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26.01.2008
"Toute ma vie, je t'ai cherchée."
Alice a perdu sa mère quand elle avait cinq ans. Longtemps, on lui a caché que sa mère était morte. Elle a vécu auprès de son père, homme silencieux et cadenassé qui a jeté toutes les photos de sa femme, tous ses objets, et même ses toiles. Alice a grandi avec un gouffre béant à l'intérieur d'elle-même : l'absence de sa mère, dont elle ne se souvient pas. Quand son père meurt, il lui laisse un nom : celui de l'amant sa mère, un peintre, Emmanuel Basini. Alice part à la recherche de cet homme...
C'est l'avis enthousiaste de Clarabel, chers happy few, qui m'a donné envie de lire ce roman de Laurence Tardieu, dont j'avais très envie de lire Puisque rien ne dure. Hasard, c'est celui-ci qui m'est d'abord tombé entre les mains, et j'ai été soufflée par ce roman. Le style est assez incroyable, d'une extrême fluidité, avec quelques accélérations fulgurantes, des emballements, qui suivent le cours de la douleur d'Alice. J'ai été émue aux larmes par la quête de cette jeune femme perdue, à qui on n'a jamais rien raconté pour que le souvenir de sa mère perdure et l'aide à se construire. Cette histoire intense est une réflexion sur la place des parents dans la vie des enfants : comment vivre sans une mère ? Comment survivre quand on n'a plus ni père ni mère ? (Et je pense que j'ai été d'autant plus bouleversée que cette histoire a remué une de mes grandes craintes : j'avais quatre ans quand mon père affolé a dû me sortir de la salle de cinéma où on donnait Bambi, je hoquetais, prise de sanglots irrépréssibles, inconsolable à cause de la mort de la mère du petit faon. Je n'ai jamais vu la fin de ce dessin animé.) Alice cherche, Alice écrit, car l'écriture permet le souvenir, permet de garder trace des choses, et Alice trouve, enfin, quelqu'un qui lui permet d'incarner le souvenir de sa mère. Et la vie, enfin, s'ouvre et Alice découvre qu'"on n'en a pas fini d'aimer."
Un très très beau roman, chers happy few, bouleversant!
Laurence Tardieu, Rêve d'amour, Stock
Les billets enflammés de Laure (et je suis d'accord avec elle, quand on ferme ce roman, on a envie de réécouter les Rêves d'amour de Liszt), de Clarabel, qui a trouvé ce roman sublime, et l'avis un tout petit peu plus tempéré d'Amanda.
PS : merci infiniment Amanda de me l'avoir prêté!
PSbis : le titre de ce billet est la première phrase du roman.
20:00 Publié dans Littérature française | Lien permanent | Commentaires (24) | Envoyer cette note
Commentaires
Ecrit par : Fantômette | 26.01.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : Ori | 26.01.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : Caro[line] | 26.01.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : yueyin | 27.01.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : praline | 27.01.2008
Répondre à ce commentairePour ce qui est de Bambi je crois que nous avons eu la malchance de grandir en un temps ou les scénaristes de Disney étaient de purs sadiques. Un jour, je les trouverai et je les obligerai à regarder leurs films.
Bizz
Ecrit par : Fafa | 27.01.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : Karine | 27.01.2008
Répondre à ce commentaireDisney m'a aussi traumatisée ;-)
Ecrit par : bladelor | 27.01.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : Françoise | 27.01.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : Emeraude | 27.01.2008
Répondre à ce commentairePuisque rien ne dure est encore plus intense, bouleversant, à lire lire lire jusqu'à en souffrir de bonheur (heu je fais de l'effet de style débile là...)
Ecrit par : amanda | 27.01.2008
Répondre à ce commentaire@ori : c'est un des pires Disney dans le scénar je trouve (même si c'est un peu le même dans Le roi Lion, mais quand il est sorti j'étais nettement plus grande:)))
@caro[line] : ben, demande à Amanda de te le prêter!
@yueyin : fais le remonter! (et en plus, ça se lit très vite, ça fait donc un de moins très rapidement) (j'ai d'ailleurs décidé de me faire un petit challenge perso : lire tous les petits romans qui sont dans ma PAL! ça fait du bien au moral de les voir disparaître:)))
@praline : en même temps, la littérature qui secoue, qui prend aux tripes, c'est bien aussi...
@fafa : pour une vengeance edmondantesque sur les scénaristes Disney! Yeah baby! :))
@karine : oui, tu mérites une récompense pour autant d'abnégation palesque! :D
@bladelor : on fonde un club des traumatisées de Disney ? :)))
@françoise : eh bien, bravo pour avoir vu Bambi plusieurs fois!
@emeraude : si tu n'en as pas souvenir c'est que tu ne l'as pas vu! Crois-moi, on peut pas oublier Bambi!
Ecrit par : fashion victim | 27.01.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : fashion victim | 27.01.2008
Répondre à ce commentaireSon précédent (Puisque rien ne dure) est très très bien aussi, mais le sujet est 'ouch' et il trifouille dans le ventre la moindre parcelle d'émotions. Impossible d'en sortir zen et guillerette. { Sans compter que l'auteur a choisi d'appeler la petite fille disparue comme la mienne ... bouh ! }
Mais dans les deux cas, le style de l'auteur est une vraie lumière ! Un bonheur, un délice. Je suis sous le charme.
Ecrit par : Clarabel | 27.01.2008
Répondre à ce commentaireIl y a quelques années, j'ai pleuré toutes les larmes de mon corps en lisant "le livre de ma mère" de Cohen. Je n'ai pas franchement envie de remettre ça... J'étais obligé de stopper ma lecture et de passer à autre chose, sous peine de m'endormir en pleurs. Cela a duré plusieurs soirées et j'ai définitivement arrêté avant la fin.
Un TRES mauvais souvenir même si j'adore A. Cohen.
Ecrit par : Bon_sens | 27.01.2008
Répondre à ce commentaireEt alors, à partir d'un certain âge, quand on pleure une soirée sur un livre, on passe une journée Kermitt le lendemain, la cata !!
Ecrit par : Fantômette | 27.01.2008
Répondre à ce commentaire@bon sens : j'avoue, je ne l'ai jamais lu... Je sais, c'est maaaaaal mais entre Cohen et moi, le courant ne passe pas très bien...
@fantômette : ah, je plussoie pour les yeux Kermitt, c'est terrible la vieillerie... (ajoutons à ça l'incapacité totale à se coucher après minuit et l'alcool qui fait effet plus longtemps, mmmh, que du bonheur...)
Ecrit par : fashion victim | 28.01.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : anjelica | 28.01.2008
Répondre à ce commentaireJe crois que j'ai échappé à l'hécatombe provoquée par Bambi, mais ma fille adore, et j'avoue que c'est impressionnant comme c'est noir !
Sinon, j'ai détesté Le livre de ma mère. J'ai eu du mal à supporter le regard qu'il porte sur elle, j'avais envie de le taper ! il est odieux !
Ecrit par : May | 28.01.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : Tamara | 28.01.2008
Répondre à ce commentaire@may : et ta fille aime Bambi ? C'est marrant ce que tu dis sur "Le livre de ma mère", je croyais que c'était émouvant la façon dont il la voyait...
@tamara : contacte-la! :))
Ecrit par : fashion victim | 28.01.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : Florinette | 29.01.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : fashion victim | 02.02.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : sylvie | 17.03.2008
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