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01.07.2008
A table!
Pour la troisième édition de Masse Critique, chers happy few, dans la très longue liste d'ouvrages proposés, j'ai, dans un accès de folie passagère, cliqué sur
un livre de cuisine!
Mais qu'allait-elle faire dans cette galère, vous demandez-vous, vous qui savez que je ne sais pas cuisiner, que le traiteur est mon meilleur ami et que je me contente de sashimi de lapin pour un dîner en amoureux... Eh bien, vous répondrai-je en grignotant du chocolat au poivre rose, il y a deux raisons à ma présence dans cette barque : la première, et non des moindres, est qu'il s'agit d'un livre de Maguelonne Toussaint-Samat, qui est une véritable institution et pas seulement dans le domaine culinaire, puisque je vous rappelle que c'est à elle que l'on doit la série des Contes et Légendes, jadis publiés dans de très jolies éditions à couvertures rigides blanches filetées d'or (j'en possède encore quelques exemplaires sur lesquels je veille jalousement) qui sont très certainement à l'origine de mon goût immodéré des histoires légendaires et mythologiques, la deuxième étant que l'arrivée de ce livre dans ma vie de non-cuisinière me permet de faire une critique à quatre mains avec ma mère, dont je ne vanterai jamais assez les fabuleux et extrêmement variés talents culinaires. C'est donc une première dans ce modeste salon, chers happy few!
Et donc, qu'en avons-nous pensé ? Pour ma part, j'ai trouvé que c'était un bel objet, au format maniable : il n'est pas trop grand et il tient facilement ouvert, ce qui est important quand on cuisine (je ne supporte pas de devoir rouvrir sans cesse un livre de cuisine qui se ferme au moment crucial, sachant que comme je suis particulièrement peu douée, tous les moments sont cruciaux). Il est organisé en 14 chapitres clairs qui permettent de trouver facilement une recette (il y a en plus un index), puisque les chapitres sont thématiques (sauces, viandes, pains, plats complets...) et j'ai apprécié les titres des chapitres, que je trouve assez drôles : "Pour être bien accompagné" (sauces, condiments, beurres), "L'oeuf sans embrouille", "A votre santé" (légumes), "N'oubliez pas d'en faire tout un..." (fromage) ou encore "Au palais de Dame Praline" (gâteaux)... Pour la béotienne que je suis, il y a de nombreuses explications pratiques comme la correspondance thermostat/degrés du four, les contenances, etc. Et, comme je suis une béotienne doublée d'une assoiffée de kulture, j'ai beaucoup aimé les éclairages étymologiques et/ou historiques qui accompagnent parfois les recettes : saviez-vous par exemple que le mot anglais "pie" a une étymologie religieuse ou que les gâteaux au fromage blanc apparaissent déjà dans la Bible ?
Côté recettes, je laisse la parole à ma mère, donc, qui elle, a compulsé cet ouvrage avec un oeil aguerri. Elle a apprécié l'aspect très personnel du livre : il ne s'agit pas d'un énième livre de recettes mais d'une somme de recettes manifestement élaborées au cours d'une vie entière dédiée à la cuisine (Maguelonne Toussaint-Samat est très renommée dans le milieu culinaire). C'est aussi un livre de transmission familiale, puisqu'il est dédié à son arrière-petit-fils en qui elle détecte déjà les graines du cuisinier, ce qui explique l'absence de photos : on est en présence d'une espèce de cahier familial, ce qui est très émouvant. Les recettes sont à la fois simples et très variées (on trouve des recettes de toutes les régions et de tous les pays) et Maguelonne Toussaint-Samat a intégré à une cuisine traditionnelle des éléments très modernes : on trouve des cuissons au torchon comme des cuissons au micro-ondes, qu'elle utilise de manière intéressante. Ce livre s'adresse à tous les niveaux de cuisine, il est bourré d'explications de base comme l'épluchage détaillé des légumes, la préparation des poissons..., toutes choses que l'on ne trouve jamais nulle part et qui sont importantes pour les cuisiniers débutants. Les plats proposés sont éclectiques et originaux mais toutes les recettes sont réalisables (il y a 3 niveaux de difficulté) par le plus grand nombre. Elle propose parfois en plus de la recette de base des variantes comme par exemple pour le ragoût de mouton, pour lequel elle donne en plus les recettes de haricot de mouton, irish stew, navarin et tajine ou pour le cassoulet (un plat traditionnel dans la fashion's family), plat pour lequel elle énumère tous les particularismes régionaux (à Toulouse, par exemple, pas de cassoulet sans poitrine de mouton alors qu'à Carcassonne ce sont les côtelettes de porc). Un livre de recettes humble, très ouvert et accessible!
Vous l'aurez compris chers happy few, la Fashion's team recommande très vivement l'achat de cet excellent ouvrage!
