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03.06.2008
Père et fille
A la mort de son père, Annie Ernaux décide de lui consacrer un livre, qui ne sera pas une fiction. Elle veut rendre hommage à ce père petit commerçant, à qui la condition d'ouvrier a toujours collé à la peau...
Vous l'aurez compris, chers happy few, après quelques pavés, j'ai décidé de faire baisser ma PAL de ses romans courts (du moins quelques-uns, mais sans en faire de challenge, l'expérience m'ayant servi de leçon). Et qu'ai-je donc pensé de cet ouvrage, chers happy few ? Eh bien, pour tout vous avouer, pas grand-chose (ben oui, ça m'arrive), tant ce roman autobiographique (on va l'appeler comme ça faute de mieux) m'a laissée perplexe. J'ai beau avoir lu ici ou là qu'il s'agissait d'une déclaration d'amour à son père, je n'ai à aucun moment dans le récit senti une quelconque affection pour cet homme, mais plutôt une analyse, intellectuelle et détachée, de sa condition sociale et de ses "symptômes" : langage, habillement, gestuelle, fréquentations, habitudes... Cet aspect est très réussi mais dans quel but, cela reste un mystère. L'écriture, volontairement plate (et là encore, cela fait l'objet d'une longue justification de la part de l'auteur), ne m'a pas plu : est-elle là pour empêcher l'émotion d'entrer ou pour signifier que d'émotion, il n'y en eut jamais ? Je n'arrive pas à percevoir la place exacte que son père a tenu dans sa vie et ce qui est sûr c'est que je n'ai pas trouvé ma place de lectrice dans cet ouvrage...
Un roman qui m'a laissée profondément indifférente, chers happy few. Eh oui, ça arrive...
Annie Ernaux, La place, Folio
Les billets de Stéphanie, Tamara
Plusieurs billets chez les rats de bibliothèque
PS : il s'agit d'un livre Lotobook : merci Yohan ! Je suis navrée de ne pas partager ton enthousiasme...
PSbis : ce roman a reçu le prix Renaudot en 1984.
06:30 Écrit par fashion dans Littérature française, Lotobook | Lien permanent | Commentaires (31) | Envoyer cette note
Commentaires
Écrit par : LVE | 03.06.2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : pom' | 03.06.2008
Répondre à ce commentaire(j'espère que Christian Sauvage ne va pas passer par ici, ou il va pleurer de chagrin devant nos réserves)
(et j'aime beaucoup le commentaire de LVE !)
(et tout ça me donne envie de faire une liste de courts romans qui n'auraient rien gagné à être plus longs ! mais faudrait réfléchir pour ça, beurk)
Écrit par : erzébeth | 03.06.2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Tamara | 03.06.2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : rose | 03.06.2008
Répondre à ce commentaireUne libraire (âgée) m'a récemment déconseillé d'acheter Les années car elle me trouvait trop jeune pour l'apprécier (je cite)... du coup je laisse le temps au temps et le lirai plus tard !
Écrit par : amanda | 03.06.2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Fantômette | 03.06.2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : yueyin | 03.06.2008
Répondre à ce commentaireJe n'ai pas lu "la place", mais j'en ai lu d'autres. Moi aussi cet aspect très froid me dérange, mais par ailleurs tout ce qui est noté est tellement juste et bien dit que çà compense.
Écrit par : Françoise | 04.06.2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : May | 04.06.2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Melanie B | 04.06.2008
Répondre à ce commentaireMerci de m'avoir prévenu ! Quand un auteur explique pourquoi il a fait exprès d'adopter une écriture plate, je m'enfuis : il reste tant de livres à lire, tant de livres où ces fainénants d'auteurs n'ont pas pris la peine de faire exprès d'écrire platement !
Écrit par : Georges F. | 04.06.2008
Répondre à ce commentaire@pom' : en fait, je crois que je ne suis pas faite pour les petits romans...
@erzébeth : ah bon, tu l'as vue en vrai ? Je ne crois pas que ce roman aurait gagné à être plus long. Je crois surtout qu'il aurait gagné à contenir des sentiments...
@tamara : ben oui, je sais, mais franchement je ne comprends pas leur engouement...
@rose : le fossé est clairement matérialisé mais je ne le trouve pas du tout touchant, plutôt "clinique" et désincarné.
Écrit par : fashion victim | 04.06.2008
Répondre à ce commentaire@fantômette : rien de rien ?
@yueyin : ouh là, il faut mettre en place des mesures d'urgence alors! :))
@françoise : c'est vrai que c'est juste ce qu'elle dit mais moi ça ne me suffit pas...
@may : je ne trouve pas la comparaison avec Camus bonne. Dans "L'étranger" il y a une force, une histoire, que l'écriture, comme tu le dis, sert parfaitement. Dans "La place", il y a une mise à distance créée par le style qui dessert complètement le propos et rend le bouquin ennuyeux (en tout cas je l'ai ressenti comme ça).
