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03.06.2008

Père et fille

14104849.jpg A la mort de son père, Annie Ernaux décide de lui consacrer un livre, qui ne sera pas une fiction. Elle veut rendre hommage à ce père petit commerçant, à qui la condition d'ouvrier a toujours collé à la peau...


Vous l'aurez compris, chers happy few, après quelques pavés, j'ai décidé de faire baisser ma PAL de ses romans courts (du moins quelques-uns, mais sans en faire de challenge, l'expérience m'ayant servi de leçon). Et qu'ai-je donc pensé de cet ouvrage, chers happy few ? Eh bien, pour tout vous avouer, pas grand-chose (ben oui, ça m'arrive), tant ce roman autobiographique (on va l'appeler comme ça faute de mieux) m'a laissée perplexe. J'ai beau avoir lu ici ou là qu'il s'agissait d'une déclaration d'amour à son père, je n'ai à aucun moment dans le récit senti une quelconque affection pour cet homme, mais plutôt une analyse, intellectuelle et détachée, de sa condition sociale et de ses "symptômes" : langage, habillement, gestuelle, fréquentations, habitudes... Cet aspect est très réussi mais dans quel but, cela reste un mystère. L'écriture, volontairement plate (et là encore, cela fait l'objet d'une longue justification de la part de l'auteur), ne m'a pas plu : est-elle là pour empêcher l'émotion d'entrer ou pour signifier que d'émotion, il n'y en eut jamais ? Je n'arrive pas à percevoir la place exacte que son père a tenu dans sa vie et ce qui est sûr c'est que je n'ai pas trouvé ma place de lectrice dans cet ouvrage...

Un roman qui m'a laissée profondément indifférente, chers happy few. Eh oui, ça arrive...


Annie Ernaux, La place, Folio


Les billets de Stéphanie, Tamara
Plusieurs billets chez les rats de bibliothèque


PS : il s'agit d'un livre Lotobook : merci Yohan ! Je suis navrée de ne pas partager ton enthousiasme...
PSbis : ce roman a reçu le prix Renaudot en 1984.

Commentaires

C'est vrai que l'engouement qui avait eu lieu autour de ce livre me semblait à l'époque bien incompréhensible. Un peu comme les règles du jeu au cricket (pour situer).

Écrit par : LVE | 03.06.2008

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j'ai moi aussi des petit livre que je lis en ayant l'impression que ma PAL diminue plus vite et bien souvent je suis décu par ces petits romans, trop cout peut etre pas assez étoffés.

Écrit par : pom' | 03.06.2008

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Est-ce que tu as lu d'autres romans d'Annie Ernaux ? Je l'ai "rencontrée" il y a quelques semaines, elle était intéressante mais... je ne sais pas, il reste ce "mais", coincé dans mon esprit, qui ne me donne pas encore envie de la lire.
(j'espère que Christian Sauvage ne va pas passer par ici, ou il va pleurer de chagrin devant nos réserves)

(et j'aime beaucoup le commentaire de LVE !)

(et tout ça me donne envie de faire une liste de courts romans qui n'auraient rien gagné à être plus longs ! mais faudrait réfléchir pour ça, beurk)

Écrit par : erzébeth | 03.06.2008

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C'est Caro[line] et Christian S. qui vont être déçus ! J'avais aimé ce livre plus que toi, mais moins qu'eux... Je suis dans la moyenne, donc !

Écrit par : Tamara | 03.06.2008

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Ce n'est pas un texte "émouvant", mais j'avais été touchée par les notations très précises, de langage surtout, et par le fossé entre son père et elle.

Écrit par : rose | 03.06.2008

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je ne l'ai jamais lue, mais peut-être est ce un auteur qui privilégie la forme au fond ? Et qu'au final, le roman est creux ?

Une libraire (âgée) m'a récemment déconseillé d'acheter Les années car elle me trouvait trop jeune pour l'apprécier (je cite)... du coup je laisse le temps au temps et le lirai plus tard !

