'a laissée à côté de cette histoire. Je suis quand même ravie de l'avoir lu!
@pimpi : je suis entièrement d'accord pour le vécu personnel! C'est ça aussi qui fait toute la richesse de nos échanges livresques! :))
Ecrit par : fashion victim | 12.08.2008
Répondre à ce commentaireJ'avoue que j'avais moi aussi adoré cette lecture et que les visites à Claire alors qu'elle était enfant ne m'ont pas du tout choquée non plus ... Mais, comme tout le monde se l'accorde à le dire, les raisons qui font que l'on apprécie un livre ou pas sont le plus souvent assez subjectives.
Et moi non plus, je ne me souviens plus de cette histoire d'ailes !!
:-)
Ecrit par : Manu | 12.08.2008
Répondre à ce commentairePour les visites d'Henry à Clare, je te rassure, elles m'ont gênée aussi. J'ai écrit le billet rapidement, mais un an après je me souviens avoir trouvé ça un peu limite comme situation.
Ecrit par : Lilly | 12.08.2008
Répondre à ce commentaire@lilly : non mais qui est-ce qui parle, Miss j'ai laissé la photo de la couv de la Chartreuse pendant 8 mois 3/4 sur mon blog... :D (moi aussi je peux faire du mauvais esprit, y a pas de raison:))) Sinon, je suis contente de voir que je ne suis pas la seule à trouver ces visites gênantes, je finissais par croire que c'était moi qui avais un problème...
Ecrit par : fashion victim | 12.08.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : Karine | 12.08.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : yueyin | 12.08.2008
Répondre à ce commentaire@yueyin : exactement, tu as tout compris! (mais je n'en attendais pas moins de toi of course!:))) Moi je suis pour les rencontres inopinées et deux âmes qui se reconnaissent paf comme ça, dans les bois... :))) Tu comprends bien qu'on n'arrive pas à la cheville d'un Darcy/Lizzy! (exemple pris complètement au hasard, évidemment:)))
Ecrit par : fashion victim | 12.08.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : Agnès | 13.08.2008
Répondre à ce commentaireJe crois que, même après lecture, je resterai une Darcy-girl!!
Ecrit par : Mo | 13.08.2008
Répondre à ce commentaire@mo : je suis d'accord avec toi, d'ailleurs dans "Emma", c'est quelque chose d'assez désagréable, ce ton moralisateur que Knightley emploie toujours avec elle pour la remettre dans le droit chemin : au départ, on se dit qu'il agit comme un grand frère puis quand on se rend compte (vite) qu'en fait il est amoureux d'elle, ça devient pénible et c'est effectivement quelque chose d'un peu bizarre et rendue possible par le fait qu'il l'a vue grandir. On n'imagine pas un instant Darcy dire des choses pareilles à Lizzy (enfin, on imagine surtout Lizzy lui renvoyer quelque cinglante réplique au visage...:)))
Ecrit par : fashion victim | 13.08.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : yueyin | 13.08.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : fashion victim | 13.08.2008
Répondre à ce commentaireBref !
Je suis contente de lire ce billet sur ce livre que tu as gentiment descendu hier, tu m'en as comme dégoûtée et je t'en remercie ! ;) A priori, ça ne ressemble pas du tout non plus à ma conception du romantisme, et ces intrigues temporelles mal maîtrisées sont un peu la cerise sur le gâteau...
Ecrit par : erzébeth | 14.08.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : fashion victim | 15.08.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : Joelle | 17.08.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : fashion victim | 17.08.2008
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