@melanie B : je note "La femme gelée" pour quand ma PAL sera revenue sous la centaine... :)))
@georges F : je suis d'accord avec vous, je déteste quand un auteur explique pourquoi il écrit comme il écrit. S'il a besoin de se justifier dans le corps même du roman, c'est que le style ne fonctionne pas...
Écrit par : fashion victim | 04.06.2008
Répondre à ce commentairetu y vas de temps en temps ?
pour le livre, comme tu as pu le voir, j'avais aimé !
Écrit par : odilette | 04.06.2008
Répondre à ce commentaireSi c'est pas du scoop people, tout ça, hein ! ;)
Écrit par : erzébeth | 04.06.2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Karine | 05.06.2008
Répondre à ce commentairePersonnellement, je n'ai pas vu non plus une grande déclaration d'amour d'une fille pour son père dans ce roman. Si tu attendais cela, c'est sûr, tu ne pouvais qu'être déçue, je pense. :-) (Toujours ce problème des attentes !!!!)
Moi, ce qui m'a frappé dans ce roman, c'est de ressentir une véritable émotion alors que l'écriture d'Annie Ernaux est blanche, simple, plate. C'est là où j'ai été véritablement marquée.
J'ai lu aussi "Passion simple", mais là, je n'ai pas eu le coup de coeur que j'avais eu pour "La place".
Les goûts et les couleurs... ! ;-)
PS : Moi qui raffole des romans courts, je viens de commencer un pavé de 1200 pages (en poche) !!!!
Écrit par : Caro[line] | 05.06.2008
Répondre à ce commentaire@erzébeth : oh, mais c'est carrément digne de figurer dans un tabloïd, des révélations pareilles! :))) Et sinon, c'était intéressant ?
@karine : oui, je suis SURE que ma PAL va redescendre en dessous de la centaine, j'oeuvre d'ailleurs activement en ce sens!!! C'est vrai que ça risque d'être trèèèèèèèèèèèès long, mais après tout, je n'ai pas dit QUAND elle serait en dessous de 100! :))))
@caro[line] : ah, te voilà! Je croyais que tu boudais suite à ce billet... :)))) Et ce pavé, c'est quoi ??? Belle du Seigneur ?
Écrit par : fashion victim | 05.06.2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Caro[line] | 05.06.2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : fashion victim | 05.06.2008
Répondre à ce commentaireJe ne sais pas, c'était particulier. Annie Ernaux était à la fois touchante et agaçante; j'avais aussi l'impression (mais peut-être me trompé-je) que son humilité était feinte. Je ne pourrais pas trop raconter ce qui s'est dit, ça commence à remonter, cette affaire, j'ai juste retenu qu'elle écrivait pour lutter contre la mort (en gros). J'y étais allée par curiosité, j'aime bien écouter les écrivains parler, sans acheter leurs livres (d'où le fait que j'aime beaucoup moins les pures séances de dédicaces), et là, elle ne m'a pas donné envie de la découvrir. Plus tard, peut-être; je suis sans doute trop jeune.
Écrit par : erzébeth | 05.06.2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : May | 05.06.2008
Répondre à ce commentaire@may : :))
Écrit par : fashion victim | 06.06.2008
Répondre à ce commentaireC'est vrai que ce n'est pas une histoire d'amour, mais c'est un récit qui m'a profondèment marqué quand je l'ai lu, et je l'ai relu depuis. Il y a une interrogation, un mystère dans la relation avec son père, qu'elle voudrait saisir mais qui lui échappe. Je me retrouve en grande partie dans son texte, et cela a du jouer dans mon approche de l'ouvrage.
Apprécier l'écriture d'Annie Ernaux n'est pas une question d'age. J'ai dans ma PAL les Années, livre un peu différent, car plus historique. Mais si on devait avoir connu l'époque pour apprécier les livres, on ne lirait pas grand-chose.
Écrit par : Yohan | 07.06.2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : fashion victim | 07.06.2008
Répondre à ce commentaireSi jamais tu gagnes au prochain Lotobook, je ferai attention ;-) (Bon, je ne sais pas si tu vas retenter ta chance après ta dernière victoire. Mieux vaut se retirer au sommet de sa gloire)
Écrit par : Yohan | 07.06.2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Gaël | 08.06.2008
Répondre à ce commentaire@gaël : la comparaison me plaît! :))
Écrit par : fashion victim | 08.06.2008
Répondre à ce commentaireJ'ai aussi beaucoup aimé de cette auteur les armoires vides. J'ai acheté, bien sûr, les années, qui m'attend sur ma pal...
Écrit par : sylvie | 09.06.2008
Répondre à ce commentaireJ'avoue au contraire de toi aimer Annie Ernaux. J'ai commencépar ce roman et d'autres ont suivi. J'aime bien justement ce style plat et direct qui va à l'essentiel. Je n'ai pas encore lu ses productions récentes.
Écrit par : Yv | 14.02.2009
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