Écrit par : amanda | 03.06.2008

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Idem. Rien.

Écrit par : Fantômette | 03.06.2008

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ça tombe bien, ma pal menace de m'écraser :-)))

Écrit par : yueyin | 03.06.2008

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A Amanda : à une rencontre récente avec Annie Ernaux, j'ai entendu 3 jeunes lecteurs s'exprimer et ils avaient aimé les années !!! Leur avis était intéressant par rapport aux lecteurs plus âgés.
Je n'ai pas lu "la place", mais j'en ai lu d'autres. Moi aussi cet aspect très froid me dérange, mais par ailleurs tout ce qui est noté est tellement juste et bien dit que çà compense.

Écrit par : Françoise | 04.06.2008

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Je n'ai rien lu de cette auteure, donc j'ai consulté Amazon. Les titres de ses livres m'évoquent tous l'écriture blanche, que j'ai travaillé en atelier la semaine dernière, à la manière de Camus dans l'étranger. Une mise à distance de l'écriture qui en fait quelque chose de très froid et détaché. Qui convient à des situations bien précises, mais qui se révèle peut-être un peu indigeste à la longue...

Écrit par : May | 04.06.2008

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Dommage, vraiment dommage, que ça t'ait laissée indifférente. Moi je trouve que c'est justement cette mise à distance et la précision de son écriture qui font sa force. Je n'ai pas du tout le temps de développer, mais si tu es prête à retenter l'expérience un jour, lis "La femme gelée".

Écrit par : Melanie B | 04.06.2008

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"L'écriture, volontairement plate (et là encore, cela fait l'objet d'une longue justification de la part de l'auteur),..."
Merci de m'avoir prévenu ! Quand un auteur explique pourquoi il a fait exprès d'adopter une écriture plate, je m'enfuis : il reste tant de livres à lire, tant de livres où ces fainénants d'auteurs n'ont pas pris la peine de faire exprès d'écrire platement !

Écrit par : Georges F. | 04.06.2008

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@LVE : la comparaison avec le cricket est très pertinente! :)) Et je suis ravie de voir que je ne suis pas toute seule à être indifférente...
@pom' : en fait, je crois que je ne suis pas faite pour les petits romans...
@erzébeth : ah bon, tu l'as vue en vrai ? Je ne crois pas que ce roman aurait gagné à être plus long. Je crois surtout qu'il aurait gagné à contenir des sentiments...
@tamara : ben oui, je sais, mais franchement je ne comprends pas leur engouement...
@rose : le fossé est clairement matérialisé mais je ne le trouve pas du tout touchant, plutôt "clinique" et désincarné.

Écrit par : fashion victim | 04.06.2008

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@amanda : il est certain que je l'ai trouvé creux. Et la forme m'a déplu. Tout ça fait beaucoup au final...
@fantômette : rien de rien ?
@yueyin : ouh là, il faut mettre en place des mesures d'urgence alors! :))
@françoise : c'est vrai que c'est juste ce qu'elle dit mais moi ça ne me suffit pas...
@may : je ne trouve pas la comparaison avec Camus bonne. Dans "L'étranger" il y a une force, une histoire, que l'écriture, comme tu le dis, sert parfaitement. Dans "La place", il y a une mise à distance créée par le style qui dessert complètement le propos et rend le bouquin ennuyeux (en tout cas je l'ai ressenti comme ça).
@melanie B : je note "La femme gelée" pour quand ma PAL sera revenue sous la centaine... :)))
@georges F : je suis d'accord avec vous, je déteste quand un auteur explique pourquoi il écrit comme il écrit. S'il a besoin de se justifier dans le corps même du roman, c'est que le style ne fonctionne pas...

Écrit par : fashion victim | 04.06.2008

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je vois que tu as mis un lien vers les critiques du club des rats , c'est sympa !
tu y vas de temps en temps ?
pour le livre, comme tu as pu le voir, j'avais aimé !

