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30.07.2008
Papy fait de la résistance
Sébastien Lesquettes, surnommé Albert Einstein, croupit depuis trois ans dans une maison de retraite où ses enfants viennent rarement le voir. Las d'attendre qu'on vienne le sortir de là, il décide un beau matin de se faire la belle. Il prend un taxi, raconte sa vie au chauffeur avec qui il part sur les traces de Paula, son vieil amour...
Septième roman de la sélection Landerneau, voilà un roman, chers happy few, dont le moins qu'on puisse dire est qu'il a partagé ceux qui l'ont déjà lu et que j'ai pour ma part bien aimé tout en lui trouvant des défauts certains. Il y a un côté artificiel dans la construction du récit puisque Bastien raconte toute sa vie au chauffeur de taxi, Laurent, et ce dernier ne sert qu'à faire progresser la narration à coup de questions creuses, ce qui transforme le roman en une espèce de logorrhée incontrôlable, de quasi-monologue, ce qui est parfois pesant et fait de Laurent un personnage qui a autant d'épaisseur qu'une marionnette, ce qui est bien dommage. Le discours même de Bastien sent aussi parfois l'artifice : on voudrait nous faire croire qu'il improvise son récit comme une (fausse) conversation, or il parle par formules dans un style très écrit et faussement oralisé. Cela étant posé, j'ai trouvé l'histoire de cet homme assez attachante et parfois émouvante, on traverse avec lui quelques grands événements du XXème siècle et surtout la Seconde Guerre Mondiale, les formules qui sont parfois irritantes font souvent mouche et je me suis surprise à sourire plusieurs fois. Le personnage de Bastien, qui peut sembler aigri et caricatural, possède encore pour son âge une rage et une lucidité impressionnantes.
Un bon moment de lecture, donc, chers happy few!
Joseph Bialot, Le jour où Albert Einstein s'est échappé, Métailié
Les pour : Lily (qui l'a trouvé magnifique), Papillon (qui a adoré le "style fleuri" et le vieil homme plein de fureur), Pascal (un peu agacé quand même parfois par le narrateur) et Jean-Marc Laherrère (qui donne en plus le lien vers une interview de Bialot)
Les contre/mitigés : Joelle (vite lassée par le narrateur et par le style), Anne (qui y a trouvé trop de clichés et un style trop gouailleur), Caro[line] (elle aussi très ennuyée par le narrateur)

17:58 Publié dans Littérature française, Prix Landerneau | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
Commentaires
Ecrit par : Karine | 31.07.2008
Répondre à ce commentaireSigné: la maniaque de souliers!!!
Ecrit par : Karine | 31.07.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : Stéphanie | 31.07.2008
Répondre à ce commentaire@stéphanie : il me semblait bien me rappeler que tu avais abandonné. Les goûts et les couleurs, ma brave dame... :)))
Ecrit par : fashion victim | 31.07.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : Fantômette | 31.07.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : Caro[line] | 31.07.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : Joelle | 31.07.2008
Répondre à ce commentaire@caro[line] : ça se sent dans ton billet... :)))
@joelle : je trouve le personnage du chauffeur de taxi assez artificiel, même dans ses relations, la polygamie tout ça... mais bon, ça ne m'a pas empêchée de bien aimer!
Ecrit par : fashion victim | 01.08.2008
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