Maguelonne Toussaint-Samat, Le Miam...issime, Toute la cuisine que j'aime en 800 recettes, Editions Sud Ouest.

06:34 Publié dans In the kitchen | Lien permanent | Commentaires (20) | Envoyer cette note
Commentaires
Ecrit par : cathulu | 01.07.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : Alinéa | 01.07.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : Elou | 01.07.2008
Répondre à ce commentaireJe cuisine comme Susan Mayer (la Desperate housewife) : "c'est à la fois trop cuit et pas assez cuit". L'autre jour, j'ai fait un gâteau à l'huile. Original.
Malgré tout ce que tu dis, je suis sûre que ce livre est encore trop compliquée pour les néophytes comme moi (même si les explications de base, bon, ça peut m'être utile).
Puis, ce que je voulais dire surtout, afin que les choses soient claires une bonne fois pour toutes, le cassoulet est chaurien.
(des côtelettes de porcs ! ri-di-cu-les, ces Carcassonnais ! ;-P )
Ecrit par : erzébeth | 01.07.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : Caro[line] | 01.07.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : yueyin | 01.07.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : Tamara | 01.07.2008
Répondre à ce commentaire@alinéa : pfff, même pas ma faute! :))
@elou : merci! Je pense du coup en faire de temps en temps, des critiques à plusieurs mains, c'est chouette de brainstormer ensemble!
@erzébeth : je vois que nous avons la même approche de la cuisine. Un jour j'ai fait un gâteau sans levure. Expérimental. Et bien évidemment immangeable. Sinon, même si je veux bien concéder que le cassoulet est chaurien, mon préféré c'est le toulousain. On ne peut pas renier ses origines... :))))
@caro[line] : moi j'aime bien acheter des livres de cuisine dont je ne me sers strictement jamais, à part "Je veux du chocolat" de Trish Deseine dont j'ai fait plein de recettes (j'en connais même une par coeur, c'est dire le potentiel de facilité totale de ce bouquin qui est une bible).
@yueyin : pauvre petite âme faible... :)))
@tamara : ah, la no-cooker attitude... Je maîtrise aussi! :)))
Ecrit par : fashion victim | 01.07.2008
Répondre à ce commentaireLa question est importante, j'ai deux mois pour perdre tous les kilos accumulés pendant ces mois d'écriture, et ce n'est pas avec vos recettes, si "humbles" soient-elles, que je vais les perdre.
Bon, je vais quand même en parler à ma femme, peut-être connaît-elle des versions basses calories de vos haricots de mouton, irish stew, navarins et tajines, cassoulets (de Toulouse ou de Carcassonne, avec poitrine de mouton ou côtelettes de porc).
Ou alors, il me faudra faire beaucoup plus de vélo.
Ecrit par : Georges F. | 01.07.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : fashion victim | 01.07.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : chiffonnette | 01.07.2008
Répondre à ce commentaireMoi aussi, j'avais les Contes et Légendes dont tu parles. Malheureusement, ils ont tous disparu lors des déménagements successifs.
Ecrit par : virginie | 01.07.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : sylvie | 01.07.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : maijo | 02.07.2008
Répondre à ce commentaireA part ça, je vois que nous sommes plusieurs à cultiver l'humilité en matière de popote (j'ai réussi à faire flamber ma cuisine en faisant cuire un crumble pommes-poires, qui dit mieux ? ). Cependant j'adore lire les images des livres de cuisine, alors là, un livre de recettes sans photo ni aquarelle, je dis "niet".
Ecrit par : Fantômette | 02.07.2008
Répondre à ce commentaire@virginie : on en trouve parfois dans les brocantes des vieux contes et légendes. Ils avaient plus de gueule que les rééditions à couvertures souples quand même...
@sylvie : oui, j'ai vu ça chez toi! Parfois on fait des choses bizarres... :)))
@maijo : bon, évidemment il n'y a pas la recette du sashimi de lapin made in Clayton! :))))
@fantômette : ça n'existe pas un cassoulet sans confit! Les variantes donnent ce que tu peux rajouter, ça ne se substitue pas, faut pas exagérer! :)))) Et tu as vraiment fait flamber ta cuisine ? Tu mérites la palme d'or... :)))
Ecrit par : fashion victim | 02.07.2008
Répondre à ce commentaireEt j'ignorais que c'était à Maguelonne Toussaint-Samat que l'on devait la série des Contes et Légendes. Tiens, je vais demander à ma mère de me les passer, elle en a pas mal. Je les ai dévorés il y a longtemps, mais je les ai découverts après les recueils de contes de tous les pays de Gründ. Ça te dit quelque chose ?
Ecrit par : Melanie B | 02.07.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : fashion victim | 02.07.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : Joelle | 06.07.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : fashion victim | 06.07.2008
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