Écrit par : odilette | 04.06.2008

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Oui Madame, je l'ai rencontrée en vrai et même qu'elle portait un jean et une veste en cuir et que chaque personne du public avait au moins 30 ans de plus que moi ;-)
Si c'est pas du scoop people, tout ça, hein ! ;)

Écrit par : erzébeth | 04.06.2008

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Plus ça va, plus je suis craintive de découvrir cet auteur... "Les années" me tentent davantage que celui-ci et comme les styles froids me dérangent souvent (pas toujours... mais souvent), je pense que ce n'est pas pour moi. Et Fashion... tu as VRAIMENT l'impression que ta PAL va redescendre un jour en dessous de la centaine?!?!?!?!

Écrit par : Karine | 05.06.2008

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Rassurez-vous, madame Tamara, je ne suis pas déçue. Et Fashion, oui, je crois que tu n'es pas faite pour les romans courts ! ;-)

Personnellement, je n'ai pas vu non plus une grande déclaration d'amour d'une fille pour son père dans ce roman. Si tu attendais cela, c'est sûr, tu ne pouvais qu'être déçue, je pense. :-) (Toujours ce problème des attentes !!!!)

Moi, ce qui m'a frappé dans ce roman, c'est de ressentir une véritable émotion alors que l'écriture d'Annie Ernaux est blanche, simple, plate. C'est là où j'ai été véritablement marquée.

J'ai lu aussi "Passion simple", mais là, je n'ai pas eu le coup de coeur que j'avais eu pour "La place".

Les goûts et les couleurs... ! ;-)

PS : Moi qui raffole des romans courts, je viens de commencer un pavé de 1200 pages (en poche) !!!!

Écrit par : Caro[line] | 05.06.2008

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@odilette : oui, de temps en temps!
@erzébeth : oh, mais c'est carrément digne de figurer dans un tabloïd, des révélations pareilles! :))) Et sinon, c'était intéressant ?
@karine : oui, je suis SURE que ma PAL va redescendre en dessous de la centaine, j'oeuvre d'ailleurs activement en ce sens!!! C'est vrai que ça risque d'être trèèèèèèèèèèèès long, mais après tout, je n'ai pas dit QUAND elle serait en dessous de 100! :))))
@caro[line] : ah, te voilà! Je croyais que tu boudais suite à ce billet... :)))) Et ce pavé, c'est quoi ??? Belle du Seigneur ?

Écrit par : fashion victim | 05.06.2008

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Hé non... ce n'est même pas "Belle du Seigneur" ! C'est "Dans la main du diable" d'Anne-Marie Garat... Oui, je sais, ce n'est pas raisonnable ! ;-)

Écrit par : Caro[line] | 05.06.2008

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@caro[line] : c'est même carrément déraisonnable! :))

Écrit par : fashion victim | 05.06.2008

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Quoi, je te parle de mode vestimentaire, et tu me réponds "intérêt culturel"... tu es dure ! ;)
Je ne sais pas, c'était particulier. Annie Ernaux était à la fois touchante et agaçante; j'avais aussi l'impression (mais peut-être me trompé-je) que son humilité était feinte. Je ne pourrais pas trop raconter ce qui s'est dit, ça commence à remonter, cette affaire, j'ai juste retenu qu'elle écrivait pour lutter contre la mort (en gros). J'y étais allée par curiosité, j'aime bien écouter les écrivains parler, sans acheter leurs livres (d'où le fait que j'aime beaucoup moins les pures séances de dédicaces), et là, elle ne m'a pas donné envie de la découvrir. Plus tard, peut-être; je suis sans doute trop jeune.

