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30.01.2008
Dans le couloir de la mort
Karen, 29 ans, prostituée et séropositive, attend son exécution dans le couloir de la mort de la prison de Gatestown, Texas. Célia, veuve de l'un des hommes que Karen a abattus, survit difficilement dans la solitude, vide de l'avenir disparu avec son mari. Franny, fiancée et désemparée, quitte New-York où elle finit son internat, et revient dans sa ville natale, au Texas, à la mort de son oncle. Le destin de ces femmes va se mêler...
Voilà un auteur, chers happy few, dont je n'avais jamais entendu parler avant de rencontrer Amanda, qui est une fan absolue et qui m'a mis ce roman entre les mains (consentantes, hein, je ne dis pas qu'Amanda m'a forcée)! Et c'est vraiment une belle découverte! C'est un roman narrativement très maîtrisé : chaque chapitre suit un des trois personnages féminins mais cela ne sent jamais l'artifice, bien au contraire. On rentre ainsi petit à petit dans les histoires de ces femmes, celle de Karen, vendue par sa mère à l'âge de 12 ans, prostituée, maltraitée, humiliée, violée, battue à de nombreuses reprises, séropositive en phase terminale, qui attend la mort comme une délivrance, étant la plus terrible. On ne peut qu'être bouleversé par le parcours de cette femme, qui n'a finalement tué qu'en état de légitime défense, confrontée qu'elle était à la violence et à la perversion masculine. Sur sa route de tueuse au bout du rouleau, elle croisera deux hommes innocents qu'elle abattra aussi, dont Henry, le mari de Célia. Cette dernière, cinq ans après la mort de son époux, n'a rien à quoi se raccrocher, ni famille (ils n'avaient pas d'enfant, sa mère habite loin), ni amis, un métier médiocre et beaucoup de temps libre pour remâcher sa douleur. Elle n'arrive pas à pardonner à Karen, même si elle sent bien que cela la retient sur la route du deuil. Quant à Franny, c'est une jeune femme déboussolée, qui ne se sent à sa place nulle part et qui est ravagée par la mort d'une de ses petites patientes. Son retour au Texas, sa reprise du poste de son oncle comme médecin pénitentiaire et sa rencontre avec Rick Underwood, l'avocat idéaliste de Karen, va redonner du sens à sa vie. Ces portraits et ces histoires se mêlent habilement, servis par un style très agréable et efficace, qui fait naître en deux phrases la moiteur de l'été texan, les odeurs de la prison ou l'immense solitude des condamnées à mort.
Un très beau plaidoyer contre la peine de mort, chers happy few, assortis de trois émouvants portraits de femmes : à lire!
Amanda Eyre Ward, Le ciel tout autour (Sleep toward heaven), J'ai lu (traduit de l'américain par Anne-Marie Carrière)
Le billet d'Amanda qui m'a donné envie de découvrir cet auteur!
06:30 Écrit par fashion dans Littérature anglo-saxonne | Lien permanent | Commentaires (18) | Envoyer cette note
Commentaires
Écrit par : cathulu | 30.01.2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Françoise | 30.01.2008
Répondre à ce commentaire1) que je n'ai pas forcé Fashion
2) que je l'aurai forcée si elle avait résisté
Quand je l'ai lu, je n'ai pu m'empêcher de penser au film Monster qui a permis à Charlize Teron d'avoir un oscar. Le parcours de la prostituée tueuse qu'elle y interpète ressemble étrangement à celui de Karen et je me demande si AEW s'est inspirée du même personnage (qui existe réellement et est toujours emprisonnée aux Etats Unis).
Donc, je disais : lisez ce livre il est bouleversant.
Écrit par : amanda | 30.01.2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Emeraude | 30.01.2008
Répondre à ce commentaireAu fait, j'ai commencé "Lettre d'une inconnue" de Zweig hier soir... wouah !!! Je crois que je vais lire tout le recueil que m'a prêté Emeraude ("Amok" et "La Ruelle au clair de lune").
Écrit par : Caro[line] | 30.01.2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Fantômette | 30.01.2008
Répondre à ce commentaireDésolée, pour Neil. Si je te traumatise par une critique "j'ai bien aimé, mais...", vais-je oser te parler de ma véritable déception sur Le lézard lubrique de Melancholy Cove ? Je ne le fais pas exprès, hein ! La plupart du temps, je partage tes coups de coeur...
Écrit par : Melanie B | 30.01.2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Gambadou | 30.01.2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : goelen | 30.01.2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Karine | 30.01.2008
Répondre à ce commentaireBizz
Écrit par : Fafa | 30.01.2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : yueyin | 31.01.2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Mélusine | 31.01.2008
Répondre à ce commentaire@françoise : j'espère que ce roman te plaira!
@amanda : ah, oui, tiens, c'est vrai, le personnage ressemble un peu à celui de Charlize Theron... un très beau roman, vraiment, merci encore pour cette découverte! (je veux bien lire les autres d'elle du coup:)))
@emeraude : ce n'est pas gai, mais ce n'est pas non plus désespérant...
@caro[line] : ah, ah, hein que c'est bien Zweig! :))
@fantômette : dommage!
@mélanie B : mais non, tu ne me traumatises pas du tout! (ce serait pire si tu avais dit du mal de Colin Firth...:))) Alors comme ça le Moore, pas trop ?
@gambadou : ah, nos pauvres LAL...:)))
@goelen : je te souhaite bonne chance dans ta chasse..:)))
@karine : on se demande bien pourquoi toutes ces remarques sur le nom de l'auteur... :D
@fafa : :))
@yueyin : pff, petite nature ? même pas vrai! :))
@mélusine : merci!
Écrit par : fashion victim | 31.01.2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Melanie B | 01.02.2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : fashion victim | 02.02.2008
Répondre à ce commentaireEntièrement d'accord avec toi ! (je me permets de te tutoyer même si c'est le premier commentaire que je te laisse, car je te lis depuis quelques temps ;)
Écrit par : Cocola | 13.08.2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : fashion victim | 13.08.2008
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