Écrit par : erzébeth | 05.06.2008

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En même temps, je n'ai pas lu ce bouquin, je parlais du style, après l'histoire, pfiou ! c'en est une autre ;o)

Écrit par : May | 05.06.2008

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@erzébeth : je ne pense pas que ça ait un rapport avec l'âge... Ma mère n'aime pas non plus!
@may : :))

Écrit par : fashion victim | 06.06.2008

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Je suis déçu que tu n'aies pas accroché avec ce livre. Mais il est vrai que cela ne rentre pas dans le genre de livres que tu apprécies habituellement !

C'est vrai que ce n'est pas une histoire d'amour, mais c'est un récit qui m'a profondèment marqué quand je l'ai lu, et je l'ai relu depuis. Il y a une interrogation, un mystère dans la relation avec son père, qu'elle voudrait saisir mais qui lui échappe. Je me retrouve en grande partie dans son texte, et cela a du jouer dans mon approche de l'ouvrage.

Apprécier l'écriture d'Annie Ernaux n'est pas une question d'age. J'ai dans ma PAL les Années, livre un peu différent, car plus historique. Mais si on devait avoir connu l'époque pour apprécier les livres, on ne lirait pas grand-chose.

Écrit par : Yohan | 07.06.2008

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@yohan : je savais que tu serais déçu et tu m'en vois navrée... Peut-être ce livre n'a-t-il rien éveillé en moi car je ne m'y suis absolument pas retrouvée (mon père est quelqu'un de formidable et que j'adore, je m'en sens très proche) mais peut-être est-ce autre chose, le style, l'histoire, va savoir... Il est certain que je la trouve trop "intellectualisante" dans son approche et ça me gêne. Sinon, pour l'âge, je suis entièrement d'accord avec toi!

Écrit par : fashion victim | 07.06.2008

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Mais tu n'as pas etre navrée ! C'est intéressant d'avoir d'autres points de vue sur un ouvrage apprécié, meme si tu auras du mal à me convaincre ;-)

Si jamais tu gagnes au prochain Lotobook, je ferai attention ;-) (Bon, je ne sais pas si tu vas retenter ta chance après ta dernière victoire. Mieux vaut se retirer au sommet de sa gloire)

Écrit par : Yohan | 07.06.2008

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Tu décris exactement la façon dont j'ai reçu, moi aussi, ce texte, quand j'ai dû l'étudier en première. Je me demande si ce n'est pas le premier livre que je lisais que je n'avais pas aimé... (Après réflexion, je croix que c'est Le Noeud de vipères de François Mauriac, mais je n'avais que 11 ans! :-)) En tout cas, Ernaux, on ne m'y reprendra pas. J'ai autant de plaisir à lire un livre aussi sec que de manger une soupe lyophilisée sans eau!

Écrit par : Gaël | 08.06.2008

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@yohan : je ne peux pas gagner le prochain Lotobook, j'ai interdiction d'y participer, en tant que grande gagnante précédente... :)))
@gaël : la comparaison me plaît! :))

Écrit par : fashion victim | 08.06.2008

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c'est un livre que j'ai lu il y a pas mal de temps, mais je me souviens qu'il m'avait vraiment beaucoup touchée. Le travail d'écriture épurée pour aller au plus juste et sans mentir m'avait émue au plus haut point. C'est un texte sans complaisance, qui dit tout, et surtout le silence qui s'installe entre une enfant et ses parents alors qu'elle change de milieu, de codes, de style de vie, de repères.. Franchement je me souviens qu'elle en parlait très bien. Elle était juste.
J'ai aussi beaucoup aimé de cette auteur les armoires vides. J'ai acheté, bien sûr, les années, qui m'attend sur ma pal...

Écrit par : sylvie | 09.06.2008

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Bonjour
J'avoue au contraire de toi aimer Annie Ernaux. J'ai commencépar ce roman et d'autres ont suivi. J'aime bien justement ce style plat et direct qui va à l'essentiel. Je n'ai pas encore lu ses productions récentes.

Écrit par : Yv | 14.02.2009

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